Dame souris & Cie : maisons sur mesure
Livres
Année : 2022
Auteur : George Mendoza
Editeur : PERE CASTOR PER KASTOR
Description : De la cave au grenier, dame Souris a 1000 idées pour répondre aux attentes de ses clients. Elle invente des maisons pleines d'originalité : un observatoire dans les branches pour Écureuil, une superbe villa de mer pour Lézard, une résidence sur pilotis pour Grenouille...

AMC Hors-série 2022 : L'Equerre d'Argent, 40e édition
revue
Année : 2022
Auteur : Gilles Davoine
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Depuis quatre décennies, l’Equerre d’argent prend chaque année le pouls de l’architecture française. Et pour célébrer sa 40e édition, qui se tiendra le 21 novembre 2022 à Paris, nous nous sommes livrés à un exercice rétrospectif avec ce numéro hors-série consacré aux 39 précédents lauréats. Depuis 1983, un jury essentiellement composé d’architectes français et étrangers, mais aussi de maîtres d’ouvrage, de journalistes ou de personnalités extérieures se réunit pour juger de la production de l’année écoulée. Tâche insensée, difficile et délicate, exécutée à chaud et sans filet, sans le confort et la clairvoyance que,peut donner le recul de l'histoire. Mais tâche nécessaire, pour constituer des repères, des jalons dans l’énorme production bâtie qui donne forme en continu à notre cadre de vie. Pour établir aussi une sorte d’état des lieux d’une discipline qui, à bien des égards, s'avère le reflet de la société. Juger, c’est bien souvent risquer de se tromper, c’est même, sans doute, créer des injustices. « Le jugement n’est pas la justice : le jugement, c’est le relatif ; la justice, c’est l’absolu », disait Victor Hugo. Si l’Equerre d’argent ne désigne donc pas nécessairement « le meilleur bâtiment de l’année », ambition chimérique, elle distingue toujours une réalisation remarquable – puisque remarquée – et représentative de son époque. Au fil de ces pages, ce sont donc les 39 projets lauréats qui sont passés en revue et commentés sous la plume aiguisée de Jean-François Pousse. Si en 1983, pour sa première édition, l’Equerre récompense une petite crèche construite à Saint-Denis par Henri Ciriani, elle est ensuite happée par l’esprit du temps et distingue de grands équipements nationaux – voire « présidentiels » – en identifiant, comme le souligne Jacques Lucan (interview à retrouver p. 6), la figure de « l’architecte héroïque », qui marquera la fin du siècle dernier et le début du suivant. Avant de revenir, plus récemment, à des projets « du quotidien », dont le dernier en date, en 2021, le groupe scolaire de Neuvecelle, en Haute-Savoie, par PNG / Boidot / Robin. Plutôt que d’en conclure que la boucle est bouclée, considérons qu’il s’agit là d’une voie féconde, dont l’exploration est loin d’être terminée.

AMC #311 : KEMPE THILL/ANNO - TANK - COSA - ATELIER DU ROUGET - OBJEKT
revue
Année : 2023
Auteur : Gilles Davoine
Editeur : LE MONITEUR MONITER
Description : La grande migration post-confinements a-t-elle eu lieu ? S'il est trop tôt pour faire parler les statistiques, depuis plus de deux ans, des titres de la presse généraliste l'affirment en Une : « L'exode urbain s'accélère », « L'appel de la campagne », « La revanche des villes moyennes »… Les habitants des grandes métropoles - et singulièrement Paris - sont-ils vraiment allés s'installer en masse dans ces villes, en quête, d'après les sondages, de « sécurité », de « calme », de « verdure » et de « liens sociaux » ? En somme, à la recherche d'une vie de notable, telle que décrite dans les films de Chabrol des années 1970 et 1980 ! A vrai dire, la vision de la vie dans les petites et moyennes villes reste largement fantasmée. La mondialisation - et son corollaire la métropolisation - est passée par là et a dévitalisé nombre de ces préfectures et sous-préfectures, les métropoles captant les investissements, les entreprises et les populations. Les centres-villes en particulier se sont vidés, les boutiques fermant les unes après les autres au profit de complexes commerciaux de périphérie ; l'habitat ancien se dégradant au profit de lotissements tout aussi périphériques. L'automobile y a pris le pouvoir, devenant le moyen de transport hégémonique. Cet état des lieux alarmant a fini par inquiéter les pouvoirs publics. Longtemps oubliées des politiques d'aménagement du territoire, ces agglomérations font désormais l'objet d'une attention soutenue, notamment avec le programme Action cœur de ville, doté pour la période 2018-2023 d'un budget de 5 Mds € - et renouvelé pour 2023-2027 avec un montant identique. On y trouve de tout : création de logements dans une ancienne clinique à Angoulême ou dans d'anciens ateliers à Oyonnax, réaménagement des berges de la Seine à Vernon ou de l'Allier à Moulins, implantation d'un cinéma dans une halle à tabac à Dieppe ou dans une caserne à Cahors. Le bilan qualitatif de ces 6 000 projets répartis dans 234 communes reste à établir, notamment pour ceux concernant l'aménagement urbain et l'architecture. Quid du renouvellement des typologies d'habitat, du traitement de l'espace public, de l'intégration du vivant, de l'utilisation de circuits courts, du rapport à la ville existante ? Des objectifs indispensables pour que les villes petites et moyennes soient non seulement revitalisées, mais deviennent - ambition affichée - le fer de lance territorial de la transition écologique.

Réemploi, architecture et construction : méthodes, ressources, conception, mise en oeuvre
Livres
Année : 2022
Auteur : Pierre Belli-Riz
Editeur : EDITIONS LE MONITEUR EDISION MONITER
Description : Le réemploi, véritable alternative à la gestion des déchets, est une opération par laquelle des produits issus d¹une déconstruction sont réutilisés. Il permet de conserver les qualités fonctionnelles et techniques d¹un matériau ou d¹un élément de construction, en lui redonnant la même fonction ou en le détournant de son usage initial. Sa mise en úuvre implique une nouvelle manière de penser les projets de construction et de rénovation, et ce dès la conception. Cet ouvrage, à la fois théorique et pratique, propose des outils pour mener une opération qui réemploie des matériaux ou des éléments de construction. Ainsi ce guide : explique comment favoriser le développement des filières et des réseaux de réemploi ; définit les notions fondamentales et décrypte la réglementation applicable ; détaille les étapes et les méthodes du processus du réemploi ; fournit des outils de diagnostic et d¹identification des ressources, de la conception au chantier ; analyse la circulation des ressources par l¹intermédiaire des différents réseaux et plateformes, physiques et numériques ; précise les implications dans le processus de conception. De nombreux exemples de réalisations et études de cas permettent d¹explorer les possibilités du réemploi et ouvrent des perspectives pour tous les acteurs concernés, de la maîtrise d¹ouvrage aux entreprises sur le chantier. Des contributions de spécialistes du réemploi apportent un éclairage sur les impacts environnementaux et culturels d¹une démarche qui s¹inscrit dans une économie circulaire

Visages & Paysages de l'Agriculture de l'Oise
Livres
Année : 2022
Auteur : Jean-Pierre Gilson
Editeur : ODYSSEE ODIS
Description : Jean-Pierre Gilson nous offre sa vision du monde agricole de l’Oise avec la poésie et la pudeur qui le caractérise, à travers ce nouveau livre « Visages & Paysages de l’agriculture de l’Oise », en vente dès mars 2022. Visages & Paysages de l’agriculture de l’Oise est le trentième livre photo de Jean Pierre Gilson. Il nous propose cette fois-ci un voyage immersif à travers l’Oise, ses femmes et ses hommes, cultivateurs, éleveurs, qui quotidiennement en façonnent ses paysages. Il met à l’honneur leur travail souvent méconnu, dans l’intimité de leurs fermes et des terres qu’ils cultivent. Son sens de la composition et sa vision, associés à sa connaissance de ce territoire, nous en apportent des images étonnantes. Étonnantes d’esthétisme, de composition, parfois graphiques, où l’instant saisi se révèle l’instant décisif. Et cela dans toute la diversité de ce riche département, à travers les quatre saisons. De sa passion pour la forêt, son premier territoire d’exploration, Jean-Pierre Gilson garde un sens aigu de la composition qu’il déploie, avec rigueur et poésie, pour révéler les paysages qu’il parcourt inlassablement depuis des dizaines d’années. La France, l’Écosse, l’Irlande, l’Italie... Des milliers de kilomètres de routes et chemins en toutes saisons, au petit matin, dans la brume ou aux premiers éclats de soleil. Accompagné par des lumières complices, il perçoit les détails qui révèlent la beauté cachée des paysages, qui soulignent l’architecture, qui jouent avec les matières et qui subliment les paysages les plus simples comme des sites exceptionnels. C’est une photographie sans artifice, à la sensibilité contenue, au cadrage maîtrisé. L’émotion naît de cette pudeur du regard, de cette sincérité absolue, créant des images hors du temps où l’on goûte le monde nu.

Evaluation écologique des aménagements paysagers
Livres
Année : 2022
Auteur : Aymeric Lazarin
Editeur : EDUCAGRI EDITIONS EDUKAGRI EDISION
Description : En évaluant les techniques d’aménagement paysager selon seize critères issus du développement durable, l’auteur propose une méthode pour mieux prendre en compte la question écologique dans les projets d’aménagements paysagers.

Histoire de la rue : de l'Antiquité à nos jours
Livres
Année : 2022
Auteur : Danielle Tartakowsky
Editeur : TALLANDIER TALANDI
Description : La rue est à ce point familière qu'on n'y prête plus guère attention. Mais à quoi ressemblait-elle hier ' Avant l'automobile ' Avant l'électricité ' Avant les gratte-ciel ' Et aujourd'hui, comment le street-art s'inscrit-il dans le paysage urbain ' Dès l'Antiquité, les rues découpent l'espace en lignes droites, trottoirs et portiques apparaissent, l'eau circule sous les voies. Puis commence le long Moyen Âge de la rue. C'est l'époque du clair-obscur, de la boue et du feu, des charrettes, des cris : la rue devient un théâtre. C'est aussi le lieu des processions royales, des exécutions, des châtiments publics et des carnavals. Côté sombre, c'est la prostitution, la mendicité, les crimes. Ensuite, surgit le temps des transformations : les percées, les alignements et les destructions, l'éclairage, la numérotation des maisons, l'invention de la poubelle. Dans la rue depuis toujours prompte à se soulever, on passe de la révolte à la manif', quand s'élèvent les barricades, tandis que se succèdent les événements, des plus tragiques telles « les matines sanglantes » de la Saint-Barthélemy, aux plus glorieux comme les bals de la Libération de Paris.La révolution automobile et l'urbanisme sur dalle, la rue piétonne, la rue des exclus, la rue franchisée sont autant de bouleversements dont nous sommes les témoins. Catherine Saliou, Claude Gauvard, Joël Cornette, Emmanuel Fureix et Danielle Tartakowsky nous offrent une histoire inédite de la rue politique, culturelle, artistique et sociale. Éclairé par une centaine de photographies, de cartes et de plans, ce livre invite chacun et chacune à s'approprier ce lieu de mémoire et de vie.

Un Cap moderne : Eileen Gray, Le Corbusier, des architectes en bord de mer
Livres
Année : 2022
Auteur : Christine Desmoulins
Editeur : LES GRANDES PERSONNES LE GRAND PERSON
Description : Lieu mythique en bord de Méditerranée, avec vue sur la baie de Roquebrune, le site de cap Moderne offre un parfait exemple d'architecture d'avant-garde : la villa "E-1027" conçue par Eileen Gray, designer irlandaise et son compagnon Jean Badovici, et achevée en 1929. Au fil du temps, au milieu des jardins, s'y ajoutera le restaurant "l'Étoile de mer" de Thomas Rebutato, plombier couvreur niçois, un cabanon construit par Le Corbusier pour sa femme Yvonne et lui-même ainsi que ses cinq Unités de camping, pour les vacanciers de passage.Illustré de documents d'archives et de photographies inédites de François Delebecque, accompagné d'un texte vivant et concis, ce petit volume raconte la passionnante aventure humaine et architecturale que ce lieu abrita entre la fin des années 1920 et le début des années 1950. Les nombreux rabats à soulever au fil des pages pour découvrir photographies et textes offrent un parcours de lecture ludique, reflétant la diversité des univers merveilleux enclos dans ce petit bout de terre posé sur les rochers.Ce lieu est ouvert aux visites de juin à octobre.

A Vivre HS #56 : 1001 aménagements malins
revue
Année : 2023
Auteur : Laurence Jarretou
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : Architecture à Vivre est la seule revue d'architecture et de design en France qui s'adresse au grand public. Elle a pour but de diffuser la qualité architecturale auprès d'un large public et plus particulièrement les thèmes de l'habitat et de l'univers de la maison, en expliquant de la façon la plus claire la logique d'un projet, son empreinte culturelle et environnementale, la fabrication de l'espace, les matériaux, le tout illustré par le point de vue de l'habitant, du concepteur et par une présentation détaillée des produits.

EXE #50 : Conception bioclimatique
revue
Année : 2022
Auteur : Clémentine Roland
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : CONSTRUIRE : Introduction ZONE INONDABLE : LAISSER COULER Projet MÉDIATHÈQUE D'ÉPERNON - MU ARCHITECTURE RÉSIDENCE TERRE SUD - TAILLANDIER ARCHITECTES ASSOCIÉS PRODUITS ÉQUIPEMENT HÔTELIER : CASSER LES CODES SURFACE ANTIMICROBIENNE STORES ET RIDEAUX COMPOSITE ET BIOSOURCÉ TROIS QUESTIONS À BENJAMIN CLARENS ET YANN MARTIN SOLS FLOQUÉS PANNEAU ACOUSTIQUE MOQUETTE VELOURS SIGNALÉTIQUE ÉCOCONÇUE PERGOLA BIOCLIMATIQUE DIFFUSEUR D'AIR SERRURE TECHNOLOGIQUE ENTRÉE VITRÉE PAUMELLE CACHÉE PANNEAU COULEUR RAIL RIDEAU PORTE COULISSANTE ZOOMS Lames de terrasse TOUR HIGHER ROCH Tuiles plates RÉSIDENCE EKKO Panneaux acoustiques SIÈGE SOCIAL ASI REISEN

La Maison écologique #133 : Le chanvre un isolant vraiment stupéfiant
revue
Année : 2023
Auteur : Virginie Jourdan
Editeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIK
Description : Reportages : Une maison sur le toit d’un immeuble ; Une rénovation où matériaux biosourcés s’allient aux parpaings ; Enquêtes : Choisir ses volets ; Des économies d’énergie… sans travaux ; Énergies renouvelables : Demain, tous producteurs ? Cahier pratique : Créer sa structure en super adobe

Urbanisme #429 : Le territoire la ville et le genre
revue
Année : 2023
Auteur : Julien Meyrignac
Editeur : SARL PUBLICATIONS D ARCHITECTURE ET D URBANISME PUBLIKASION ARCHITEKTUR URBANISM
Description : La question du genre – des genres – est partout. Sur les écrans dans les questions d’actualité et les débats de société, sur les murs de nos villes où fleurissent les messages des colleuses et colleurs, dans nos cadres professionnels, dans nos foyers. Et aussi, depuis de très nombreuses années, dans les publications et les colloques sur l’aménagement et l’urbanisme. Nous n’avons donc eu aucune peine à nous convaincre que mettre la thématique des genres à l’agenda de nos publications était plus qu’un bon choix éditorial : une vraie nécessité. Mais nous étions loin d’imaginer son extrême sensibilité, bien au-delà du pourtant large domaine des métiers de la ville et des territoires, dans la société en général. Lors de la préparation de ce numéro, toutes les coordonnées du territoire « genres » ont été soumises à caution en comité éditorial et conseil scientifique, au prisme parfois de l’embarras ou de maladresses. Les seules questions inaugurales – « de quoi parle-t-on ? » et « d’où parle-t-on ? » – ont tissé un camaïeu d’incompréhensions brodé de fils identitaires et générationnels. Je crois que les doutes et les hésitations que chacun de nous a pu ressentir à la construction de ce numéro, et qui nous accompagnent désormais, ne sont pas son moindre intérêt et bénéfice. En effet, ce qui a été pour certaines et certains un partage, a aussi été, pour d’autres, une forme d’éveil. Avant d’écrire ces lignes, je me suis demandé : « Qui parle ? » Comprendre : « Suis-je légitime ? » Si les interrogations relatives à la prise en compte des genres dans les politiques d’aménagement et les projets urbains ont une essence universelle – et ne sauraient en conséquence être limitées aux enjeux « féminins » –, cette essence peut- elle véritablement s’exprimer sans une forme de « discrimination positive » ? Dans quelle mesure ? Quand devient-elle contre-productive ? Le devient-elle seulement ? Bien évidemment, celles et ceux qui ont contribué à ce numéro développent des certitudes épistémologiques et/ou militantes, et nous sommes certains que leur lumière, plus douce que nous ne l’avions imaginé – marqueur de sa meilleure diffusion dans une opinion plus mature –, va éclairer vos réflexions et projets ; en tout cas, en le fabricant, nous nous sommes forgé un certain nombre de convictions. Tandis qu’à titre plus personnel, la lecture de Dysphoria mundi, de Paul B. Preciado, achevait de me persuader que nous sommes en train de vivre une transition sociétale (sociale et politique) majeure, un basculement systémique global, qui ne peut être limité au climat ou à l’économie, et qu’il appartient aux urbanistes d’accompagner dans son déploiement irréversible. Enfin, si nous n’avons jamais véritablement considéré prendre un risque éditorial, nous nous sommes parfois demandé ce qui pourrait venir nous fouetter le visage en « passant la tête au-dehors ». Mais ce faisant, nos cerveaux et nos cœurs se sont emplis d’un air nouveau, revivifiant, nécessaire.

Le Moniteur #6233 : Entrées de ville : sortir du vilain
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Cette année encore, Vinci ouvre le bal. La semaine dernière, le n° 1 européen du BTP dévoilait une hausse spectaculaire (+ 25 %) de son chiffre d'affaires 2022. Certes, la majorité a été réalisée à l'étranger. Certes, l'acquisition de Cobra IS explique en partie ce formidable bond. Reste que, comme le confirmeront prochainement ses concurrents tricolores, les entreprises de BTP manquent davantage de bras que de chantiers. Cette forme éclatante ne doit pas conduire à occulter les inquiétudes qui occupent l'esprit des dirigeants du secteur. Des craintes alimentées par les alarmes des maîtres d'ouvrage. A Lyon et ailleurs, les promoteurs s'inquiètent tant des obstacles persistants à l'obtention des permis de construire que des difficultés récentes des ménages à décrocher leur financement. C'est justement parce qu'il n'est pas trop tard qu'il est urgent de réagir Côté collectivités, c'est la crise énergétique qui menace de dévorer une partie du budget initialement destiné à l'investissement. Ces nuages qui s'accumulent paraissent encore lointains. Les carnets de commandes restent pour l'heure bien garnis et les projets qui coincent aujourd'hui ne pèseront sur l'activité qu'en 2024 voire au-delà. Or, c'est justement parce qu'il n'est pas trop tard qu'il est urgent de réagir. Non pas pour le plaisir d'alimenter la machine à construire, mais pour répondre aux besoins de logements abordables, d'équipements publics de qualité et d'infrastructures écologiques. Avec sa palette d'outils financiers et administratifs, l'Etat doit prendre ses responsabilités. Mais rien ne sera possible sans la ferme volonté des collectivités de prendre le sujet à bras-le-corps. Une gageure alors que les élus locaux sont tenus d'améliorer le cadre de vie, de freiner l'artificialisation des sols et de limiter les nuisances. La métropole de Rennes tente de concilier les contraintes, en généralisant d'un côté le balcon obligatoire et la dissociation du foncier et du bâti, tout en rehaussant de l'autre ses objectifs de production annuelle de logements. Objectif : + 25 %, aussi bien que Vinci. La voie est étroite, mais elle existe : encore faut-il s'y risquer.

La Gazette des communes #2653 : Vite, dépoussiérons le concours !
revue
Année : 2023
Auteur : Jean-Baptiste Forray
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Depuis la rentrée de janvier, c'est un festival. Pas une semaine sans que la Macronie ne lance un ballon d'essai à destination des « territoires ». Un jour, c'est le patron du parti présidentiel, Stéphane Séjourné, qui veut mettre sur l'établi le redécoupage des grandes régions. Un autre, c'est une source élyséenne qui évoque un retour du conseiller territorial, appelé sous Nicolas Sarkozy à siéger dans les assemblées départementale et régionale. Le ministre Christophe Béchu n'est pas en reste. Il se dit prêt à aller « très loin » dans les transferts de la compétence « logement » de l'Etat aux collectivités. En dehors des APL et de l'hébergement d'urgence, tout est négociable. PÉTARD MOUILLÉ. Autant d'offres de réforme qui laissent les élus locaux incrédules. Les édiles n'ont pas oublié le pétard mouillé de la différenciation territoriale durant le précédent quinquennat. Destiné à instaurer une organisation à la carte, ce mécanisme a été victime de l'échec de la refonte des institutions. Dans sa version gouvernementale, le « D » de différenciation de la loi « 3DS » s'est limité à des possibilités de modulation du nombre d'élus dans les centres communaux et intercommunaux d'action sociale ou au nombre de bêtes admises au pâturage. La fin des grandes régions risque fort de connaître le même sort. Il n'existe pas de consensus à l'Assemblée et au Sénat sur une nouvelle carte. Les présidents de région LR ou proches du pouvoir ne veulent pas entendre parler d'un quelconque redécoupage de leur fief, pas plus que d'un retour du conseiller territorial. Redécoupage des régions, retour du conseiller territorial, nouveaux transferts dans le domaine du logement... : la Macronie multiplie les ballons d'essai. DÉCENTRALISATION. Englué sur le front des retraites, Emmanuel Macron est-il prêt à s'attaquer à des dossiers aussi explosifs ? Pas sûr, tant cette réforme n'apparaît pas mue par une foi girondine profonde. « L'expérience montre que la décentralisation n'a jamais réglé aucun problème », avait jugé, définitif, Emmanuel Macron au moment du dernier congrès des maires, avant d'appeler à des transferts de responsabilité au profit des... collectivités locales. Comprenne qui pourra.

Diagonal #216 : Les espaces protégés font bouger les lignes
revue
Année : 2023
Auteur : Virginie Bathelier
Editeur : DIRECTION GENERALE DE L AMENAGEMENT DU LOGEMENT ET DE LA NATURE DIREKSION JENERAL AMENAJEMAN LOJEMAN NATUR
Description : En ce début d’année, les aires protégées sont en majesté avec la volonté lors de la Cop 15 sur la biodiversité de leur réserver 30 % des terres et des mers de la planète d’ici à 2030. L’enjeu est aussi qualitatif, il faut mieux préserver et renforcer l’efficacité des outils existants. Ceux-ci sont nombreux et correspondent à des niveaux de protection variés. Outre les points chauds de biodiversité qui nécessitent une protection forte, des réponses graduées s’imposent selon les problématiques locales. Pour autant, face aux menaces qui pèsent sur leurs territoires, la liste des chantiers à mener dans différents domaines et pour réguler les usages est longue. Elle dépasse les seules aires protégées. Mais, aux avant-postes des espaces ruraux, les gestionnaires ont la capacité d’innover et d’emporter par l’exemple d’autres secteurs. Ils peuvent favoriser l’acceptation sociale des contraintes environnementales grâce à des solutions alternatives apportant aussi un mieux-être aux populations. Et poser les jalons, peut-être, d’un rapport profondément transformé aux vivants non-humains.

Matières #17 : Aciers d'avenir
revue
Année : 2023
Auteur : Bernard Vaudeville
Editeur : CONSTRUIRACIER KONSTRUIRASI
Description : Cela peut paraître paradoxal, mais je crois sincèrement que l’avenir de l’acier dans la construction, c’est moins d’acier ! On sait que la production primaire de l’acier est vorace en énergie et grande émettrice de CO2. On peut espérer des progrès, mais ceux-ci viendront progressivement, à un rythme probablement insuffisant en regard de l’urgence climatique. On connaît aussi les qualités inégalées de l’acier : sa haute résistance en traction comme en compression, son isotropie mécanique, sa ductilité, la grande variété de procédés pour lui donner forme, son étanchéité, sa recyclabilité à l’infini. Il y a donc toutes les raisons de continuer à l’utiliser pour construire, mais à bon escient, avec parcimonie, en tirant le meilleur parti de ses qualités. Pour aller dans cette direction, on voit se développer, aujourd’hui, des structures mixtes, qui associent plusieurs matériaux au mieux de leurs propriétés. Ces exemples d’hybridation sont prometteurs. Ils se traduisent par d’importantes réductions dans les quantités d’acier, mais en recourant à des aciers plus performants, plus transformés, plus travaillés. C’est un déplacement de valeur ajoutée intéressant, qui ne devrait nuire ni aux ingénieurs, ni aux entreprises. La structure légère est une autre voie d’avenir pour l’acier, dans le sillage des recherches de Frei Otto et de Buckminster Fuller dans les années 60-70. Ce dernier posait cette question iconoclaste à des architectes surpris : « How much does your building weigh ? » En général, s’agissant d’un bâtiment, on s’intéresse en effet à son architecture, à son coût, ou à bien d’autres choses encore, mais rarement à son poids, et l’on s’attend d’ailleurs à ce qu’il soit très lourd. Pourtant, la question doit, aujourd’hui, être prise au sérieux : le poids signifie plus de matériaux, donc plus de ressources utilisées, plus de pollution, plus d’émissions de gaz à effet de serre. Il faut aller résolument vers la légèreté. De ce point de vue, l’acier présente un avantage incontestable, mais il faudrait, à mon sens, le pousser davantage. On sous-utilise actuellement les aciers de construction à très haute limite d’élasticité, 460 MPa ou même 690 MPa. Les mettre en œuvre en les poussant aux limites permettrait de réduire sensiblement les quantités de matériau. Cela implique d’inventer des procédés pour dissocier les exigences de raideur et de résistance. Cela peut se faire en mobilisant des « réserves de raideur » généralement négligées, comme des vitrages, des bardages ou autres éléments secondaires. Cela peut se faire aussi en exploitant les courbures données par l’architecture et en recherchant leur raideur de forme. Nous travaillons aujourd’hui sur plusieurs projets dans lesquels ces stratégies sont élaborées et expérimentées. Cela demande des études et, parfois, de sortir des normes. Nous le faisons en collaborant très étroitement avec les architectes, les entreprises, les fabricants, les fournisseurs, les contrôleurs techniques. On trouve chez tous, étonnamment et heureusement, une même volonté de faire évoluer la construction en acier. C’est pourquoi ce travail en commun, indispensable, est aussi très motivant.

Réparons la ville ! : propositions pour nos villes et nos territoires
Livres
Année : 2022
Auteur : Christine Leconte
Editeur : EDITIONS APOGEE EDISION APOJ
Description : Nos villes sont les grandes oubliées du débat politique. Elles fondent pourtant nos relations humaines. Leur construction doit être culturelle et sensible pour répondre à nos besoins. Au moment où nous entamons une décennie décisive pour l'avenir de l'homme sur la Terre, nous ne pouvons plus attendre : il faut proposer une vision courageuse de la ville, à la hauteur des enjeux du siècle. Une vision qui tienne compte de ses habitants comme du ménagement de la planète. Mais alors qu'il y a urgence à adapter la ville qui nous entoure aux chocs qui commencent, nous privilégions encore l'étalement urbain et la construction neuve. Dans ce livre, les auteurs sont optimistes : puisque l'essentiel de la ville de 2050 est déjà là, il est temps d'en assumer l'héritage et d'engager sa transformation. Comment faire ' En réparant la ville pour la rendre adaptable à nos envies et nos besoins. En bâtissant une ville qui donne envie d'y vivre. Un livre écrit à deux voix, à l'attention des citoyens comme des décideurs. Un ouvrage sur nos villes, pour nous tous.

Carcassonne
Livres
Année : 2022
Auteur : Klaus-Jürgen Wrede
Editeur : Z MAN GAMES GAM
Description : Carcassonne n’est pas seulement le nom d’une ville du sud de la France. Rendue célèbre par ses remparts et ses fortifications, c’est aussi un nom évocateur d’un monde moyen-âgeux fait de chevaliers et de luttes fratricides. Retrouvez l’ambiance médiévale en partant à la conquête des terres et villes du sud de la France avec le jeu Carcassonne. Arpentez chemins et champs pour asseoir votre puissance, bloquez vos adversaires et triomphez par votre stratégie sur le tableau des scores. Grâce à ses parties courtes, son mécanisme mêlant tactique et opportunisme, ce petit jeu a tout pour séduire et permettre de grands moments de jeu en famille. Primé en Allemagne - « Spiel des Jahres 2001 » (Jeu de société de l’année) - Carcassonne est un jeu d’une très grande simplicité, accessible à tous et original. Votre but : Obtenir le plus de points lors du décompte final. A la manière des célèbres Dominos, le plateau de jeu se construit peu à peu au gré de la pose de « tuiles paysage » où l’on retrouve de morceaux de routes, champs et forteresses. En plaçant judicieusement vos partisans sur le paysage constitué, vous pourrez acquérir des points grâce à la longueur des routes, la grandeur des villes ou des champs. Les points sont en effet décomptés dès qu’un élément (route, ville etc.) est achevé par la pose d’une tuile. Le jeu s’achève lorsque toutes les tuiles ont été posées. Le paysage est constitué et le vainqueur est le joueur le plus avancé sur le tableau des points.

Architectures CREE #403 : Ivry Serres, Emmanuelle & Laurent Beaudouin Atelier Gaudin Architectes
revue
Année : 2023
Auteur : Antoine Pecqueur
Editeur : TANGRAM FINANCE FINANS
Description : Les architectes sont de plus en plus appelés à réhabiliter des musées ou à en concevoir dans des bâtiments existants. Des projets dans lesquels se mêlent approche patrimoniale et souffle contemporain.

La Maison écologique HS #18 : Guide pratique de l'autoconstruction
revue
Année : 2022
Auteur : Gwendal Le Ménahèze
Editeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIK
Description : Organiser le chantier, Maîtriser budget et planning, Se faire accompagner. Techniques, matériaux, équipements : Faire les bons choix.

Le Moniteur #6232 : Un chez soi conçu pour bien vieillir
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Cela fait des décennies qu'on les voit venir. Inexorablement, ils avancent. Pourtant, l'arrivée des baby-boomers à l'âge de la retraite paraît nous prendre de court. Non contents d'être plus nombreux que leurs aînés et que leurs enfants, ils bénéficient à plein de l'allongement de l'espérance de vie. Lentement mais sûrement, ils déforment une pyramide des âges qui, d'ailleurs, n'a plus de pyramide que le nom. En raison de l'alourdissement des dépenses engendrées par les pensions, c'est avant tout aux gouvernants que cette tendance démographique donne des cheveux blancs. Reste qu'elle pose aussi un défi aux acteurs de la fabrique du logement et de la ville. Il y a, bien sûr, un besoin impérieux de multiplier les structures pour les personnes dépendantes. Il y a aussi, à Vierzon, à Amiens et ailleurs, une demande croissante de certains des seniors pour des résidences dédiées. Reste la partie immergée de l'iceberg : le parc « classique » de logements, privés ou sociaux, qui hébergent pour longtemps encore l'essentiel des personnes âgées. Le vieillissement de la population pose un défi aux acteurs de la fabrique du logement et de la ville Architectes, bailleurs et collectivités en pointe sur ce sujet expérimentent au fil des projets. Ils tâtonnent et explorent différentes pistes. Faut-il imaginer un habitat qui répond aux besoins spécifiques de cette population ou bien privilégier des typologies capables de s'adapter à tous les âges ? Vaut-il mieux adapter le logement de toute une vie ou bien concevoir des habitats mieux situés et mieux dimensionnés ? Cette recherche de solutions est intense et foisonnante, mais elle ne durera qu'un temps. L'adaptation du parc résidentiel au vieillissement est appelée à devenir un marché porteur en même temps qu'une politique publique autonome, avec son corpus réglementaire, ses règles techniques, ses circuits de financement… Or, on connaît les difficultés pour agir sur un parc existant morcelé et disparate. Petit à petit, le décollage de la rénovation énergétique ouvre la voie. Sobriété et séniorité, deux combats à mener de front.

La Maison écologique HS #17 : Peintures naturelles
revue
Année : 2022
Auteur : Gwendal Le Ménahèze
Editeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIK
Description : Avec 1,9 million de tonnes de microparticules de plastique gentiment offertes à la faune et à la flore marines chaque année, les peintures industrielles seraient la principale source de pollution des océans par les microplastiques, constate une toute nouvelle étude* du centre de recherche Environmental Action de Lausanne (Suisse). Sur les 7,4 Mt annuelles de plastique issu des peintures, ce qui ne finit pas dans l’eau finit dans nos sols. Le rôle funeste de ces peintures était déjà connu, mais largement sous-estimé par les précédentes études qui lui attribuaient 10 à 20 % de la pollution microplastique des océans. Elle en serait en fait responsable à 58 %, loin devant les particules relarguées par les textiles (522 000 t) et les pneus (424 000 t) réunis, pourtant pointés comme la partie immergée de l’iceberg. Les peintures modernes sont majoritairement constituées d’un liant à base de polymère plastique (37 % en moyenne). Les rejets de microplastiques ont lieu durant leur application comme lors de leur entretien ou leur fin de vie. Le secteur du bâtiment se place tristement en tête de proue, responsable de 48 % de ces relargages, loin devant les secteurs de l’industrie générale (24 %), maritime (12 %) ou automobile (8 %). Le tollé suscité par cette étude appelle au développement de solutions alternatives. Elles existent pourtant déjà, certaines depuis seulement quelques petits millénaires… Pour peindre nos logements et ce qu’ils contiennent ou qui les entoure, des peintures durables en intérieur comme en extérieur, saines et jolies, se font à partir de composants biodégradables ou minéraux : huiles de lin, de chanvre, de colza ou de tournesol, caséine de lait, algues, terre, chaux et même fromage blanc, pomme de terre, œuf ou bière ! On peut d’ores et déjà acheter des peintures d’origine naturelle prêtes à l’emploi ou les fabriquer soi-même. De quoi mettre des couleurs dans nos vies trop assombries ces temps-ci. Poissons, coquillages et crustacés nous en remercieront.

Le moniteur #6231 : RER métropolitains ces projets qui se disputent les milliards
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Le Moniteur » n'est pas « Mediapart ». Alors, c'est vrai, nous n'avons pas l'habitude de nous voir claquer la porte au nez. Mais, quand cela arrive, nous n'apprécions pas plus le geste que nos confrères rompus à l'investigation. Suite à notre récente enquête sur « les escrocs de la réno » (voir n°6229 du 20 janvier), beaucoup ont applaudi - on leur dit merci. Certains ont râlé - c'est leur droit. D'autres n'ont rien dit. Or, c'était leur devoir. Prenez l'Anah. Sollicité depuis des semaines sur le sujet, l'organisme qui distribue MaPrimeRénov' a toujours repoussé nos sollicitations d'interview. La semaine dernière, la cérémonie de vœux, moment d'échanges traditionnel avec la presse, s'est même transformée au dernier moment en événement à distance. Crainte du Covid ? Economie de petits fours ? Difficile à croire : cette visio présentait surtout l'avantage de ne laisser aucune place aux questions. Peu subtile mais efficace, cette pratique permet d'esquiver à peu de frais les sujets brûlants. Institution publique, l'Anah se trouve soumise à un devoir de transparence vis-à-vis des citoyens comme des professionnels Et alors ? Chacun est libre de répondre ou non aux questions posées, la liberté d'expression a pour corollaire celle de se taire. Sauf que l'Anah est une institution publique, dépensant de l'argent public dans le cadre d'une mission de service public. Et qu'à ce titre, elle se trouve soumise à un devoir de transparence élémentaire vis-à-vis des citoyens comme des professionnels. Au-delà de ces questions de principe, il est une évidence : mettre la poussière sous le tapis ne s'est jamais révélé un choix judicieux. Demandez à « Mediapart ». Pendant ce temps, notre enquête sur les abus liés aux aides à la rénovation se poursuit. Elle explore de nouvelles zones d'ombre et sollicite d'autres acteurs. Là encore, on nous oppose un silence poli. Parfois, la fin de non-recevoir est moins amène. Il arrive même qu'elle s'accompagne de menaces de poursuites judiciaires. Provenant, en l'occurrence, d'un acteur chargé de défendre la probité de la profession, cette réaction surprend. Elle est surtout à contre-courant. Alors que le bâtiment a besoin de lever le voile sur des pratiques frauduleuses, revendiquer l'opacité n'est plus une option.

Le Moniteur #6379 : A Clichy, les planchers bien rangés de la Maison du peuple
revue
Année : 2025
Auteur : Emmanuelle N'Haux
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : A l’heure où les députés examinent le budget de l’Etat pour 2026 et ses très nombreux amendements, les lauréats des WorldSkills 2025 - la compétition nationale des métiers - célèbrent leurs médailles. Réunissant les meilleurs des meilleurs champions régionaux dans 67 métiers dont 18 dans le domaine de la construction, cette 48e édition, marseillaise, a réuni 80 000 visiteurs sur trois jours de compétition mi-octobre sous le regard bienveillant de la Bonne Mère de nouveau couronnée. Preuve s’il en est que l’excellence et le savoir-faire des professionnels attirent toujours et encore. Le coup de rabot envisagé par le gouvernement sur les aides à l’embauche des apprentis envoie un très mauvais signal. Parmi ces jeunes parés d’or, d’argent et de bronze en carrelage, en maçonnerie ou en menuiserie, beaucoup sont issus de l’apprentissage et le poursuivent encore auprès de leurs pairs au sein des entreprises dans lesquelles ils exercent leur talent. Dans ce contexte, le coup de rabot envisagé par le gouvernement sur les aides à l’embauche des apprentis envoie un très mauvais signal. Il viendrait immanquablement freiner des entrées en alternance déjà en repli cette année. Pourtant, le secteur de la construction saurait faire fructifier un soutien financier digne de ce nom. Alors que de nombreuses études pointent les métiers qui disparaîtront à terme, remplacés par l’intelligence artificielle, il a de quoi séduire des jeunes en quête d’un avenir. Bien sûr, l’IA et la réalité virtuelle sont déjà des outils de travail bien implantés dans les centres de formation comme au sein des entreprises. Mais ces technologies ne remplaceront jamais l’œil et le geste du charpentier, du couvreur ou celui du tailleur de pierre venu reconstruire Notre-Dame. Car sur ce chantier hors norme comme sur ceux du quotidien, la manière s’incarne au travers des hommes et des femmes de l’art.

Le Moniteur #6377 : Inclusion, santé, patrimoine... Le numérique se confronte aux enjeux actuels
revue
Année : 2025
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Le baromètre est digital. Et il indique un temps agité. L’effervescence manifeste qui régnait sur l’événement Tech for Construction, organisé le 9 octobre par « Le Moniteur » et « Les Cahiers techniques du bâtiment », témoigne du bouillonnement qui anime en ce moment l’avant-garde de la transition numérique du BTP. Des idées neuves, des expérimentations prometteuses et beaucoup de solutions concrètes, dont les plus abouties se trouvent distinguées par le palmarès 2025 des trophées (lire p. 18). L’un des ressorts de ce dynamisme tient à la rencontre, dans le monde numérique, des acteurs de la conception avec ceux du chantier. Il réside également dans les allers-retours de plus en plus intenses entre outils virtuels et ouvrages réels. Sans oublier le déploiement de l’intelligence artificielle qui ouvre le champ des possibles. Tout cela est déjà là, bousculant process et méthodes. La prochaine révolution, en revanche, n’en est qu’à ses balbutiements. Le chantier sans humain n’est pas pour demain. Ils s’appellent TST Bot, Turbocontact SD ou Calvin-40. Faits de métal et de plastique, ils interviennent déjà sur des lignes électriques, des réseaux d’eau ou dans la manutention. Tous ces robots sont destinés à venir en appui des équipes sur le terrain. Voire à les remplacer ? Rien n’est moins sûr, tant l’environnement d’un chantier lambda est plus complexe que celui d’une usine Tesla. Surtout, à la différence d’une l’IA générative si accessible, ces solutions resteront durablement coûteuses pour un secteur aux marges contraintes. Le chantier sans humain n’est donc pas pour demain. Dans un premier temps au moins, on imagine plutôt une collaboration homme-machine, où le premier déléguerait à la seconde les tâches ingrates, répétitives et dangereuses. Le tout dans certains contextes bien définis comme l’illustrent ces premiers exemples. Cependant, le BTP est loin d’être conservateur : il est pragmatique. En ce sens, l’aggravation de la pénurie de main-d’œuvre et la promesse de gains de productivité pourraient bien rebattre les cartes et accélérer le déploiement de ces outils dans les prochaines années. La station météo est claire : les robots ont le vent dans le dos.

A Vivre #128 : Reportages : maisons insolites
revue
Année : 2023
Auteur : Laurence Jarretou
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : Laissez s'éteindre le petit feu encore crépitant dans un coin du salon et ouvrez grand les volets : les beaux jours sont de retour et avec eux de furieuses envies de renouveau, parmi lesquelles des projets d'aménagement pour profiter pleinement du printemps. Ranger nos séjours encombrés, dépoussiérer nos étagères et, lorsque le contexte nous le permet, se réapproprier nos espaces extérieurs !

Commune frugale : la révolution du ménagement
Livres
Année : 2022
Auteur : Nadège Bagard
Editeur : ACTES SUD AKT SU
Description : Le mouvement pour une frugalité heureuse et créative, initié notamment par des architectes et des urbanistes, milite activement pour une refonte totale de notre rapport à l'aménagement du territoire qui, jusqu'à présent, dans une logique de croissance matérielle, a gaspillé une grande part des ressources naturelles du globe, détruisant par la même occasion la biodiversité et certaines communautés et cultures humaines. Il s'agit dès lors de sortir de cette logique productiviste de l'aménagement à tout va des territoires pour promouvoir à l'inverse un ménagement prenant soin des ressources et des vivants, humains et non-humains. L'unité fondamentale de ce nouveau paradigme est la commune, échelle à laquelle les auteurs estiment que peut s'exprimer au mieux l'intelligence collective.

A Vivre #127 : Habiter ensemble
revue
Année : 2023
Auteur : Laurence Jarretou
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : Habiter ensemble. "Quoi de plus normal ?", vous direz-vous. Une sorte de formalité pour les plus citadins d'entre nous, ceux qui apprivoisent un quotidien fait d'intenses proximités sociales; ceux qui se côtoient, de près ou de loin, dans le centre-ville de leur commune ; ou ceux qui savent tout de leurs voisins, tant la typicité de leur village les a rapprochés.

Climat, crises, le plan de transformation de l'économie française
Livres
Année : 2022
Auteur : The Shift project
Editeur : ODILE JACOB ODIL JAKOB
Description : « La question que nous nous sommes posée peut se résumer ainsi : que faut-il faire pour mettre l'économie française en cohérence avec une baisse des émissions planétaires de 5 % par an, compatible avec nos engagements climatiques, tout en permettant à chacun(e) de trouver un emploi ' C'est ce plan de marche visant la décarbonation effective de nos activités que nous avons essayé de construire. Derrière les chapitres qui suivent, il y a l'apport de dizaines de collaborateurs, de centaines de contributeurs et de milliers de relecteurs. Il a fallu en défricher des sujets pour commencer à avoir une vue d'ensemble ! Si ce plan parvient à faire un tant soit peu la différence dans les débats à venir, nous n'aurons pas perdu notre temps. » Jean-Marc Jancovici

Désir et avenir d'un matériau : 10 ans du trophée Béton
revue
Année : 2022
Auteur : Claire Barbou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : En 10 ans, le Trophée béton Écoles s’est progressivement imposé comme l’un des rendez-vous annuels les plus attendus des étudiants en architecture. Les projets de diplôme présentés au Trophée montrent une réflexion extrêmement riche sur l’usage du matériau béton dans le bâtiment. Ils stimulent, tant par la justesse des réponses apportées aux éléments de contexte que par la pertinence des questions qu’ils soulèvent, toute la filière intéressée par l’art de bâtir avec un matériau qui ne cesse de se réinventer. Longtemps décrié pour sa présence hégémonique dans les infrastructures et le bâtiment, trop souvent synonyme d’urbanisation brutale et de construction peu qualitative, depuis quelque temps accusé pour son empreinte environnementale, le béton se réinvente aujourd’hui et offre de nouvelles possibilités qui font redécouvrir ses immenses qualités sensibles (plastique des formes, sensibilité des états de surface) et techniques (résistance, durabilité, acoustique, thermique…). En effet, le béton évolue, sous le double effet des travaux de recherche scientifique et technique des ingénieurs et de la créativité projectuelle des architectes. Ces dernières années ont vu sortir des laboratoires les BEFUP (béton fibré ultra-haute résistance), béton de terre, béton de site, béton bas carbone, qui renouvellent les cas d’usage du béton. Et les architectes, experts aguerris par l’expérience du chantier ou étudiants à l’aube de leur vie professionnelle, contribuent à donner au béton sa juste place dans le bâti et dans la société, par l’usage qu’ils proposent pour ce matériau, préfabriqué ou « pierre coulée » sur site, en mixité avec d’autres matériaux de structure, dans l’infinie palette des compositions et des textures. Mais, au-delà d’une maîtrise certaine dans l’utilisation des matériaux, les travaux des étudiants présentés au Trophée béton démontrent une grande maturité dans la réflexion sur la manière dont l’architecte façonne par ses projets le cadre de vie de ses contemporains. Comme pour nous rappeler que l’approfondissement des dimensions constructives, fonctionnelles et poétiques de la conception architecturale ne cessent de se nourrir mutuellement. Ce n’est pas là la moindre des vertus du Trophée.

Accessibilité des bâtiments aux personnes handicapées : établissements recevant du public, installations ouvertes au public, bâtiments d'habitation collectifs, maisons individuelles
Livres
Année : 2022
Auteur : Carole Le Bloas
Editeur : EDITIONS LE MONITEUR EDISION MONITER
Description : Ce mémento présente les principes et exigences de la réglementation issus de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005, au moyen de tableaux synoptiques, d'échéanciers, de recommandations pratiques et de schémas d'ensemble et de détail. Il récapitule les obligations et procédures : dates d'entrée en vigueur, demandes d'autorisation, attestations, possibilités de dérogation, etc. Il détaille ensuite, sous forme de fiches illustrées, l'ensemble des prescriptions techniques à respecter pour tous les types de bâtiments, neufs ou existants : ' établissements recevant du public ; ' installations ouvertes au public ; ' bâtiments d'habitation collectifs et maisons individuelles ; ' logements destinés à l'occupation temporaire ou saisonnière. Cette 8e édition intègre les nouvelles dispositions introduites par l'arrêté du 11 septembre 2020 relatif à l'accessibilité des salles d'eau des bâtiments d'habitation collectifs et des maisons individuelles, ainsi que la recodification du CCH (décret n° 2021-872 du 30 juin 2021). Ce livre au format pratique, facile à transporter et à consulter, a été conçu pour guider au quotidien les maîtres d'ouvrage, maîtres d'oeuvre, architectes, bureaux d'études et entreprises dans la mise en oeuvre des règles d'accessibilité.

Séquences bois #138 : Construire en feuillus
revue
Année : 2022
Auteur : Anne-Sophie Gouyen
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : L'essence de la forêt. La forêt française est composée a plus des deux tiers d’essences feuillus. Faire état de la structuration de la filière, de la ressource forestière au bois d’œuvre, dans toute sa complexité, permet d’entrevoir les contours, les obstacles mais aussi les enjeux du développement des essences feuillues sur notre territoire. «Le paradoxe entre une ressource présente en quantité et le déficit commercial de sa filière révèle tout le retard et toutes les lacunes d’une industrie et son risque d’essoufflement ». Nous ne construisons pas avec les bois les plus durs, voir même avec les moins résistants, simplement parce qu’ils se transforment d’une manière plus efficace et sèche plus rapidement, alors que l’utilisation des bois durs, les feuillus, en structure de nos constructions pourrait être l’une des réponses à ces enjeux. Pourtant, tous les acteurs sont mobilisés, pépiniéristes, propriétaires, exploitants forestiers, bûcherons, débardeurs, scieurs, transformateurs, mérandiers, tonneliers, papetiers, menuisiers, charpentiers, architectes… Mais leur diversité fait état de la difficulté d’appréhender la filière dans son ensemble avec une approche holistique. Les propriétaires forestiers d’aujourd’hui, privés pour les trois quart de la forêt, récoltent ce qu’ont plantés leurs grands-parents et replantent des arbres qui seront à leur tour coupés par leurs petits-enfants. L’échelle de temps de la foret n’est pas celle de l’humain. Ce temps long s’oppose aux cycles toujours plus rapides dans lequel nous évoluons. Or nous affrontons une autre accélération, celle des changements climatiques : le temps d’adaptation de la foret n’est pas compatible avec son renouvellement nécessaire. Mais, alors que les freins normatifs et l’économie du marché semblent poser toujours plus d’entraves, par où on commencer pour s’adapter? Par la recherche en laboratoire pour combler le déficit normatif ou par les prescriptions qui dynamisent ces expérimentations? Encourager l’aval pour dynamiser l’amont ou structurer l’offre pour permettre un développement de la demande ? De nombreux projets exemplaires voient le jour, en parallèle de la recherche sur le sujet, mais ces projets émanent d’une volonté politique tenace, et restent minoritaires. « Les choses changent. Mais si vite… est-ce que les habitudes des hommes pourront suivre ? ». L’architecture bois devrait-elle aussi se défaire de ses habitudes et cesser de n’être appréhender que par le biais des calculs de superficies ou de stockage carbone, pour se mesurer davantage à l’intelligence du choix de sa matière disponible et à l’inventivité de ses structures : plus légères, réversibles, locales et ajustées ? Il reste certain que pour construire en feuillus, dans ce contexte d’accélération auquel les écosystèmes forestiers et nous-même faisons face, il faudra subtilement allier l’héritage et l’innovation. Oser réinterpréter les traditions constructives à l’aune des avancées techniques et scientifiques. Continuer de tailler et sculpter ce manteau vivant qu’est la forêt, au plus juste de nos besoins, pour faire entrer la lumière au cœur des bois.

Séquences bois #139 : Paysages - Guide vivre dehors
revue
Année : 2023
Auteur : Anne-Sophie Gouyen
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : Pays, Paysage. La frontière entre architecture et paysage peut sembler assez fine, notamment lorsque l’on s’intéresse de près aux ressources, à leurs impacts sur nos territoires en mouvement. Différentes définitions fleurissent dans les tentatives de théorisations, mais il semble exister un certain flou autour du terme paysage. Étymologiquement, il puise sa racine dans le terme latin pagus, signifiant « petit pays délimité », auquel est ajouté le suffixe –age qui désigne, après un nom de chose inanimée, une collection que présente un pays. Paysage est alors à pays ce que plumage est à plume ou outillage à outil, des mots de Bernard Charbonneau : l’ensemble des gestes d’un peuple sur la terre qu’il habite, taillée à son image. Le paysage est ce qui se trouve sous l’étendu du regard, et tous les autres sens. C’est un espace sensible, à toutes les échelles, complète Gilles Clément.(1) Si aujourd’hui le paysagiste concepteur est indéniablement l’un des acteurs incontournables de la fabrication du territoire avec des échelles d’interventions, s’étendant du jardin au territoire, il nous invite à nous questionner sur la fabrication de nos paysages : dans le métier de paysagiste, si l’on ne fait rien, on est utile à tous. Puisque si l’on ne fait rien, on fait une forêt. La gestion forestière, que l’on est souvent tenté de dualiser entre exploitation et sanctuarisation, peut imager facilement le concept de diplomatie d’interdépendance, développée par Baptiste Morizot. Cette notion permet de penser les paysages non pas comme la défense d’intérêt d’un camp « humain » contre un autre camp « naturel » mais au nom d’un tissage d’interdépendances soutenables, contre tous les usages qui le mettent en danger. Selon le philosophe, se questionner par le point de vue des interdépendances provoque un trouble, une tension, un conflit de loyauté caractéristique d’une position contemporaine extrêmement inconfortable, mais qui est la seule désirable et constitue une boussole intéressante en écologie politique. Pour nous aiguiller dans cette direction souhaitable, les mots sont parfois nécessaires : pour faire un jardin, il faut d’abord être saisi. Dites aux jeunes paysagistes de rêver. Puis dites-leur d’écrire le rêve.(1) C’est avec ce conseil que les différentes installations paysagères, arpentées ici, permettent de questionner comment le bois, extrait de nos forêts, peut, avec une évidence singulière, faire partie du rêve de jardin planétaire. Mais dans la plupart des projets parcourus, même lorsqu’ils présentent des qualités d’intégration paysagère remarquables, une interrogation nous submerge : les paysages ne se suffiraient-ils pas à eux-mêmes ? Dès lors, ce numéro est une tentative d’écrire, au fil des pages, le rêve de tout bon jardinier de notre temps: ménager.

La Gazette des communes #2654 : Cyberattaques - Comment éviter le pire
revue
Année : 2023
Auteur : Jean-Baptiste Forray
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : C'est le dossier le plus explosif de la mandature dans 43 grands groupements intercommunaux. Les zones à faibles émissions (ZFE) pourraient interdire d'accès 60 % du parc automobile actuel aux principales agglomérations. Au nom de la lutte, légitime, contre la pollution, les pouvoirs publics risquent de fabriquer une bombe sociale. Malgré les aides multiples pour acheter des véhicules propres, la note de la transition écologique reste salée pour les foyers modestes. Chargé par le gouvernement d'une mission sur les ZFE, le maire (ex-LR) de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, sonne l'alarme. Proche de la Macronie, l'édile centriste sort du rang pour réclamer un doublement des aides de l'Etat. GRÈVE DU ZÈLE. Une requête qui reste lettre morte. L'heure n'est plus au « quoi qu'il en coûte ». Dans ces conditions, Jean-Luc Moudenc fait la grève du zèle. Il se garde bien d'ordonner à sa police municipale de verbaliser les propriétaires de vieilles voitures carburant au diesel. Son homologue marseillais, Benoît Payan (PS), est sur la même longueur d'onde. Dans les quartiers populaires de la cité phocéenne, la marche est trop haute. Les grandes villes n'ont pas oublié, non plus, les marées de « gilets jaunes » qui les ont submergées voici cinq ans. Même les élus EELV de la métropole lyonnaise font profil bas. Leur zone à faibles émissions verra le jour avec deux ans de retard au regard de leur calendrier initial. Le but de la manœuvre ? Faire coïncider la naissance de la ZFE avec le lancement de trois lignes de tramway. Un effort louable. L'Etat a des oursins dans les poches. Les collectivités ne pourront pourtant pas payer toutes seules la facture des transports en commun. GROS SOUS. Le chantier des transports en commun ne peut cependant se cantonner à l'intérieur des agglomérations. La justice sociale et territoriale exige aussi des RER métropolitains dans un large rayon autour des grandes villes. Emmanuel Macron s'est engagé sur cette voie à la fin de l'année dernière. Mais l'Etat a des oursins dans les poches. Les collectivités ne pourront pourtant pas payer toutes seules la facture. Dixit le patron de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, l'addition s'élèvera, au bas mot, à 13 milliards d'euros.

Le Moniteur #6234 : Les as de la nouvelle règlementation
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Un « z » qui veut dire zéro. Mais un zéro relatif ou absolu ? C'est tout le débat sur le ZAN qui agite les parlementaires ces jours-ci, loin du tumulte des retraites. Initiée par des sénateurs, une proposition de loi en cours de discussion vise à desserrer l'étau sur les collectivités. Comme par enchantement, les députés de la majorité viennent de défourailler leur propre texte, bien plus proche de la conception du gouvernement. Le combat politique s'engage, à la pointe de l'épée. Sur le terrain, la dynamique de non-artificialisation est pourtant bel et bien enclenchée. Au cœur de Lyon, à Saint-Ouen aux portes de Paris ou à Cusset dans l'Allier, ce sont bien des friches qui accueilleront les futurs quartiers. Ou encore à Dreux, territoire précurseur et enthousiaste de la sobriété foncière. D'où vient alors la crispation parlementaire ? Ses racines plongent dans les territoires ruraux, base arrière des sénateurs, où l'on peine à imaginer un développement sans consommation de terres agricoles. Les tours ne poussent pas dans les bourgs : on s'y installe justement pour fuir la densité. D'où la montée d'une angoisse, celle que le ZAN implique aussi un zéro croissance nette. La politisation comporte le risque d'attiser une opposition caricaturale entre ville et campagne. Tout semble en place pour un dialogue de sourds. D'un côté, la lutte contre l'artificialisation se trouverait réduite à une marotte de citadins désireux de plonger la ruralité dans un immobilisme de carte postale. De l'autre, les craintes des élus ruraux ne seraient, aux yeux des défenseurs d'une application stricte de la règle, qu'une expression de leur conservatisme atavique. De la ZFE au ZAN, de la bagnole au pavillon, la politisation comporte le risque d'attiser une opposition caricaturale entre ville et campagne. Evidemment, tout cela est infiniment plus complexe. L'ambition est légitime, les craintes sont réelles. Les modalités d'application nécessitent donc un débat approfondi et sincère qui, jusqu'à présent, a fait cruellement défaut. Reste à savoir si, dans le climat actuel, ce nouveau champ de bataille parlementaire accouchera de solutions concrètes et partagées. Echapper, si possible, à la « bordélisation »

Guide de la gestion différenciée des espaces verts des communes de l'Oise
brochure
Année : 2022
Auteur : Audrey Laversin
Editeur : CAUE DE L OISE KAU OIS
Description : La transition écologique et l’amélioration du cadre de vie sont au cœur des préoccupations des élus et des collectivités. Chaque réalisation, chaque aménagement de l’espace public, intègre désormais une ou plusieurs dimensions liées au développement durable. Le Conseil départemental, premier partenaire des communes de l’Oise, mesure d’ailleurs au quotidien combien la préservation de l’environnement est une problématique locale. A l’image de l’effet papillon, c’est à l’échelon le plus modeste que se situent les leviers de transformation les plus importants. En effet, dans une commune à taille humaine, la démarche « 0 phyto » est conduite en proximité. Transmises et expliquées, les techniques utilisées peuvent ensuite être reproduites par autant de particuliers dans leurs cours, jardins et espaces verts privatifs. Si les élus locaux ont ainsi la capacité de changer les choses en étant des ambassadeurs dévoués, ils ne disposent cependant pas toujours de services dédiés pour déployer des nouvelles techniques encore plus respectueuses de l’environnement. Ce « Guide de la gestion différenciée des espaces verts des communes de l’Oise » a pour ambition de vous apporter des pistes et des techniques pour valoriser votre cadre de vie et embellir votre commune en limitant les produits chimiques. En espérant qu’il pourra vous guider pas à pas dans vos démarches, je vous souhaite de belles réalisations au service de l’environnement et d’un cadre de vie préservé.

Créer une mare : un point d'eau, une baignade naturelle
Livres
Année : 2022
Auteur : Frédéric Proniewski
Editeur : ULMER ULM
Description : La mare est un incontournable du jardin écolo ! Et si en plus on peut se baigner au milieu des nénuphars, cela devient un immense plaisir. En s'appuyant sur son expérience et ses grandes connaissances des milieux aquatiques, Frédéric Proniewski rassemble dans ce livre toutes les étapes pour créer un point d'eau adapté à l'écosystème de son jardin. Frédéric Proniewski donne dans ce livre toutes les techniques les plus intéressantes et faciles à mettre en œuvre pour créer une mare, un point d'eau, une baignade naturelle, puissants leviers pour restaurer la biodiversité, mais aussi se constituer des réserves d'eau. Le guide indique ainsi comment créer techniquement un écosystème stable dans son jardin et quelles sont les façons de créer un milieu naturel en détaillant toute la petite faune qu'une mare permet d'observer. Schémas et dessins facilitent la mise en place du projet et la reconnaissance des éléments favorables à l'installation d'un point d'eau.

EXE #47 : Préfabrication
revue
Année : 2022
Auteur : Clémentine Roland
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description :

EXE #46 : Bas carbone
revue
Année : 2022
Auteur : Clémentine Roland
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description :

On est bien arrivés : un tour de France des grands ensembles
Livres
Année : 2022
Auteur : Renaud Epstein
Editeur : LE NOUVEL ATTILA ATILA
Description : Ces cartes postales, qu’on pouvait trouver dans les cafés, maisons de la presse ou épiceries des cités HLM racontent un monde disparu, dans lequel ces cités incarnaient la modernité urbaine et le progrès social. La production en masse de ces cartes a accompagné la construction des grands ensembles durant les Trente Glorieuses, contribuant à forger et diffuser une image sociale valorisante de quartiers aujourd’hui stigmatisés. Loin des représentations stéréotypées de quartiers-ghettos, mornes et criminogènes, ce livre montre la diversité du bâti, l’empreinte du paysage, et par le biais des quelques versos de cartes reproduits, un aperçu de la vie des habitants par eux-mêmes…

EXE #49 : Façades minérales
revue
Année : 2022
Auteur : Clémentine Roland
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description :

EXE #48 : Etablissements de soin
revue
Année : 2022
Auteur : Clémentine Roland
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description :

La Gazette des communes #2655 : Protection de l'enfance - Pourquoi le malaise persiste
revue
Année : 2023
Auteur : Hervé Jouanneau
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Alors qu’une sécheresse exceptionnelle frappe le pays depuis plusieurs semaines, les sapeurs-pompiers se mettent déjà à redouter des incendies encore plus intenses cet été que l’année passée. Et si le scénario catastrophe du film « Le Jour d’après » devenait réalité ? Alors qu’une sécheresse exceptionnelle frappe le pays depuis plusieurs semaines, les sapeurs-pompiers se mettent déjà à redouter des incendies encore plus intenses cet été que l’année passée. S’il est encore trop tôt pour prévoir précisément les conditions météorologiques des prochains mois, les scientifiques sont unanimes : le dérèglement climatique va entraîner des chaleurs supérieures à la normale et dans toutes les régions de l’Hexagone. Face à la menace, les soldats du feu seront-ils prêts à affronter les brasiers ? D’ores et déjà, dans les casernes, où le traumatisme reste vivace, tous affichent la plus grande vigilance. C’est le cas en Gironde, département dévoré par les flammes l’été dernier, où le déploiement de caméras pour effectuer les repérages de feu a commencé et les renforts de camions devraient arriver ces jours-ci. Moyens renforcés De la Sarthe au Jura, en passant par le Var et la Lozère, on escompte maintenant que les moyens annoncés à l’automne par le chef de l’Etat seront mis en œuvre sur le terrain. Parmi eux : le renouvellement de la flotte de Canadair, la montée en puissance de la politique de location des hélicoptères, le doublement des colonnes de renfort envoyées sur les feux et le recrutement de volontaires. Concernant le serpent de mer du financement des services d’incendie et de secours, les arbitrages du ministre de l’Intérieur sont attendus prochainement sur la base des préconisations de l’inspection générale de l’administration. L’enjeu est de taille et le défi immense car le malaise des sapeurs-pompiers, qui n’en peuvent plus d’être sollicités à tout va pour pallier la crise du système de santé, n’a jamais été aussi palpable. Cette grogne, relayée par « La Gazette », impose une réponse à la hauteur des périls climatiques et humains. Pas seulement pour mettre à niveau rapidement des moyens aujourd’hui largement insuffisants, mais aussi pour donner un souffle ambitieux à une politique de sécurité civile en pleine mutation et conforter clairement ceux qui ont fait du dévouement leur métier.

Le Moniteur #6235 : Equans lève le voile sur ses ambitions
revue
Année : 2023
Auteur : Barbara Kiraly
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : La myopie, ce fléau Qui aurait pu prédire la crise du logement ? Tout le monde. Ou presque. Le secteur du bâtiment alerte depuis plus d'un an et la touche du doigt aujourd'hui. En 2022, les constructeurs de maisons ont en effet réussi l'exploit de commercialiser peu ou prou autant de logements individuels que de HLM agréés, soit moins de 100 000 unités ! Pour éviter d'avoir à prendre les mesures financières qui s'imposent, une énième concertation a été lancée, sous la houlette du Conseil national de la refondation. Laissant les professionnels dubitatifs, car il y a « un consensus sur le fait que la commission Rebsamen a bien fait le boulot en mettant sur la table les solutions nécessaires », rappelait tout récemment un poids lourd du secteur. Et pour répondre à la grogne bien compréhensible des promoteurs immobiliers, qui présenteront leurs mauvais chiffres début mars, le ministre du Logement, Olivier Klein, les a reçus pour une session de câlino thérapie la semaine passée. Comme dans le secteur du logement, le manque de vision pénalise la réindustrialisation du pays. Autre secteur, même manque de vision : la France découvrait avec horreur - à la faveur de la crise sanitaire - les conséquences de plusieurs décennies de désindustrialisation. Rendez-vous compte : la part de l'industrie dans le PIB de l'Hexagone chutait à 13,5 % en 2018, alors qu'elle culminait à 25,5 % à la même date en Allemagne selon l'Insee. « Installer une usine prend deux fois plus de temps en France qu'en Allemagne », admet-on aujourd'hui à Bercy. Le gouvernement compte bien accélérer avec son projet de loi « industrie verte » qui sera présenté au Parlement en juin. Un texte bienvenu… qui arrivera trois ans après le début de la crise sanitaire et quelques dizaines d'années trop tard.

Médiations #32 : La maîtrise d'oeuvre des opérations de réhabilitation de bâtiment
revue
Année : 2023
Auteur : Christian Romon
Editeur : MISSION INTERMINISTERIELLE POUR LA QUALITE DES CONSTRUCTIONS PUBLIQUES MISION INTERMINISTERIEL KALIT DE KONSTRUKSION PUBLIK
Description : Les opérations de réhabilitation se multiplient et bousculent les modèles esthétisants de la qualité architecturale établis, laissant l’altérité, la souplesse programmatique, le provisoire, voire le bricolage, envahir le processus de transformation des constructions existantes. Face à ce nouvel engouement, la commande devant se diversifier, la maîtrise d’œuvre devant monter en compétence, étendant les questionnements méthodologiques et techniques à la transformation des bâtiments construits ces dernières décennies, il était impératif d’actualiser notre fiche technique Médiations n°17 datée d'avril 2007. Ainsi, ont été introduits dans cette fiche : une actualisation des références réglementaires, des légers compléments quant à certains domaines techniques à aborder (en particulier les données historiques et l’appréhension du vivant), une clarification des contenus attendus lors des différentes consultations, l’évocation de certains éléments lacunaires (droit de propriété intellectuelle, procédure adaptée ou procédure avec négociation sur intention) et enfin, la mise en exergue de deux outils pouvant être particulièrement utiles aux opérations de réhabilitation : la mission Diagnostic, comme premier élément de mission de maîtrise d’œuvre afin de vérifier la faisabilité du projet et parfaire la connaissance du bâti existant, et la souplesse de l’accord-cadre face aux surprises que peuvent réserver des travaux sur un site déjà construit en prenant en compte le temps et les incertitudes liées aux aléas et à l’avancement des investigations.

Un autre jardin
Livres
Année : 2022
Auteur : Emma Giuliani
Editeur : ED DES GRANDES PERSONNES DE GRAND PERSON
Description : Un autre jardin est une invitation au rêve, au voyage... Dépliez ce livre et, depuis votre fenêtre, laissez-vous emporter à la découverte d'autres jardins, d'autres univers, inconnus, luxuriants, stellaires...Emma Giuliani sait créer des livres pour apprendre, et aussi des livres pour rêver. Dans la lignée de Voir le jour, son tout premier livre, Un autre jardin est un livre-objet, poétique, qui donne tout pouvoir à l'imagination, pour le plaisir de tous, petits et grands.

Le Moniteur #6236 : Investissements dans les mobilités. Qui gagne, qui perd ?
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : C'est peu dire qu'il était attendu, ce rapport du Conseil d'orientation des infrastructures (COI). Initialement annoncé pour décembre, reporté à janvier et finalement remis fin février, le texte a eu le temps de voir chaque mot soupesé, chaque chiffre revérifié. Au bout du compte, ce document propose trois scénarios d'investissements, du plus économe au plus coûteux, qui esquissent les perspectives françaises en matière de mobilités. L'attente ayant été suffisamment longue, Elisabeth Borne n'a pas fait durer le suspense davantage. A peine avait-elle pris le rapport en main que la Première ministre annonçait opter pour le scénario médian. Ce choix n'est certes pas une surprise totale mais c'est un soulagement pour les professionnels car, si cette option est effectivement suivie, l'enveloppe de l'Etat destinée aux infrastructures fera un bond de 50 %. Etablir des priorités pour les infrastructures, c'est écarter certains projets et faire évidemment des déçus Un tel outil de prospective nécessite du temps, on l'a compris, du travail, on s'en doute, mais aussi d'inévitables compromis. Etablir des priorités, c'est écarter certains projets. L'époque du « quoi qu'il en coûte » est bel et bien révolue. Pire : cette période a lourdement dégradé les finances publiques, ce qui rend encore plus difficile l'accès aux deniers de l'Etat, a fortiori pour financer des investissements qui, nonobstant leur nécessité, verront leurs effets produits dans des années, voire des décennies. Il y a bien évidemment des déçus, c'est le propre de l'exercice. Les professionnels de la route grincent des dents. Le Sud-Ouest voit s'éloigner sa LGV Bordeaux-Toulouse. Quant aux promoteurs du Lyon-Turin, ils s'étranglent d'un énième décalage du projet. Ces points noirs, qui méritent qu'on y revienne, ne doivent pas occulter une réalité plus réjouissante : la volonté politique semble bien réelle, et ce, au plus haut sommet de l'Etat. On peut remercier ici la loi d'orientation des mobilités de 2019 qui a, entre autres, installé dans la durée ce COI. Une loi portée à l'époque par une ministre des Transports tenace nommée Elisabeth Borne. Cette dernière dispose aujourd'hui de tous les leviers pour réaliser l'acte 2 de cette noble ambition.

Maisons paysannes de France #226 : Amélioration thermique du bâti ancien
revue
Année : 2022
Auteur : Guy Sallavuard
Editeur : MAISONS PAYSANNES DE FRANCE MAISON PAISAN FRANS
Description : Les sapiens qui nous ont précédés ont su s’abriter, se défendre, franchir les fleuves et vénérer leurs dieux en construisant des édifices qu’ils nous ont transmis. Ils ont su changer leur monde en utilisant leur capacité à inventer des choses inconnues et à coopérer en grand nombre. Ces patrimoines reçus sont autant d’enseignements de savoirs, de références de savoir-faire et d’exemples d’audaces pour nous donner, à notre tour, l’envie de changer le monde avec des idées nouvelles afin de résoudre les problèmes du présent, construire le patrimoine de demain et préparer l’avenir.

La maison écologique #132 : La terre crue on y croit
revue
Année : 2022
Auteur : Virginie Jourdan
Editeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIK
Description : Chères lectrices et chers lecteurs, La Scop La Maison écologique a à cœur de continuer à vous informer via son magazine La Maison écologique et ses plus de 20 années dédiées à l’écoconstruction et aux matériaux sains. Depuis un plus d’un an maintenant, la coopérative a aussi accueilli le bimestriel d’initiative écologique et solidaire Kaizen qui depuis une décade pratique également un journalisme d’impact et de solutions solidaires. Mais comme tous les acteurs de la presse aujourd’hui, nous sommes confrontés à une réalité économique violente. En un an, le prix du papier recyclé pour imprimer le magazine que vous tenez entre vos mains a doublé : il est passé de 700 € à 1 400 € la tonne. Dans le même temps, la tendance de la presse écrite n’est pas à l’explosion heureuse de ses ventes en kiosque. Son modèle continue de se transformer, réduisant parfois sa voilure mais ne se résignant pas à disparaître. Engagés, convaincus, nous ne nous résignons pas non plus à rogner sur nos exigences journalistiques : le nombre de journalistes avec qui nous vérifions et fabriquons l’information reste constant, leur rémunération ne connaît pas non plus de baisse. Car, en plus du soucis écologique qui porte notre Scop, la question du bien-être social est aussi essentielle. Elle fait partie des piliers de l’économie coopérative et participative dans laquelle nous avons choisi de nous inscrire et de rester. Parce que La Maison écologique n’existe et ne parait que grâce à vous, lectrices et lecteurs, abonnées et abonnés, nous souhaitons par cet édito être transparents. La santé de La Maison écologique est plus que jamais fragilisée par le contexte économique. Pour notre titre comme pour d’autres, l’abonnement reste le meilleur soutien que vous puissiez nous apporter. Si vous êtes abonné vous-même, vous pouvez aussi offrir un abonnement à l’un de vos proches, vous pouvez passer le mot à vos voisins, à vos collègues et à vos amis. Abonnez-vous qu’il disait ! Dans un paysage médiatique où 90 % des médias appartiennent à une dizaine de groupes financiers, industriels, choisir de soutenir une SCOP indépendante, c’est aussi préserver et défendre une bulle d’oxygène dans le débat démocratique. Car nos choix éditoriaux reposent sur la recherche de ce qui nous semble être le bien commun.

Actu environnement #431 : Les polluants éternels sous surveillance
revue
Année : 2023
Auteur : Florence Roussel
Editeur : COGITERRA EDITIONS KOJITERA EDISION
Description : Près de 12 000 : ce serait le nombre de substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) désormais utilisées par l'industrie chimique… et potentiellement présentes dans l'environnement. En regard, la surveillance de la contamination dans l'eau par ces molécules se limite, en France, à une vingtaine d'entre elles. Ainsi pour l'eau potable, l'obligation de suivi, qui entrera en vigueur en 2026, se concentrera sur 20 PFAS.

La Gazette des communes #2656 : Commande publique : Acheter mieux et moins, remède contre l'inflation
revue
Année : 2023
Auteur : Delphine Gerbeau
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Le ZAN, ou zéro artificialisation nette, a déjà fait couler beaucoup d'encre. Et ce n'est certainement pas fini. Les deux décrets d'application du 29 avril 2022 de la loi « climat et résilience » qui lui sont relatifs sont en cours de réécriture - les ajustements étant plus que minimes selon certains - au ministère de la Transition écologique, à la demande du ministre Christophe Béchu. En parallèle, ils font l'objet d'un recours contentieux devant le Conseil d'Etat, engagé par l'Association des maires de France en juin. Par ailleurs, le Sénat, via le sénateur Jean-Baptiste Blanc, et soutenu par le même ministre, a déposé, le 13 décembre, une « proposition de loi visant à faciliter la mise en œuvre des objectifs de zéro artificialisation nette au cœur des territoires », qui sera examinée le 14 mars. Le Sénat a auditionné les associations d'élus locaux et les ministres concernés, mais, à chaque séance, la tension est palpable. OUI, MAIS NON. Dans une démarche vertueuse, le Sénat a auditionné, ces dernières semaines, l'ensemble des associations d'élus locaux et les ministres concernés afin de recueillir leur avis sur ses propositions de modifications. Mais, à chaque séance, la tension est palpable : oui pour décaler le bouclage des Sraddet qui intègrent les objectifs territorialisés du ZAN, mais pas trop quand même ; oui pour répondre aux inquiétudes du monde rural qui craint d'être bloqué dans son développement, mais non au « un hectare à artificialiser par commune », trop mécanique et contraire aux objectifs de la loi ; oui pour associer davantage les collectivités à la territorialisation, mais non à la conférence régionale de gouvernance prévue par la proposition de loi, qui ajoute une couche au millefeuille... Les sénateurs commencent à avoir la moutarde du ZAN qui leur monte au nez ! CACOPHONIE. D'autant que les députés Lionel Causse et Bastien Marchive ont déposé, le 14 février, une proposition de loi « visant à renforcer l'accompagnement des élus locaux dans la mise en œuvre de la lutte contre l'artificialisation des sols », avec des objectifs proches du texte sénatorial. Une façon d'ouvrir le débat, a justifié Christophe Béchu... Le ZAN symbolise le casse-tête de la transition écologique : tout le monde est d'accord quant au constat et à la nécessité d'agir, c'est sur les moyens que le consensus reste introuvable. Le Sénat saura-t-il sonner la fin de la partie ? Pas si sûr.

D'Architectures #305 : Populismes architecturaux, une question de goût
revue
Année : 2023
Auteur : Emmanuel Caille
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : Attention, certaines images peuvent heurter votre sensibilité. Abordant la question des populismes architecturaux, Federico Ferrari nous invite doctement ce mois-ci à ne pas céder aux anathèmes simplistes face à la grandiloquence kitsch dont s’enorgueillissent quelques maires qui se sont donné comme mission de redécorer leur ville. Face au carton-pâte haussmanno-vénitien que nous infligent ces édiles convaincus que « c’était mieux avant », peut-on d’ailleurs parler de « populisme architectural » ? Que cherchent ces maires du Blanc-Mesnil, du Raincy ou de Puteaux dont l’inculture les porte à confondre modernité et bolchevisme alors qu’ils nous infligent un péplum immobilier que ne renierait pas les Ceausescu ?

Maisons paysannes de France #227 : Escaliers Intérieurs
revue
Année : 2023
Auteur : Guy Sallavuard
Editeur : MAISONS PAYSANNES DE FRANCE MAISON PAISAN FRANS
Description : Savons-nous, en montant un escalier, qu’une marche peut être dansante, biaise, d’angle ou de demi-angle, mais aussi carrée, palière, de départ ou d’arrivée, et même moulée, voire contre-moulée? Plus qu’une marche à suivre, la conception et la construction d’un escalier demandent un haut degré de compétences théoriques et pratiques. Le confort et la sécurité d’usage doivent primer, ainsi que la composition avec les dimensions de la cage disponible, la hauteur d’étage et les matériaux.

Le Moniteur #6237 : EnR, ZAN, bas carbone... Vinci veut prendre les devants
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Vingt-trois millimètres qui changent tout. La profondeur de la fissure découverte, le mois dernier, dans la tuyauterie de la centrale de Penly est telle qu'elle impose une vague de contrôles dans tout le parc nucléaire tricolore. Cette énième alerte témoigne de la fragilité de notre approvisionnement énergétique : alors que la production est sous tension, ces quelques millimètres pourraient encore nous priver de précieux térawatts-heure. L'effet papillon, version atomique. L'invraisemblable série de déconvenues touchant EDF pourrait prêter à sourire. Mais on aurait tort de tirer sur l'ambulance : la descente aux enfers de l'ancien fleuron national risque d'entraîner le pays tout entier. La reconstruction de notre modèle énergétique est urgente. Elle implique la mobilisation de tous, à commencer par les majors du BTP, qui ont chacune intégré ces métiers en leur sein. Vinci va même plus loin en devenant producteur d'EnR. Un virage stratégique défendu avec ardeur par son P-DG Xavier Huillard. Au-delà de la relance du nucléaire, c'est du côté du renouvelable que les appétits s'aiguisent et que les armes s'affûtent On peut le comprendre. Au-delà de la relance massive de la filière nucléaire, c'est en effet du côté du renouvelable que les appétits s'aiguisent et que les armes s'affûtent. Les choix d'aujourd'hui seront déterminants pour les années à venir. Opter pour le photovoltaïque ou l'éolien ? Privilégier l'off-shore ou l'on-shore ? Se positionner comme industriel, constructeur ou opérateur ? Chacun cherche aujourd'hui la martingale. Après des années à porter à bout de bras l'amorçage de cette activité, le temps est-il venu pour l'Etat de laisser les acteurs privés en toute liberté ? Ce serait une erreur. Bien éloigné du monopole public, le marché des EnR connaît un bouillonnement tel qu'il devient prioritaire d'élaborer un cadre réglementaire adapté et ce, tant pour la production, comme l'ambitionne la toute nouvelle loi d'accélération des EnR, que pour la vente d'électricité renouvelable. Un environnement juridique susceptible de sécuriser les projets. Un mur d'investissement nous fait face. Et lui ne présente pas de fissure.

La Gazette des communes #2657 : Zones à faibles émissions - Comment faire passer la pilule
revue
Année : 2023
Auteur : Jean-Baptiste Forray
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Ce qu'il y a de bien quand on reçoit un rapport de la Cour des comptes, c'est qu'on ne risque pas d'être frappé de stupeur et de tremblement. La dernière livraison annuelle, consacrée à la décentralisation, ne faillit pas à la règle. La France dénombre trop de communes, jugent, en substance, les pensionnaires de la Rue Cambon. Contrairement à l' Allemagne, à l' Italie et à l' Espagne, elle n'a pas su mener à bien le chantier des fusions de municipalités. Même reconfigurées, les régions hexagonales font pâle figure au regard de leurs voisines et ne disposent toujours pas de la force de frappe des länder. CERCLE DE LA RAISON. Une charge contre l'exception française digne d'un discours du Premier ministre Edouard Balladur en 1994, à moins que ce ne soit d'un rapport de l'OCDE de 2011. Il ne manque qu'une référence à celui d' Olivier Guichard, « Vivre ensemble », et aux premiers contrats de plan de Michel Rocard pour que cette prose ressemble à une copie de Sciences-po. En dehors d'une piste tout à fait nouvelle, à défaut d'être tout à fait convaincante, la fusion-absorption de communautés de communes par des conseils départementaux ruraux, l'institution présidée par Pierre Moscovici reste fidèle aux canons du cercle de la raison. Consacré à la décentralisation, le rapport annuel de la Cour des comptes manie à ravir l'art du balancement circonspect. EN MÊME TEMPS. A la manière d'un éditorial d' Alain Duhamel, son rapport manie à ravir l'art du balancement circonspect. Il faut une nouvelle étape de la décentralisation, mais davantage contrôler les dépenses des collectivités. Il est temps de clarifier les compétences des divers échelons pour que le citoyen s'y retrouve. Mais il convient également de donner aux collectivités la possibilité de prendre des prérogatives particulières au nom de la différenciation territoriale. Les esprits facétieux de l'amphithéâtre « Boutmy », à Sciences-po, appelaient cela jadis : « Thèse, antithèse, foutaise ». Pur produit des lieux, Emmanuel Macron préfère parler d'« en même temps » et de « pensée complexe ». Le rédacteur du rapport « Attali » de 2008 retrouvera ses petits dans les préconisations de la cour. Le cercle de la raison et le balancement circonspect résistent décidément à l'épreuve du temps. La preuve, Alain Duhamel est toujours à la télé.

Adaptez vos territoires au changement climatique : Vos besoins, nos solutions / Guide de présentation des pricnipales réponses du Cerema aux besoins des collectivités territoriales
brochure
Année : 2022
Auteur : l'environnement, la mobilité et l'aménagement Centre d'études et d'expertise sur les risques
Editeur : CENTRE D ETUDES ET D EXPERTISE SUR LES RISQUES ET L ENVIRONNEMENT LA MOBILITE ET L AMENAGEMENT CEREMA SANTR ETUD EXPERTIS LE RISK ANVIRONEMAN MOBILIT AMENAJEMAN SEREMA
Description : Le changement climatique est devenu un enjeu majeur pour notre société. Pour anticiper ses effets, réduire la vulnérabilité des territoires et favoriser leur résilience, le Cerema se mobilise pour l'adaptation au changement climatique dans les différents domaines transversaux qui relèvent de sa compétence allant de l’aménagement des territoires au littoral en passant par l’environnement, le bâtiment et la mobilité.

Fonds vert : Les 11 solutions du Cerema pour accompagner les collectivités en ingénierie
brochure
Année : 2023
Auteur : Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions publiques
Editeur : CENTRE D ETUDES ET D EXPERTISE SUR LES RISQUES ET L ENVIRONNEMENT LA MOBILITE ET L AMENAGEMENT CEREMA SANTR ETUD EXPERTIS LE RISK ANVIRONEMAN MOBILIT AMENAJEMAN SEREMA
Description : La guerre en Ukraine, l'augmentation du prix des énergies qui provoque de grandes tensions sur le budget des collectivités, les risques sur le réseau électrique cet hiver en France, mais aussi l'accélération du changement climatique : le contexte incite chacun à mener des actions de sobriété énergétique. Pour accompagner les collectivités dans ce défi que doivent relever les collectivités, le Cerema propose 11 solutions clés, sur les domaines de la mobilité, du bâtiment et de l'éclairage public.

Mixité n° 2 : Solutions biosourcées
Livres
Année : 2022
Auteur : Dominique Cottineau
Editeur : UNION DES INDUSTRIELS ET CONSTRUCTEURS BOIS UICB DE INDUSTRIEL KONSTRUKTER BOI UIKB
Description : Après un premier ouvrage publié en 2019 consacré à la mixité entre le bois, le métal et le béton, il était naturel qu’une nouvelle publication se penche sur le bien-fondé des solutions mixtes entre le bois et les autres matériaux biosourcés. Ces associations répondent parfaitement aux enjeux environnementaux et aux exigences techniques et réglementaires : utilisant des matières renouvelables, stockant du carbone, réclamant peu de transformation ; le tout grâce à des solutions de mise en œuvre en techniques courantes. Les solutions mixant les composants structuraux bois avec les produits biosourcés en enveloppe apportent ainsi une triple réponse aux attentes pour une construction vertueuse : faible impact environnemental, performance technique, confort augmenté pour l’usager. Avec un panorama des solutions constructives bois, une boite à outils des matériaux biosourcés et des retours d’expérience détaillés, ce volume s’adresse à tous les acteurs de la maitrise d’œuvre et de la maitrise d’ouvrage : architectes, bureaux d’études, promoteurs immobiliers, aménageurs publics ou privés, bailleurs sociaux, etc. Il intéressera aussi les entreprises ayant besoin de mettre en œuvre des produits biosourcés pour décarboner l’acte de construire, et plus largement tous ceux qui souhaitent découvrir et se familiariser avec les atouts de ces solutions.

Urbanisme #428 : Energies
revue
Année : 2022
Auteur : Julien Meyrignac
Editeur : SARL PUBLICATIONS D ARCHITECTURE ET D URBANISME PUBLIKASION ARCHITEKTUR URBANISM
Description : Quand nous avons inscrit, en octobre 2021, la question des énergies à notre calendrier éditorial, croyez-le ou non, nous avons dû faire face à bien des étonnements et interrogations. Or, vous qui lisez ces lignes, un an plus tard, vous êtes en train de vous demander – j’en suis certain – si la revue Urbanisme n’est pas en train de surfer sur la haute vague d’une crise qui touche désormais tout le monde et semble s’ancrer résolument dans le temps long. Pourtant, cette problématique ultrasensible des énergies a déjà produit, sur la courte échelle temporelle de la bascule de l’holocène à l’anthropocène, des évènements dramatiques (de guerres en crises) que nous n’avons pas pu ne pas voir, des conséquences sur l’environnement et le cadre de vie (pollutions, maladies…) que nous n’avons pas pu ne pas sentir et ressentir, une incidence croissante (jusqu’à devenir excessive) sur nos budgets que nous n’avons pas pu ne pas toucher. Nous n’avons pas eu envie de voir, de sentir, de toucher les impacts de l’évolution de nos modes de vie sur la planète et sur nos vies elles-mêmes. Les promesses de la mondialisation en matière de confort et pouvoir d’achat, opportunément catalysées par une énergie bon marché, étaient bien trop belles pour être assombries par des cas de conscience, pour être entachées d’éthique. D’autant que les industriels de l’exploitation et de la production d’énergie, de leur côté, s’appliquaient à rendre les questions de fond – ressources, émissions, déchets ultimes, etc., – presque parfaitement invisibles au plus grand nombre. Permettant ainsi, jusqu’à une période encore très récente, à chacun de se bercer d’illusions et autres pensées magiques, et aux acteurs de l’urbanisme de faire de cette question le plus invraisemblable et regrettable impensé de leurs projets. Notez à ce stade que si réveil il y a, personne n’a manifestement retenu la leçon, tant les acteurs du digital et de la logistique appliquent aujourd’hui avec succès les mêmes recettes d’invisibilité pour déculpabiliser les masses. Alors, que s’est-il passé en un an ? Dans les discussions quotidiennes, certains évoquent la guerre en Europe, et quand on leur rappelle qu’elle a commencé en 2014 avec l’annexion de la Crimée, ils précisent : les conséquences économiques de la guerre, et tout particulièrement la rupture d’approvisionnement en gaz de l’Europe par la Russie. S’ensuit généralement un débat entre néo-experts – comprendre informés – alternant géopolitique de l’épicerie (la moutarde), complotisme soft (les mains occultes) et inquiétudes non feintes (y aura-t-il de l’essence à Noël ?). Plus sérieusement, ce qu’il s’est passé en un an, c’est qu’une grande partie de la population s’estimant jusqu’alors pas ou peu concernée a touché du doigt sa dépendance énergétique, comprenant par là même que les ressources sont limitées et sensibles. Mais surtout, en conséquence, cette population a commencé à payer le prix de ses existences dispendieuses ; et brutalement atteinte au porte-monnaie, elle se surprend aujourd’hui à prononcer plus que volontiers, avec espoir, les mots sobriété et transition. De telle sorte qu’un numéro d’Urbanisme consacré à l’énergie prend aujourd’hui forme d’évidence.

Le Moniteur #6238 : Les routes, un patrimoine à bichonner
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : On peine encore à percevoir toutes les implications de la priorité donnée à la reconstruction de la ville sur la ville. Les équilibres économiques se trouvent bousculés par le coût du foncier, des déconstructions ou des transformations. Des compétences techniques nouvelles - de la dépollution des sols au diagnostic du bâti existant - deviennent incontournables. Des évolutions réglementaires s'efforcent d'encourager ce qui, jusqu'ici, n'était que marginal : surélévation, changement de destination… Sans parler du travail même de conception et de construction, infiniment plus complexe à réaliser qu'au milieu des champs. Le partenariat entre le public et le privé trouve dans la reconstruction de la ville sur la ville un nouveau terrain de jeu Cette mutation profonde n'épargne pas l'aménagement urbain. Sur la ville du déjà-là, les intérêts se croisent, les prérogatives s'enchevêtrent. Pour faire converger les points de vue, l'Etat et les collectivités se prennent à œuvrer main dans la main avec des promoteurs, des foncières voire des industriels. Le partenariat entre le public et le privé trouve ici un nouveau terrain de jeu qui exige un montage complexe, une confiance réciproque et une claire répartition des rôles. C'est cette tendance de fond qu'entend ausculter notre nouvelle série dédiée à « l'aménagement partagé ». Cette semaine, nous nous rendons dans la métropole lilloise, à la découverte de Quai 22, une opération mixte portée par deux promoteurs et une SEM. Les mois prochains, nous nous intéresserons à la requalification de friches commerciales, à la revitalisation de centres-villes dégradés, à la création de campus mêlant recherche et entreprises… Autant de projets issus de territoires divers et toujours sur mesure, mais qui, tous, sont venus à bout d'un cheminement tortueux à la faveur d'un esprit résolument collectif. Que le lecteur ne s'y trompe pas. Il n'y aura, dans ces exemples, ni grande leçon ni formule magique. Chaque cas est le fruit de contingences locales et de rencontres plus ou moins fortuites. Non reproductibles, ils n'en restent pas moins évocateurs de cette indispensable manière de fabriquer la ville aujourd'hui. En cela, ces opérations deviennent source d'inspirations. L'aménagement partagé aussi, ça se partage.

La Gazette des communes #2658 : JO2024 - Les collectivités s'arrachent les délégations d'athlètes
revue
Année : 2023
Auteur : Romain Mazon
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Sous réserve d'un renoncement du gouvernement, pressé par un mouvement social qui ne désarmerait pas - selon la « jurisprudence » du contrat première embauche, en 2006 -, et de la décision du Conseil constitutionnel, l'âge légal de départ à la retraite est donc progressivement porté à 64 ans, et la durée de cotisation allongée. Sur la forme, comme sur le fond, l'équipe d' Elisabeth Borne n'aura pas su convaincre de la pertinence de sa réforme au-delà du camp présidentiel. USURE PROFESSIONNELLE. Aux yeux des oppositions et de la majorité des Français, le texte n'est ni « juste » ni « de gauche ». Il n'est pas non plus « garant de la pérennité de notre système de retraite par répartition » ni même suffisant pour « rétablir l'équilibre des finances publiques ». Dans la territoriale, c'est pire. Les syndicats sont vent debout, à l'image du secteur privé. Et les employeurs territoriaux estiment, par la voix du président de leur coordination, Philippe Laurent, que « la question des territoriaux n'a pas été prise en considération de manière sérieuse ». La réforme ne règle quasiment aucune des situations qui font la particularité des métiers des collectivités. La réforme ne règle en effet quasiment aucune des situations qui font la particularité des métiers des collectivités. Comptant 75 % d'agents de la catégorie C, la fonction publique territoriale est, plus que les autres, concernée par l'usure professionnelle et les inaptitudes. Or, si un fonds de prévention est prévu pour les métiers du médicosocial, rien à ce stade ne l'est pour ceux de la territoriale, même si des discussions ont été entamées avec l' exécutif. MALADIE ET VIEILLISSEMENT. Désavantagées sur leurs retraites, les femmes le resteront même après la réforme, de l'aveu du gouvernement. Nouveau déséquilibre persistant. Pour contribuer à la solidité du système, les cotisations « employeurs » à la CNRACL, la caisse des territoriaux, augmenteront de 1 % l'an prochain. Mais, promet l' exécutif, la hausse sera compensée, probablement par une baisse équivalente des cotisations « maladie »... On déséquilibre Pierre pour équilibrer Paul, en lui ajoutant un poids sur les épaules puisque le vieillissement des agents amplifiera mécaniquement le nombre et la durée des arrêts de maladie... A quand une réforme qui stabilisera les comptes de la Sécu ? S'agissant des retraites, en tout cas, il faudra attendre.

Urbanisme #430 : Prospective - Au défi des utopies et du réel
revue
Année : 2023
Auteur : Julien Meyrignac
Editeur : SARL PUBLICATIONS D ARCHITECTURE ET D URBANISME PUBLIKASION ARCHITEKTUR URBANISM
Description : Au retour d’une pause hiémale dont le principal bénéfice fut, sans aucun doute, la déconnexion numérique, sautant dans le grand bain médiatique (presse x chaînes d’information x réseaux sociaux), j’ai manqué périr tout à la fois noyé et démembré par le tsunami glauque des points de vue. Car il n’y a plus d’information désormais, il n’y a que des avis. Si le succès des réseaux sociaux tient depuis l’origine à la possibilité offerte à tout un chacun d’être un commentateur (contempteur) de tout sujet aussi sophistiqué ou trivial soit-il, si cela fait longtemps déjà que la télévision et la radio sont les empires des chroniqueurs, nous ne pouvons que constater qu’une presse quotidienne, en se réduisant elle-même au rôle de relais desdites opinions qu’elle capture, engraisse et libère dans ses pages, a renoncé à l’information. Tout du moins au sens que lui donnaient ses pères contemporains, parmi lesquels Hubert Beuve-Méry. Cela fait longtemps que la prudence nous enjoint de vérifier ce qui est avancé, et nous avons pris l’habitude de vérifier qui parle. Mais il est de plus en plus difficile de le savoir, dans la mesure où l’erreur d’analyse (intentionnelle ou non) de quelqu’un n’ayant d’autre motivation que d’affermir sa posture est désormais reprise en canon dans tous les canaux médiatiques. Exemples les plus connus : l’artificialisation des sols qui représenterait la surface d’un département français toutes les x années selon les sources et Paris qui serait la ville la plus dense du monde. Dans le déferlement des avis, les voix des sachants (académiques ou professionnels experts) sont couvertes par le bruit assourdissant des apprentis-sorciers, des grandes gueules et autres colporteurs en plein exercice de placement de produits, qu’il s’agisse d’eux-mêmes ou d’une offre « étagère » miracle. Mais il y a plus grave : la diffusion de la parole et des actes militants non pas pour ce qu’ils sont – le plus souvent fondés, sinon nécessaires –, mais pour « l’objectivité » des enjeux auxquels ils s’attachent et la « nécessité » des actions qu’ils conduisent. Jusqu’à l’étourdissement, au mirage d’une justice citoyenne qui n’est pas sans rappeler de bien mauvais souvenirs historiques. Ainsi, quand un grand quotidien national soutient tacitement les « dégonfleuses » de SUV au nom de la lutte climatique, on ne peut s’empêcher de se demander quel regard il porte à cet égard sur le développement massif du chauffage au bois par les ménages les plus fragiles. Et surtout de se dire : qu’est-ce qui vient après le dégonflage ? Du bruit, encore du bruit, toujours du bruit. Le grand espace digital, cette promesse de connaissance universelle et d’augmentation de l’humanité est une nouvelle tour de Babel, un endroit où règnent le bruit, la confusion et où les gens ne se comprennent pas. Dans les anciennes langues sémitiques, Bāb‑Ilum désigne « la porte des dieux », mais, dans la Bible, la racine BLBL signifie « bredouiller », « confondre » ; on la retrouve dans le verbe babiller qui veut dire « parler beaucoup », d’une manière enfantine. Pas bien grave donc ? Si, car les approximations et les fake facts composent un maelström de biais dans lequel nous – humains – piochons allègrement, sans précaution ; mais pas aussi bien que ChatGPT qui achèvera d’en faire, au gré des volumes de reprises qui fondent ses statistiques, des vérités. Dans l’Ancien Testament, la tour de Babel est abandonnée par les hommes éreintés : ne serait-ce pas la plus grande utopie contemporaine ?

La maison écologique #134 : Sur la piste du mobilier écolo
revue
Année : 2023
Auteur : Virginie Jourdan
Editeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIK
Description : Oyez ! Le printemps s'installe. Entendez-vous le silence des chauffages qui se taisent ? Bientôt les bûches ne crépiteront plus, les chauffe-eau ne se lanceront plus, les thermostats ne cliquèteront plus. Un silence de bonne augure pour prolonger ses réflexions autour de nos habitats et de nos modes de vie pour les amener à concilier toujours plus le bien-être des être vivants et celui de leurs écosystèmes naturels.

Exé #51 : Espaces de travail
revue
Année : 2023
Auteur : Clémentine Roland
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : Certaines coïncidences sont moins heureuses que d'autres. La parution d'un numéro d'Exé titré "Espaces de travail" pourrait sembler ironique au moment où l'exécutif veut imposer son projet très controversé de réforme des retraites.

Le Moniteur #6239 : Sabotages, intrusions... Le BTP pris pour cible
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Ni LBD, ni canon à eau. La protection d'un chantier s'opère - et c'est heureux - avec les outils de la sécurité privée. Alors, c'est vrai, quand des opposants débarquent, ce n'est pas l'alarme antivol ni la ronde d'un maître-chien qui peut les arrêter. C'est pourquoi, depuis quelques années, l'accroissement du nombre d'intrusions militantes ou d'actes de sabotage impose aux entreprises comme aux maîtres d'ouvrage de repenser leurs dispositifs (lire p. 8). Mieux protéger le matériel, mieux dialoguer avec les forces de l'ordre… Tout cela paraît indispensable. Cependant, comme le montre l'actualité, la réponse sécuritaire demeure terriblement court-termiste dans ses effets. Ni faction, ni factieux, les militants qui s'en prennent aux projets de construction sont mus non par l'appât du gain ou la peur du gendarme mais par des convictions, le plus souvent environnementales. La construction doit endosser un rôle historique dans la décarbonation. Or, l'urgence climatique ne faiblit pas, au contraire. Le dernier rapport du Giec est sans ambiguïté : les bâtiments et les infrastructures pèsent lourd dans les émissions (lire p. 14) . On peut en conclure qu'il faut bloquer les camions, démonter les grues et vouer le BTP aux gémonies. « All Constructors Are Bastards » en quelque sorte. Ou alors on peut considérer que, compte tenu de cette responsabilité, la construction doit endosser un rôle historique dans la décarbonation. Reste à convaincre. Traiter les opposants par le mépris n'a jamais résolu le moindre conflit. Et se draper dans la régularité de la procédure ne suffit pas à assurer la légitimité d'un projet. C'est donc du côté du dialogue et de la transparence que doivent porter les efforts. Il faut écouter Chantal Jouanno pointer, au terme de ses cinq années à la tête de la Commission nationale du débat public, le recul de notre droit de la participation. Il faut la suivre quand elle plaide pour une planification territorialisée capable de donner au public une vision plus claire de la transition écologique. Sans naïveté, mais avec conviction. La démocratie sociale apparaît bloquée. La démocratie représentative se trouve malmenée. Si, pour apaiser les tensions, on essayait au moins de sauver la démocratie environnementale ?

La Gazette des communes #2659 : Logement - Le rêve pavillonnaire se fissure
revue
Année : 2023
Auteur : Romain Mazon
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : La machine de la décision publique est en panne. Elle souffre d'un manque cruel de légitimité démocratique. La question dépasse allègrement la personne d'Emmanuel Macron et la réforme des retraites. Quand des maires de grande ville et des patrons de département ou de région sont désignés par moins de 20 % du corps électoral, ils ne peuvent plus se prévaloir d'une quelconque onction populaire. Ils se retrouvent soumis au moindre vent de contestation. ÉLUS INAUDIBLES. On le voit dans les Deux-Sèvres, avec l'affaire des méga-bassines. Rien n'a fonctionné depuis le début. A défaut de reposer sur une expertise scientifique indépendante, le projet a vite concentré les critiques. Favorable aux retenues d'eau l'hiver pour l'agriculture, la présidente (LR) du conseil départemental, Coralie Denoues, est devenue inaudible. Les édiles locaux ont perdu de leur assise. Un Français sur deux n'est plus capable de donner le nom de son maire. Selon le dernier baromètre annuel du Cevipof, le Centre d'étude de la vie politique française, la cote de confiance dans les élus locaux chute fortement : - 8 points pour le maire, - 9 points pour les conseillers départementaux, - 10 points pour les régions. Petite consolation, elle reste à des niveaux plus élevés que chez les politiques nationaux. Qu'on ne s'y méprenne pas : à l'échelle locale, le circuit de décision, entre pairs, est presque aussi démonétisé que sur le plan national. MOT À DIRE. Mais que l'on ne s'y méprenne pas, c'est le même circuit de décision, entre pairs, qui est démonétisé. La démocratie représentative ne se suffit plus à elle-même. Pour regagner les cœurs et les âmes, les collectivités ne pourront plus se contenter de votations citoyennes à leur main, comme sur la fin des trottinettes en libre-service à Paris. Il leur faudra redonner le pouvoir au peuple, selon le vœu des pères de la décentralisation. Pour ce faire, il est urgent de déverrouiller la procédure du référendum local. Les citoyens doivent avoir leur mot à dire sur les grands projets de leur territoire. S'il devient la norme comme en Suisse, le référendum d'initiative partagée ne sera plus une arme dirigée contre les institutions, mais un puissant levier de reconquête démocratique.

Vivre au provisoire : points de repère suite à la Grande guerre, échos contemporains
Livres
Année : 2022
Auteur : Sylvie-Elisabeth Grange
Editeur : MUSEE DE VASSOGNE MUS VASON
Description : Ce beau livre, de 235 pages, aux contributions très variées, et richement illustré dresse le portrait de la vie au provisoire de l'immédiat après Grande Guerre, avec quelques jalons après la Deuxième guerre mondiale, à aujourd'hui. Après la Grande Guerre, maisons, villes, villages anéantis, une vie précaire s'ébauche, s'installe. Elle donne naissance à la société des ruines. Sources historiques et vestiges d'habitats dans les Hauts de France croisent le regard contemporain d'artistes, d'acteurs engagés du patrimoine et de l'humanitaire, de chercheurs. Vivre au provisoire interpelle la conscience citoyenne de tout un chacun dans un état des lieux inédit et sévère.

Le Moniteur #6240 : A Calais, la capitainerie trouve l'équilibre
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Un canalisateur, un fonctionnaire et un aménageur sont sur un même bateau… mais ils ne le savent pas. Eparpillés entre des métiers, des statuts juridiques, des modèles économiques, des cultures professionnelles et même des ministères de tutelle différents, les acteurs de l'aménagement ne se conçoivent pas, de prime abord, comme un « tout ». Evidemment, les uns ont l'habitude de travailler avec les autres, mais la vision globale, elle, était jusqu'à présent largement sporadique. Cette chaîne de valeur est bien évidemment moins lisible que celle de l'agroalimentaire. Son périmètre apparaît moins net que celui de l'automobile. Et pourtant, c'est un fait : tous ses membres forment un pan cohérent de l'activité économique. Pour preuve, tous lisent « Le Moniteur ». Tout comme Monsieur Jourdain dit de la prose sans le savoir, l'aménagement, lui, fait filière sans s'en rendre compte. L'appréhension du cadre de vie comme une filière apparaît salutaire Petit à petit, cependant, la prise de conscience émerge. En témoigne l'activité de la mission gouvernementale sur la décarbonation de l'aménagement, copilotée par Anne Fraisse. Parmi les nombreux contributeurs à cette feuille de route collective, figurent bien évidemment des aménageurs, mais aussi des architectes, des entreprises de travaux publics ou encore des collectivités. Ce n'est pas un hasard si cette structuration intervient à l'occasion d'une réflexion sur la réduction des émissions carbone, qui nécessite de maîtriser tous les termes d'une équation complexe, du foncier en amont jusqu'à l'usage en aval. Pour réduire les effets des transports, il faut réaliser des pistes cyclables mais aussi concevoir des quartiers mixtes. Pour limiter l'artificialisation des sols, il faut dépolluer les friches mais aussi revoir la fiscalité locale. A toutes les étapes, à toutes les échelles, les choix s'enchevêtrent. C'est bien connu : ce qui n'est pas nommé n'existe pas. En cela, l'appréhension du cadre de vie comme une filière apparaît salutaire, tant pour les acteurs qui la composent que pour les pouvoirs publics qui l'encadrent. Comprendre que l'on embarque sur un même bateau, c'est se donner la chance de ramer dans le même sens.

AMC #312 : RCR/AEI - MOUSSAFIR - FERRANDO/GALLEGO - STUDIO RIJSEL - ROBAIN GUIEYSSE
revue
Année : 2023
Auteur : Gilles Davoine
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Utiliser le déjà-là, le mot d'ordre se fait de plus en plus pressant. Loin d'être un discours d'architecte, il est désormais repris en cœur par les politiques, les collectivités et - non sans traîner un peu les pieds - par les promoteurs. Les objectifs officiels de décarbonation, de réduction des déchets de démolition et de zéro artificialisation nette ne laissent de toute façon guère le choix. D'autant plus qu'ils sont partagés par l'ensemble de la population, qui a toujours été pour le moins réticente à la tabula rasa portée par les Modernes et à la ville construite ex nihilo sur les terrains agricoles. Une période qui n'aura été finalement qu'un intermède car, à l'échelle historique, les bâtiments délaissés ont plus souvent été considérés comme une aubaine à exploiter, une ressource à valoriser, que comme des objets de consommation à mettre au rebut une fois leur date de péremption passée. On connaît les exemples antiques du Colisée de Rome, dont les pierres ont servi à l'édification de la ville aux XVe et XVIe siècle, ou de l'immense palais de l'empereur Dioclétien à Split, tout bonnement reconverti en une cité toujours vivante. Ces pratiques de recyclage sont redevenues courantes ces dernières années, comme le montrent plusieurs réalisations publiées dans ce numéro, notamment ce bâtiment de bureaux des années 1970 transformé en immeuble multi-usage dans le cœur de Paris (p. 34), ou cette prison des années 1930 devenue école puis centre social à Reus en Espagne (p. 42). A dire vrai, ce mode opératoire avait même commencé dès la fin du XXe siècle, bénéficiant alors du regard patrimonial porté sur les bâtiments industriels, parmi les premiers à être préservés et reconvertis, comme le rappelle notre dossier (p. 53). Mais le mouvement prend une telle ampleur aujourd'hui, qu'il pourrait bien s'agir d'un changement de paradigme : à Paris intramuros, 70 % des autorisations d'urbanisme déposées concernent désormais des opérations de transformation. Ce qui devrait également changer l'enseignement reçu dans les écoles d'architecture. Car fonder le projet sur le déjà-là nécessite de comprendre en profondeur l'édifice existant, d'étudier de près ses qualités, voire d'entrer dans la tête du concepteur initial, pour en exploiter tout le potentiel et créer des espaces non standards. Et au final, doter le projet d'une charge émotionnelle plus forte. Une chance à saisir pour, enfin, réconcilier la population avec l'architecture contemporaine.

La Gazette des communes #2660 : Bloc local : A l'heure des acrobaties budgétaires
revue
Année : 2023
Auteur : Delphine Gerbeau
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Attendu depuis des semaines, après de nombreuses consultations - assises de l'eau, Varenne de l'eau -, le Plan eau a enfin été présenté par le président de la République lui-même, le 30 mars. Constitué de 53 mesures et de deux parties (l'une pour répondre à la situation d'urgence de nappes phréatiques au plus bas, l'autre pour le plus long terme), le plan vise à inscrire la sobriété dans la durée, avec un objectif de baisse des consommations d'eau de 10 % d'ici à 2030. Premier chantier de la planification écologique voulue par Emmanuel Macron, et qui tarde à se dévoiler, il fixe des objectifs à tous les secteurs : production d'électricité, agriculture, industrie, tourisme... AU NOM DE LA DIFFÉRENCIATION. Si certaines mesures étaient attendues, comme la réutilisation des eaux usées traitées, aujourd'hui très limitée, d'autres, plus techniques, ont créé la surprise. C'est le cas du semi-revirement sur le serpent de mer du transfert des compétences « eau » et « assainissement » des communes aux intercommunalités. Au nom de la différenciation qui lui est chère, le Président a apporté un peu de souplesse sur les conditions du transfert, qui doit se faire avant le 1er janvier 2026. Un signe d'apaisement envers les élus de montagne. L'extension de la tarification progressive et sociale de l'eau a en revanche quelque peu agacé l'Association des maires de France, qui brandit la libre administration des collectivités. Les collectivités territoriales doivent, au moins, doubler leurs investissements sur leurs réseaux. LE NERF DE LA GUERRE. Mais ce qui pèche surtout, c'est le peu d'argent sonnant et trébuchant prévu par le plan pour renouveler les réseaux - on sait que les collectivités doivent, au moins, doubler leurs investissements en la matière. En 2024, 180 millions d'euros seront débloqués pour les communes ayant plus de 50 % de fuites dans leur réseau par l'intermédiaire des agences de l'eau, un montant très insuffisant au regard de l'enjeu. L'alternative pour les collectivités sera l'endettement par le biais des « aqua prêts » de la Banque des territoires. Inévitablement, au-delà des politiques de sobriété, qui auront paradoxalement un impact financier négatif sur les infrastructures dont le modèle économique dépend du volume d'eau consommé, il va falloir enfin faire payer l'eau au juste prix, à la mesure de l'usage qu'en a chacun. Après Sainte-Soline, les élus en auront-ils le courage politique ?

Séquences bois #140 : Matières
revue
Année : 2023
Auteur : Anne-Sophie Gouyen
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : Matières à réflexion Une architecture c’est un tas - qui révèle les savants équilibres que les pierres ont su trouver entre elles, pour s’élever, ensemble(1) - mais c’est aussi un trou quelque part. Une pensée architecturale fertile ne peut émerger sans un vif intérêt à la matière. Porter attention à ce trou, à ce que l’on extrait souvent loin de l’horizon de notre regard, c’est assumer la responsabilité que l’acte de bâtir n’est pas anodin et en comprendre son impact. Aujourd’hui, la plupart des bâtiments ont perdu ce qu’ils puisaient dans leurs territoires et ne nous permettent plus de nous y relier. Ils continuent, avec des pratiques dispendieuses, de produire des trous que nous décidons collectivement d’ignorer. Apprendre avec humilité des architectures vernaculaires ne nous dispense pas un regard critique, nécessaire pour inventer des pratiques contemporaines. Les bâtisseurs d’hier ont toujours su construire avec ce qu’ils avaient à portée de main : durant 12.000 ans, terre, bois, pierre et fibres végétales ont su abriter l’être humain grâce aux savoir-faire et de pensée qui émergeait des lieux. En 200 ans les matériaux industriels, dont il ne faut rejeter le grand intérêt dans de nombreux contextes, ont supprimé l’expérience sensible d’appartenance terrestre que permettait l’architecture. Les produits industriels sont de la matière morte(2), « ils sont à notre image : déracinés et désincarnés. »(3) L’architecte doit être garant de l’équilibre entre le besoin primaire de protection de l’homme et celui des milieux qu’il habite. Il lui incombe alors de maitriser la technicité des matériaux durables pour faire la démonstration de leur l’efficience autant que celle des filières raisonnées, en allant à la source du matériau. L’enjeu de ce numéro est de démontrer que l’emploi de matières naturelles n’est pas un «effet de mode » supplémentaire, bien qu’il n’échappe pas au risque de récupération et de dévoiement, mais bien une manière de redonner au corps et à l’émotion une importance, dans une époque où nos décisions sont de plus en plus guidées par des algorithmes. Mais ne nous y trompons pas, l’emploi de matières durables ne suffit pas à fabriquer une bonne architecture et elles tendent encore à trouver une écriture qui leur est propre. Le plus enthousiasmant reste que parler de matière, c’est nécessairement rendre compte de la réforme profonde des disciplines de la construction qui s’impose, face aux enjeux actuels. C’est questionner nos rapports au temps et au travail, en le valorisant plutôt que l’achat de produits transformés onéreux mis en œuvre à bas prix. C’est démontrer tout l’intérêt d’un d’un réseau de proximité. C’est mettre en évidence, au milieu de l’angoissante normativité ambiante, toute l’énergie humaine derrière ces constructions. La fierté, l’épanouissement et la convivialité que peut générer un chantier. Une convivialité retrouvée dans tous les chaleureux échanges de la fabrication de ce numéro. Composé des récits partagés, il est une tentative de donner matière à réflexion, mais surtout à sensation.

D'Architectures #306 : L'architecture, une économie en projet
revue
Année : 2023
Auteur : Emmanuel Caille
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : L’architecture, tu l’aimes ou tu la quittes Une fois de plus, la situation des architectes est pathétique : alors qu’une partie des Français sont dans la rue pour contester une loi qui vient d’être votée, les étudiants des écoles d’architecture sont aussi dans la rue mais, contrairement aux aspirants à la retraite, c’est pour que des moyens leur soient donnés afin que les décrets concernant la réforme de leur enseignement soient applicables ! Et à part eux, à gauche comme à droite, tout le monde s’en fout. Cette colère est le fruit du mépris dont est victime la profession d’architecte depuis des décennies, un mépris qui ne parvient plus à se dissimuler derrière les discours lénifiants dont nous abreuvent tous les ministres de la Culture depuis trente ans. C’est pourtant avec des soupirs de volupté que les architectes – qui prennent plutôt leur retraite après 70 ans – accueillent ces paroles flatteuses pour leur ego, préparées par des conseillers ministériels qui pallient comme ils peuvent l’inculture et le désintérêt récurrent de leurs ministres. « Enfin, nous sommes entendus ! » se congratulent-ils tous sous les lambris de la rue de Valois avant de vite désenchanter, jusqu’au prochain hochet qu’on leur tend, comme ce prix Reseda annoncé en février. Comment justifier que des écoles d’art comme l’ENSBA ou l’ENSAD (qui dépendent elles aussi du ministère de la Culture) ou les écoles d’ingénieurs soient jusqu’à deux fois mieux dotées par étudiant que les ENSA ? Pourquoi ne donne-t-on pas à ces dernières les moyens d’appliquer la réforme de 2018 qui avait pourtant fait consensus et que les écoles ont vaillamment tenté de mettre en œuvre, s’adaptant en peu de temps aux ambitions qu’elle exigeait ? Tout ceci a été dit, écrit et répété dans ces pages et ailleurs, dans les assemblées générales des étudiants et enseignants en grève et maintenant dans la rue. L’abandon dont semble faire preuve l’administration par la fin de non-recevoir qu’elle renvoie aux manifestants ne cache-t-il pas en réalité son embarras face à son impossibilité de leur répondre ? L’architecture n’a jamais été une priorité à la Culture et le financement des écoles, même très légèrement augmenté comme cela a été le cas récemment, passera toujours en dernier. On avait espéré que le rapprochement avec les universités, acté par la réforme, excellente chose en soi, aurait tiré les ENSA vers le haut (c’est le « S » pour « supérieure »). Le moment est donc venu de se demander ce que font les écoles d’architecture à la Culture alors qu’un autre ministère porte dans son intitulé même la définition de ce que devrait être l’architecture en 2023 : la Transition écologique et la Cohésion des territoires ? Et sur les 15 milliards d’investissements consacrés à la transition énergétique et écologique promis par le président de la République, n’est-on pas en droit d’espérer qu’une infime mais nécessaire partie soit consacrée à la formation de ceux qui sont en première ligne pour la mettre en œuvre ?

Le Moniteur #6241 : Sobre, low-tech et résilient : le bioclimatisme dans l'air du temps
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Comme un retour aux sources. La réflexion foisonnante sur la conception bioclimatique, même si elle se nourrit de connaissances techniques pointues, plonge ses racines dans les savoir-faire traditionnels, les architectures vernaculaires et les ressources d'à-côté. Elle interroge la confiance placée au cours de la seconde moitié du XXe siècle dans les dispositifs techniques et réinterprète la notion de confort à l'aube de la crise climatique. Pour aboutir à ces réalisations, architectes et bureaux d'études travaillent main dans la main - et très en amont du projet - afin d'imaginer des plans et des coupes favorisant la circulation d'air, le rafraîchissement en été et le maintien de la chaleur en hiver. Une tâche à la fois complexe et rustique, savante et rudimentaire, qui se heurte aux poids des habitudes comme au mur de la réglementation. Rompre avec le modèle de la boîte hermétique Tupperware, pour une salle de classe par exemple, c'est bien sûr faire entrer de l'air mais aussi du bruit, et donc se heurter à la réglementation acoustique. Le bioclimatisme n'a pas, aujourd'hui, vocation à embrasser l'ensemble de la production bâtie Le bioclimatisme n'a pas, aujourd'hui, vocation à embrasser l'ensemble de la production bâtie. Les contraintes changent du tout au tout entre une maison individuelle et une tour de logements, entre une école primaire et un immeuble tertiaire. Sans parler de l'usine, forme la plus aboutie de la machine faite bâtiment. Et pourtant, la transition écologique passe aussi par la manufacture, comme le défendent les promoteurs du futur projet de loi sur l'Industrie verte. Là aussi, il s'agit de déconstruire des décennies de certitudes. Les limites de la globalisation font désormais consensus jusque chez Bruno Le Maire. La relocalisation apparaît comme un enjeu de souveraineté et de sobriété. Là aussi, on attend une mise en cohérence des politiques publiques : accélérer les procédures sans nuire à l'environnement, faciliter l'achat public local sans en restreindre l'accès, ériger de vastes bâtiments sans artificialiser… Les chemins de la décarbonation sont multiples. Ils passent autant par les tours à vent que par le smart building, par la terre crue que par l'hydro gène. Seul point commun : dans les pouvoirs publics comme chez les professionnels, ces voies vertes seront toutes pavées de matière grise.

Le Moniteur #6242 : "Nous considérons l'Europe comme notre marché domestique"
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Plic. Ploc. Plic. Et plus rien. Des robinets de quatre communes des Pyrénées-Orientales ne coule plus d'eau potable depuis le 14 avril. Le printemps commence à peine que le forage alimentant ces villages n'est déjà plus en mesure d'abreuver leurs habitants. Un raccordement à une source non potable fera office de rustine. Préoccupant, bien au-delà de la vallée de la Têt. La sécheresse de l'été dernier aura, pour beaucoup, servi de coup de semonce. « Nous avons évité le pire », confirme un rapport interministériel rendu public la semaine dernière. Comme on ne joue pas plus avec l'eau qu'avec le feu, un grand plan a été annoncé par le président de la République, fin mars, sur les rives du lac alpin de Serre-Ponçon. Un plan ambitieux mais largement insuffisant au regard du déficit hydrique chronique qui menace. De même que l'électricité, l'eau était inconsciemment considérée comme une ressource inépuisable. Le défi, en effet, est immense. Il s'agit certes d'une question de gros sous qu'il faudra bien finir par sortir pour remettre à niveau nos réseaux. L'effort s'annonce douloureux mais, face au mur, nous y parviendrons. Un toilettage réglementaire semble aussi nécessaire, mais il est à notre portée. Ce qui s'annonce bien plus difficile, c'est le changement profond de modèle de développement, pour l'agriculture comme pour l'industrie, l'énergie ou la construction. Une révolution culturelle. De même que l'électricité, l'élément liquide était inconsciemment considéré comme une ressource inépuisable, exception faite de quelques épisodes estivaux de distribution de packs d'eau sous l'œil des caméras. Et, comme pour l'électricité, une série d'efforts individuels et collectifs permettent, une fois la prise de conscience effectuée, de passer les étapes difficiles. En 2018, le demi-million d'habitants du Cap, en Afrique du Sud, a réussi à limiter la consommation et à éviter ainsi le « Day Zero », le jour où les robinets seront à sec. Une extrémité à laquelle, toutes proportions gardées, un coin de Catalogne est aujourd'hui réduit. Reste une différence fondamentale entre l'eau et l'électricité : la première ne se produit pas, elle se prélève. Lorsque la source se tarit, on ne peut en construire une autre. Lorsque le fleuve est à sec, on ne peut en fabriquer un autre. Restent alors les larmes qui, seules, peuvent encore couler.

AMC #313 : XDGA - HUITOREL & MORAIS - BEAUDOUIN / MARTINEZ - RÉCITA - BRISSON
revue
Année : 2023
Auteur : Gilles Davoine
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Épuiser le réel : Rien n’est plus difficile que de vouloir saisir, dans sa totalité, son exhaustivité, la réalité d’un lieu – un quartier, une ville, un paysage – et de ses habitants. La période moderne, avide d’outils « objectifs », a cru pouvoir le faire à travers des techniques de cartographie, de statistique ou d’enquête en tout genre, qui sont venues s’additionner à une perception plus sensible, exprimée traditionnellement par l’écriture, le croquis, le dessin, puis la photographie et la vidéo. Il est une méthode de connaissance du territoire qui retrouve grâce aujourd’hui – notamment dans les écoles d’architecture – pour nourrir le projet et lui donner la substance du vécu : marcher et arpenter (lire p.10). « L’être en mouvement possède toujours un avantage sur l’être au repos », affirmait le sociologue Pierre Sansot (Variations paysagères, 1983). La pérégrination, l’errance, l’exploration sans relâche du terrain pour tenter d’épuiser le réel, est une pratique ancienne des philosophes et des scientifiques. Sans remonter au promeneur botaniste que fut Jean-Jacques Rousseau, le géographe Raoul Blanchard répétait à ses étudiants, dans les années 1930 : « La géographie, ça s’apprend avec les pieds. » Il s’agit de prendre les chemins de traverse, de sortir des sentiers battus, d’escalader les clôtures, comme le font depuis longtemps les architectes italiens du collectif Stalker, qui parcourent en tous sens la métropole romaine. Le critique Michel Vernes, dont les principaux textes viennent d’être rassemblés dans un ouvrage (Ecrits sur l’art et l’architecture, la ville et le paysage, 2023), avait une autre méthode, en automobile, racontée dans la préface par son ami l’historien Manuel Charpy : « Sur une carte Michelin, il avait tracé à l’aide d’une règle et d’une mine de plomb une ligne droite entre la baie de Saint-Brieuc et la galerie Vivienne à Paris. Nous nous sommes tenus au plus près de cette ligne, empruntant bretelles et ronds points, impasses et voies privées, chemins cahoteux. Traverser tout droit un territoire et c’est le divers qui surgit. » Cependant, si l’expérience sensorielle, yeux grand ouverts, engageant le corps et l’esprit, est riche d’informations, il ne faut pas perdre de vue qu’elle reste amplement subjective, conditionnée par le statut social et la culture du marcheur : le paysage peut aussi mentir

Matières #18 : Les aciers autoprotégés
revue
Année : 2023
Auteur : Nayla Mecattaf
Editeur : CONSTRUIRACIER KONSTRUIRASI
Description : Pratiquer l’architecture et la conception urbaine n’a jamais été aussi engageant. Les enjeux climatiques, la nouvelle donne énergétique, les mutations des modes de vie, la prise en compte des enjeux du vivant, bouleversent la manière de penser la conception et la construction, invitant plus que jamais à croiser la grande et la petite échelle. La récente pandémie a également révélé plus fortement l’importance du lien humain dans une société qui ne peut s’épanouir dans le repli sur soi. L’interdépendance entre les individus peut être transformée en force si on la considère sous l’angle de l’échange, du partage, de la complémentarité. Dans cet esprit, nous avons créé un nouveau laboratoire, qui nous permet d’explorer de nouveaux territoires autour de la ville durable, de la verticalité, de l’empreinte carbone globale des projets… L’expérience au service de la nouveauté pour réinterroger notre pratique, et donc notre écriture architecturale. Nous pensons que la ville de demain est une ville de compacité, de proximité et de mixité, dans laquelle les habitants peuvent répondre à leurs besoins à pied ou à vélo. C’est surtout une ville désirable, qui contribue au bien-être de ses habitants. L’architecture verticale est une réponse possible à la densification de la ville. Même si elle n’a pas toujours bonne presse en France, elle peut être soutenable et désirable grâce à une conception de bon sens et, surtout, à une approche holistique qui replace l’utilisateur au cœur du projet, en dialogue avec l’espace public. Une tour n’est plus forcément anonyme et uniforme. Elle confronte le corps et l’esprit humain avec l’extérieur, le paysage, les vues, et offre une manière inédite d’habiter les airs. Ces idées ont permis à la tour Trinity que nous avons livrée en 2021 d’être récompensée par le Best Tall Office Building Overall Award délivré par le CTBUH à Chicago. Entièrement pensée pour reconnecter l’usager avec son environnement, elle propose des espaces de rencontre à chaque étage, à l’intérieur comme à l’extérieur, des services partagés dans les niveaux élevés, des ascenseurs panoramiques qui exposent le mouvement des utilisateurs vers l’extérieur, des ouvrants en façade pour chaque bureau et des liaisons urbaines végétalisées en contact avec le sol. Grâce à la R&D que nous menons en interne, nous continuons à nous questionner sur la pertinence de nos orientations pour vérifier que nos projets sont en accord avec nos valeurs. La recherche fait de plus en plus partie intégrante du travail de l’architecte, qui contribue ainsi à l’effort de réflexion collective. Restructurer ou (re)construire ? Construire en hauteur ou pas ? Chaque cas est unique et mérite une approche globale pour prendre le bon chemin. Il faut se débarrasser du superflu pour retrouver la sobriété et, surtout, remettre l’humain au cœur de chaque projet. En 2010, nous avons déposé l’acronyme HQ«h»E, Haute Qualité Humaine et Environnemental.

La Gazette des communes #2661 : Aides publiques - Trop de cadeaux pour les entreprises ?
revue
Année : 2023
Auteur : Romain Mazon
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : En ces temps de crises multiples, le concept d'Etat protecteur aura rarement connu une telle vitalité, transcendant tous les partis politiques. L'Etat protège tout et tout le monde. Mais, pour paraphraser le toujours pertinent Coluche, parmi les protégés, certains sont plus égaux que d'autres. On songe, ici, à l'énergie déployée pour contrôler les allocataires du RSA, et même conditionner son obtention à une contrepartie, comparée à la générosité et au laxisme dont font preuve les pouvoirs publics dans la distribution des aides publiques aux entreprises. FONDS ÉPARPILLÉS. Avec plus de 150 milliards d'euros par an, les aides économiques mobilisent « un pognon de dingue » : dix fois plus d'argent public que le RSA (lire p. 36-41). Ces fonds, de toute nature, sont éparpillés parmi plus de 2 000 dispositifs. De leur évaluation se dégage une constante, qu'il s'agisse des travaux de la Cour des comptes ou de l'Institut de recherches économiques et sociales : leur efficacité est très peu contrôlée, leur effet dans la création d'emplois plus qu'incertain et les bénéficiaires quasi exempts de toute contrepartie. Bref, l'argent va bien quelque part, mais pas dans l'économie productive. Il est un système qui a fait la preuve de son efficacité et d'un effet levier significatif : celui de la commande publique. C'est ainsi que nous nous offusquons, régulièrement, de ces entreprises qui suppriment des emplois, ou même ferment, malgré l'argent public touché par leurs dirigeants et actionnaires. Argent qui ne sera jamais rendu, ni même réclamé, la plupart du temps. Ce que dénonce le député (LR) Stéphane Viry, président, en 2021, d'une mission d'information sur la conditionnalité des aides, reprochant au gouvernement de refuser de s'engager dans une évaluation sérieuse. REPRENDRE LA MAIN. A un degré moindre, compte tenu des fonds distribués (2,7 milliards d'euros par an tout de même), les aides des collectivités présentent les mêmes vices. Il est pourtant un système qui a fait la preuve de son efficacité et d'un effet levier significatif : celui de la commande publique. A la manœuvre pour près de 60 % de l'achat public total, les collectivités connaissent leur affaire et, au lieu de saupoudrer leur territoire d'aides vaporeuses, pourraient reprendre la main sur les milliards d'argent public.

A vivre HS #57 : Numéro spécial Plein soleil
revue
Année : 2023
Auteur : Laurence Jarretou
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description :

La Gazette des communes #2662 : Recrutements - L'atout seniors
revue
Année : 2023
Auteur : Jean-Baptiste Forray
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : De la première ligne d'Europe continentale Saint-Etienne - Andrézieux au TGV Paris-Lyon du début des années 80, ils furent une fierté nationale. Portés par un appareil industriel en expansion, les trains tricolores reliaient les points les plus reculés de l'Hexagone. L'aménagement du territoire n'était pas un vain mot pour les cheminots. Las, la tyrannie des tableaux Excel et la prime accordée à la très grande vitesse ont tué cet idéal. Les petites lignes sont en sursis. Le réseau part à vau-l'eau. Les transports se retrouvent au cœur des fractures françaises. NOUVEAUX MURS. La province crie haro sur le « pharaonique » Grand Paris express. Elle pointe du doigt « les cadeaux » étatiques au syndicat des transports d'Ile-de-France pour éponger les dettes générées par la crise politico-sanitaire des années 2020-2021. Dans les grandes villes, les automobilistes venus d'ailleurs ne sont plus les bienvenus. De zones à faibles émissions en zones à trafic limité, les métropoles régionales érigent de nouveaux murs. Au nom d'un impératif louable, la protection de l'environnement, de nouvelles cassures se font jour. Mobilités douces contre France qui « fume des clopes et roule au diesel » : le pouvoir ne parvient pas à sortir de ce débat binaire. Depuis la crise des « gilets jaunes », il est dans la seringue. Et tout le pays avec. L'aménagement du territoire n'était pas un vain mot pour les cheminots. Las, la prime accordée à la très grande vitesse a tué cet idéal. CHANTIER MONSTRE. Il existe pourtant une porte de sortie entrouverte par Emmanuel Macron cet automne : dix RER métropolitains dans un rayon de 40 à 60 kilomètres autour des principales conurbations régionales. Un mode de transport qui, comme son nom ne l'indique pas, vise à sortir la France périphérique du tout voiture. Ce dessein exige une union sacrée. Métropoles et régions devront enterrer la hache de guerre. Tous les échelons locaux seront invités à mettre la main à la poche. L'Etat devra aussi injecter des sommes colossales. S'il est un domaine où le « quoi qu'il en coûte » mérite d'être prolongé, c'est bien celui-là. C'est même la condition sine qua non pour que les RER métropolitains deviennent le grand projet d'aménagement du territoire qui manque cruellement à la France depuis une trentaine d'années.

Urbanisme HS #77 : Embarquement immédiat pour le changement
revue
Année : 2023
Auteur : Julien Meyrignac
Editeur : SARL PUBLICATIONS D ARCHITECTURE ET D URBANISME PUBLIKASION ARCHITEKTUR URBANISM
Description : Certes, cette 43e Rencontre de la Fnau se déroulait à Toulouse, berceau d’Airbus, mais après des mois de mise à l’index des mobilités aéroportées et un été de polémiques sur les jets privés, l’audacieuse métaphore aéronautique a presque pris, en ce mois d’octobre 2022, des allures de provocation. De telle sorte que si la promesse – embarquement immédiat pour le changement – était claire, tant du point de vue de la destination et de l’urgence que du ressort collectif à enclencher, une mise au point semblait nécessaire. Elle n’a pas tardé. La conférence inaugurale de François Gemenne a constitué un exposé des motifs clair et percutant, enjoignant les participants à agir sans attendre, et chacun à son niveau, pour l’adaptation à ce que l’on appelle désormais le défi climatique. Selon le politologue et coauteur du 6e rapport du Giec, changer n’est pas une option, et peu importe, au fond, le vocabulaire employé pour désigner la prise de conscience et la mise en action : transition, bifurcation, redirection... Quel que soit le chemin, il nous mène à de nécessaires renoncements. Toute ambiguïté levée, dès lors, sur un éventuel attachement au « monde d’avant », les participants de la rencontre ont pu, en pleine responsabilité, « jouer » avec l’imagerie de l’aviation. Comme lorsque l’État a été, à de nombreuses reprises, identifié au « commandant de bord » du changement, ou bien lorsque le terme « atterrir » a été utilisé pour qualifier les conditions de mise en œuvre du « zéro artificialisation nette ». Mais c’est peut-être en ce qu’elle symbolise un trajet vers un ailleurs plein de promesses que la formule s’est révélée la plus pertinente, car chacun mesure combien il est difficile « d’embarquer » le plus grand nombre vers les sacrifices et les efforts, et que l’adhésion au changement passe par un horizon désirable. C’est précisément ici qu’interviennent les territoires, les collectivités et les agences d’urbanisme. D’abord, parce que certains territoires sont au cœur des dynamiques de changement « réel » qui stimulent des imaginaires sociétaux positifs et prennent valeur d’exemple. Ensuite, parce que certains élus locaux et fonctionnaires territoriaux ont d’ores et déjà engagé des politiques locales de changement et obtiennent des résultats tangibles sans convoquer l’austérité. Enfin, parce que les agences d’urbanisme, en accompagnant ces stratégies et dynamiques, en participant à leur définition et à leur déploiement, mais aussi en diffusant les bonnes pratiques, se révèlent des ferments très utiles, sinon nécessaires, à l’activation du changement. Qu’il s’agisse, par exemple, de la lutte contre l’artificialisation des sols ou du renouvellement urbain (par densification bâtie, intensification des usages, etc.), du développement des énergies renouvelables, de la protection des ressources... C’est bien aux échelles territoriales, des régions (SRADDET), bassins (SCoT) et intercommunalités (PLUi) que le changement a été – ou est – mis en œuvre, notamment en embarquant les populations et sans avoir attendu d’avoir à se soumettre à une quelconque injonction. Dans ces territoires, le changement est déjà une réalité qui donne une consistance à une promesse déjà ancienne : penser globalement et agir localement.

La Gazette des communes #2663 : Ecole - Lutter contre les inégalités de genre, tout un programme
revue
Année : 2023
Auteur : Romain Mazon
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : C'est l'argument massue du gouvernement, celui qui « plie le match » quand l'interlocuteur persiste à demander pourquoi l'âge de départ en retraite doit être repoussé en France : « Nos voisins européens l'ont fait ! L'Allemagne l'a fait ! » Ah, le modèle allemand... Depuis les années 2000, il est l'exemple à citer pour peu qu'on veuille passer pour responsable et raisonnable en politique. HIATUS. On parie pourtant que ni Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, ni Stanislas Guerini, le ministre de la Transformation et de la fonction publiques, ne vont revendiquer comme modèle l'accord négocié le 22 avril, après de longues semaines de conflits, entre l'Etat allemand et les syndicats de la fonction publique : 5,5 % d'augmentation à partir de 2024 et versement, en 2023, en plusieurs tranches, d'une prime compensant l'inflation à hauteur d'un montant total de 3 000 euros. Les valeurs d'intérêt général et de service au public ne compensent plus la faiblesse relative des salaires du secteur public. Le 11 avril, Stanislas Guerini se disait ouvert à des discussions salariales sur les entrées de grille et ne fermait pas la porte à une revalorisation du point d'indice. On mesure le gap qui nous sépare du « modèle allemand ». Et le hiatus entre les discours, qui louent l'engagement des agents publics, et leur traduction monétaire. Or, rappelle le think tank Le Sens du service public, « cantonner la politique salariale à la maîtrise des dépenses publiques témoigne de l'absence de politique RH et n'offre ni visibilité aux employeurs publics, ni un contrat de confiance aux agents publics ». ATTRACTIVITÉ. Sur ce point, le récent rapport de l'OCDE sur les moyens de renforcer l'attractivité de la fonction publique en France (*) semble terriblement daté. Avec une inflation à plus de 7 %, les valeurs d'intérêt général et de service au public, proposées comme critères de séduction, ne compensent plus la faiblesse relative des salaires du secteur public et n'attirent plus les jeunes. En France, le minimum de traitement dans la fonction publique devait être revalorisé le 1er mai, afin que les fonctionnaires les moins bien payés ne touchent pas moins que le Smic. C'est, à ce jour, notre modèle.

Le Moniteur #6243 : Collectivités : Le transfert à petite vitesse des routes nationales
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Malgré ses retards, il avait un coup d'avance. Le décret tertiaire, qui vise à rendre plus sobre le parc immobilier hexagonal, a été publié dès 2019. A l'époque, on ne parlait ni de guerre en Ukraine, ni de centrales nucléaires en rade. Et pourtant, ses objectifs ambitieux annonçaient déjà la couleur : baisser progressivement les consommations d'énergie finale du parc tertiaire, pour atteindre - 60 % en 2050. Tant pis si ses débuts ont été marqués par une course de lenteur et de multiples reports, car on peut le dire aujourd'hui : le pli est pris. Presque tous les acteurs concernés ont, bon gré mal gré, franchi la première étape, celle du renseignement des consommations passées. Nous sommes actuellement en pleine phase d'audit, destiné à connaître plus finement les caractéristiques des bâtiments… et à estimer les frais à engager. Puis vient celle des « quick wins », ces petits efforts offrant des gains importants, à l'instar de la modernisation des systèmes d'éclairage ou de chauffage. Comme souvent, les premières marches sont les plus simples à gravir. Il ne faut pas se cacher derrière son thermostat : les efforts les plus coûteux sont devant nous Il ne faut pas donc se cacher derrière son thermostat : les efforts les plus coûteux sont devant nous. Les travaux d'isolation et l'installation de systèmes d'autoconsommation mobiliseront sur des décennies les métiers de la rénovation énergétique et ce, tant sur les chantiers que dans les bureaux d'études. Devant la diversité des bâtiments concernés, seule une ingénierie sur mesure sera à même de déployer les solutions idoines. Bref, l'après-fossiles ne sera pas facile. Pour se donner du cœur à l'ouvrage, il convient de se rappeler la hauteur de l'enjeu : alors que l'entrée en vigueur tonitruante de la RE 2020 concerne le 1 % de bâtiments qui sort de terre chaque année, la révolution silencieuse du décret tertiaire embrasse l'immensité du parc existant. Ses effets s'annoncent donc décisifs pour retrouver un tant soit peu de souveraineté énergétique et de sérénité climatique.

Urbanisme NS #3 : Grand prix national du paysage 2022 - La sobriété partagée
revue
Année : 2023
Auteur : Julien Meyrignac
Editeur : SARL PUBLICATIONS D ARCHITECTURE ET D URBANISME PUBLIKASION ARCHITEKTUR URBANISM
Description : Des paysages en mouvement Effondrement de la biodiversité et les conséquences du changement climatique nous obligent à changer de paradigme, à redéfinir nos manières d’habiter et d’aménager nos territoires et, en somme, à innover. Au siècle dernier, l’aménagement de nos villes et nos campagnes s’est fait sans forcément prendre en compte la consommation foncière : les terres agricoles étaient abordables, le modèle du pavillon de périphérie déployé sur de larges parcelles plébiscitées, et l’implantation de grands centres commerciaux aux périphéries des villes répondait à un besoin des habitants et de l’économie. L’étalement urbain a ainsi été vu, à tort, comme une solution durant plusieurs années, sans qu’il ne s’impose de limites. Ce modèle a vécu. L’actualité des derniers mois en témoigne : nous sommes engagés aujourd’hui dans une reconquête de nos espaces délaissés, de notre sol et de nos espaces naturels. La loi climat et résilience a imposé des limites à la consommation foncière. Elle vise un objectif de « zéro artificialisation nette » en 2050, ainsi que la division par deux du rythme d’artificialisation nouvelle à dix ans. Cette loi s’intéresse pour la première fois à la question de l’atteinte à la fonctionnalité des sols et à l’importance du sol vivant. Elle est fondatrice car elle permet de comprendre que les ressources ne sont pas inépuisables. Cette reconquête passe également par la réappropriation des franges urbaines : espaces de contact entre la ville dense et son environnement immédiat, elles ont longtemps été dépréciées. Aménagées et valorisées, elles offrent alors de nouveaux espaces publics pour les citoyens et des structures paysagères renforcées, favorables à la biodiversité. C’est bien dans cette optique que le ministère a lancé la troisième édition de l’appel à projets fonds friches, doté de 100 millions d’euros. Les citoyens demandent par ailleurs, à juste titre, plus de nature en ville : c’est une priorité. Le gouvernement a ainsi mis en place récemment un fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires : ce nouveau fonds de 2 milliards d’euros, placé sous la responsabilité du ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Christophe Béchu, permettra de soutenir les projets des collectivités territoriales en faveur de la transition écologique. Il visera notamment à soutenir la performance environnementale des collectivités, l’adaptation des territoires au changement climatique et l’amélioration du cadre de vie. Ces différents leviers tendent vers l’exigence d’une plus grande sobriété, qui trouve sa pleine expression dans le projet lauréat du Grand Prix national du paysage de valorisation et de restauration du cap Fréhel, porté par le paysagiste Alain Freytet et le Conservatoire du littoral. Ce projet m’a séduite. Il est venu réparer, en quelque sorte, un paysage abîmé par l’homme, sans mettre de côté l’accès au site par le plus grand nombre. Ce projet, et plus largement le Grand Prix national du paysage, démontre combien l’innovation paysagère anime le processus de transformation des territoires, et met en lumière le rôle fondamental du paysagiste concepteur pour des territoires en mouvement. Si la défense de la qualité du paysage n’a pas toujours été prioritaire, je crois aujourd’hui ce combat en passe d’être gagné. Les mentalités évoluent, et nous devons nous en réjouir. Ensemble, continuons à œuvrer pour préserver la qualité de nos paysages, à les faire vivre.

Architectures CREE #404 : Lan Architecture / VTN Architects / GRAAM Architecture / Agence AW² / Groupe ADP
revue
Année : 2023
Auteur : Karine Quédreux
Editeur : MEDIARECLAME PUBLISHING MEDIAREKLAM PUBLICHING
Description : Réveiller nos désirs d’utopie, projeter l’architecture dans un désir de construire un futur meilleur, repenser notre monde en crise dans une approche authentique de re-création tout en croisant les disciplines de l’art, du théâtre, du son, de la recherche… Voilà ce que nous propose le projet « Ball Theater – La fête n’est pas finie », porté par l’agence Muoto dans le cadre de la 18e édition de la Biennale internationale d’architecture de Venise qui se tiendra du 20 mai au 26 novembre 2023. Inscrite dans la thématique générale « le Laboratoire du futur », définie par l’architecte, universitaire et écrivaine Lesley Lokko, également curatrice de cette biennale, l’installation du Pavillon français s’incarnera sous la forme d’une architecture modulable, frugale et réversible : une imposante sphère aux allures de boule à facettes ouverte en son intérieur sur une agora propice à l’échange, au partage, à l’écoute, à la réflexion, à la fête… Dans ce monde en crise, il faut désormais s’accorder des moments de découverte et d’euphorie pour oser l’architecture autrement et ainsi envisager de nouvelles trajectoires. Nous y reviendrons dans notre prochain numéro, mais cette idée de convoquer la fête et l’expérimentation dans une pensée positive et prospective pour fabriquer d’autres schémas de construction nous réjouit. L’architecture devient une invitation au voyage. Un voyage qu’il faut continuer à préparer et à imaginer comme nous venons de le faire pour ce magazine qui vient de changer de main. Nous allons donc nous atteler à écrire la suite, à apporter du changement dans la continuité en embrassant, autant que faire se peut, des réflexions et des réalisations sensibles, innovantes, ouvertes sur le monde… afin de vous offrir des perspectives aussi joyeuses qu’enrichissantes !

La Gazette des communes #2682 : Culture - L'urgence écologique entre en scène
revue
Année : 2023
Auteur : Romain Mazon
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Stanislas Guerini veut, lui aussi, sa réforme de la fonction publique. Il ne sera pas le dernier ministre à souhaiter laisser une trace dans les tables de la loi. Saura-t-il, en revanche, innover de sorte à réellement réformer la fonction publique ? On pense tout particulièrement à sa volonté de « mieux récompenser le mérite des agents ». Ah, le mérite ! Politiquement, le sujet est porteur, arborant tous les attributs du bon sens : pourquoi les agents qui travaillent plus et mieux que les autres ne gagneraient-ils pas plus ? PAS RÉELLEMENT CRÉDIBLE. Peut-être, serait-on tenté de répondre, parce que depuis quarante ans qu'il est invoqué, jamais le mérite n'a pu s'installer, ni devenir réellement crédible. Ni en France, ni en Angleterre, ni aux Etats-Unis, ainsi que l'ont établi, dès 2012, Sylvie Saint-Onge et Marie-Laure Buisson dans la revue « Management international » (1). Le mérite, c'est le serpent de mer par excellence, qui finit toujours par se mordre la queue. Budget, formation des cadres, indicateurs... S'il veut rénover la prise en compte du mérite, Stanislas Guerini sait ce qu'il lui reste à faire. Les raisons des échecs dans ces trois pays se rejoignent : la part de la rémunération récompensant la performance est trop faible pour avoir un effet sur la motivation ; les cadres qui évaluent la performance sont mal formés ; les agents craignent le favoritisme et l'arbitraire ; la notion de performance individuelle est jugée peu compatible avec les objectifs collectifs de l'action publique. SOUS CONDITIONS. L'annonce de Stanislas Guerini a déjà suscité une levée de boucliers chez les syndicats, tandis que les employeurs territoriaux n'adhèrent que du bout des lèvres, et sous de nombreuses conditions (2). Stanislas Guerini sait ce qu'il lui reste à faire s'il veut rénover la prise en compte du mérite : dégager les ressources budgétaires qui feront d'une telle prime un réel instrument de motivation, installer des indicateurs de performance compatibles avec le service public, former des cadres capables d'évaluer la performance, sans clientélisme. Le tout en tenant compte des particularités des trois versants de la fonction publique. A cette aune, en effet, plus qu'une réforme, ce serait une révolution.

Le Moniteur #6244 : Sous les fondations, la mer
revue
Année : 2023
Auteur : Jérémy Bellanger
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Plus personne écoute, tout l'monde s'exprime. Personne change d'avis, que des débats stériles, rappe Orelsan. Un constat désenchanté mais lucide d'une société enlisée dans une incapacité chronique à s'entendre. Le dialogue de sourds entre l'Etat, les partenaires sociaux et les citoyens sur la réforme des retraites l'illustre. Tout comme la succession de grands projets d'infrastructures remis en cause ou avortés. Que retenir de ces oppositions, sinon qu'elles révèlent un manque de clarté sur les orientations de notre politique d'aménagement du territoire ? Impossible d'obtenir l'adhésion ou, a minima, l'acceptation des parties prenantes sans s'appuyer sur une direction, un cadre et une méthode d'analyse éprouvés et partagés. Chaque projet d'équipement doit pouvoir s'inscrire dans un plan global de développement durable et justifier de son équilibre entre lutte contre l'artificialisation des sols, réduction des émissions de CO2, adaptation au réchauffement climatique, attractivité des territoires et viabilité économique. Etablir cette feuille de route ne se fera pas sans mal et suppose de réinterroger collectivement notre rapport au foncier disponible pour décider à quoi il doit être consacré, et selon quelles modalités : agriculture, production d'énergies renouvelables, mobilités, logements… La succession de grands projets d'infrastructures remis en cause ou avortés illustre une incapacité chronique à s'entendre Faute de s'astreindre à cet exercice, la suspicion continuera de prospérer, poussant à caricaturer l'écologiste en idéaliste opposé à tout, l'élu local en jouet dans la main des lobbys et l'entrepreneur en individu sans scrupule. Délétère, cette défiance abîme tout, jusqu'au crédit apporté aux outils de décision tels que les rapports d'experts ou le recours à la démocratie locale. S'en extraire impose d'exposer clairement les bénéfices et les externalités négatives des projets pour permettre un choix éclairé, qui intègre le compromis mais se garde de toutes compromissions.

La Gazette des communes #2664 : La logistique urbaine à l'heure verte
revue
Année : 2023
Auteur : Brigitte Menguy
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Ils sont partout : au pied des immeubles, des commerces, dans les poubelles... Depuis la crise sanitaire, les cartons envahissent les rues des métropoles. Ces briques de cellulose venues tout droit de nos forêts ont d'ailleurs aggravé, ces derniers temps, la crise du papier. Mais ils sont, avant tout, la face visible d'une nouvelle ère de la logistique urbaine (lire notre dossier p. 30-36). Pas moins d'un milliard de colis sont livrés par an au titre du commerce en ligne. A ce chiffre faramineux s'ajoutent les traditionnels flux de marchandises pour ravitailler les commerces, faire tourner les industries, l'économie du pays. Au bord de l'asphyxie, surtout concernant la livraison du dernier kilomètre, la logistique urbaine doit changer de paradigme. Au bord de l'asphyxie, surtout concernant la livraison du dernier kilomètre, la logistique urbaine doit changer de paradigme. MOMENT CHARNIÈRE. D'autant plus que le stockage et la livraison des flux doivent également opérer leur propre transition écologique. Or, comment concilier la commercialisation de marchandises en hausse et, donc, la construction de nouveaux entrepôts, à l'heure du zéro artificialisation nette ? Et comment acheminer toujours plus de colis en centre-ville avec la mise en place des zones à faibles émissions ? Les professionnels du secteur le savent, ils sont à un moment charnière où tout est à réinventer. Une page blanche qui ne pourra pas, en revanche, s'écrire sans les pouvoirs publics, monde local en tête. LEVIER INATTENDU. Finie, alors, la gestion publique de la logistique au doigt mouillé, rangée, l'intervention municipale exclusivement centrée sur les interdictions de voirie ? Les collectivités doivent s'emparer de cette thématique jusqu'alors laissée aux mains des acteurs privés. Certaines l'ont déjà compris en mutualisant entrepôts ou points relais, ou en utilisant la cyclo-logistique, à l'image de Bordeaux. Ces collectivités ont fait de la logistique urbaine un levier inattendu de développement économique et d'attractivité de leur territoire. Car, à travers la logistique urbaine, se pose avant tout la question du modèle de la ville que l'on souhaite pour demain.

D'Architectures #307 : Dossier : Ventiler et rafraîchir sous le nouveau régime climatique
revue
Année : 2023
Auteur : Emmanuel Caille
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : Trop longtemps éblouis par l'injonction célèbre de Le Corbusier l'architecture est le "jeu savant, correct et magnifique des volumes assemblés sous la lumière", les architectes ont négligé la maîtrise de l'air et des ambiances dans la conception de leurs projets, s'en remettant au bas coût des énergies fossiles pour régler les problèmes de régulation thermique. On redécouvre aujourd'hui d'ingénieux procédés ancestraux de rafraîchissement qui, perfectionnés par la modélisation numérique, offrent des alternatives prometteuses aux climatisations énergivores. Pour l'architecture, c'est une excellente nouvelle : bourrer les plénums d'équipements aérauliques a toujours été un pensum pour les architectes qui, longtemps, se sont défaussés sur les compétences des ingénieurs. L'art du plénum consistait surtout à le faire disparaître, un exercice pour le moins ingrat. Mais à partir du moment où la régulation thermique de notre corps et les sensations qu'il éprouve ne sont plus déterminées par des systèmes mécaniques mais par la configuration de l'espace, de son orientation ou de sa matérialité, alors la question climatique redevient une question architecturale majeure. Nous sommes allés ce mois-ci à la recherche des architectes qui, à des échelles de programme fort différentes, sont parvenus à montrer la pertinence de ces dispositifs passifs de régulation et à en faire une question architecturale.

Recommandations pour les rénovations de façades d'Ault
brochure
Année : 2023
Auteur : Association Ault-Environnement
Editeur : ASSOCIATION AULT ENVIRONNEMENT ASOSIASION OLT ANVIRONEMAN
Description : Un premier cahier des charges de rénovation de façades d'Ault a été élaboré en 2016 par l'agence UP + Jeol pour le Syndicat Mixte Baie de Somme Grand Littoral Picard et la commune d'Ault. Il s'agit ici d'une version accessible au grand public afin de sensibiliser les habitants de la commune.

Le Moniteur #6245 : Pascal Minault dévoile sa stratégie
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Un seuil symbolique a été franchi la semaine dernière avec la mise en service de la 100 000e borne de recharge pour véhicules électriques en France. Ce n'est pas rien : en Europe, seuls les Pays-Bas sont mieux équipés. Ce cap, atteint avec à peine quelques mois de retard sur le programme, n'est qu'un jalon sur la longue route de l'électromobilité. Les 400 000 points de recharge sont en ligne de mire d'ici à la fin de la décennie. Ce déploiement volontariste s'annonce décisif pour accélérer le verdissement du parc automobile. Les Français délaisseront sans regret leur moteur thermique lorsqu'ils auront la certitude d'accéder à une borne dans la rue, sur les parkings, sur les aires de repos, au pied des immeubles… C'est une règle jamais démentie : dans les transports, les infrastructures précèdent l'usage. Pour décarboner, il faut commencer par investir. Avec l'annonce de son plan vélo, le gouvernement sort son carnet de chèques comme jamais Même logique pour le vélo. Le modèle néerlandais dispose, là aussi, d'un temps d'avance. Si les cyclistes sont omniprésents à Amsterdam, ce n'est pas en raison de supposées prédispositions culturelles, encore moins d'une météo favorable, mais bien à la faveur des centaines de kilomètres de voies dédiées qui doublent les routes, longent les canaux, sillonnent les parcs et permettent au bout du compte de pédaler en toute sécurité. Plus proches de nous, les exemples strasbourgeois, grenoblois et, plus récemment, parisien, témoignent de l'appel d'air que génèrent les réseaux denses pour les modes doux. Un autre cap a justement été franchi la semaine dernière. Avec l'annonce de son plan vélo, le gouvernement sort son carnet de chèques comme jamais. Entre l'argent frais et les fonds déjà prévus, entre les moyens de l'Etat et ceux des collectivités, on arriverait à environ 6 milliards d'euros investis d'ici à 2027. Une somme en nette hausse par rapport à celles fléchées vers la bicyclette jusqu'à présent. De quoi lancer des milliers de chantiers dans tous les territoires, pour encourager les déplacements du quotidien comme les escapades touristiques. Avec, là aussi, un « objectif 100 000 » : il s'agit ici du nombre de kilomètres de voies sécurisées d'ici à 2030. Lorsqu'ils poussent à l'action, les symboles ont du bon.

La Gazette des communes #2665 : Les grands événements sportifs vont-ils accaparer tous les moyens de sécurité ?
revue
Année : 2023
Auteur : Hervé Jouanneau
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Un événement unique, inédit, hors norme. A environ un an des Jeux olympiques de Paris 2024, le plus grand événement que la France ait jamais organisé, l'organisation XXL vire au casse-tête. Les chiffres donnent le tournis : 329 épreuves sportives, 10 500 athlètes, 10 millions de billets en vente, 15 millions de visiteurs, 4 milliards de téléspectateurs... Pour la seule cérémonie d'ouverture, qui verra naviguer quelque 170 bateaux sur la Seine, près de 600 000 personnes sont attendues sur les berges du fleuve. ZONES D'OMBRE. Le défi sécuritaire est à la hauteur de l'événement. Colossal. Après le fiasco de la finale de la Ligue des champions en juin 2022 aux abords du Stade de France, organisateurs et pouvoirs publics mettent les bouchées doubles : 35 000 policiers et gendarmes seront mobilisés autour des sites olympiques, 22 000 vigiles recrutés, les premières caméras « intelligentes » expérimentées... Aucun incident ne doit venir perturber la sécurité des spectateurs, des délégations et des personnalités qui participeront à l'événement ! Le mystère reste entier sur la répartition des unités mobiles dans le pays pendant cette période exceptionnelle. En pratique, toutefois, les zones d'ombre sont nombreuses. La première est relayée par les élus locaux : quid des autres territoires non concernés par les JO (ou, à moindre échelle, par la Coupe du monde de rugby, qui se tiendra en septembre) (lire p. 8-10) ? Dans les stations balnéaires qui, à l'été 2024, seront privées de CRS pour assurer la sécurité de leurs plages, la colère gronde. Côté culture, l'inquiétude ne retombe pas non plus. Car si les grands festivals ont dû revoir leur calendrier, d'autres, de plus petite taille, tirent la sonnette d'alarme. Qui pour les protéger ? CARENCES. A ce stade, le mystère reste entier sur la répartition des unités mobiles dans le pays pendant cette période exceptionnelle. Quant au recours à la sécurité privée, il s'annonce laborieux. Sur le terrain, déjà, certaines communes évoquent le recrutement de policiers municipaux pour compenser les carences de l'Etat, tandis que d'autres n'en ont pas les moyens. Tout se passe comme si un transfert de charges s'opérait insidieusement. Entre un Etat qui semble dépassé par l'ampleur d'un événement international à hauts risques et des villes une fois de plus contraintes de prendre leurs responsabilités pour assurer la sécurité de leurs propres administrés.

AMC #314 : STUDIOLADA - NOTAN OFFICE - DRATLER DUTHOIT - SALOMON - KIMA / ATELIER OSLO
revue
Année : 2023
Auteur : Gilles Davoine
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Beauté et harmonie La « transition écologique » aura probablement été l'expression la plus utilisée - et la plus galvaudée - de ces dernières années. Plus dynamique que le désormais vieillot « développement durable », plus ambitieuse que la trop technique « rénovation énergétique », plus mobilisatrice que la béate « frugalité heureuse », elle s'est imposée dans tous les discours, du responsable politique à l'expert patenté, pour faire sa place dans les médias et le grand public. Le 21 avril dernier, la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, adressait une lettre aux étudiants qui manifestent depuis deux mois, dénonçant le manque de moyens attribués aux écoles d'architecture - ce qui n'est pas nouveau -, des cas de violences, de discriminations, voire de harcèlement sexuel - ce qui est plus inédit - et enfin, l'inadaptation des enseignements aux enjeux actuels - ce qui témoigne d'une lucidité salutaire. Sur ce dernier point, la ministre a bien sûr répondu vouloir « mettre la transition écologique au cœur des écoles ». Consciente que l'annonce en début d'année du lancement du palmarès Reseda - récompensant les meilleurs projets de fin d'études orientés vers les enjeux environnementaux - ne suffirait pas à calmer les esprits, elle a donc missionné la nouvelle Directrice de l'architecture, Hélène Fernandez, pour « mener une vaste concertation » en vue de redonner un coup de jeune à la Stratégie nationale pour l'architecture de 2015, que tout le monde avait oubliée. Le temps presse, car il y a du boulot. Entre le changement climatique, l'artificialisation des sols, les pénuries de ressources, le vieillissement de la population, il s'agit de revoir toute l'organisation de l'enseignement en donnant notamment plus de place au monde du vivant. Sinon, l'intelligence artificielle s'en chargera, et elle n'aura pas besoin de concertation pour remplacer au pied levé les architectes et résoudre les problèmes à sa façon. Il n'est pas sûr cependant qu'elle reprenne à son compte la définition lyrique que donnait la ministre, le 6 février dernier à l'école Paris-Val-de-Seine : « L'architecture, c'est l'alchimie entre une vision fonctionnelle du bâti et un souffle de beauté et d'harmonie. »

Le Moniteur #6246 : Un Grand Palais pour le XXIe siècle
revue
Année : 2023
Auteur : Barbara Kiraly
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Que ce soit dans « Pif » ou « Challenges », les interviews présidentielles apportent toujours leur lot de surprises. Dans le magazine économique, Emmanuel Macron annonce ainsi vouloir une « conférence des parties » pour résoudre la crise du logement. N'était-ce pas justement la vocation du Conseil national de la refondation (CNR) logement ? Avoir une maison, c'est la première pierre d'une vie à bâtir. Avec la remontée rapide des taux d'intérêt, la machine à loger s'est brusquement grippée. Ne pouvant plus acheter, les ménages ne libèrent plus leur location. Les commercialisations patinent, bloquant le démarrage des programmes immobiliers (lire p. 14). Les bailleurs sociaux, qui font construire la moitié des HLM par les promoteurs, voient leur production chuter. Le mal-logement s'ag-grave. Tout le monde sonne l'alarme… et le gouvernement reporte les conclusions du CNR à une date indéterminée. Il faut repenser le modèle du logement pour mieux répartir les coûts. Et, pourquoi pas, en faire un bien de première nécessité. Dans son entretien à « Challenges », Emmanuel Macron estime qu'on « ne peut tout attendre de la réforme gouvernementale ». Au « Moniteur », on pense qu'il convient d'en attendre beaucoup. Assumons néanmoins un état de fait : le logement neuf ne peut pas à la fois répondre aux exigences de la RE 2020, payer, par la péréquation, la part sociale des programmes, financer la renaturation de la ville, loger à des prix accessibles… Il faut repenser le modèle pour mieux répartir les coûts. Et, pourquoi pas, faire du logement un bien de première nécessité, qui ne réponde plus aux lois du marché. En capant durablement le prix de sortie, on limite le coût d'acquisition du foncier, on permet à chacun d'avoir une meilleure visibilité… et le marché, devenu plus accessible, finit par retrouver un équilibre. En donnant de la valeur économique à la nature, via un marché du carbone par exemple, on offre la possibilité aux promoteurs de prévoir de la pleine terre, plutôt que de densifier à tout-va leurs programmes pour les rentabiliser. La crise du logement s'inscrit dans quelque chose de plus grand qu'elle, la crise climatique, la stratégie nationale bas carbone… Elle mérite mieux que des mesurettes. Elle mérite une vision.

La Gazette des communes #2666-2667 : Accès aux droits - Quand les services publics se rapprochent des usagers
revue
Année : 2023
Auteur : Jean-Baptiste Forray
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : C'est un vibrant plaidoyer, beau comme un édito de « La Gazette ». Dans une interview accordée à « L' Opinion », parue le 14 mai, Emmanuel Macron le clame haut et fort : « Décentraliser, cela veut dire donner une compétence. » Or, « aucune politique publique n'est clairement décentralisée. L'Etat est toujours le garant en dernier ressort et garde aussi beaucoup trop le pouvoir normatif ou une partie des compétences. Ça crée l'inefficacité. » De quoi sonner agréablement aux oreilles de Carole Delga, la patronne de Régions de France, ou de David Lisnard, celui de l'Association des maires de France. Et, pourtant, ce discours peine à emporter l'adhésion des Girondins, de gauche comme de droite. Un hiatus qui tient à une vérité toute simple : le propos présidentiel ne cesse d'être démenti par les faits. PAS DE RECETTES EN PLUS. Témoin, l'un des rares transferts de compétence de l'Etat aux collectivités du premier quinquennat d'Emmanuel Macron : 10 300 kilomètres du réseau routier et autoroutier national étaient susceptibles de passer dans le giron des pouvoirs locaux. Las, plus de quinze mois après la promulgation de la loi « 3DS », le bilan est particulièrement maigre. Seuls 3 000 kilomètres, au mieux, seront transférés. Les plaidoyers girondins d'Emmanuel Macron ne cessent d'être démentis par les faits, comme le montre l'affaire du transfert des routes nationales aux départements. Seize départements et trois métropoles uniquement se sont portés candidats à une telle opération. La faute à un pouvoir central qui n'a pas donné aux collectivités les moyens de leurs ambitions. Celles-ci ne pourront ni lever de nouvelles recettes comme une écotaxe - une taxe sur la livraison des colis -, ni toucher une partie de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques. Pire, elles ne savent toujours pas quel est l'état précis du réseau routier et la facture des travaux à mener. MAQUIS TERRITORIAL. Le pouvoir central a préféré diviser pour mieux régner en faisant entrer les régions dans la danse. Trois se sont portées volontaires à un transfert, embrumant un peu plus le paysage. Bilan des courses, l'Etat va conserver dans son giron des routes et des autoroutes dont il s'occupe souvent mal. Qu'elles sont loin les lois « Defferre » de 1982 où il opérait des choix clairs, confiants, avec le succès que l'on sait, l'ensemble de l'entretien et la construction des collèges aux départements et des lycées aux régions...

Les églises de la Somme : Entretenir le patrimoine communal
Livres
Année : 2023
Auteur : Esther Lipinski
Editeur : CAUE DE LA SOMME KAU SOM
Description : Emblèmes du territoire qui ponctuent nos paysages, ce patrimoine est aussi le témoin d’une histoire qui s’est déployée à travers les siècles au sein d’un grand territoire marqué par les influences et les conquêtes de par sa situation au sein de l’Europe occidentale. Aussi, cette nouvelle édition a été actualisée, complétée et consolidée afin de redonner quelques lettres de noblesse à ces édifices et permettre à chacune et chacun d’entre nous de compléter ses connaissances.

Le Moniteur #6247 : "Les maires ne contestent plus le ZAN"
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : On doit lui reconnaître un certain flair. L'automne dernier, le député Renaissance Alexandre Holroyd se lançait dans la rédaction d'un rapport sur le financement des écoles nationales supérieures d'architecture (Ensa). Il ignorait alors tout de la flambée de colère qui allait embraser les amphis quelques mois plus tard, allumée par le manque de moyens décents. Ses conclusions arrivent à point nommé. Elles sont sans appel. S'il prend en compte les récents efforts de l'Etat, le parlementaire pointe les « faiblesses aiguës et persistantes » de ces écoles qui « concernent les conditions d'exercice de la tutelle, le nombre insuffisant de personnels administratifs employés dans ces établissements, l'imparfaite remise à niveau des locaux, le nombre - stable depuis vingt ans - d'étudiants accueillis ainsi que le niveau des ressources financières de ces écoles ». Et ce n'est pas la lettre envoyée par la ministre de la Culture, ni même les fonds qu'elle a réussi à débloquer, qui permettront à eux seuls de se hisser à la hauteur des enjeux. Jamais le métier d'architecte n'a occupé une place aussi stratégique dans la chaîne de valeur de la construction Car, il faut le rappeler, si le quotidien d'un architecte n'est pas une sinécure, la profession n'a rien d'une voie de garage, bien au contraire. Il serait rageant que, pour des raisons purement matérielles, l'enseignement public de ce métier reste bloqué à 20 000 étudiants par an, dès lors que les débouchés existent. Jamais ce métier n'a occupé une place aussi stratégique dans la chaîne de valeur de la construction. Quand le foncier se raréfie, quand les matériaux se renchérissent, quand les usages évoluent à toute vitesse, c'est avant tout grâce à l'intelligence de la conception que les projets répondent aux impératifs de pérennité et de durabilité. Cette responsabilité interroge ce métier si ancien. Elle réclame aux plus jeunes des savoir-faire inédits : géosourcer les matériaux, calculer le poids carbone, travailler sur l'existant, échanger avec les usagers… Tout cela aurait barbé nombre de leurs aînés, dont la vocation était motivée par l'image du créateur de génie, auteur d'esquisses inspirées. Par chance, cela passionne les générations actuelles. C'est aussi ce qu'il faut percevoir dans le malaise des Ensa : au-delà d'une impérieuse remise à niveau d'un système brinquebalant, l'enseignement de l'architecture réclame un souffle nouveau.

Urbanisme #431 : L'eau, commun exceptionnel
revue
Année : 2023
Auteur : Julien Meyrignac
Editeur : SARL PUBLICATIONS D ARCHITECTURE ET D URBANISME PUBLIKASION ARCHITEKTUR URBANISM
Description : L’eau n’est pas qu’un élément. Elle n’est pas qu’une ressource parmi d’autres. Elle n’est pas qu’une matière conjoncturelle, qu’un objet de crise. Les imaginaires collectifs et les récits, les religions et les sciences toujours nous le rappellent, sur tous les continents et à travers les âges : l’eau est la matière de toute chose vivante. Et par sa nature existentielle, elle est duale : à la fois nourricière – source de tout épanouissement végétal, animal et humain – et rageuse, dévastatrice. Depuis toujours, les hommes s’emploient à la contraindre pour s’en protéger, à la contrarier pour en tirer parti, jusqu’à la dilapider par une surconsommation négligente, la dénaturer en la polluant. Fondamentalement conscients, sans aucun doute, de la gravité de leurs décisions et de leurs conséquences, mais prêts à tout pour le « progrès », justifiant souvent leurs captations par la nécessaire lutte contre l’eau « mauvaise » : assainir, pour éradiquer la polio ; assécher, pour venir à bout du « palu » ; endiguer, pour empêcher les crues, et tant mieux si cela favorise l’irrigation. Mais, en cette aube millénaire, le cumul des effets délétères de la suractivité humaine dans un monde globalisé – changement climatique, choc démographique, perte de conscience du vivant et marchandisation de toute chose (…) –, les populations de l’hémisphère nord sont engagées sur un chemin de Damas. Face aux pénuries, le stress issu de la raréfaction de la ressource n’est plus une problématique lointaine de pays en voie de développement, au Sahel ou ailleurs. Leurs croyances (illusions ?) sont en train de s’effondrer, et il leur faut – de toute urgence – changer de postures à tous les niveaux de compétences et de responsabilités. Changer des lois héritées d’époques révolues qui privilégient les questions sanitaires et économiques à celles des valeurs et consistances des ressources. Changer les modèles de gouvernance qui les ont accompagnées (délégations de service public). Changer les partis de conception urbaine, paysagère et architecturale pour s’éloigner de l’accessoire – les trames bleues, les noues, les toits-terrasses, etc. – et se concentrer sur le principal : garantir à toutes les populations un accès responsable à la ressource. Et à ce titre, faire preuve d’imagination, pour ne pas verser dans des équilibres budgétaires discutables sur le plan social (coût indexé sur la consommation). Cela demande, aussi, de reconsidérer certaines options techno-économiques, telle la désalinisation de l’eau de mer, déjà massivement mise en oeuvre à nos portes (Catalogne), mais au coût énergétique – donc climatique – qui peut être jugé exorbitant. Pour parvenir à faire face à cette grande cause nationale, ce qui implique de s’extraire des pressions des lobbys et autres intérêts régionaux ou catégoriels, un grand débat semble absolument nécessaire. Mais cette formule a-t-elle encore une chance d’accoucher d’un projet de société ? Paul Claudel a écrit : « Toute eau nous est désirable ; et, certes, plus que la mer vierge et bleue, celle-ci fait appel à ce qu’il y a en nous entre la chair et l’âme, notre eau humaine chargée de vertu et d’esprit, le brûlant sang obscur1. » L’eau est un élément métaphysique et passionnel, qui se révèle quand elle vient à manquer ou excéder (osons le dire : comme l’amour). Il n’est pas facile, mais absolument nécessaire, de prendre aujourd’hui les décisions afin qu’elle nous maintienne et non nous emporte.

A Vivre #129 : Numéro d'été - Architectures du Sud
revue
Année : 2023
Auteur : Laurence Jarretou
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : Qu’est-ce-que le Sud ? C’est tout d’abord une notion faussement claire. S’il est évident que le sud se définit par rapport au nord, un sud, comme le Maghreb par rapport à l’Europe, est un nord pour l’Afrique. En Europe, l’Italie est un pays sud-européen qui a son nord, avec Milan, la Lombardie. La France, pays du nord, a son sud : la Provence, le Languedoc. Et São Paulo, métropole du sud, est toute imprégnée de nord. La notion de sud est une notion relative. Donc nous devons éviter toute réification ou substantialisation du terme « sud » Le Nord de son côté ne peut être conçu comme entité géographique. Il est très hétérogène et nous ne parlons évidemment pas de la Russie plus proche culturellement du sud européen que du nord anglo-saxon, ni évidemment de la Sibérie. Il ne saurait non plus être conçu comme idéal-type à la façon de Max Weber. Ce n’est pas non plus une notion réductrice qui oublierait toutes les qualités qui viennent du Nord. En fait, ce que nous appelons aujourd’hui Nord était, il y a quelques décennies, appelé Occident quand on l’opposait à l’Orient; il est devenu Nord opposé au Sud quand le terme de Tiers-Monde est tombé en désuétude. Effectivement, pour le sud, il y a une hégémonie du nord, qui est l’hégémonie de la technique, de l’économie, du calcul, de la rationalisation, de la rentabilité, de l’efficacité. Notions qui ne sont pas à rejeter, mais à l’égard desquelles, sans doute, une pensée du sud doit s’exprimer de façon consciente et critique, d’autant plus que cette hégémonie insuffle son dynamisme sur toute la planète. D’autant plus qu’actuellement le Nord est en train de dévorer – ou d’essayer de dévorer – le Sud. Il y a évidemment des suds, très différents les uns des autres, mais qui sont soumis à la conception unique, venue du nord, de l’arriération, du sous-développement, de l’impératif du développement et de la modernisation. Cette vision rend incapable de concevoir qu’il y ait dans les suds des qualités, des vertus, des arts de vivre, des modes de connaissance qu’il s’agirait non seulement de sauvegarder, mais aussi de propager dans les nords. Edgar Morin

La Maison écologique #135 : Bâtir en bois et préserver la forêt
revue
Année : 2023
Auteur : Virginie Jourdan
Editeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIK
Description : Depuis quelques mois, le nom de ChatGPT a remis sur le devant de la scène la question de l’intelligence artificielle et de ses possibles. Saisi d’admiration ou d’effroi, chacun découvre ce que le mathématicien Alan Turing, l’un des pères de la science informatique, préconcevait en créant son fameux test de Turing dans les années 1950 : voir la machine si bien reproduire le langage qu’il devient impossible de la distinguer de l’être humain. Ainsi, ChatGPT est interrogé par une journaliste sur une chaîne radiophonique publique française, le logiciel créateur d’images Midjourney produit d’étonnantes illustrations à partir d’un nuage de mots, les voix de Barack Obama et Donald Trump doublent un live de gamers suivis sur le Web par des milliers d’amateurs de jeux vidéo. En bref, le virtuel prend corps, et en accédant à la visibilité, l’artifice est devenu réel, palpable. Comme le rappelle Asma Mhalla, spécialiste des enjeux politiques et géopolitiques des nouvelles technologies, l’IA est un outil. Il convient dès lors de nous interroger collectivement sur son usage et sur les intentions de ses promoteurs et utilisateurs. Et pourquoi évoquer l’IA dans cet édito d’un magazine dédié à l’écoconstruction, aux énergies renouvelables domestiques, à la résilience et l’autonomie dans l’habitat ? Dans les maisons, elle est déjà là dans sa forme primitive. Programmée pour nous éviter de devoir nous-même baisser les stores, relancer le chauffage en cas d’absence, activer la machine à laver aux heures qui nous arrangent. Mais risque-t-elle d’y devenir notre égale ? Inversons un temps les rôles. Pour être une IA, il nous faudrait vivre à proximité d’une source d’électricité démesurée alimentant notre puissance de calcul (terminés les gourmands petits déjeuners qui nous fournissent des calories issues du vivant). Pour être une IA, il nous faudrait renoncer à certains arts, tels que désobéir, pour nous plier à une liste des recommandations qui nous seraient transmises pour réaliser nos missions quotidiennes. Autant de sorties de route impossibles qui nous empêcheraient de créer ex nihilo ce qui n’existe pas encore. Pour être une IA, il nous faudrait renoncer à aller à la rencontre de nos congénères pour nous en inspirer et expérimenter de nouvelles manières de construire. Enfin, il nous faudrait renoncer à fabriquer des magazines nés de l’inspiration étayée de journalistes réunis en équipe pour aller interroger, vérifier et « voir » par eux-même. Les coupeurs de coûts veulent remplacer les humains ? À La Maison écologique la puissance de calcul de l’intelligence artificielle ne remplacera ni l’imagination, ni l’intelligence collective.

La Gazette des communes #2668 : Changement climatique - Comment le bassin de la Garonne s'adapte à la sécheresse
revue
Année : 2023
Auteur : Delphine Gerbeau
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Faire en dix ans ce que nous avons eu de la peine à faire en trente : le rapport de l'économiste Jean Pisani-Ferry consacré aux « incidences économiques de l'action pour le climat », publié le 22 mai, montre combien la marche est haute, mais aussi combien le temps presse pour s'engager sur la route de la transition écologique. Et combien il va falloir investir : 34 milliards d'euros supplémentaires d'investissements publics par an... le fonds vert doté de 2 milliards n'y suffira certainement pas. OBJECTIFS CHIFFRÉS. Un an après le début du second quinquennat d'Emmanuel Macron, le chantier colossal de la transition écologique semble enfin ouvert - entrouvert, diront les plus critiques, alors que les mesures concrètes se font toujours attendre. Le 22 mai, également, la Première ministre, Elisabeth Borne a présenté, devant le Conseil national de la transition écologique et les associations d'élus, sa feuille de route pour la planification écologique. Des objectifs chiffrés de diminution des gaz à effet de serre ont été assignés par secteur - les bâtiments devront réduire leurs émissions de 53 % par rapport à 2022, l'énergie de 42,5 % et l'industrie de 37,5 %. Il va falloir enclencher une baisse deux fois plus importante dans les huit prochaines années que celle réalisée en plus d'une trentaine d'années... La moitié de cet objectif est attribuée aux entreprises, un quart aux ménages et un quart aux collectivités. On ne peut que douter de l'accélération souhaitée par Jean Pisani-Ferry pour le chantier de la transition écologique. ATTENTE. Des collectivités, dont une partie ont déjà établi leur propre feuille de route dans leur plan climat-air-énergie et réalisé leur Giec local, participent aux programmes « territoires pilotes » lancés par le gouvernement et ses agences. Au-delà des objectifs, elles attendent des outils concrets. De ce côté-là, il faudra attendre fin juin, voire le projet de loi de finances pour 2024. Quand on observe le temps mis par le ministère de la Transition écologique pour trouver une issue au casse-tête du zéro artificialisation nette, on ne peut que douter de l'accélération souhaitée par Jean Pisani-Ferry. Publiés en avril 2022, les décrets d'application de la loi « climat et résilience », immédiatement contestés, devaient être réécrits. Un an et deux propositions de lois plus tard, les tractations politiciennes sont toujours en cours...

Voisinage, quels sont mes droits ?
Livres
Année : 2023
Auteur : Sylvie Dibos-Lacroux
Editeur : PRAT EDITIONS PRA EDISION
Description : Toutes les solutions et les recours pour éviter et résoudre vos litiges de voisinage. Un guide très pratique et parfaitement à jour pour répondre à toutes vos questions : Quelles sont les règles de la mitoyenneté et des servitudes ? Comment résoudre mes litiges ? Comment je fais cesser les troubles ? Votre voisin a-t-il le droit d’ouvrir une fenêtre donnant sur votre jardin ? Qui doit réparer le mur qui sépare deux propriétés ? Comment faire reconnaître un droit de passage ? Comment intervenir face à un voisin bruyant ? À quel tribunal s’adresser en cas de litige ?

Le chanvre, matière à transitions : design, territoire et écologie
Livres
Année : 2022
Auteur : Elisabetta Bucolo
Editeur : LOCO LOKO
Description : Cet ouvrage, riche dans ses contenus et ses formats, vise à penser le chanvre de manière globale et transversale aujourd'hui et hier. Il questionne son état vivant par la philosophie. Il écoute les acteurs qui manipulent cette plante ou matière au quotidien ou ceux qui travaillent à sa valorisation et questionne ainsi ses représentations. Il donne à voir la manière dont des étudiants en design s'emparent de la matière pour la faire devenir objet, en y présentant notamment les outils et supports développés par des étudiants de l'ESAD de Reims. Il contribue, in fine, à comprendre l'insertion du chanvre au monde tant d'un point de vue économique, politique, social et environnemental.

Installations photovoltaïques en toiture et façade : conception, mise en oeuvre et entretien
Livres
Année : 2023
Auteur : Jean-Charles Corbin
Editeur : CSTB EDITIONS KSTB EDISION
Description : Ce guide décrit les règles de bonnes pratiques, les méthodes de dimensionnement et les points de vigilance, applicables à la construction d'installations photovoltaïques en couverture neuves ou existantes. Il s'applique aux installations photovoltaïques mises en oeuvre en': - toitures inclinées en petits éléments de couverture (tuiles ou ardoises) ; - toitures inclinées en grands éléments de couverture (plaques nervurées en acier ou aluminium ou plaques ondulées en fibre-ciment ou feuilles métalliques) ; - toitures avec étanchéité (toitures-terrasses ou toitures inclinées) ; - façade ; - verrières, ombrières ou pergolas. Ce guide s'applique aux installations sur maisons ou immeubles d'habitation, sur bâtiments industriels ou agricoles, ou bâtiments tertiaires pouvant recevoir du public. Nouveautés de cette 2e édition : - Réactualisation des informations du marché photovoltaïque. - Prise en compte des derniers développements technologiques des modules photovoltaïques. - Ajout de recommandations, issues de la jurisprudence des évaluations techniques, concernant les dispositions de mise en œuvre. - Mises à jour des référentiels documentaires.

Végétaliser son toit : de la conception à la réalisation
Livres
Année : 2022
Auteur : Gernot Minke
Editeur : TERRE VIVANTE TER VIVANT
Description : Végétaliser les toits : une réponse pertinente au dérèglement climatique. Tout pour réaliser ou faire-faire un toit végétal ! Les toits verts rafraîchissent en été, réchauffent en hiver et prolongent la durée de vie d’un toit. Ils sont, de plus, esthétiques et constituent de précieux biotopes. Cet ouvrage s’adresse aux professionnels de la construction et aux personnes désireuses d’installer une toiture végétalisée dans leur habitat. Avec le dérèglement climatique, apportant notamment de sévères périodes de canicule, il est temps de s’intéresser aux toitures végétalisées. Outre leur aspect esthétique, elles forment en effet de précieux biotopes dans la ville, améliorent l'air et présentent des avantages considérables en termes d'ingénierie structurelle et de physique du bâtiment : elles rafraîchissent en été, réchauffent en hiver et prolongent la durée de vie d'un toit. En outre, certains toits déjà existants peuvent être végétalisés facilement et à peu de frais. Ce guide de construction montre comment les bâtiments résidentiels et de bureaux, mais aussi les garages et les abris pour voitures peuvent être équipés d'un toit vert. L'auteur fournit des informations détaillées, à l'aide de nombreuses photos, graphiques et dessins techniques, sur les éléments à prendre en compte lors de la planification et sur les différentes structures de toits possibles.

Mies : Mies van der Rohe
Livres
Année : 2022
Auteur : Agustin Ferrer Casas
Editeur : NOUVEAU MONDE GRAPHIC NOUVO MOND GRAFIK
Description : Ludwig Mies van der Rohe (1886-1969) est l'une des figures les plus importantes de l’architecture moderne. Il est déjà mondialement connu lorsqu'il prend la direction du Bauhaus en 1930. Mais dès juillet 1933, l'école d'avant-garde est fermée à la demande du parti national-socialiste. Mies fera tout pour maintenir son école ouverte et pour rester travailler dans son pays, malgré l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Il n'émigre aux États-Unis qu'en 1938 où il poursuit sa carrière d'architecte avec succès. Dans les années 1960, il obtient la commande de la Neue Nationalgalerie à Berlin.Agustín Ferrer Casas imagine les échanges entre Mies et son petit-fils à l'occasion du vol qui les mène vers ce chantier. L'architecte se remémore les souvenirs d'une vie intense et complexe, marquée par l'ambition de construire, ainsi qu'un événement qu'il ne peut oublier et qu'il a toujours gardé secret.

Conserver, adapter, transmettre : exposition, Paris, Pavillon de l'Arsenal, octobre 2022-5 mars 2023
Livres
Année : 2022
Auteur : Alexandre Labasse
Editeur : PAVILLON DE L ARSENAL PAVILON
Description : Matière, construction, électricité, chauffage, dans le bâtiment le carbone est partout, du dessin à l’usage. Aussi, le meilleur moyen de baisser les émissions de ce secteur, un des plus carboné, c’est d’abord de ne pas démolir pour reconstruire, de conserver pour stocker, d’adapter formes et matières afin de transmettre des bâtiments plus vertueux dans leur fonctionnement et leur urbanité. Le principe de refaire la ville sur elle-même n’est pas nouveau mais le carbone nous fait radicalement changer d’ère. Il oblige et questionne tous les patrimoines et tous les temps du projet.

Incroyable architecture : un tour du monde des constructions les plus étonnantes
Livres
Année : 2022
Auteur : Peter Allen
Editeur : NATHAN NATAN
Description : L'architecture comme vous ne l'avez jamais vue. " L'architecture est le grand livre de l'humanité " Victor Hugo Connaissez-vous l es incroyables prouesses de l'architecture depuis les débuts de l'humanité ' Ce magnifique livre tout en dessins et très documenté explore 50 bâtiments fabuleux et pourtant méconnus aux quatre coins du monde. D'une église éthiopienne creusée dans la montagne au 1er siècle à la Cité Radieuse de Marseille, d'un monastère chinois suspendu du 5è siècle à une maison moderne où tout est de travers, ces constructions étonnantes nous racontent les moments-clés de l'Histoire, les modes de vie dans différentes civilisations et la fabuleuse ingéniosité des humains. A travers des illustrations pleines d'humour et de détails, ce livre célèbre l'architecture sous toutes ses formes, des plus minuscules cabanes aux plus vastes palais, sans oublier les musées, les universités ou les aéroports.

Paysages comestibles : les nouveaux jardins nourriciers
Livres
Année : 2022
Auteur : Evaine Merle
Editeur : ULMER ULM
Description : Le 1er beau livre photos sur les jardins agroécologiques, permaculturels et naturels. Evaine Merle, photographe reporter engagée, signe un éloge des paysages écologiques et un récit inspirant, plein de poésie. Adepte du wwoofing, Evaine Merle est partie à la rencontre de paysans, jardiniers urbains ou passionnés, qui mettent en avant une agriculture raisonnée et respectueuse de la terre. Des jardins de production aux jardins urbains en passant par les forêts-jardins, ce livre invite à la découverte et au voyage à travers différents portraits de jardins et de leurs jardiniers. À travers ces récits de vie, elle nous montre qu'il est possible d'agir chacun à notre échelle pour construire un monde en partage, plus vert et plus vertueux, et aussi un monde esthétiquement très beau où il fait bon cultiver, se promener et prendre le temps d'observer la nature. Enfin un beau livre sur le sujet !

Et vogue l'architecture ! : projets flottants à l'ère du changement climatique
Livres
Année : 2022
Auteur : Fiona Meadows
Editeur : CITE DE L ARCHITECTURE ET DU PATRIMOINE SIT ARCHITEKTUR PATRIMOIN
Description : Montée des eaux, pénurie en eau potable, disparition inquiétante de la faune et de la flore... : " La maison brûle !" Si ce cri d'alerte date déjà de 2002, nous n'avons plus le temps "de regarder ailleurs". Il est urgent pour notre survie de changer dès maintenant nos modes de vie qui offensent la Terre et de les mettre enfin en cohésion avec l'ensemble des écosystèmes.Dans cette course effrénée contre la montre, quel rôle peut jouer l'architecture ? Comment construire peut-il signifier instaurer une nouvelle relation de l'homme à la planète ?Pour sa 8e édition, le concours Mini Maousse s'engage dans cette réflexion en appelant les jeunes créateurs à concevoir une aquabane : une petite cabane (moins de 50 m2) flottant entre deux rives, qui soit respectueuse de l'environnement et de ses usages.Inscrites dans le champ plus large de constructions contemporaines réalisées sur l'eau, ces créations invitent l'architecture à prendre le large, à imaginer de nouvelles voies pour l'habitat de demain : face à la maison qui brûle pourquoi pas une maison qui flotte ?

Le Moniteur #6249 : Bienconnaître le territoire pour aménager intelligemment
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Simples, les objectifs marquent les esprits. Simplistes, ils démobilisent. La vertu principale du zéro artificialisation nette (ZAN) réside dans son extrême lisibilité : pas un mètre carré artificialisé en plus en 2050. Inutile de couper les cheveux en quatre : zéro, c'est zéro. C'est clair, même si ça fait peur. Pourtant, une fois passé l'effet d'annonce, les choses s'embrouillent. C'est quoi, exactement, un mètre carré artificialisé ? La doxa qui prévaut jusqu'ici se distingue par son côté rudimentaire. Peu importe l'hétérogénéité des situations, la classification ne reconnaît que la parcelle artificialisée et celle qui ne l'est pas. C'est blanc ou noir, pas de place pour la nuance. Cette nomenclature fruste s'explique par le raisonnement résolument comptable du ZAN, « un jeu de vases communicants dans lequel, si l'on artificialise quelque part, il faut désartificialiser ailleurs », évoqué par Guillaume Chaineau, avocat associé au cabinet Adaltys, dans le dernier épisode de notre podcast « Le Droit dans ses bottes ». La classification ne reconnaît que la parcelle artificialisée et celle qui ne l'est pas. Pas de place pour la nuance. Evidemment, au ras du sol, la réalité échappe au simplisme. Que faire de ce pavillon cerné d'un jardin luxuriant ? Comment prendre en compte un bâti favorable à la biodiversité ? A l'inverse, une surface à l'état naturel mais dépourvue de toute vie mérite-t-elle une sanctuarisation ? Toutes ces questions perturbent les règles faussement évidentes de notre jeu à somme nulle. Pire, elles mettent en lumière notre extrême cécité. On connaît très mal la répartition des écosystèmes, qui ont la curieuse habitude de ne respecter aucun découpage parcellaire. Les choses, heureusement, pourraient changer. Une mobilisation scientifique permet enfin de chausser des lunettes et de percevoir la variété des espaces. Ainsi, on appréhende mieux la richesse écologique de larges pans du territoire. Grâce à ces connaissances nouvelles, les opérations d'aménagement seront mieux conçues et un marché de la compensation mieux armé pour se développer. Et, c'est une certitude, les textes réglementaires auront d'ici à 2050 tout le loisir de prendre en compte l'extraordinaire variété des situations. Il faudra bien accepter de perdre en simplicité pour gagner en intelligence.

D'Architectures #308 : Intérieurs : espaces de travail / boutiques / hôtels / restaurants
revue
Année : 2023
Auteur : Karine Dana
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : Chaque année en juin, le d'a Intérieurs propose une sélection de projets architecturaux remarquables dans les domaines du tertiaire, du retail, de la restauration et de l'hôtellerie, en France et à l'international. Ce numéro annuel pose un regard sur les tendances, les esthétiques et les systèmes d'aménagements intérieurs offrant un large panorama sur les créations de l'année écoulée.

EXE #52 : Courbes
revue
Année : 2023
Auteur : Clémentine Roland
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description :

La Gazette des communes #2669 : La loi "Le Pors " a 40 ans - Le statut vacille mais résiste
revue
Année : 2023
Auteur : Romain Mazon
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : En quarante ans, la loi « Le Pors », qui fonde le statut des fonctionnaires, leurs droits et, il ne faut pas l'oublier, leurs obligations, aura été modifiée 52 fois. Les textes qui encadrent les trois fonctions publiques auront, eux, connu 278 changements. Après cela, qui peut encore sérieusement soutenir que le statut est « rigide » ou même « obsolète » ? CRISE DES VOCATIONS. Pourtant, aujourd'hui encore, cet édifice est jugé responsable de la crise des vocations dans le secteur public. Si les jeunes se détournent des carrières publiques, c'est parce qu'ils ne se projettent plus dans un emploi à vie, « garanti » par le statut, nous assène-t-on. C'est oublier deux choses. D'abord, aucun fonctionnaire n'en est « prisonnier » et un employeur public peut parfaitement se séparer d'un agent insuffisant, à condition d'un peu de courage politique. Ensuite, si la garantie de l'emploi pouvait séduire par le passé, il n'en va plus de même depuis le profond décrochage des rémunérations des fonctionnaires. Esquivé depuis presque quarante ans, le débat sur le périmètre des services publics et les moyens que la Nation y consacre doit être remis sur la table. Pour comprendre la crise des vocations, ce n'est donc pas le statut qu'il faut mettre en cause, mais la manière dont il est appliqué, et parfois dénaturé par certaines réformes (lire notre dossier p. 36-43). Le dénigrement constant des fonctionnaires n'est pas, non plus, étranger à la crise. « Depuis la fin du XIXe siècle, je n'ai pas identifié un seul discours qui ne s'attaque pas au "trop grand nombre de fonctionnaires" », nous disait l'historien Emilien Ruiz (1). SERVICES PUBLICS. Or rien ne permet une telle affirmation, tant qu'on ne la corrèle pas à une quantité et à une qualité de service rendu. Ce débat du périmètre des services publics et des moyens que la Nation y consacre, esquivé depuis presque quarante ans, doit être remis sur la table. Les principes qui le sous-tendent - intérêt général, égalité d'accès, continuité... -, eux, ne sont pas ouvertement contestés. Ils incarnent même ce goût des autres que revendiquent de nombreux jeunes candidats en quête de sens dans leur accomplissement professionnel. Ils seront au cœur du colloque que « La Gazette » organise, avec « emploipublic.fr », le 22 juin (2), pour dessiner les services publics dans quarante ans.

Le Moniteur #6250 : "Le PLU bioclimatique de Paris est avant-gardiste"
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Déçus, dépités, énervés… Les mots ne manquent pas pour caractériser l'état d'esprit des professionnels de l'immobilier et du bâtiment, pour une fois assez unanimes, après l'annonce des mesures issues du Conseil national de la refondation (CNR) sur le logement. Si la Première ministre a bien égrené quelques vagues dispositifs censés réorienter la politique du logement, on peine à distinguer ce qui, dans cette liste bien maigre, s'apparenterait, même de loin, à une refondation. Derrière ce manque d'ambition, on devine aisément tout le poids que Bercy a mis dans la balance pour rogner sur les dépenses publiques. On compatit presque avec Olivier Klein, contraint à un douloureux grand écart lorsqu'il reconnaît « un risque de bombe sociale » tout en assurant le service après-vente d'un plan illisible, incapable de désamorcer la moindre bombinette. On regrette qu'Elisabeth Borne se cache derrière le sempiternel argument « il n'y a pas de baguette magique » pour escamoter grossièrement la réalité. L'illusion ne fonctionne pas. Si gouverner, c'est choisir, l'option retenue revient à laisser la situation se dégrader Un gouvernement, quel qu'il soit, joue pleinement son rôle lorsqu'il dessine des priorités, même clivantes, en l'occurrence en ciblant l'effort sur l'habitat collectif, les zones tendues et la rénovation. En revanche, il se défausse totalement de ses responsabilités lorsqu'il esquive une vérité, même douloureuse, en l'occurrence l'effondrement inéluctable de la production de logements. Si gouverner, c'est choisir, l'option retenue revient à laisser la situation se dégrader. Tant pis pour les professionnels, tant pis pour les élus, tant pis pour les particuliers. La menace sera rapidement trop évidente pour oser encore détourner le regard. L'exécutif pourra-t-il alors s'obstiner dans son refus de jouer un quelconque rôle contra-cyclique ? On peut espérer que le CNR logement ne soit, au bout du compte, qu'un rendez-vous manqué dans lequel les nombreux participants ont mis beaucoup de temps et d'énergie. Restent leurs propositions, fruit d'une riche discussion poursuivie tout au long de cette démarche innovante. Des propositions qui, aujourd'hui encore, demeurent sur la table. D'autres s'en saisiront peut-être.

La Gazette des communes #2670 : Logement - La côte ouest perd le nord
revue
Année : 2023
Auteur : Delphine Gerbeau
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : La notion de mixité sociale n'est apparue dans le lexique politico-administratif qu'au début des années 90, d'abord dans le domaine du logement avec la loi « Besson » de 1990, puis comme élément fondateur de la politique de la ville avec la loi d'orientation sur la ville de 1991. Une nouvelle direction pour réparer les effets délétères de quarante ans de politique du logement menée à la va-vite, à l'heure de la reconstruction d'après-guerre. PAUVRETÉ ET MAL-LOGEMENT. Le Programme national de rénovation urbaine (PNRU), lancé en 2003, en a ensuite fait son ambition principale. Vingt ans plus tard, les résultats sont plus que mitigés pour le PNRU, comme le démontrent les multiples rapports parlementaires - le dernier en date, porté par le groupe LFI-Nupes de l'Assemblée nationale et présenté le 12 juin, note que « la population de ces quartiers [les quartiers "Anru", ndlr] est toujours aussi marquée par le chômage, encore plus par la pauvreté et le mal-logement ». Ce ne sont pas les annonces a minima du plan « mixité sociale » qui vont aider les acteurs éducatifs à rassurer les parents. SÉGRÉGATION SCOLAIRE. Et qui dit absence de mixité sociale dit ségrégation scolaire. Un dossier que le ministre de l'Education nationale, Pap Ndiaye, avait déclaré prioritaire, et qui a explosé aux yeux des pouvoirs publics avec la publication contrainte des indices de position sociale des écoles, collèges et lycées, à l'automne. Pas de surprise, les chiffres ont mis en lumière ce que, localement, les acteurs éducatifs pressentaient (lire p. 8-10). Mais leur publicité sans concertation préalable avec le ministère de l'Education nationale a laissé ces professionnels démunis face à des parents d'élèves en colère devant les inégalités territoriales révélées. Et ce ne sont pas les annonces a minima du plan « mixité sociale », faites en catimini par Pap Ndiaye le 11 mai, qui vont les aider à rassurer. Pourtant, des expérimentations locales ont montré leurs effets positifs, à Nîmes, à Toulouse... Un manque d'ambition dommageable qui reflète l'éternelle absence de dialogue entre le « prof » Education nationale et « les élèves » collectivités, et l'impossible coconstruction des politiques éducatives.

A Vivre #130 : Numéro exceptionnel - Journées d'Architectures à Vivre
revue
Année : 2023
Auteur : Laurence Jarretou
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : Comme chaque année, l’éclosion des derniers bourgeons du printemps annonce pour nous l'arrivée à grands pas des Journées d'Architectures A Vivre. Cette manifestation unique en France, qui n'a pour autre ambition que de fédérer l'architecture, ses concepteurs et ses usagers, vous offre la possibilité de découvrir un florilège de maisons, d'appartements, d'extensions, de surélévations et même de reconversions de lieux insolites, lors de visites en petits groupes guidées par leurs architectes.

Le Moniteur #6251 : JO2024 - La course à l'innovation, discipline olympique
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Plus vite. L'heure tourne, les chantiers aussi. Et de plus en plus rapidement. A un an des Jeux olympiques et paralympiques de Paris, la pression qui pèse sur les acteurs en charge du bon déroulement du plus grand événement sportif au monde monte encore d'un cran. Chaque petit grain de sable susceptible d'enrayer la machine est appréhendé avec angoisse par les organisateurs. En témoignent les sueurs froides données la semaine dernière par la pagaille survenue dans le métro parisien. Un tel scénario virerait au cauchemar s'il survenait en pleine quinzaine olympique. L'héritage olympique dépassera de loin les seuls ouvrages édifiés ou compétences acquises Plus haut. En attendant l'épreuve du feu, les constructeurs mettent les bouchées doubles pour répondre aux exigences très élevées des donneurs d'ordres grâce à des solutions jamais vues. Sobriété énergétique, décarbonation, accessibilité… L'ambition d'innover tous azimuts, que porte la Solidéo depuis l'origine, se concrétise dans de nombreuses opérations en cours de réalisation. L'aboutissement d'une mobilisation technique, financière et administrative sans précédent au service de l'écologie et de l'inclusion. Plus fort. Qu'on adore le sport ou qu'on l'abhorre, on doit pouvoir se mettre d'accord : les Jeux nous rendent plus forts. Pour les équipes engagées dans les projets de construction audacieux, l'échéance joue le rôle d'un entraînement de haut vol dont elles tireront les bénéfices pour longtemps. Il suffit d'écouter les candidats malheureux regretter, encore aujourd'hui, de ne pas participer à ce grand projet pour comprendre l'importance qu'il revêt. Pourtant, eux aussi en bénéficieront. Ensemble. Il y a deux ans, le CIO rallongeait la devise olympique d'un quatrième mot : « ensemble ». Les JO 2024 le prouvent : le BTP aussi sait jouer collectif, très collectif même. Leur héritage dépassera de loin les seuls ouvrages édifiés ou compétences acquises : il bénéficiera à l'ensemble de la filière hexagonale, des joueurs de première ligne jusqu'à ceux restés sur la touche. Quand la flamme olympique quittera Paris, la construction tri colore conservera son auréole.

Séquences bois #141 : Franchissement
revue
Année : 2023
Auteur : Gaël Chervet
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : Franchir le cap Si la thématique a initialement été choisie pour donner à voir les dernières prouesses que permet le bois pour de grands franchissements, elle soulève des questionnements plus larges révélés par les échanges préparatoires à ce numéro. Celui avec Jacques Anglade fut déterminant, et c’est alors en réponse à notre conversation que je construis cet éditorial. Peut-être vais-je franchir ici, les limites du sujet ; je vais, tout du moins, m’en affranchir. Car en fouillant l’étymologie de « franchir », on trouve dans le sens médiéval une signification plus proche d’« affranchir » qu’aujourd’hui: franchir, c’est prendre sa liberté. Jacques, vous réfléchissez en nageant : « est-ce peut-être l’absence de pesanteur qui fait émerger toutes les idées ? ». Pour moi, c’est au fil des foulées que ce sont mis en place ces pensées. Ancienne athlète, à l’évocation de franchissement, c’est l’image d’un stade qui m’apparait en premier. Franchir un obstacle, bien sûr, mais aussi aller au-delà de. Dès lors, l’analogie de la construction bois avec la performance sportive devient frappante : exploit, prouesse, succès. Vous affirmez qu’«il ne faut pas garder tous les éléments de cette culture de la performance et simplement changer en mettant du bois à la place du béton. Ces choix limités, ne changent aucuns problèmes ». Il faudrait plutôt de se libérer de la compétitivité, héritage de notre culture occidentale. « Tout être vivant est parfait. Ainsi de l’arbre. Vouloir l’améliorer, c’est comme fournir un produit dopant à un athlète. » Au lieu de truffer nos constructions de ces produits, ne peut-on pas plutôt se demander pour combien de temps on construit, prendre conscience du don de la forêt, et retrouver la consistance de la matière ? Mais il existe un paradoxe entre cette recherche de performance et l’urgence de décarboner notre environnement. Même si nous nous efforçons de trouver la prouesse ailleurs, dans l’économie de matière ou dans un processus de mise en œuvre mesuré, nous ne pouvons pas nous extraire de l’émotion que procure la finesse et l’élégance d’une poutre de grande portée. Reste à méditer sur cette pensée de Cedric Price, de 1966 : «La technologie est la réponse, mais quelle était la question ? »… La bonne nouvelle, c’est que l’on a encore de l’énergie. « Il faut la saisir ! Plutôt que de faire du sport, il y a de la terre à malaxer. » Il y a des pierres à tailler, des bois à équarrir, de quoi construire, ensemble. Puisque « changer les choses, sans changer les relations, ne marche pas. Il faut des ententes, des relations humaines riches, des choses d’amitié qui font chaud au cœur. Franchir torrent, rivière ou fleuve, c’est aller vers l’autre quand tant de fleuves servent encore de frontières ». Alors, il suffit donc de passer le pont !

La Gazette des communes #2671 : Foncier : Le développement économique est-il soluble dans le ZAN ?
revue
Année : 2023
Auteur : Jean-Baptiste Forray
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Le ton monte. Les noms d'oiseaux pleuvent. Les portes claquent. Mais les ruptures définitives ne le sont jamais tout à fait. Il ne manque que l'amant dans le placard pour que les relations entre les collectivités locales et l'Etat basculent dans une pièce de Feydeau. Ce petit théâtre a ses figures de proue : le grand argentier de l'Etat, Bruno Le Maire, parfait dans le rôle de « bad cop » à la mode « austéritaire », et l'éternel numéro deux de l'Association des maires de France, André Laignel (PS), dressé contre le moindre coup de rabot budgétaire. POINT D'INDICE. De ce côté-ci de la scène, on décrit la partie adverse comme un nouveau KGB. Le « politburo » de Bercy a, il faut dire, fait très fort avec la hausse du point d'indice des agents publics. Le matin, il évaluait la note de cette mesure pour les collectivités à 1 milliard, l'après-midi c'était le double. Une mauvaise manière qui a provoqué l'ire des élus locaux. Mais, promis juré, l'épisode est clos. L'heure est au rabibochage. Elisabeth Borne, lors des assises des finances publiques, a fait acte de contrition. Bientôt, si Emmanuel Macron lui en offre le loisir, elle promettra un nouvel « agenda territorial » fondé sur la « coconstruction ». Chacun fera semblant d'y croire. Il ne manque plus que l'amant dans le placard pour que les relations entre les collectivités territoriales et l'Etat virent à une pièce de Feydeau. ZFE. Déjà, les zones à faibles émissions remettent de la friture sur la ligne. L'Etat, avec ce dispositif, porte la lutte contre la pollution en bandoulière. Mais ce n'est pas à lui de prendre des mesures de restriction contre les véhicules qui polluent. C'est aux collectivités de le faire. Certaines d'entre elles affichent leur volontarisme, multipliant les interdictions. Néanmoins, elles se gardent bien de verbaliser les voitures contrevenantes. La faute à l'Etat, disent-elles, qui ne débloque pas suffisamment de fonds au profit des automobilistes touchés et n'a toujours pas mis en place de système de contrôle des plaques minéralogiques. Bilan des courses : le dossier n'avance pas d'un iota. Le vaudeville des finances locales, décidément, a de beaux jours devant lui.

AMC #315 : Intérieurs 2023
revue
Année : 2023
Auteur : Laure Carsalade
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Loin des algorithmes Témoin des aspirations d'aujourd'hui, le design d'espace emprunte des chemins de traverse et se recentre sur une valeur clé, la modestie. De jeunes praticiens ont choisi d'exercer en tant qu'architectes et artisans. Ils relatent leurs stratégies originales pour accomplir leur désir, celui de dessiner et de fabriquer. Mettre en pratique cette polyvalence de talents demeure un défi au quotidien. Dans l'habitat aussi, la modération prévaut. Cherchant à réduire l'empreinte de la construction à son minimum, des « objets à vivre » se fondent littéralement dans la nature jusqu'à proposer un modèle de vie en autarcie. Le moyen de s'immerger dans un paysage où règnent paix et solitude, loin de l'urbanisation intensive. Neuves ou rebâties sur des ruines à l'abandon, les maisons privilégient une consommation mesurée des matériaux et les ressources locales. Tel un monument miniature protégé par une enceinte, une sculpture aux perforations géométriques assure l'intimité d'une famille, bien que dressée en bord de route. Les équipements culturels se définissent par des volumes clairs qui reçoivent la lumière du jour et exaltent la matérialité de leur enveloppe. Un hangar à dirigeables devient une salle d'exposition à la façade vitrée monumentale. Pour attirer les acheteurs rivés à Internet, les boutiques osent des scénographies spectaculaires et signifiantes. Un décor en plastique recyclé figurant un glacier rivalise avec un laboratoire d'incubation de chaussures. Organiser des zones libres de toute sollicitation du monde numérique devient vital. Par son pragmatisme autant que par sa poésie, l'architecture peut parer à cet envahisseur. Le luxe ne réside-t-il pas dans un espace déconnecté et anonyme, loin de tout algorithme ? Alors, prom'nons-nous, dans les bois, pendant que l'IA n'y est pas…

Le Moniteur #6252 : + 4°C en 2010 : construire une France vivable
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Juillet 2022 : Christophe Béchu arrive au ministère de la Transition éco­ logique, et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'adaptation au changement climatique ne figure pas au rang de ses priorités. La décarbonation, oui. L'effondrement de la biodiversité, oui. Mais évoquer une France qui grille reste alors un tabou. L'évoquer, pensait-on, risque de détourner la population de l'urgence absolue : réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mai 2023 : le gouvernement lance, avec tambours et trompettes, une vaste consultation visant à mieux définir une stratégie d'adaptation. Avec non pas 2 °C de hausse d'ici à la fin du siècle, mais 4 °C. Deux degrés qui changent radicalement le visage du pays en 2100. Un autre tabou est brisé, celui de l'obsolescence de l'Accord de Paris. Comment expliquer ce renversement de perspective en moins d'un an ? Par cette année 2022, juste­ ment. Une année exceptionnelle, avec ses innombrables records de chaleur, ses feux de forêt incontrôlés et ses orages ravageurs. Jamais le bouleversement climatique n'a été ressenti de manière aussi marquante, dans les esprits comme dans les corps. Jamais... jusqu'en 2023, qui s'annonce hors normes. La machine s'emballe et l'on ne peut plus l'ignorer. Si l'horizon de l'adaptation est dorénavant incontesté, le chemin à parcourir reste tracer. Prise de conscience collective, prise en main politique... L'heure est main­ tenant aux solutions pratiques. Heureusement, les propositions fourmillent chez les start-ups et les entreprises de l'aménagement, des infrastructures et du bâtiment : des produits parfaitement aboutis aux prototypes encore à l'essai, des technologies de pointe aux propositions low-tech. Si l'horizon de l'adaptation est dorénavant incontesté, le chemin à parcourir reste à tracer. Cette route sera nécessairement longue, largement inconnue, mais pas forcément douloureuse. Si le climat nous oblige l’action, il ne nous contraint pas au supplice. Après tout, vivre dans une ville tempérée et végétalisée, habiter un logement qui ne craint ni le froid ni le chaud, se tenir éloigné des dangers et des catastrophes, cela ne participe-t-il pas d'un projet commun éminemment désirable ? A l'instar de Christophe Béchu, notre conversion aux bienfaits de l'adaptation s'apparente à un chemin de Damas. Gardons-nous désormais d'emprunter un chemin de croix.

Architecture Frugale : 20 exemples inspirants dans les Hauts-de-France
Livres
Année : 2023
Auteur : Dominique Gauzin-Müller
Editeur : WAAO CENTRE D ARCHITECTURE ET D URBANISME OIO SANTR ARCHITEKTUR URBANISM
Description : Le collectif de la Frugalité Heureuse & Créative et le WAAO ont initié un travail autour de la réalisation d’un ouvrage consacré à l’« Architecture Frugale ». A la suite des premiers volets de la collection édités dans le Grand Est ou en PACA, le livre propose de découvrir 20 exemples inspirants de réhabilitations frugales dans les Hauts-de-France. Riches en diversité, les projets présentés ont en commun leur respect du « déjà-là ». Ils apportent des réponses empreintes de bon sens, sobres et pertinentes face aux enjeux actuels. A destination de tous les acteurs de l’acte d’aménager et de construire, cet ouvrage alterne visuels, textes descriptifs et témoignages.

Terre d'architecture : Grand Prix la Tuile Terre Cuite Architendance 2022
brochure
Année : 2023
Auteur : Anne-Sophie Kehr
Editeur : ARCHISTORM
Description : Ce numéro spécial révèle les projets lauréats et nominés de la 7ème édition du Grand Prix la Tuile Terre Cuite Architendance dans quatre catégories : Équipement/tertiaire, Habitat individuel, Habitat collectif et Habitat groupé, ainsi qu’un cahier de réalisations en brique apparente. Il met en avant des réalisations exceptionnelles, des projets novateurs et des concepts audacieux où ces matériaux ont été utilisés de manière créative pour créer des espaces uniques, techniquement performants et esthétiquement remarquables.

Guide pratique de l'irrigation
Livres
Année : 2022
Auteur : Claire Wittling
Editeur : EDITIONS QUAE EDISION KA
Description : Le contexte du changement climatique et de la transition agroécologique renforce l’exigence d’un usage sobre de l’eau en agriculture. L’irrigation fait l’objet de nombreux débats quant à l’amélioration de ses performances tant technologiques qu’agronomiques et environnementales. Elle représente l’un des moyens de s’adapter et d’atténuer les effets du changement climatique. Pour qu’elle puisse pleinement jouer ce rôle, tout en prenant en compte la durabilité des milieux aquatiques et des ressources en eau et en énergie, une meilleure connaissance des matériels, des outils existants et de leur utilisation est nécessaire. La quatrième édition de ce guide pratique présente les notions de base en hydraulique, les stations de pompage, les différentes techniques d’irrigation (aspersion, localisée, de surface) et illustre l’efficience de l’irrigation en eau et en énergie. Elle propose aussi des outils actualisés d’analyse et d’aide à la décision en matière de gestion et de conduite de l’irrigation (depuis l’échelle du territoire jusqu’à la parcelle). De nombreux liens vers des contenus numériques comme des calculatrices hydrauliques ou des exemples de cas concrets viennent compléter l’ensemble. Cet ouvrage a été élaboré sous la coordination de l’Afeid (Association française pour l’eau, l’irrigation et le drainage), en étroite collaboration avec les organismes de recherche-développement et les instituts techniques. Il s’adresse aux acteurs de l’irrigation et de la gestion de l’eau, agriculteurs, conseillers en développement, ingénieurs, techniciens.

Les agricultures urbaines en France : comprendre les dynamiques, accompagner les acteurs
Livres
Année : 2022
Auteur : Christine Aubry
Editeur : EDITIONS QUAE EDISION KA
Description : Depuis plusieurs années, de nouvelles formes d’agriculture urbaine se font jour en France, questionnant la recherche et ses liens à l’action. La recherche se mobilise donc pour connaître et évaluer ce phénomène, qui interroge les relations entre urbains et leurs connexions aux espaces à la nature et à l’alimentation : fonctionnements technico-économiques de ces agricultures, spécificités des sols urbains, enjeux fonciers et services écosystémiques rendus. Le livre s’interroge sur les formes sociales des agricultures urbaines et sur leurs places dans les systèmes alimentaires des territoires. Constatant la forte appétence des collectivités, des habitants et autres acteurs de la ville pour ces agricultures, l’ouvrage présente des produits de recherches conduites avec des acteurs publics et associatifs, professionnels et opérateurs économiques : plateforme collaborative, jeu sérieux, logiciels d’aide à la décision, applis, observatoire participatif, méthodes et guides pour l’action... Un état des lieux des formations existantes en agriculture urbaine est proposé, soulignant les défis à relever et les conditions nécessaires pour développer les agricultures urbaines.. Cet ouvrage est destiné aux étudiants, aux enseignants et aux chercheurs, ainsi qu’aux acteurs publics et privés de l’aménagement urbain, du développement agricole et des politiques alimentaires.

Guide des oiseaux de la baie de Somme : 110 espèces à découvrir - où les observer
Livres
Année : 2023
Auteur : Philippe Carruette
Editeur : EDITIONS SUD OUEST EDISION SU OUES
Description : Les oiseaux sont très présents dans la baie de Somme. On peut les observer au parc du Marquenterre, dans la Réserve naturelle nationale de la baie de Somme et tout au long du littoral. Ce guide en décrit 110 espèces. Grâce aux photos, aux descriptions, vous pourrez aisément les identifier.

La Gazette des communes #2672 : Spécial Transition Ecologique
revue
Année : 2023
Auteur : Romain Mazon
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Le message d'Elisabeth Borne est clair : pour redresser les comptes publics, « l'Etat restera aux côtés des collectivités, bien sûr, mais son rôle doit se recentrer sur les grands défis et les crises exceptionnelles ». A elles, donc, de « s'auto-assurer » pour programmer leurs investissements ou faire face aux imprévus, tout particulièrement climatiques. La Première ministre évoque, certes, des démarches de coconstruction, une vision partagée, mais les travaux de l'Institut de l'économie pour le climat (I4CE) montrent à quel point, à ce stade, la lutte contre le dérèglement climatique est surtout sous-financée (*). Et spécifiquement son volet « adaptation ». ICI ET MAINTENANT. Or l'adaptation n'est pas un impératif que les collectivités peuvent planifier pour demain : elle s'impose, ici et maintenant. Il y a urgence, et on ne peut même plus compter sur les adages. « Aide-toi et le ciel t'aidera », ça ne fonctionne plus depuis que les activités humaines l'ont rendu fou, le ciel : fini les doux printemps et les hivers cléments ; place aux tempêtes de grêle, aux sécheresses hivernales, aux canicules qui embrasent les forêts. A l'aune de ces phénomènes extrêmes qui deviennent la norme (mais une norme incontrôlable), les réponses classiques de nos sociétés occidentales ne sont plus opérantes. On ne peut plus se dresser contre le climat à coup de digues, de murs ou d'appropriation des ressources naturelles. Il faut changer de modèle. On ne peut plus se dresser contre le climat à coup de digues ou d'appropriation des ressources naturelles. Il faut changer de modèle. RENONCEMENT. On mesure alors l'immensité de la tâche pour des collectivités qui doivent embarquer leurs administrés dans ces nouvelles voies, chacun mesurant ce à quoi il doit renoncer sans que les pouvoirs publics puissent assurer que « ce sera mieux après ». D'ailleurs, ça ne devrait pas être « mieux », en tout cas pas selon les critères du XXe siècle, mais assurément différent et, surtout, durable. Faire prendre un tel virage à notre société demandera beaucoup (beaucoup) de débats et d'établir ou de rétablir la confiance entre tous ses acteurs. Cela prendra du temps. La planète ayant enclenché le compte à rebours, la course contre la montre est lancée.

Maisons paysannes de France #228 : Dossier : Maisons en pans de bois
revue
Année : 2023
Auteur : Gilles Alglave
Editeur : MAISONS PAYSANNES DE FRANCE MAISON PAISAN FRANS
Description : Depuis l’époque néolithique, l’homme a eu recours au bois pour construire son habitat. Construction très rudimentaire à l’origine, la technique s’affine au cours du temps pour atteindre à la perfection au Moyen Âge et révéler un savoir-faire aujourd’hui classé au Patrimoine mondial par l’Unesco.

Quadrilobe #7
brochure
Année : 2022
Auteur : Jean-Charles Cappronnier
Editeur : ASSOCIATION QUADRILOBE ASOSIASION KADRILOB
Description : La Picardie, réputée pour son patrimoine florissant, offre des potentiels de découvertes, d’études, de recherches et de visites très diversifiés. En effet, elle abrite à la fois des sites prestigieux et renommés et témoigne d’une histoire aussi riche que mouvementée. Toutefois, l’accès à la connaissance de ces édifices monumentaux, événements historiques, objets mobiliers et sites archéologiques n’est emprunté que par une minorité de chercheurs et de passionnés. De nombreuses sociétés savantes, certaines fédérées, ou associations de sauvegarde du patrimoine oeuvrent en Picardie dans cette optique. Elles constituent le terreau indispensable à la recherche et à l’émergence de travaux favorisant la connaissance du patrimoine archéologique, architectural, historique et mobilier. Elles ont permis depuis deux siècles d’étudier notre région et d’apporter des connaissances renouvelées de son histoire. Les informations relatives au patrimoine des trois départements, qui constituent la Picardie, ont besoin d’être confrontées, afin d’être consultées et exploitées par les chercheurs et les publics qui découvrent les richesses de la région. Elles doivent pouvoir faire l’objet d’une diffusion régionale au moyen de supports appropriés.

Le Moniteur #6253 : Annecy puise ses calories au fond du lac
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Les pompiers contre les handicapés ? Au Mans, les résidents d'un immeuble d'habitat inclusif ont dû quitter leur domicile à la suite d'une visite du Sdis, qui a requalifié le bâtiment en ERP. Cette analyse, confirmée par une décision récente du Conseil d'Etat, menace bon nombre de ces hébergements accueillant, dans des appartements ordinaires, des locataires en situation de handicap ou en perte d'autonomie. Priorité est donc donnée à la sécurité incendie. Cet imbroglio, situé à l'interface de deux réglementations, en rappelle bien d'autres qui se concluent trop souvent par des projets entravés. Dernier épisode en date : l'obligation future d'encapsuler une partie du bois dans les immeubles neufs, avec ses lourdes conséquences en termes de surcoût financier et de surpoids carbone. La crainte du feu vient ici torpiller l'un des objectifs de la RE 2020. Il faudrait assurer l'adéquation des objectifs en amont, au sein même de la machinerie politico-administrative On ne saurait reprocher leur avis aux pompiers, dont la mission n'est ni d'accompagner le parcours résidentiel des personnes handicapées, ni de promouvoir la décarbonation de la construction, mais bien d'éviter les drames à tout prix. On ne saurait blâmer le juge qui, entre deux logiques contradictoires, choisit le moindre des maux au regard des textes et de la doctrine en vigueur. On peut, en revanche, regretter que d'autres se défaussent sur lui pour trancher ces incohérences normatives. C'est en effet en amont qu'il faudrait assurer l'adéquation des objectifs, au sein même de la machinerie politico-administrative. De ce point de vue, la dispersion des services - parfois même entre différents ministères - ne simplifie probablement pas cette mise en cohérence. On se console en arguant que ce constat est aussi ancien que l'Etat. On peut cependant craindre que la situation ne s'arrange pas d'elle-même. A intervalles réguliers, le bâtiment se voit en effet chargé de missions supplémentaires : loger bon marché, assurer la sécurité, limiter les émissions, gérer le confort d'été, garantir un air intérieur de qualité… L'accumulation désordonnée d'objectifs, aussi louables soient-ils, conduit inévitablement à des zones de friction. Et à des situations inflammables.

La Gazette des communes #2673 : Fret - tourisme - biodiversité : Les violles renouent avec leurs fleuves
revue
Année : 2023
Auteur : Hervé Jouanneau
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : C'est une petite musique qui monte et s'amplifie chaque jour. La politique de la ville aurait-elle fait long feu ? A quoi les milliards d'euros versés depuis vingt ans pour reconstruire les quartiers populaires ont-ils donc servi ? A l'heure où le pays se relève péniblement d'un déchaînement de violence qui a tout emporté sur son passage - mairies brûlées, commerces pillés, élus agressés -, la polémique, qui avait déjà surgi au lendemain des émeutes de 2005, enfle et reprend du service. Elle ne convaincra pourtant aucun des élus de banlieue, qui ont les mains dans le cambouis. ASPHYXIE. Que nous disent ces « maires courage » ? Ils partagent la réalité d'une situation sociale immuablement dans le rouge, aggravée par l'inflation : un taux de pauvreté trois fois plus élevé que dans le reste des unités urbaines, un revenu médian qui plafonne à 13 770 euros par foyer et par an, un taux de chômage à 18,6 %, plus du double du niveau national. La banlieue est à l'asphyxie et les élus savent l'oxygène que représentent les crédits de la politique de la ville contre la pauvreté et l'exclusion. Ils savent aussi les résultats encourageants des cités éducatives et du dédoublement des classes en réseau d'éducation prioritaire. Quant à la rénovation urbaine, tous ont vérifié qu'elle a permis de redonner des couleurs à près de 700 quartiers. L'avenir de la politique de la ville doit passer par ceux qui la connaissent et la vivent au quotidien. RÉCONCILIATION NATIONALE. Que faire maintenant ? Si le rétablissement de la paix civile est un préalable indispensable pour renouer le dialogue avec les quartiers et permettre « la réconciliation nationale » chère à Jean-Louis Borloo, l'avenir de la politique de la ville doit passer par ceux qui la connaissent et la vivent au quotidien. Les revendications des maires de banlieue sont constantes et impliquent une plus grande prise en compte des habitants dans les opérations de rénovation urbaine, dont l'objectif de mixité sociale est un échec patent. Elles nécessitent aussi une mise à niveau des moyens de droit commun, bien souvent inférieurs à ceux mobilisés dans les autres territoires, ainsi qu'une plus grande clarté dans la contractualisation qui les lie à l'Etat. Surtout, les élus appellent à une volonté politique qui ne soit pas faite de rendez-vous manqués comme il y en a eu tant. Ecoutons ce qu'ils ont à nous dire et sauvons la politique de la ville dont les quartiers ont tant besoin !

D'Architectures #309 : Dossier - Ukraine : ce que la guerre fait à l'architecture
revue
Année : 2023
Auteur : Emmanuel Caille
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : Leçons d’Ukraine En temps de guerre, lorsque l’essentiel est de sauver sa peau, on pourrait croire que l’architecture est la dernière chose qui compte. Depuis l’ère industrielle, le bombardement n’incarne-t-il pas la volonté même de détruire l’architecture ? En 2011, l’exposition de Jean-Louis Cohen – « Architecture en uniforme » – avait déjà montré combien la période de la Seconde Guerre mondiale avait pourtant été fertile en réflexions, en posant bien souvent les fondements de ce que serait la reconstruction. En frappant intentionnellement les habitations et le patrimoine ukrainien, la guerre d’agression russe fait aujourd’hui ressurgir du passé les images dramatiques des destructions de Guernica ou du Havre. Peut-il encore y avoir une place pour penser l’architecture sous ce régime de terreur ? Oui, répondent sans hésiter les architectes ukrainiens et leurs étudiants. Et ils ne se contentent pas de travailler à protéger et à reloger dans l’urgence les déplacés et les victimes des destructions ; alors que le conflit engendre une catastrophe écologique d’une ampleur considérable, leurs réflexions s’ancrent d’emblée dans les questions de la transition environnementale, que ce soit pour les nouvelles constructions, la réhabilitation du gigantesque parc de logements hérité de l’époque soviétique – pour laquelle nous avons fait dialoguer à distance Anne Lacaton et Oleg Drozdov – mais aussi pour les manières de recycler les millions de tonnes de gravats qu’engendrent chaque jour les bombardements. Ils puisent dans leur tragédie une créativité empreinte de l’espoir que le monde d’après soit meilleur que celui d’avant. Ce conflit est aussi pour les Ukrainiens un choc culturel qui les oblige à regarder leur patrimoine, profondément intriqué avec celui de leur voisin envahisseur, dans une perspective décoloniale. Autant dire que l’Ukraine pourrait bien se tenir aux avant-gardes de nos propres interrogations.

A Vivre HS #58 : Maisons extraordinaires
revue
Année : 2023
Auteur : Agathe Jarretou
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : Amateurs de fine architecture, réjouissez-vous ! Pour construire ce numéro hors-série, la rédaction s'est affairée à sélectionner quinze projets dont les initiatives et les finitions ont su les démarquer de l'ordinaire. Nichées dans des ruelles montréalaises ou au cœur de la campagne belge, les surprises sont au rendez-vous.

Urbanisme #432 : Représenter la ville et les territoires
revue
Année : 2023
Auteur : Julien Meyrignac
Editeur : SARL PUBLICATIONS D ARCHITECTURE ET D URBANISME PUBLIKASION ARCHITEKTUR URBANISM
Description : Les cartes et les plans ne sont que des représentations du monde, par nature partielles et subjectives. Partielles, car certaines caractéristiques des territoires, des villes, des écosystèmes et des sociétés sont difficilement représentables, sinon irreprésentables. Comme les données d’ambiance, sensibles, qualitatives, ou les enjeux complexes, du fait du nombre de paramètres à intégrer, de leurs caractéristiques (dynamiques, temporalités, etc.) et de leur hétérogénéité. Subjectives, car ce sont des projections qui, à toutes les échelles, convertissent une sphère en plan, dépendent de la précision et de l’exhaustivité relatives des relevés, et sont assujetties aux conventions graphiques et aux intentions du cartographe. L’avènement du digital – de Google Maps à Géoportail, en passant par OpenStreetMap, des cartes en open source, des systèmes d’information géographique, des applications de génération de cartes, etc. – n’a pas fondamentalement remis en cause ce constat. Le numérique n’a que très marginalement augmenté nos capacités cognitives à intégrer des informations multifactorielles, et il demeure que représenter, c’est choisir. Par nécessité ou par volonté, souvent les deux : les cartes sont donc politiques, ce sont des outils de gouvernance des exécutifs et des administrations pour faire comprendre (mobiliser) et pour décider (agir). La prise en compte des grands enjeux territoriaux et sociétaux de notre époque – les défis qu’imposent les grandes transitions écologiques et climatiques, économiques et sociales – nécessite des représentations originales et « efficaces », afin de garantir la bonne appréhension des enjeux par le plus grand nombre et leur prise en considération effective par les acteurs concernés. Or, les cartes et les plans ne sont – de toute évidence – pas au rendez-vous. Car s’ils ont beaucoup progressé du point de vue de la qualité des représentations, ils semblent encore au service d’une conception archaïque de la politique : celle de l’information descendante, servie par des datavisualisations destinées à soutenir des postures. En conséquence, les citoyens et les décideurs ont aujourd’hui besoin de produire leurs propres documents de référence de nature à objectiver les débats, partager les constats et soutenir un engagement collectif. Ils ont besoin de coélaborer des cartes et des plans, sans lesquels, l’aménagement du territoire et l’urbanisme, embourbés dans des cadres procéduraux devenus bien trop techniques, juridiques, administratifs, ne vont pas pouvoir réaliser leur mue vers la planification durable. Pour que la société s’engage à limiter les incidences sur les écosystèmes et réduire les inégalités territoriales, sociales, économiques, une grande participation et adhésion populaire, démocratique, est nécessaire. La question des représentations y est centrale dans la mesure où dessiner des cartes et des plans est un exercice positivement mobilisateur parce qu’il convoque des imaginaires puissants. Il nous ramène aux histoires de pirates, aux cours de géographie, aux voyages… Il est le lieu et le moment de la rencontre entre le monde et nos mondes, dont il est si urgent, désormais, de produire des représentations universellement subjectives. Dessinons les défis.

Le Moniteur #6254 : Les PME dans la course des Jeux olympiques
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Pillages, destructions, incendies… Quelle sera la facture de ces nuits de fureur ? Un milliard d'euros, avance le Medef, conscient de fournir une estimation au doigt mouillé. Car les conséquences en termes d'activité perdue sont encore largement inconnues. Pour les limiter, une seule solution : aller aussi vite que possible pour effacer les stigmates des émeutes. Les braises étaient encore fumantes lorsque le chef de l'Etat a annoncé qu'il fallait d'urgence procéder à la « reconstruction ». Et que cela impliquait des ajustements réglementaires afin d'accélérer la réparation de bâtiments et d'infrastructures touchés, voire leur réédification totale. Une circulaire est immédiatement parue, d'autres textes suivront, une loi est même promise. Objectif présidentiel : « écraser tous les délais ». L'habitude de répondre à l'urgence par des dérogations doit nous interpeller Le sujet est grave. L'objectif est noble. Mais les observateurs avertis du monde de la construction ne pourront s'empêcher de sourire. Ils auront remarqué que, dès qu'un impératif d'ordre supérieur surgit, la dérogation aux règles d'urbanisme ou à celles de la commande publique s'impose comme la réplique adaptée. Paris doit se préparer aux JO ? On permet des entorses au droit commun. Notre-Dame brûle ? De nouveaux trous apparaissent dans les textes. La réindustrialisation est décrétée ? On découpe encore quelques zones extralégales. A tel point que les tomes de droit se transforment peu à peu en emmental. Cette habitude de répondre à l'urgence par des dérogations doit nous interpeller. D'abord, elle suggère une conception des normes réduites à des entraves, oubliant les bonnes raisons présidant à leur origine, depuis la nécessaire publicité dans la commande publique jusqu'à l'indispensable protection de l'environnement. Ensuite, cela traduit une confusion entre normes et délais. Or, on pourrait, à droit constant, accélérer par exemple l'instruction des autorisations d'urbanisme. Enfin, et surtout, cette machine à exceptions peut rapidement s'emballer. On manque d'Ehpad en France ? Dérogations ! De berceaux pour accueillir les tout-petits ? Dérogations ! A une époque où les crises succèdent aux crises, les exceptions risquent de devenir la règle.

Le Moniteur #6255 : Ces villes héritières de l'industrie
revue
Année : 2023
Auteur : Barbara Kiraly
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Par Barbara Kiraly, rédactrice en chef adjointe Le Moniteur 21 juillet 2023 / 00h01 1 min. de lecture Le sujet, ce n'est pas de dire que l'on n'a pas assez d'argent. On a largement assez d'argent. Le pays a les moyens de ses ambitions. En sortant du premier Comité du financement de la transition écologique, l'entourage de Bruno Le Maire se veut ferme. Rappelons que le chantier du siècle nécessite de mobiliser 66 milliards d'euros par an (selon le rapport de Jean Pisani-Ferry et Selma Mahfouz). Que l'emprunt coûte cher. Et que le déficit public doit être réduit. Le ministère de l'Economie et des Finances n'a alors d'autre choix que de se poser en incitateur. Il fixe un cap et met au pot : environ 25 milliards d'euros en 2024, promet-il. Ensuite, d'une main, il apporte les garanties pour les investissements jugés risqués par les entreprises privées. De l'autre, il jongle entre la carotte et le bâton. Pour accélérer la transition écologique, Bruno Le Maire jongle entre la carotte et le bâton. La carotte sera fiscale. En assouplissant les conditions de déblocage de l'épargne privée des Français, le gouvernement compte déverser jusqu'à 160 milliards d'euros sur l'économie nationale pour financer des travaux et des acquisitions dites vertes. Ce serait presque trop… Le bâton, lui, sera normatif. « Cette voie est très prometteuse : lorsque l'on a interdit la commercialisation des véhicules thermiques à partir de 2035, les investissements en faveur des véhicules électriques sont mécaniquement devenus rentables », sourit le ministre. Les professionnels qui appelaient à une pause réglementaire apprécieront. Mais la fin justifie (parfois) les moyens… de ses ambitions.

Le Moniteur #6256 : Réhabilitation ciselée pour bâtiment en suspension
revue
Année : 2023
Auteur : Barbara Kiraly
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Contre toute attente, les remaniements estivaux apportent de sacrées surprises. Non pas que la sortie d'Olivier Klein en soit véritablement une. L'ancien ministre du Logement n'a pas réussi à imposer ses arbitrages face à Bercy. Le pacte de confiance avec les bailleurs sociaux voulu par Elisabeth Borne n'a pas encore été signé. Et le Conseil national de la refondation dédié au logement, qui a fait plancher le secteur pendant des mois, a acté de nombreuses coupes budgétaires, laissant les entreprises à l'agonie (lire p. 8). Deux ministres succèdent à Olivier Klein au Logement, avec une certaine appétence pour la matière. Cette fois-ci, la surprise est numéraire, puisque deux ministres succèdent à Olivier Klein (lire p. 12). Le polytechnicien Patrice Vergriete, auteur d'une thèse sur le logement et ancien président de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France, s'occupera du Logement. Parions qu'il saura travailler efficacement avec son collègue Clément Beaune, chargé des Transports, lui aussi rattaché au ministère de la Transition écologique de Christophe Béchu. Il y a en effet urgence à lier la politique d'aménagement du territoire à celle de l'habitat. Le Dunkerquois collaborera aussi avec la marseillaise Sabrina Agresti-Roubache, nommée secrétaire d'Etat chargée de la Ville. Celle qui a grandi dans les quartiers nord de la Cité phocéenne, partage avec son prédécesseur des origines modestes. Et une certaine appétence pour le logement. En juin dernier, elle a déposé une (petite) proposition de loi visant à « créer les conditions d'un choc de l'offre de logement en France ». Souhaitons à ce nouveau duo d'y parvenir.

Le Moniteur #6257 : Forêts - Planifier pour protéger
revue
Année : 2023
Auteur : Barbara Kiraly
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Entre le monde d'avant et celui d'après, les tubes de l'été ont laissé place aux « crises de l'été ». L'expression vient de la Première ministre elle-même, qui fixe ainsi le cap de son nouveau gouvernement. A très court terme, le pourtour méditerranéen, ravagé par des incendies, nous rappelle l'urgence d'adapter le territoire au changement climatique. Lorsque le feu de forêt devient hors de contrôle, les autorités en sont réduites à évacuer. Il est donc crucial d'anticiper pour limiter les surfaces calcinées. La prévention passe par le débroussaillage bien sûr, mais aussi par la planification territoriale (lire p. 8). Désormais inscrite dans la loi, elle devra devenir un réflexe. Graver dans les documents d'urbanisme les zones à risque permettra de moduler les règles de constructibilité et d'aménagement. Des adaptations qui ne se feront pas sans financer la transition écologique. C'est d'ailleurs l'une des priorités du nouveau ministre chargé des Comptes publics, Thomas Cazenave. Les coups de rabot de Bercy risquent de plomber les carnets de commandes des entreprises. En plus de cette crise majeure, il faut aussi gérer celles du quotidien. L'autre mission de l'ancien député Renaissance de Gironde sera de redresser les comptes. Dans sa revue des dépenses publiques, Bercy laisse entrevoir les prochains coups de rabot sur les dispositifs fiscaux qui soutiennent le BTP (lire p. 6). Dans le cadre du projet de loi de finances pour 2024, le tarif du GNR pourrait augmenter, le Pinel serait bel et bien enterré tandis que le PTZ serait sacrément recentré. Et, nouveauté, le taux de TVA à 10 % sur les travaux risque d'être limité à la seule rénovation énergétique. Exit l'embellissement. De quoi faire flamber la facture, plomber la motivation des ménages et aussi les carnets de commandes des entreprises. Rares sont les familles qui se réveillent le matin avec l'envie irrépressible d'isoler leur toit.

Le Moniteur #6258 : Les charpentiers d'Alsos mobilisés pour les JO
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Beaucoup de monde, parfois trop. Sur les plages et les terrasses, l'été 2023 renoue avec le tourisme de masse. Pire, le surtourisme menace. A contrario, dans les cuisines et aux réceptions, les saisonniers commencent à manquer. Peu de monde, souvent pas assez. A tel point que bon nombre de cafetiers et d'hôteliers se sont subitement transformés en agents immobiliers pour offrir une solution d'hébergement aux candidats convoités. La crise du logement entrave le plein emploi. Dans la construction, tout d'abord, chez les promoteurs, maçons ou architectes en mal de projets. La FFB brandit déjà le spectre de 135 000 postes détruits en trois ans. Mais la casse sociale pourrait ne pas s'arrêter là. Comme l'illustre la panique estivale qui a saisi les employeurs du secteur du tourisme, la dynamique de l'emploi française tout entière se trouve d'ores et déjà grippée par le déficit de logements. Les salariés sont bridés dans leur mobilité et les employeurs freinés dans leurs recrutements. La découverte de ce lien essentiel entre travail et habitat ne date pourtant pas d'hier, ni même d'avant-hier. La dynamique de l'emploi française tout entière se trouve grippée par le déficit de logements. Le grand-père de Vincent Bolloré l'avait déjà perçu il y a plus d'un siècle. Celui qui fabriquait du papier et non des journaux avait érigé dans le Finistère un ensemble d'habitations d'une indéniable qualité d'usage à destination de ses employés (lire p. 28) . Puis est apparu le 1 % patronal devenu Action Logement, dont la mission est justement d'offrir un toit aux salariés. Et pourtant, bon nombre de travailleurs rechignent toujours à signer un contrat par crainte de se loger trop mal, trop cher, trop loin. Rien à ce stade ne suggère un retournement de tendance. L'offre s'étiole dans le neuf. La vacance se concentre dans des zones éloignées des jobs agglutinés dans les métropoles. Ces dernières, quant à elles, regimbent quand on les exhorte à densifier. Bref, un cercle vicieux menace, que tout le monde - employeurs, salariés, élus - a pourtant intérêt à briser. Un sursaut s'impose. René Bolloré était certes pétri d'un paternalisme propre à son époque, mais il était aussi doté d'une forme de lucidité qui semble faire défaut à la nôtre : il avait compris que, sans logement de qualité, point de prospérité.

La Gazette des communes #2674-2675 : Climat - "Il est désormais interdit de tergiverser"
revue
Année : 2023
Auteur : Brigitte Menguy
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Panser les plaies de la République. Celles des mairies, des écoles et des autres équipements publics visés par les émeutes qui ont fait suite à la mort tragique du jeune Nahel M. Reconstruire pour tourner la page des émeutes, oublier les tirs de mortier d'artifice, les cocktails Molotov lancés par une jeunesse qui a exprimé, plusieurs nuits durant, une violence d'une rare intensité envers les symboles de la République. Sortir la trousse des premiers secours. Celle des textes d'urgence, pour réparer. Mais aussi distribuer les aides financières pour assurer la continuité du service public. RÉPARATION. Cette politique du pansement, rapide, efficace, est la réponse apportée ces derniers jours par le gouvernement. Une première circulaire signée par les ministres de l'Intérieur, de la Justice et des Collectivités territoriales a été adressée aux parquets afin de prévenir et lutter contre les menaces et violences faites aux élus. Une seconde, signée cette fois-ci par la Première ministre, permet l'accélération des procédures et facilite les opérations de réparation ou de reconstruction engendrées par les dégradations intervenues dans certaines zones urbaines (lire p. 9). Enfin, pour compléter cette dernière, un projet de loi d'urgence sera présenté lors du prochain conseil des ministres. Son adoption est d'ores et déjà annoncée d'ici à la fin juillet. Panser n'est pas soigner. Il faut recoudre les déchirures béantes entre les jeunes des quartiers et la République. Du côté des aides financières, plusieurs fonds régionaux d'urgence ont vu le jour ainsi qu'une enveloppe ministérielle de 20 millions d'euros pour les seules caméras de vidéosurveillance détruites lors des émeutes. SUTURE. Mais il ne faut pas confondre le pansement et la suture. Car panser n'est pas soigner ni, a fortiori, prévenir. Il faut recoudre les déchirures béantes entre les jeunes des quartiers et la République. Renouer le dialogue, retisser du lien social afin d'éviter qu'un tel déchaînement de violences ne se reproduise. Car les professionnels de la politique de la ville dressent un constat unanime : « Sur le terrain, les institutions fonctionnent en sous-effectifs » (lire p. 6-8). Il y a urgence à remettre de l'humain dans les quartiers. De l'humain, pour rétablir l'humanité.

La Gazette des communes #2676-2677 : Développement économique - Quand les collectivités foint leur cinéma
revue
Année : 2023
Auteur : Hervé Jouanneau
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Alors qu'un mistral sec et brûlant menace les forêts méridionales, la poussée de fièvre qui a frappé les banlieues françaises au début de l'été semble être retombée. Du moins en apparence. Car, à entendre les maires de quartiers populaires, le calme qui règne au pied des tours est précaire. « La poudrière est toujours là », affirme même l'un de leurs porte-parole, le maire de Grigny, Philippe Rio (PC), qui appelle le gouvernement à « mettre le paquet » pour retisser le lien avec la République. Seront-ils entendus ? « DE L'ORDRE ». A ce stade, rien n'est moins sûr tant le flou règne sur la volonté de l'exécutif. Seule échéance connue, la réunion, à la rentrée, d'un comité interministériel des villes. Le chef de l'Etat, lui, martèle son nouveau credo. Ce n'est pas davantage de répression dont les quartiers ont besoin mais d'une police mieux formée. « De l'ordre, de l'ordre, de l'ordre », a-t-il répété lors de son allocution du 24 juillet, prônant la fermeté et la réaffirmation de l'autorité parentale. Quelques jours plus tôt, un premier signal avait été envoyé lors du remaniement gouvernemental : le rattachement du secrétariat d'Etat à la Ville, confié à la députée (Renaissance) Sabrina Agresti-Roubache, au ministère de l'Intérieur (en cotutelle avec le ministère de la Cohésion des territoires). Une première dans l'histoire de la politique de la ville qui interpelle. DÉFERLEMENT. En effet, si le déferlement de violences occasionnées par les émeutes a choqué le pays entier, faire le choix de la matraque interroge le diagnostic. Les élus de banlieue l'affirment: si les habitants des quartiers eux-mêmes sont demandeurs de sécurité, ce n'est pas davantage de répression dont les quartiers ont besoin, mais d'une police mieux formée, plus proche de la population. Surtout, faire croire aux Français que le traitement des banlieues se limite à des enjeux de maintien de l'ordre, c'est prendre le contrepied des préconisations portées par des milliers de maires et d'associations pour l'accès aux soins, à l'éducation, à la culture, à l'emploi ou aux services publics. C'est aussi prendre le risque d'un retour de manivelle, car à vouloir taper toujours plus fort, il y a gros à parier qu'on alimente, en fait, l'escalade de la violence.

Matières #19 : Les Nouvelles Galeries à Annecy ; Les passerelles en acier & Thomas Lavigne
revue
Année : 2023
Auteur : Thomas Lavigne
Editeur : CONSTRUIRACIER KONSTRUIRASI
Description : La passion des ouvrages d’art est notre moteur ! Elle anime toute la profession : les architectes, les ingénieurs, les urbanistes, les constructeurs et les maîtres d’ouvrages. Sans passion, il n’y a pas d’avancée, pas de rêve. Cette passion est même plus large et touche une grande partie de la population comme l’a si bien écrit le philosophe et académicien Michel Serres : « Je n’ai jamais rêvé que de ponts, écrit que d’eux, pensé sur ou sous eux ; je n’ai jamais aimé qu’eux. » Concevoir des ponts, des passerelles restent un acte fort, puissant, symbolique : un geste de paix si important en cette période de trouble en Europe et l’actualité nous le montre tous les jours. Concevoir un ouvrage d’art, c’est avant tout une histoire de femmes et d’hommes, un travail d’équipe, qui ensemble élaborent des idées, analysent des données multiples, partagent leurs sensibilités et leurs savoir-faire. Cette communion des coconcepteurs est la seule qui aboutisse à de grandes réalisations, des projets innovants qui améliorent la vie. Quelle fierté alors de gagner en équipe un concours et de voir se réaliser, quelques mois ou quelques années plus tard, le fruit d’un tel travail. Je pense au pont Chaban-Delmas à Bordeaux, conçu avec mon père Charles Lavigne et mon épouse Cecilia Amor, à la passerelle de Chartres, au viaduc en arc de la Mayenne (conçu avec SCE) et au pont des JO de Paris 2024 (conçu avec Artelia) sur la Seine au cœur du Village olympique. Les commandes des ouvrages d’art évoluent avec le temps et les époques : ponts routiers et autoroutiers dans les années 1980, ponts ferroviaires dans les années 1990/2000, ponts urbains et ponts mobiles dans les années 2000/2010 et les passerelles dédiées aux modes doux qui se développent largement aujourd’hui comme la passerelle Empalot à Toulouse sur la Garonne, conçue avec l’ingénieur Patrick Dalpalu (BG). Quelle que soit l’échelle du projet, les enjeux sont toujours les mêmes, comme aime à le rappeler Michel Virlogeux : les trois préceptes de Vitruve – « Firmitas, Utilitas et Venustas » – n’ont pas pris une ride. Nos ponts doivent marier « l’élégance, la résistance, la durabilité », s’inscrire dans le sens des efforts et être dans le même temps des belvédères sur le grand paysage, des places à vivre comme le souligne l’architecte urbaniste Cecilia Amor. Nous marions les matériaux en cherchant à utiliser les qualités de chacun, acier, bois, béton. Dans cette recherche de la performance, de la légèreté et du recyclage, l’acier a pris une part privilégiée et permet de réaliser nos rêves. Nous avons, enfin, en France un patrimoine exceptionnel en termes d’ouvrages d’art qui résulte de l’histoire du génie français dans le domaine. Nous sommes les fils de grands concepteurs comme Jean-Rodolphe Perronet, Paul Séjourné, Gustave Eiffel bien sûr, dont on fête cette année les 100 ans de sa disparition, ou Eugène Freyssinet et plus récemment Michel Virlogeux, Jean-Marc Tanis, Michel Moussard, Jean-Bernard Datry et l’architecte Charles Lavigne qui m’a transmis cette passion. J’en oublie tant d’autres… Ils nous ont montré la voie. Nous sommes des fils de bâtisseurs ! Nous héritons de ce savoir-faire et nous devons continuer à écrire cette histoire des ponts et des passerelles. Les programmes et les besoins des ouvrages de demain évoluent, les mobilités changent, les projets se transforment et la passion perdure. Tous sur le pont !

La Maison écologique #136 : Chantiers en famille
revue
Année : 2023
Auteur : Julie Barbeillon
Editeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIK
Description : C'est en 2004 que j'ai reçu, en tant que journaliste, le double des clés de La Maison écologique. Le magazine était alors une toute petite maison autoconstruite par ses fondateurs grâce aux coups de mains des lectrices et lecteurs, mais aussi de professionnels engagés. On y croisait des techniques expérimentales et des matériaux peu communs à l'époque (paille, chanvre, charpente réciproque...). J'y ai petit à petit peaufiné les aménagements de rubriques et finitions de mise en page avec les collègues. Et puis, un jour, on m'a donné les clés du cœur du réacteur (renouvelable, bien sûr !), où l'on canalise les énergies pour piloter la transmission de l'information. Une période intense durant laquelle j'ai pu observer en tant que rédactrice en chef la création et l'évolution de réseaux et de filières professionnelles dédiés aux écomatériaux et aux énergies renouvelables (formations, règles pros, guides de bonnes pratiques, avis techniques, aides financières...). De nouveaux colocataires sont arrivés, Gwendal il y a huit ans et Virginie il y a deux ans. Nous avons pris soin de La Maison en dévoilant comment optimiser la ventilation, créer une extension bioclimatique, installer des panneaux solaires, croisant sur notre chemin des équipements prometteurs (récupérateur de chaleur sur eaux grises, système de filtration d'eau de pluie...). Nos fenêtres (à triple vitrage !) se sont ouvertes sur le paradoxe d'une médiatisation grandissante des problèmes environnementaux parallèle à la baisse des visiteurs de notre Maison écologique. Mais aussi de l'intérêt faiblissant pour la presse, si indépendante soit-elle. Il est l'heure de lancer une belle rénovation, pour que La Maison écologique reste longtemps ce bâtiment démonstrateur et pionnier. Pour mener ces travaux, je transmets avec confiance mon jeu de clés aux collègues colocataires. Je pars en nomade pour laisser infuser toutes ces belles années et repasserai avec plaisir dans ces pages à l'occasion. Je remballe les souvenirs avec une immense gratitude envers les personnes rencontrées dans La Maison. Professionnels du bâtiment, autoconstructeurs, journalistes et autres collaborateurs ; un immense MERCI pour nos riches échanges qui ont profité à toute une communauté de lecteurs et lectrices. Et grâce auxquels de nombreux logements ont été construits et rénovés écologiquement. Ciao et tous mes vœux de vertueux chantiers à toutes et tous.

Architectures CREE #405 : Eté 2023
revue
Année : 2023
Auteur : Karine Quédreux
Editeur : MEDIARECLAME PUBLISHING MEDIAREKLAM PUBLICHING
Description : L’heure est décidément sombre pour les futurs architectes qui attendent encore et toujours que des moyens soient attribués à leurs écoles et à leurs enseignants chargés de mettre en œuvre les décrets d’une réforme attendue par tous, visant ni plus ni moins à la transition énergétique et écologique de notre société. L’horizon, désespérément brumeux, dans l’espoir d’une prise en compte politique des actions à mener face au dérèglement climatique, dans un contexte où l’industrialisation privilégie encore la performance budgétaire à court terme. Faudra-t-il encore longtemps cumuler les catastrophes pour que chacun prenne conscience de l’urgence et adopte des mesures à la hauteur de la tâche ? L’influence humaine est-elle par définition néfaste selon la célèbre théorie dans le Léviathan de Thomas Hobbes ? « Nous avons changé de monde », expliquait Bruno Latour dans son ouvrage « Face à Gaïa » (éd. La Découverte, 2015), interrogeant la séparation entre la nature et la culture. Sans doute est-il clair néanmoins que pour sortir de notre état de nature et accéder à un monde meilleur, il y a désormais urgence à changer de paradigme. Faut-il donc tout d’abord nous réjouir que les pays sous-développés – qui paient le plus lourd tribut des rejets de CO2 dans l’atmosphère – soient enfin reconsidérés dans une équité globale. Réjouissons-nous aussi que l’architecture soit plus que jamais au cœur de la transition écologique, forte des actions de plus en plus nombreuses de collectifs qui œuvrent localement à travers la France pour construire un monde meilleur tout en veillant à sensibiliser les plus jeunes à bâtir la ville différemment. De quoi développer un nouvel art de vivre et trouver un nouvel équilibre au travers d’une discipline aguerrie aux débats et aux préoccupations culturelles et sociétales ! Dans notre dossier « Intérieur », nous nous reconnectons à l’humain avec des aménagements où la simplicité et l’authenticité sont les moteurs d’un nouvel équilibre, où le raffinement s’exprime sans ostentation et dans la seule expression de savoir-faire maîtrisés, nourris d’une histoire passée qui s’enrichit du présent. Autant d’éclaircies conscientisées qui sont les bienvenues face aux arbitrages en cours !

Le Moniteur #6259 : Les Dents de scie des cheminots de Trappes
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Sur les sentiers des douaniers ou sur la plage abandonnée, vous avez peut-être, au cours de votre été, eu l'opportunité de profiter des sublimes paysages offerts par les côtes françaises. Ces beautés brutes - des longues étendues picardes jusqu'aux lagons ultramarins - témoignent des bonnes grâces de la nature envers notre pays. Mais elles tiennent aussi à la ferme volonté de préservation voulue par les hommes, à l'instar des rédacteurs de la loi Littoral. Hélas, toutes les bonnes choses ont une fin, et le maillot de bain est inexorablement abandonné au profit du costume de promoteur, du casque de chantier ou de l'écharpe d'élu. Alors ce fameux texte de 1986, tant apprécié pendant les congés, se mue parfois en carcan réglementaire une fois la rentrée arrivée. Un cadre qui, de surcroît, n'en finit pas d'évoluer au fil des lois votées et de s'affiner au gré des décisions des juges (lire p. 35) . Sans parler des nouvelles contraintes visant à anticiper la montée des eaux. Personne ne regrette aujourd'hui que la France ait échappé à une bétonisation systématique de ses côtes. Avec quarante années de recul, on s'aperçoit cependant que la loi Littoral - tout comme sa sœur, la loi Montagne de 1985 - laissait entrevoir l'inéluctable régulation de l'étalement urbain. Avec pour ambition d'éviter tant les ravages de l'urbanisation sauvage que la mise sous cloche mortifère, les efforts déployés pour encadrer la construction dans ces zones si sensibles peuvent nous aider en 2023 à répondre à l'impératif de sobriété foncière. Ainsi, personne ne regrette aujourd'hui que la France ait échappé, contrairement à certains de ses voisins, à une bétonisation systématique de ses côtes. Il y a donc fort à parier que nos petits-enfants se féliciteront de la préservation des espaces agricoles et forestiers justifiant l'objectif du ZAN. A l'inverse, la gentrification que connaissent certaines zones littorales - en partie liée à une offre de logements bridée par la loi - doit nous alerter pour éviter que, demain, l'impossibilité d'étendre les limites de la ville ne conduise à la vider de ses habitants les moins aisés. Une partie de notre avenir est déjà écrit sur nos plages. On remet le maillot ?

La ville de demain
Livres
Année : 2022
Auteur : Philippe Panerai
Editeur : PUF
Description : Partant de l'expérience d'un jeune enseignant dans une des nouvelles écoles d'architecture créées après mai 68, à un moment où les architectes français formés aux Beaux-arts redécouvrent la ville, l'ouvrage s'interroge sur les changements et réorientations qui doivent aujourd'hui guider notre réflexion et notre pratique d'urbaniste. Après une première période marquée symboliquement par la parution du livre d'Henri Lefebvre, Le droit à la ville en mars 1968, la réflexion sur la ville et l'urbain est reprise cinquante ans plus tard par échelles successives dans cet ouvrage qui explore tout d'abord comment faire de tout logement un chez-soi appropriable et évolutif avant de plaider pour le rassemblement des tissus urbains diversifiés, à l'inverse des logiques séparatrices et pour l'unification de la ville fragmentée. Enfin, Philippe Panerai donne une place centrale aux « chemins de l'eau » pour accorder la ville et le territoire.

Le Moniteur #6260 : Un pont suspendu fait peau neuve
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : On ne touche pas à l'œuvre de Le Corbusier sans faire preuve d'une certaine hardiesse. Pour s'attaquer aux pathologies qui affectent la célèbre chapelle Notre-Dame du Haut, à Ronchamp (Haute-Saône), l'association propriétaire s'est résolue à intervenir sur l'édifice du glorieux concepteur des lieux (lire p. 26). Avec respect, bien entendu, mais sans frilosité : insertion de broches en carbone, décapage complet de la façade… Aussi sacré soit-il, un bâtiment reste mortel et exige quelques soins. Mais, pour des communes déjà mobilisées dans la rénovation énergétique de leurs écoles (lire p. 8), la campagne de restauration d'un bâtiment parfois très peu fréquenté fait peser un lourd fardeau, pour ne pas dire une croix. L'Observatoire du patrimoine religieux évalue entre 2 500 et 5 000 le nombre d'édifices menacés d'abandon, de vente voire de destruction. Or, personne ou presque ne souhaite en arriver à de telles extrémités. Indépendamment de leur éventuelle protection au titre des monuments historiques, ces églises constituent un patrimoine de proximité auxquels demeurent très attachés les habitants des villes et des campagnes, grenouilles de bénitiers comme bouffeurs de curés. Pour offrir aux édifices religieux les travaux nécessaires, il convient d'en varier les utilisations. Pour offrir à ces édifices les travaux nécessaires, il convient d'en varier les utilisations, plaident trois sénateurs dans une récente tribune publiée dans « Le Monde ». Des activités évidemment compatibles avec la pratique cultuelle, comme il en existe déjà (concerts dans la nef, cours de yoga dans la sacristie…) ou qu'il reste à inventer. La fraîcheur des églises pourrait, par exemple, fournir aux citadins un précieux refuge en cas d'épisode caniculaire. Cette réflexion devient pressante, expliquent les parlementaires, par le « surdimensionnement du patrimoine mis à disposition de l'Eglise catholique par rapport à l'usage qu'elle en fait ». Elle s'inscrit cependant dans un mouvement bien plus large, celui de la sobriété foncière et constructive qui pousse à l'intensification des usages de l'existant. En Bretagne (lire p. 15), des internats de lycée hébergent des saisonniers pendant les vacances scolaires. Un peu partout, des cours d'écoles s'ouvrent aux riverains le week-end… Ecoles publiques, églises catholiques, même combat.

A Vivre #131 : Petites surfaces
revue
Année : 2023
Auteur : Jordi Patillon
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : Faites vos jeux... Dans maintenant un peu moins d'un an, les 33e Jeux olympiques d'été débuteront à Paris (mais aussi à Marseille, Bordeaux, Lille... ou même en Polynésie...). Un événement planétaire qui ne manque pas d'interpeller. A une époque où la crise climatique exige des actions audacieuses et responsables, l’empreinte carbone massive due aux infrastructures temporaires, aux déplacements des athlètes et des spectateurs ou encore à l'énergie qui y sera consommée peut sembler en totale déconnexion. Et ce, même si dans la continuité de l'Accord de Paris sur le climat, la Ville s'est engagée à réduire de 55% l'empreinte carbone de ses Jeux par rapport aux éditions de Londres ou de Rio, avec des constructions qui devraient utiliser 100% de matériaux biosourcés et d'énergie verte.

Préparer aujourd'hui le centre-ville de demain : l'adapter aux nouveaux usages
Livres
Année : 2022
Auteur : David Lestoux
Editeur : TERRITORIAL EDITIONS TERITORIAL EDISION
Description :

La maison résiliente : pistes, astuces et partage de savoir-faire pour un habitat autonome
Livres
Année : 2022
Auteur : Didier Flipo
Editeur : TERRAN TERAN
Description : Notre empreinte écologique a depuis longtemps dépassé la biocapacité de notre planète. L'équilibre (en ressources, écologique, social, économique, financier') de la société moderne devient chaque jour de plus en plus fragile. Nous pouvons diminuer notre impact en devenant plus autonomes. Et si vous expérimentiez une autre voie en adaptant votre habitat ' L'objectif principal de cet ouvrage est de vous guider pas à pas dans votre projet de rénovation ou de construction écologique et autonome en milieu rural. Les premières étapes devront consister en une réflexion globale sur l'autonomie, la résilience et l'indépendance et une introduction aux notions de la permaculture. Découvrez ensuite les différentes possibilités écologiques, renouvelables et durables, selon vos besoins et votre budget. Au programme : le gros 'uvre, l'isolation, le réseau d'eau, les solutions thermiques solaires existantes, la production électrique, le chauffage adéquat, les lieux de stockage à envisager et pourquoi pas à fabriquer vous-même. Agrémenté des conseils des auteurs pour survivre à votre chantier, cet ouvrage illustré de photographies et de schémas est le guide pratique à lire pour engager votre transition vers plus d'autonomie individuelle et collective !

Architecture du patrimoine français : abbayes, églises, cathédrales & châteaux
Livres
Année : 2023
Auteur : Dominique Allios
Editeur : EDITIONS OUEST FRANCE EDISION OUES FRANS
Description : Architecture et patrimoine est une collection de référence pour comprendre l’architecture et les décors.Cet ouvrage regroupe six monographies, richement illustrées de croquis, plans et photographies :. Architecture des abbayes (le monde des moines et des moniales, riche d’histoire, de spiritualité et de mystère. Architecture des églises romanes : des composantes majeures du paysage architectural français. Architecture des cathédrales gothiques : symboles de la puissance de l’Église. Architecture des châteaux forts : symboles de pouvoir et fortification du IXe au XIVe siècle. Architecture des châteaux de la Renaissance : rencontre de traditions médiévales et nouveautés issues d'Italie. Architecture des châteaux classiques : héritier de l’Antiquité et de la Renaissance. Cette compilation dégage les caractéristiques majeures des abbayes, des églises, des cathédrales, et des châteaux. Ce guide se propose de donner des clefs pour comprendre la genèse et l’évolution de chacune de ces architectures et offre ainsi un panorama général de l’architecture du haut Moyen Âge jusqu’au XVIIIe siècle.

Attitudes transition : une écologie locale en pratiques
Livres
Année : 2023
Auteur : Florian Muzard
Editeur : PARENTHESES PARANTES
Description : Exigeante, la transition écologique est aussi stimulante pour les territoires qui sont appelés à relever de multiples défis : améliorer le cadre de vie en l'adaptant au changement climatique ; atteindre la neutralité carbone ; promouvoir la sobriété ; accroître la résilience face aux risques en respectant les milieux vivants et les paysages... Pour aborder ces sujets sous l'angle de l'action publique locale, six sites de projet ont rejoint le dispositif de l'Atelier des territoires et ont construit des propositions stratégiques d'aménagement durable répondant à des problématiques concrètes. Quelles opportunités de bifurcation écologique l'arrivée d'une nouvelle autoroute offre-t-elle à un département comme l'Allier ? Des alternatives au véhicule individuel sont-elles un moyen de repenser le développement et la gouvernance dans le Sud des Landes ? Quelles perspectives agro-écologiques et de création de filières courtes se dessinent-elles dans deux pays de Bourgogne-Franche-Comté ? Quelle recomposition de son territoire littoral et rétro-littoral l'agglomération sétoise envisage-t-elle pour anticiper les conséquences du dérèglement climatique ? Comment la frange sud-ouest de la métropole nantaise se réoriente-t-elle à travers la restauration et la valorisation de ses ressources naturelles, et en misant sur un aménagement qui favorise la proximité et la sobriété foncière ? Ce livre, riche de cas concrets et de témoignages, s'articule autour de cinq thèmes comme autant de fils conducteurs avec lesquels composer : les paysages, les infrastructures, les modes de vie, les processus de résilience, et les modèles économiques. Témoignant de l'intensité des débats et de la force des enjeux, il s'achève sur un état des controverses rencontrées et des initiatives pour faire évoluer les postures et les politiques publiques et réussir collectivement à accélérer, en tout lieu et au plus près des territoires, la transition écologique.

L'urbanisme, vecteur de transitions : Franck Boutté, Grand prix de l'urbanisme 2022
Livres
Année : 2022
Auteur : Ariella Masboungi
Editeur : DIRECTION GENERALE DE L AMENAGEMENT DU LOGEMENT ET DE LA NATURE DIREKSION JENERAL AMENAJEMAN LOJEMAN NATUR
Description : Ingénieur formé à l'architecture, Franck Boutté est de ceux qui considèrent l'environnement comme faisant partie intégrante des processus d'aménagement. C'est d'abord à ce titre, et pour saluer la qualité de ses interventions dans des projets emblématiques tels que ceux de l'Île de Nantes, des villes et quartiers marocains d'Anfa et Zenata ― avec Bernard Reichen ―, ou de Bordeaux Euratlantique que le jury du Grand Prix de l'urbanisme l'a choisi pour lauréat 2022. Mais ce choix tient également à l'originalité de sa démarche, qui associe la rigueur de la méthode scientifique et la souplesse de l'adaptation aux contextes territoriaux. S'appuyant sur la première, il identifie très en amont la spécificité écologique et le profil énergétique des territoires au travers d'une approche matricielle garante de cohérence entre les échelles ; quant à la seconde, elle prend corps sous la forme d'un urbanisme négocié et co-construit, soucieux des usages, misant sur le principe de mutualisation ― entre autres énergétique ― à l'origine de nouvelles réciprocités urbaines et territoriales. Ce travail, guidé par une recherche constante de résilience, de sobriété et de moyens pour protéger les villes du réchauffement climatique, entre en dialogue avec celui des six personnalités et collectifs sélectionnés cette année : Dominique Alba, Nicolas Détrie, Sébastien Marot, Claire Schorter, Simon Teyssou et TVK (Pierre Alain Trévelo et Antoine Viger-Kohler). Six voix fortes porteuses, chacune à leur manière, de transitions souhaitables, pour un Grand Prix qui, année après année, explore les facettes d'un monde professionnel de plus en plus rétif à la standardisation.

Palmarès des jeunes urbanistes
Justes milieux : palmarès des jeunes urbanistes 2022

Livres
Année : 2022
Auteur : Pauline Sirot
Editeur : EDITIONS PARENTHESES EDISION PARANTES
Description : L¹édition 2022 du Palmarès des jeunes urbanistes, porté par le ministère en charge de l¹urbanisme, invite à découvrir des approches et méthodes alternatives pour faire face aux crises multiples que nous vivons. Basés à Bruxelles, Lyon, Paris, Poitiers, et très investis localement, les quatre lauréats exercent dans des territoires contrastés. Belvédère mobilise les données territoriales au service de l¹action politique, s¹appliquant à réconcilier urbanisme et aménagement des territoires. Commune úuvre en immersion dans les territoires et renouvelle l¹approche du projet architectural, urbain et rural en recourant au dessin sensible comme outil d¹analyse, de conception et de mise en débat public. Les Marneurs explorent le potentiel projectuel des risques liés au changement du climat, en proposant de nouvelles formes d¹adaptation et de recomposition d¹espaces vulnérables. La Traverse s¹investit pour une « transition écologique juste et radicale » par la résidence et la médiation au plus près de la société civile locale et des habitants. Les lauréats ont ainsi comme points communs d¹être tous engagés dans des processus de transition, tous motivés par l¹idée d¹úuvrer pour le bien commun, tous lucides quant à la modestie de leurs actions. Trouver le juste équilibre entre les forces en présence et fonder une équité sociale et territoriale est leur raison d¹être. Par leurs attitudes et leurs projets, les lauréats inventent de nouveaux modes d¹agir qui permettent de faire face au changement sans tomber dans le catastrophisme ou l¹immobilisme, ouvrant un chemin vers la résilience et la sobriété de nos sociétés et de nos territoires. Leurs postures parfois disruptives embarquent l¹ensemble des acteurs de la fabrique territoriale à l¹aune d¹une nouvelle éthique autant professionnelle qu¹humaine

La Gazette des communes #2678-2679 : Territoires numériques éducatifs en net progrès !
revue
Année : 2023
Auteur : Brigitte Menguy
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : On connaît les données du problème : face aux difficultés d'exercice et aux violences, le mandat d'élu local, en particulier de maire, attire de moins en moins. A l'approche des élections sénatoriales du 24 septembre, la majorité présidentielle est au chevet des édiles. Le 7 juillet, la ministre chargée des Collectivités, Dominique Faure, a ouvert la voie, au congrès de Villes de France, en présentant un plan national de prévention et de lutte contre les violences faites aux élus locaux. Cinq jours plus tard, un rapport sénatorial appelait notamment à une revalorisation des indemnités des maires, de plus en plus nombreux à rendre leur écharpe. Le 17 juillet, le gouvernement et le président de l'AMF annonçaient en grande pompe l'organisation, à l'automne, d'une « convention nationale de la démocratie locale » afin d'améliorer les conditions d'exercice des mandats locaux. L'ambition affichée est de renforcer le triptyque fondateur d'un statut de l'élu local : rémunération, protection et formation. ANECDOTIQUE. C'est la mobilisation générale avec, désormais, deux propositions de loi et une mission parlementaire pour concrétiser ces annonces. Ambition affichée : renforcer le triptyque fondateur d'un véritable statut de l'élu local, à savoir la rémunération, la protection et la formation. Les mesures envisagées sont-elles à la hauteur ? L'instauration d'un délit d'atteinte à la vie privée en cas de diffusion intentionnelle de coordonnées personnelles des représentants de la Nation, prévue par la proposition de loi de Jean-François Lovisolo et Karl Olive (Renaissance), ne peut pas faire de mal, mais paraît un brin anecdotique. MESURETTES. Les sénateurs socialistes Eric Kerrouche et Didier Marie souhaitent, eux, la création d'un statut d'agent civique territorial pour les élus locaux. Sauf que cette piste, qui conduirait à une forme de contrat de travail, comme le confirme (*) la députée Renaissance Violette Spillebout, corapporteure de la mission parlementaire, semble vouée à être enterrée. On est plus proche d'un empilement de mesurettes pour cajoler les élus que d'un grand soir du statut de l'élu local. Pendant ce temps, les DGS attendent toujours, si ce n'est un statut, du moins la définition de leurs missions.

La Gazette des communes #2680 : Restauration collective - Comment les cuisines éradiquent le plastique
revue
Année : 2023
Auteur : Jean-Baptiste Forray
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Cette fois, c'est la bonne. Après une multitude de ballons d'essai, Emmanuel Macron va enfin s'attaquer au millefeuille territorial. C'est tout du moins ce qu'il affirme dans un entretien fleuve accordé au « Point », paru dans l'édition du 24 août. « Nous devons poser la question de l'organisation territoriale, qui est confuse et coûteuse, et dilue les responsabilités. On voit bien qu'entre les communes, les départements et les régions, on a trop de strates et un problème de clarté des compétences. Ces sujets aussi doivent pouvoir être mis sur la table à la rentrée », martèle le chef de l'Etat (*). Dans un second quinquennat compliqué, Emmanuel Macron est, plus que jamais, en quête d'un totem réformateur. Sans préjuger des pourparlers avec les forces politiques qui s'ouvrent à l'heure où nous écrivons ces lignes, le Président cherche à prendre date. Dans un second quinquennat compliqué, Emmanuel Macron est, plus que jamais, en quête d'un totem réformateur. LE SÉNAT EN EMBUSCADE. Avec le millefeuille territorial, il joue sur du velours. Sa dénonciation de la suradministration coïncide avec son ancrage au centre droit. Elle s'inscrit dans la lignée de la réforme menée en 2010 par un Nicolas Sarkozy dont il n'a jamais paru aussi proche. Mais Emmanuel Macron risque de se heurter aux mêmes obstacles que l'ex-président. Le premier d'entre eux s'appelle le Sénat. La chambre du seigle et de la châtaigne goûte peu la rhétorique du millefeuille territorial. Pour elle, il n'y a pas de couche en trop. Emanation de la France des 36 000 clochers, la Chambre haute se refuse à renverser la table. Singulièrement à la veille du scrutin sénatorial. LA PISTE DU RÉFÉRENDUM. Dans ces conditions, les marges de manœuvre d' Emmanuel Macron apparaissent limitées. D'autant plus qu'il ne dispose pas d'une majorité ferme à l'Assemblée. Les principaux pôles d'opposition, le Rassemblement national et La France insoumise, ne lui feront pas le cadeau de soutenir son projet territorial. Tous deux font, d'ailleurs, du rejet du « président des métropoles » leur mantra. Il reste une option à Emmanuel Macron : l'appel au peuple. Mais la décentralisation est-elle un sujet porteur dans l'opinion ? Cela reste à démontrer. Le référendum raté du général de Gaulle sur la régionalisation, en 1969, est là pour le rappeler.

Le Moniteur #6261 : Un centre sportif parisien ceinture noire de clarté
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Dans un secteur aussi réglementé que le nôtre, on attend beaucoup des textes. Et, soit dit en passant, on les attend souvent longtemps. Il en va ainsi du décret promettant de simplifier la mise en œuvre des projets de réutilisation des eaux usées. La publication de l'une des pièces maîtresses du plan eau, annoncé au printemps par Emmanuel Macron, était présentée comme imminente depuis plusieurs jours à l'heure où nous bouclons ces pages. L'attente est vive. Et pour cause : que l'été soit torride ou pourri, le niveau des nappes phréatiques reste dramatiquement bas. Alors, il en va de l'eau comme du plastique ou du verre : quand une ressource se fait rare, le recyclage apparaît comme une solution évidente. La mise à jour du cadre réglementaire relatif au traitement de l'eau est urgente. « Bien sûr qu'il faut réutiliser les eaux usées ! entend-on subitement. Mais la réglementation nous met des bâtons dans les roues. » Alors oui, c'est vrai, on trépigne. La mise à jour du cadre réglementaire relatif au traitement de l'eau de l'eau est urgente. Mais ne nous berçons pas d'illusions : quelques lignes au JO, aussi nécessaire soient-elles, ne suffiront pas. D'abord parce que la publication du décret n'est que la première étape d'un profond remaniement qui prendra du temps. Ensuite et surtout parce que rien ne se fera sans que les acteurs eux-mêmes s'emparent de ces solutions, par conviction écologique, par responsabilité politique ou par intérêt économique. Ce fut le cas à Orléans, où l'on n'a pas attendu pour agir. Un projet novateur limite désormais les prélèvements d'eau dans le cours du Loiret (lire p. 28). Ce type d'initiative est appelé à se multiplier, la démarche à se massifier. Reste qu'elles demeureront éminemment locales : ici, c'est la proximité d'un parc géré par la Ville avec une station d'épuration de la métropole qui a rendu possible cette opération. Ailleurs, d'autres formules devront être élaborées. Et il faudra toujours des hommes et des femmes, travaillant pour des collectivités, des entreprises de travaux, des bureaux d'études, des industriels… pour les mettre au point. Des gouttes d'eau dans l'océan, peut-être, mais que la réglementation, seule, ne saurait faire jaillir. Elle peut simplement dégripper le robinet.

AMC #318 : Beaudoin/MGM - O-S/NAS - Brugel/H2O - BAST
revue
Année : 2023
Auteur : Olivier Namias
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Le XXIème siècle s'annonce plus que jamais comme le siècle des villes, où vivent désormais 80% des habitants de la planète. Face à des ensembles difficilement réformables, nombreux sont les Etats qui édifient des villes nouvelles, supposément smart et écologiques. Mais aucun n'est allé aussi loin que le royaume saoudien (/ire p. 10). « Gorbatchev des sables » issu du sérail comme l'ancien dirigeant soviétique, le prince héritier, Mohammed ben Salmane (MBS) semble reprendre à son compte le défi de l'architecte de la perestroïka : ouvrir la société tout en préservant la réalité d'un pouvoir autoritaire et clanique. Pour cela, il recourt à une vieille astuce bizarre, rarement employée à cette échelle : changer la ville pour changer la vie, en plaçant son pays parmi les centres du monde de demain. Le temps presse, car la fin de la rente pétrolière se dessine à l'horizon 2030. Bientôt roi, déjà Premier ministre, urbaniste en chef de son pays, MBS dispose de l'autorité et de la coercition qui siéent aux grands projets d'aménagement à mener dans l'urgence, et d'un pays désertique où déployer sa vision : des villes de pixels dopées au luxe, aux jeux vidéo et aux techniques de pointe. Le Mukaab de Riyad, cube de 400 m de côté équipée d'un écran immersif, fera passer la monumentale Sphère de Las Vegas pour un jouet d'enfant (/ire p. 8). Ces gigaprojets parviendront-ils à séduire des milliers d'expatriés conviés dans une Arabie saoudite réinventée ? Ils ont d'ores et déjà envoûté une myriade d'architectes occidentaux, fascinés par des échelles de projet disparues d'Europe et des Etats-Unis. Comme The Line, une barre de 170 km de long sur 500 m de haut et 200 m de large - prévue pour concentrer 9 millions d'habitants sur 34 km2 -, version agrandie du dispositif où Rem Koolhaas imaginait, dans les années 1970, enfermer des habitants « prisonniers volontaires de l’architecture ». Pourquoi contribuer à une réalisation aussi inhumaine et absurde ? Certains pensent que le projet « atterrira » et gagnera en réalisme au pied du chantier. D'autres cachent à peine leur scepticisme, la perspective de l'échec servant sans doute d'excuse pour avoir franchi cette ligne. Au regard des temps longs de l'urbanisme et de l'aménagement, le pari de MBS apparaît comme une fuite en avant désespérée. Instant City, la ville instantanée, n'existera jamais que dans les dessins d'Archigram. Peter Cook, ancien membre du groupe britannique et consultant actif sur The Line, observe le projet en entomologiste, curieux de savoir si ce phasme géant arrivera à sortir des sables. Une expérience grandeur nature à l'échelle de planète, considérée ici comme un vivarium architectural.

La Gazettes des communes #2681 : Ressources humaines - Au secours, les cadres se font la malle !
revue
Année : 2023
Auteur : Delphine Gerbeau
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Associations d'élus. L'AMF, présidée par le Républicain David Lisnard, devait-elle revenir à son ancienne partition, 50 % à gauche, 50 % à droite ? Telle était la volonté de son numéro deux, le socialiste André Laignel. Il n'a pas été totalement entendu. Mais la gauche n'a pas à se plaindre de la nouvelle répartition du bureau de l'association. Quant à l'empêcheur de tourner en rond, le centriste Philippe Laurent allié aux macronistes, il conserve peu ou prou ses positions. Ce qu'on appelle un bon arbitrage, puisqu'il n'humilie personne.

Le moniteur #6262 : La tour Pleyel achève sa mue
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Le monde du bâtiment se divise en deux catégories : ceux qui construisent et ceux qui rénovent. Et en ce moment, leur sort apparaît diablement contrasté. Provoquée par des facteurs conjoncturels, comme la hausse des taux d'intérêt, et par des tendances de long terme, comme la raréfaction du foncier, la crise du neuf s'annonce profonde et durable. A l'inverse, les vertus de la rénovation apparaissent en phase avec l'époque. Pour les professionnels menacés, il semble opportun de faire évoluer rapidement le modèle. C'est ce qu'a fait Smac (lire p. 12), dont la croissance repose largement sur la rénovation énergétique. C'est aussi ce que font certains acteurs de l'immobilier, qui inventent un métier de promoteur-rénovateur radicalement nouveau (lire p. 8). Reste que cette reconversion n'est pas aussi simple à accomplir selon que l'on est maçon ou plombier, terrassier ou architecte. Pour tous, elle ne se fera pas en un jour, tant les savoir-faire et les équilibres économiques divergent entre ces deux typologies d'opérations. Intervenir sur l'existant constitue un défi de tous les instants, depuis la conception jusqu'au chantier. Intervenir sur l'existant constitue un défi de tous les instants, depuis la conception qui doit composer avec le déjà-là, jusqu'au chantier toujours truffé de surprises, plus ou moins mauvaises. De la reconversion ambitieuse de la tour Pleyel (lire p. 40) à la restauration d'un collège respectueuse de l'esprit de Jean Nouvel (lire p. 44) , un travail d'orfèvre se révèle à chaque fois nécessaire pour mener à bien ces projets. Si le bilan carbone est naturellement à l'avantage de la rénovation, ce sur-mesure systématique et ces aléas permanents peuvent rapidement faire déraper le bilan économique. Le virage s'annonce donc très serré pour les professionnels. D'autant plus que cette grande bascule paraît encouragée par les pouvoirs publics. L'extinction du Pinel se rapproche, le ZAN raréfiera le foncier et les aides à la rénovation montent en puissance. Certes, l'exigence de sobriété paraît légitimer un tel mouvement pendulaire, mais il laisse un angle mort : celui du déficit de l'offre de logements qu'il produit inévitablement.

AMC #316 : KAAN - VURPAS - FACES - NP2F - TAKK
revue
Année : 2023
Auteur : Olivier Namias
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Transmissions Après avoir réalisé 16 212 pages et 135 numéros en treize ans passés à la tête d'AMC, Gilles Davoine prend une retraite que nous lui souhaitons paisible et active. Sa signature réapparaîtra, souvent on l'espère, dans les colonnes de nos futurs numéros, qu'il m'incombe désormais de concevoir avec l'appui de l'équipe qui n'a cessé d'accompagner la fabrication du magazine, et sous son regard vigilant. L'actualité place ce numéro, largement imaginé par Gilles, sous le signe de la transition et de la transmission. Nous rendons hommage à deux figures majeures de l'architecture, Philippe Panerai (lire p.10), qui nous a quittés en mai dernier, et Jean-Louis Cohen (lire p.22), décédé soudainement cet été. Deux représentants d'une génération qui a voulu changer l'architecture et l'urbanisme, et gardait cet élan dans des époques toujours moins enclines à faire une place aux « arts de l'espace ». Chacun, à sa manière, nous parlait du « présent du passé », si vivace dans notre monde physique. L'Empire romain s'est effondré au Ve siècle, mais une voie romaine peut subsister derrière chez vous, à l'état de route ou de chemin. Quant à l'héritage moderne, brutal et omniprésent, il demande à être mieux compris pour être transformé. L'avenir du présent architectural dépend en partie de la façon dont étudiants, doctorants, architectes, et autres héritiers de ces savoirs sauront les faire vivre et les développer. Car le pire advient toujours lorsque l'architecture, invoquant les urgences de l'époque, ne sait se penser qu'au moment présent, prétendant à une forme d'éternité, factice et finalement catastrophique. Elle doit savoir tisser le temps et relier les époques, thème de plusieurs projets présentés dans ces pages : un immeuble de bureaux, un appartement, une école, deux musées, récents ou plus anciens, comme celui créé par Louis Miquel à Besançon (lire p.67), qui fait coexister le classicisme et le moderne bien avant que les maîtrises d'ouvrage ne fassent de la nécessaire transformation leur dernier mantra en date. Venues droit des années 1970, les trois lettres figurant sur notre couverture ne cessent de nous le rappeler : l'architecture est mouvement et continuité. Plus qu'un titre, un programme et une boussole !

Le Moniteur #6263-64 : Le BTP et "Le Moniteur" - 120 ans de compagnonnage
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Si tout est permis, rien n'est permis. Surtout pas les permis de construire. En écrivant cette phrase, Vladimir Jankélévitch « (né le 31 août 1903) était certes bien loin de penser aux autorisations d'urbanisme. Et pourtant, le philosophe l'ignorait peut-être, mais l'analyse des règles encadrant la pratique des constructeurs confine parfois à la métaphysique. Elle suscite même, parmi tant d'autres raisons, un besoin impérieux d'une presse professionnelle de qualité, capable de rendre intelligibles des textes aussi abscons que des traités de phénoménologie allemande. Décrypter, expliquer, raconter. C'est la vocation du « Moniteur » depuis 120 ans. Braquer les projecteurs sur l'excellence également, qu'elle soit technique, économique ou esthétique. Cela va jusqu'à l'octroi de distinctions incontestées, à l'instar de l'Equerre d'argent, aussi prestigieuse en architecture que le prix Goncourt en littérature (21 décembre). Décrypter, expliquer, raconter. C'est la vocation du « Moniteur » depuis 120 ans. Comme l'estimait fort justement Marguerite Yourcenar (8 juin) : « Il faut toujours un coup de folie pour bâtir un destin. » Lorsqu'il imprimait son journal de quatre pages au début du XXe siècle, Louis Dubois n'avait probablement aucune idée de l'épopée qu'il initiait. Il faut dire que les défis à surmonter se sont multipliés au fil du temps. Le plus grand ? Réunir les travaux publics et le bâtiment, les infrastructures et l'architecture, la biodiversité telle que l'on la retrouve dans « La Ferme des animaux » de George Orwell (25 juin) et le béton armé, digne de « Zazie dans le métro » de Raymond Queneau (21 février). Parler au privé comme au public, deux mondes qui, malgré leurs antagonismes et les rivalités, finissent généralement par saisir leur intérêt commun, à la manière d'un Peppone et d'un Don Camillo, incarné par l'irremplaçable Fernandel (8 mai). Nos journalistes écoutent, écrivent et enquêtent, cherchant l'information juste avec la détermination d'un commissaire Maigret, né de la plume de Georges Simenon (13 février). Ils bénéficient en outre d'un ancrage régional sans pareil. Car, tel le tracé du Tour de France (1er -19 juillet), la construction est une activité localisée par nature, qui ne se comprend qu'au plus près du territoire, avec ses contraintes et ses atouts, mais aussi ses régionaux de l'étape. Dans les ascensions difficiles ou dans les plaines reposantes, « Le Moniteur » reste au cœur du peloton, fidèle compagnon de la construction.

Séquences Bois #142 : Construire avec le risque / Guide revêtements de façade
revue
Année : 2023
Auteur : Anne-Sophie Gouyen
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : Penser des futurs incertains C’est d’abord comprendre ce qui est déjà en train d’advenir. Or, cela est à ce point immense, et nos sens « si minuscules face à l’ampleur du désastre », qu’il est presque imperceptible de sentir véritablement le tort fait au vivant, à l’échelle de la biosphère. Pourtant, affectés par les activités humaines, les risques climatiques deviennent plus saillants chaque année, compromettant les conditions d’habitabilité sur Terre. Le mois de juillet 2023 fut le plus chaud jamais enregistré sur la planète. Au 30 juillet, plus de 12 millions d’hectares de forêt avaient déjà brûlé au Canada et au 1er août, 72 % des niveaux des nappes étaient inférieurs aux normes de saison. On assiste aussi à une accélération de la montée du niveau des mers, dont le rythme a presque doublé depuis deux décennies, alors que l’érosion du littoral affecte déjà près de 20 % des côtes françaises. À cause de tous ces phénomènes, mais aussi en raison de persécutions, de conflits, de violences ou de violations des droits de l’homme, on décompte 108,4 millions de personnes déplacées de force ou réfugiées dans le monde, sans compter les risques industriels, parasitaires ou encore de pandémie. Tout cela reste incompréhensible et dépasse notre entendement. Dans un tel contexte, que peut alors l’architecture ? Yasmeen Lari nous rappelle qu’« à mesure que les inégalités et la pauvreté augmentent, une partie grandissante de l’humanité a besoin de design d’excellence pour survivre. » Ou pour le dire avec Mathias Rollot, il semble que « les architectes pourraient faire partie des militant·es les plus compétent·es et les plus agiles, les mieux armé·es et les plus efficaces, pour aider à s’échapper de l’insoutenabilité actuelle ; pour reconstruire un monde habitable sur les ruines de l’ancien ; pour inventer des cultures saines, partagées, multiculturelles et même multi spécifiques. » Tout d’abord, en apportant assistance aux populations, en leur permettant de retrouver des conditions de (sur)vie décentes, dans les meilleurs délais. Puis, en outillant et en accompagnant les individualités humaines dans leur installation sur Terre. Enfin, en portant un regard singulier sur le monde, et en étant capable de le représenter, pour faire voir les changements subit par notre planète : en bâtissant des lieux pour habiter ces luttes. Sans prétention d’exhaustivité, ce numéro tente alors de donner à voir comment l’architecture bois, à travers le monde, agît déjà, face à l’ensemble de ces risques, qu’ils soient naturels ou anthropiques. « Et c’est là, je crois, son plus grand apport pour l’époque, face à une situation actuelle qui peine à se saisir d’elle-même. »

D'Architectures #310 : Les matériaux naturels au secours du climat ?
revue
Année : 2023
Auteur : Emmanuel Caille
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : Vous reprendrez bien un peu de biosourcé ? Le monde du bâtiment n’échappe pas à la polarisation des débats, l’opposition caricaturale entre les thuriféraires de la construction bois et la vieille garde des bétonneux n’étant pas la moins active sur le marché de l’invective. La ligne que d’a tient depuis toujours n’a pas changé : il n’y a pas d’architecture écologique en soi, il y a une bonne ou une mauvaise architecture ; il n’y a pas de mauvais matériaux, il y a un bon ou un mauvais usage des matériaux. Aujourd’hui, pour répondre au défi de la décarbonation, l’importance est essentiellement mise sur l’origine des matériaux. Or, et c’est le sujet de notre dossier de rentrée, ceux-ci ont une incidence sur le bilan carbone des bâtiments moins importante qu’on ne le pense. D’autre part, le cadre normatif et les méthodes de calcul de ces bilans sont loin d’être satisfaisants. Il ne faudrait pas pour autant décourager l’emploi des matériaux biosourcés, bien au contraire, car même si leur impact est très loin d’être suffisant pour nos objectifs de décarbonation, on ne pourra pas y arriver sans eux. Mais si l’on veut convaincre de la pertinence de leur emploi, il faut que leur efficacité soit mesurée à sa juste valeur. Il y a d’autre part un risque à tout faire reposer sur l’usage des matériaux dit « naturels », c’est de faire croire qu’en remplaçant les matériaux conventionnels par des matériaux biosourcés, c’est-à-dire en substituant notre hyperconsumérisme par un autre – certes, un peu plus vertueux –, nous éviterions l’inévitable changement de paradigme auquel nous sommes confrontés. Questionner l’intérêt de leur emploi, c’est donc aussi implicitement s’interroger sur un problème qui fait peur à tout le monde : peut-on continuer à construire autant ? Le type de question idéal pour relancer de nouvelles polémiques caricaturales. À nous donc de faire en sorte de poser plus sereinement les termes du débat ; rendez-vous est pris pour la suite…

La ville stationnaire : comment mettre fin à l'étalement urbain ?
Livres
Année : 2022
Auteur : Philippe Bihouix
Editeur : ACTES SUD AKT SU
Description : Il est temps de convoquer un nouvel imaginaire : les villes de demain n'ont plus vocation à grandir éternellement. Plus tôt nous mettrons en pratique le « zéro artificialisation », plus grande sera notre résilience face aux crises écologiques à venir. Au plus vite, la ville doit devenir stationnaire : continuer à vivre, à s'épanouir et à s'embellir en cessant de dévorer l'espace autour d'elle.

Paysage de lignes : esthétique et télécommunications
Livres
Année : 2022
Auteur : Carlotta Darò
Editeur : METISPRESSES METISPRES
Description : Paysage de lignes. Esthétique et télécommunications « Je pense que dans l'avenir des fils électriques connecteront les sièges sociaux des compagnies de téléphone dans différentes villes, et qu'un homme situé n'importe où sur terre pourra communiquer par la parole avec un autre à un endroit éloigné. » En 1878, deux ans après l'invention du téléphone, Alexander Graham Bell imagine un futur de transformations radicales rendu possible par un réseau dense de fils téléphoniques : prémonition qui ne tardera pas à s'avérer.Cet ouvrage dépeint l'histoire matérielle et anonyme des objets qui composent les télécommunications modernes : poteaux électriques, fils et câbles, prises et interrupteurs, en passant par des dispositifs et micro-architectures ingénieux tels le théâtrophone et la cabine téléphonique. À partir de l'installation héroïque, vers la fin du 19e siècle, d'infrastructures couvrant la surface terrestre, traversant les sous-sols, les océans et les mers jusqu'à pénétrer les intérieurs domestiques, Paysage de lignes propose une lecture qui, par sa pluralité d'axes, explore les multiples liens et croisements que ces « choses » techniques entretiennent avec l'architecture et l'art. Enrichi d'images d'archive inédites nous révélant un imaginaire stupéfiant, cet ouvrage apporte un regard esthétique sur des objets ordinaires qui ont changé à jamais le paysage urbain, rural et domestique de notre civilisation.

La Gazette des communes #2683 : Avenir des centres de gestion : un menu XXL sinon rien
revue
Année : 2023
Auteur : Jean-Baptiste Forray
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Exit, la pensée complexe, Emmanuel Macron va droit au but. Il met sur la rampe de lancement un « pass rail » ouvert à tous, valable de manière illimitée sur les trains Intercités comme sur les TER. Un abonnement « autour de 49 euros », qui a vocation à être opérationnel dès l'été prochain, précise aussitôt son ministre des Transports, Clément Beaune. Un dispositif simple et efficace, calqué sur celui existant outre-Rhin. Si l'Allemagne l'a fait, c'est que c'est assurément une bonne idée, vante la Macronie. Le pass rail sent bon le pouvoir d'achat et la vertu écologique. PRESSION POPULAIRE. Alors, à quoi bon, dans ces conditions, s'embarrasser avec des considérations secondaires, la décentralisation et la libre administration des collectivités ? Les Français n'ont que faire de ces arguties constitutionnelles. Les régions, chargées des TER, pourront bien faire de la résistance, elles ne tiendront pas longtemps face à la pression populaire. Peu importe que le pass rail reprenne les formules d'abonnement à bas prix qu'elles ont déjà mises en place, c'est le pouvoir qui sera crédité de cette initiative. Déjà, les opposants au dispositif passent pour de mauvais coucheurs. A l'image de Franck Dhersin, vice-président (LR) des Hauts-de-France chargé des mobilités, lorsqu'il dit : « Le président de la République a souvent de très bonnes idées, mais il faut surtout qu'il arrête d'avoir des idées avec le pognon des collectivités locales... » Peu importe que le pass rail reprenne les formules d'abonnement à bas prix des régions, c'est le gouvernement qui sera crédité de cette initiative. MARKETING POLITIQUE. C'est pourtant bien le fond de l'affaire. L'Etat, par la voix de Clément Beaune, a beau s'engager à mettre la main à la poche, il se garde de donner le moindre montant. Le pass rail, dont les effets sur le trafic automobile sont, pour l'heure, marginaux en Allemagne, pourrait grever les capacités d'investissement des pouvoirs publics. Quand on met plus de temps qu'il y a quarante ans pour aller en Intercités de Paris à Limoges, l'urgence n'est-elle pas de remettre en état le réseau et de créer les conditions d'un choc d'offres, plutôt que de succomber aux facilités du marketing politique ?

Urbanisme #433 : Les ressources cachées du renouvellement urbain
revue
Année : 2023
Auteur : Julien Meyrignac
Editeur : SARL PUBLICATIONS D ARCHITECTURE ET D URBANISME PUBLIKASION ARCHITEKTUR URBANISM
Description : Au cours de l’été qui vient de s’achever, la question des lieux de culte – entendu, des chapelles et églises catholiques – a suscité quelques articles et animé de nombreux débats sur les réseaux sociaux, en réaction à de récentes et spectaculaires démolitions d’églises, notamment dans le Nord et en Mayenne. Assez étrangement, ce sont les voix favorables qui se sont le plus manifestées, tandis que celles opposées ont été bien moins nombreuses et audibles. En cause, les charges pour les collectivités – et donc les contribuables – relatives à leur entretien ; les sénateurs, auteurs1 d’une tribune parue sur le site internet du quotidien Le Monde, le 9 août 2023², n’hésitant pas à affirmer qu’il existe « un surdimensionnement du patrimoine mis à disposition de l’Église catholique », notamment au regard de la « baisse de la pratique cultuelle ». De telle sorte que la dimension patrimoine de ces édifices se serait dissoute dans la dimension usage. Drôle d’argument, car, si nous y réfléchissons bien, il y a encore bien trop d’arènes romaines en France par rapport au nombre de combats de gladiateurs qui y sont organisés, et même de corridas (qui bientôt, de toute évidence, n’appartiendront plus qu’à l’histoire). Dans une drôle d’époque, qui voit de nombreuses, visibles et même parfois virulentes mobilisations contre les destructions de bâtiments existants, y compris aux caractéristiques très ordinaires et/ou d’histoire récente, s’agissant notamment de ce qui est qualifié aujourd’hui de patrimoine du XXe siècle. La revue Urbanisme a relayé certaines de ces luttes dans ses pages, et elle le fait encore dans ce numéro. Les défenseurs de ce patrimoine, hostiles aux démolitions, développent le plus souvent des arguments premiers autour de la mémoire sociale, économique, populaire, etc., des territoires, qui, selon eux, transcende l’architecture même du bâtiment. Est-il permis de douter que le patrimoine religieux, bien au-delà de la spiritualité et des convictions, pourrait parfaitement s’inscrire dans cette logique ? D’autant que ce patrimoine, en France, est loin d’être totémisé : de très nombreux édifices – dont certains de grandes dimensions, comme à Paris ou à Arles – ont été désacralisés pour être transformés en équipements publics, souvent dédiés aux activités culturelles, ou bien en restaurants, logements ou autre. D’autres bâtiments, toujours lieux de culte, ont su s’ouvrir à de nombreuses activités socio-éducatives et culturelles sans lien particulier avec la religion catholique. Le potentiel de recyclage (mutualisation, réemploi, etc.) des bâtiments dédiés aux cultes a même été identifié dans certaines études préalables à l’élaboration ou la révision de documents d’urbanisme réglementaire intercommunaux (PLUi). Le plus étrange dans ces débats, c’est que ce sont souvent les mêmes acteurs qui crient au scandale face au projet de démolition d’une MJC et qui applaudissent au spectacle de celle d’une église de 1866, qui, bien que présentant de nombreux désordres et nécessitant un investissement important, conservait un grand potentiel d’usage et constituait aussi – surtout – un témoignage historique, traditionnel et culturel. Chut, un esprit disparaît. 1/Les sénateurs Catherine Morin-Desailly (Union centriste, Seine-Maritime), Pierre Ouzoulias (Parti communiste, Hauts-de-Seine) et Anne Ventalon (Les Républicains, Ardèche). 2/Dans l’espace « Le Monde des Religions », à la rubrique « Patrimoine » (sic). Un coup de pied au culte ?

La maison écologique #137 : Buche et granulé : ça twiste pour les poêles mixtes
revue
Année : 2023
Auteur : Virginie Jourdan
Editeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIK
Description : Comment reprendre le cours classique de nos vies après chaque nouvel été ? L’insouciance furtive de la saison des cerises et des framboises dévorées, des perséides guettées dans l’obscurité du ciel et des pieds nus sur les sols réchauffés semble parfois presque impossible à conserver sur la durée. Difficile, en effet, de fermer les yeux sur la tragique récurrence des incendies dont le paroxysme s’incarne probablement dans les feux meurtriers qui ont ravagé en août l’île Maui de l’archipel de Hawaï. Une nouvelle fois l’eau a manqué dans la majorité des départements français alors même que la pluie a été d’une présence remarquée dans de nombreuses régions. Dans la Manche comme la Méditerranée, les victimes de l’exil recensées par les Nations unies dépasse le millier ces six derniers mois. Les conséquences du changement climatique ont intégré notre quotidien sans devenir pour autant supportables. Alors reprendre le cours classique de nos vies après la pause estivale appartient vraisemblablement au passé. Choquante, souvent violente, cette réalité de l’été meurtrier doit bien nous amener à nous transformer. Un peu comme le suggère le neuropsychiatre et psychanalyste Boris Cyrulnik, dont la définition de la résilience rejoint le cycle du deuil : une évolution nouvelle après l’ébranlement ; la faculté de passer d’un sentier raide, étroit et escarpé, à un chemin d’évolution, large et dégagé. Accepter sans se résigner ou encore parvenir à regarder pour imaginer de nouvelles manières de faire en somme. À l’humble échelle de l’habitat, la palette des actions est, comme l’est notre univers, en constante expansion. Et votre cher magazine veut au mieux suivre et faire connaître ces transformations, petites ou grandes. En baissant la consommation de ressources via la nouvelle offre en poêles mixtes bûche-granulé (p.35) et petits modèles adaptés aux habitats légers (p.65), en s’inspirant de rénovation et écoconstruction nourries de terre et de bois (p.14 et 26), en puisant dans l’intarissable gisement du réemploi pour aménager nos logements (p.70), gardons l’envie et le plaisir de changer nos habitudes à défaut de pouvoir changer plus rapidement le monde !

Le Moniteur #6266 : Spécial HLM - Tout rénover, même les financements
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : LE MONITEUR MONITER
Description : Les Congrès HLM se suivent et ne se ressemblent pas. L'édition 2022 avait été marquée par une grande déception - parfois même une franche hostilité - vis-à-vis des positions du ministre du Logement d'alors, Olivier Klein. Celle qui se déroule début octobre promet certes de nouvelles crispations, mais, cette fois-ci, le gouvernement n'y est pour rien. A la manière d'une scène de ménage, la crise éclate au sein de ce que l'on se plaît parfois à présenter comme la grande famille HLM. La semaine passée, la Fédération des OPH a en effet lancé une procédure contre Action Logement, le poids très lourd des ESH. Autant dire, un fratricide. Le fond de l'affaire apparaît éminemment technique : il concerne la distribution du produit de la collecte de la Peec. Mais on le sait, dans les histoires de famille, ce sont souvent les sujets d'argent qui provoquent les pires conflits. Un linge sale que l'on préfère généralement laver à l'abri des regards. Entreprises et maîtres d'œuvre misent sur les bailleurs sociaux pour atténuer la casse économique et sociale annoncée Or, cette année plus que jamais, toute la construction a les yeux rivés sur le monde HLM. Alors que les promoteurs se préparent à ce qui s'apparente à la pire crise de leur histoire, entreprises et maîtres d'œuvre misent sur les bailleurs sociaux pour atténuer la casse économique et sociale annoncée. Quel que soit leur statut - OPH, ESH, coopératives… - et leurs éventuelles divergences, les organismes HLM apparaissent comme les seuls acteurs en mesure de construire et de rénover massivement… mais pas au milieu d'un champ de ruines. Afin d'éviter le désastre et de peser au maximum sur l'élaboration du projet de loi de finances pour 2024, une « Alliance pour le logement » vient de prendre forme. Elle se veut très large, allant des économistes de la construction aux CMistes, en passant par les entreprises de bâtiment et les notaires. Sans oublier, bien sûr, les bailleurs sociaux. Si elle veut peser dans la balance, cette belle unité devra faire taire les fâcheries de la maison HLM, le temps d'une cousinade.

La demeure urbaine à pans de bois
Livres
Année : 2023
Auteur : Alain Nafilyan
Editeur : EDITIONS DU PATRIMOINE CENTRE DES MONUMENTS NATIONAUX EDISION PATRIMOIN SANTR DE MONUMAN NASIONO
Description : Une prise en compte qualitative du patrimoine exceptionnel de l'architecture en pan de bois en France qui révèle la fragilité de ce patrimoine à l'heure de sa valorisation par les politiques urbaines. Ce nouvel album du Centre de recherches sur les monuments historiques (CRMH) est consacré à la demeure urbaine en pan de bois. L'étude porte principalement sur l'analyse de la structure que révèlent les dessins effectués depuis les années 1942-1943. Une sélection de bâtiments a été établie, enrichie de nouveaux relevés. L'historiographie de la construction en pan de bois a connu un profond renouvellement au cours des trente dernières années. Grâce à l'importance conjointe des études urbaines et des techniques de la construction, historiens et archéologues du bâti se sont emparés de cette mise en œuvre spécifique. La recherche se poursuit toujours aussi activement grâce à une communauté scientifique engagée dans ce domaine et confrontée à l'évolution permanente des goûts. En 2020, un colloque organisé par l'Institut national d'histoire de l'art (INHA) a présenté les derniers résultats des recherches qui réunissent encore davantage de chercheurs, archéologues, historiens de l'art, dendrochronologues, autour de la construction en pan de bois.Les programmes de réhabilitation des centres anciens, avec la création des espaces protégés à partir des années 1970, ont permis la prise en compte de ce patrimoine, souvent victime d'un abandon relatif. Aujourd'hui, il est donc nécessaire de présenter une version actualisée et synthétique des relevés récents ou qui n'ont pas été publiés et ainsi mettre au jour cette très importante documentation technique sur la construction en pan de bois.

Terre, terrain, Territoires : Discussion autour des sols
Livres
Année : 2023
Auteur : ANMA Architectes Urbanistes
Editeur : IMPRIMERIE SNEL INPRIMERI
Description : `Connaît-on réellement la valeur de ce qu'il y a sous nos pieds ? Face au constat de la prédominance de la valeur foncière sur la valeur fonctionnelle des soles, l'échelle du territoire permet-elle de faire les choix d'aménagement propices à un équilibre de l'empreinte de l'homme sur son milieu ? Dans cette nouvelle géométrie qu'exige la transition écologique, la compréhension du sol est devenue l'un des premiers leviers d'action. Le sait-on ? Il capture le carbone, nourrit les végétaux, les alimente en eau. Voilà que l'on devine que lui aussi respire, que l'information y circule ... Alors que les débats actuels sur le Zéro Artificialisation Nette mettent en lumière ces questions et rebattent les cartes de nos manières d'appréhender l'impact des projets urbains, Terre Terrain Territoire convoque une pluralité d'acteurs et porte au grand public une discussion autour de la considération des sols dans le cadre de la fabrique urbaine. relier l'écologie à partir du sol, à l'économie de l'aménagement en passant par la politique et le projet, c'est l'ambition de cet ouvrage qui poursuit les recherches de l'exposition éponyme, conçue par le CAUE Rhône Métropole, soutenue par la Fondation d'entreprise ANMA et dont le parcours d'itinérance se poursuit déjà dans une dizaine de villes françaises.

Oise
Livres
Année : 2022
Auteur : Simon Boudvin
Editeur : LA MARECHALERIE CENTRE D ART CONTEMPORAIN ENSA VERSAILLES MARECHALERI SANTR AR KONTANPORIN ANSA VERSAI
Description : Il y a quarante millions d'années, s'étendait ici le bras d'une mer chaude, peuplée de mollusques et de plantes aquatiques, brassés par des courants qui les distribuaient selon leur force sur les fonds irréguliers, compactés par les âges en une masse crayeuse. Depuis deux mille ans, les carriers et terrassières extraient cette roche calcaire, une pierre à bâtir, à bâtir des corps de ferme, des maisons, des églises et Paris. Un travail de forçats livrant à la ville sa matière bloc par bloc, laissant dans le paysage des cavités immenses où beaucoup y ont laissé leur peau. D'autres rentrent le soir les poches pleines de fossiles, témoins d'une vie antédiluvienne. On dit d'une pierre qui présente des empreintes de vies fossilisées qu'elle est éveillée. Ce livre opère une coupe iconographique dans les carrières de l'Oise. Il compile des vues anciennes et actuelles qui donnent à voir comment la vie préhistorique a laissé des traces dans la roche et comment son extraction a marqué des vies. Ouvrage imaginé par Simon Boudvin et Stéphane Dupont, inspiré de MATERA, Immagini e documenti, Mario Cresci, edizioni Meta Matera, 1975. Publication réalisée à l'occasion de l'exposition «Visible/Invisible», sous le commissariat de Nicolas Dorval-Bory et Guillaume Ramillien, pour la 2e édition de la Biennale d'architecture et de paysage d'Île-de-France à Versailles BAP! 2022 «Terre et villes».

Des tracés aux traces : pour un urbanisme des sols
Livres
Année : 2023
Auteur : Patrick Henry
Editeur : EDITIONS APOGEE EDISION APOJ
Description : Les sols remontent en surface dans les débats sur l'aménagement de nos campagnes et de nos villes. Étalement urbain, disparition des terres agricoles, raréfaction des ressources, érosion de la biodiversité, pollutions sont autant de sujets d'actualité dans lesquels les sols jouent un rôle prépondérant, souvent à leur désavantage. Cet ouvrage s'interroge sur ce que sont les sols et en particulier les sols urbains. Le rappel des alertes qui ont été émises au fil du temps éclaire la situation actuelle. Les débats sur l'objectif de Zéro artificialisation nette (ZAN) doivent-ils être compris comme une menace pour l'urbanisation ou au contraire une opportunité de rebattre les cartes ' La désimperméabilisation des sols n'est pas seulement une opération technique, elle est aussi une façon de considérer les sols pour ce qu'ils sont, de mieux les comprendre et d'aménager autrement. L'histoire du projet urbain indique que des pistes existent afin d'imaginer de nouvelles formes urbaine pour enfin donner toute sa place à un urbanisme des sols.

La Gazette des communes #2684 : "Nous mettons 220 millions d'euros de DGF en plus en 2024"
revue
Année : 2023
Auteur : Romain Mazon
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : En présentant la feuille de route de la planification écologique, le 25 septembre, Emmanuel Macron a donc engagé le pays sur la voie de la neutralité carbone à horizon 2050. Il ne s'agit que d'un premier pas sur un chemin truffé d'obstacles. Chemin que devront emprunter, de concert et en harmonie, les collectivités locales, les citoyens, les entreprises, l'Etat... Chemin qui devra aussi concilier plusieurs chantiers stratégiques déjà lancés ou à lancer : on frise l'usine à gaz et les migraines. EMPOIGNADES EN PERSPECTIVE. Premier défi, « la territorialisation de la planification », qui devra adapter le « chemin national » aux particularités régionales. De ces concertations, animées par le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, devront sortir des stratégies régionales qui identifieront et attribueront clairement les responsabilités entre niveaux de collectivités. De belles empoignades en perspective, qui seront peut-être compliquées par la nouvelle étape de décentralisation voulue par le président de la République. Cette territorialisation soulève immédiatement deux questions : les objectifs fixés auront-ils force contraignante ? Des pénalités, pécuniaires par exemple, sanctionneront-elles les collectivités qui n'atteindraient pas leurs objectifs ? Des concertations animées par Christophe Béchu devront sortir des stratégies régionales qui identifieront et attribueront clairement les responsabilités entre niveaux de collectivités. IDÉOLOGIE INCHANGÉE. Autre défi, celui des financements. Avec les 7 milliards d'euros ajoutés au projet de loi de finances pour 2024 (1), la France semble être à la hauteur des besoins (2). Mais le gouvernement refuse, pour l'heure, de s'engager sur la voie d'une révolution vers la fiscalité écologique, qui semble pourtant incontournable (lire p. 8-10). Par ailleurs, les collectivités font valoir qu'il faudra aussi financer le fonctionnement de cette stratégie, avec des professionnels qui devront bien être payés. C'est aujourd'hui un angle mort. Enfin, et peut-être plus fondamentalement, Emmanuel Macron inscrit son chemin vers la neutralité carbone dans un paysage intellectuel et idéologique toujours fondé sur la croissance et le développement. La notion de sobriété est présente mais « mesurée ». Pour les scientifiques, cela ne fait pourtant pas un pli : sur une planète aux ressources finies, on ne peut poursuivre une croissance sans limite. Le chemin sera long, y compris dans les têtes.

La Gazette des communes #2685 : Recrutement - Comment attirer les futurs policiers municipaux
revue
Année : 2023
Auteur : Delphine Gerbeau
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : On croyait les débats sur le ZAN - momentanément -clos, après le vote de la loi du 13 juillet visant à faciliter la mise en œuvre des objectifs de lutte contre l'artificialisation des sols. Laurent Wauquiez, président (LR) de la région Auvergne - Rhône-Alpes, a remis une pièce dans la machine. Le 30 septembre, à l'Alpe d'Huez, devant l'assistance du congrès des maires ruraux, il a déclaré avoir « décidé que la région sortait du dispositif du ZAN », estimant que « mettre sous cloche les décisions des permis de construire sur la ruralité, cela signifie que l'on s'interdit toute forme d'avenir ». PLANIFICATION. Ces déclarations purement électoralistes qui, si elles sont appliquées, vont placer la région dans l'illégalité et les territoires concernés dans la plus grande difficulté. La loi « climat et résilience » a en effet prévu que si la région ne transcrit pas dans son Sraddet les objectifs de baisse de l'artificialisation des sols, ce sont les Scot et les PLU intercommunaux qui devront le faire. Si les élus locaux semblent conscients des enjeux liés au changement climatique, changer de paradigme leur est plus difficile. Au-delà, ces mots inquiètent quant à la suite de la séquence « planification écologique » ouverte, fin septembre, par Emmanuel Macron. Cette grande stratégie prévoit en effet une territorialisation de la planification élaborée au niveau national, en commençant par les régions, via notamment des COP locales pour partager les objectifs et les trajectoires dans les différents secteurs, et les intégrer dans les schémas. ÉCOLOGIE PRODUCTIVISTE. Or, si les élus locaux semblent globalement conscients des enjeux liés au changement climatique et des maux contre lesquels il faut lutter, il leur est plus compliqué d'accepter de changer de paradigme, comme on l'a vu avec le ZAN et la concession accordée par le gouvernement d'un hectare à artificialiser par commune, ou avec son rétropédalage sur les zones à faibles émissions, deux exemples parmi tant d'autres. Comment leur jeter la pierre, quand l'exécutif lui-même et le Président ont opté pour une « écologie productiviste » sans rupture véritable avec le modèle carboné ? Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique, a entamé, le 27 septembre, son tour de France de l'écologie. Son passage à l'Alpe d'Huez, le 30, lui aura donné une vision franche du chemin qu'il reste à parcourir.

Le Moniteur #6267 : Sur les chantiers, les recrutements ne faiblissent pas
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Pour un ministre des Finances, même expérimenté, concocter le budget de l'Etat s'apparente à un exercice comptable : prendre ici pour redistribuer là. Un jeu de vases communicants qui permet d'élaborer un propos politique à partir de grandes masses financières difficiles à appréhender. Le projet de loi de finances pour 2024 ne fait pas exception. Tout juste ripolinée de vert suite au dévoilement des grandes lignes de la planification écologique, la feuille de route présentée par Bruno Le Maire peut se résumer grossièrement en quelques arbitrages : aider la rénovation des logements plutôt que sauver le neuf, accélérer les travaux ferroviaires en taxant les autoroutes, faire progressivement disparaître le GNR au profit des biocarburants… Autant d'annonces auxquelles s'attendait la construction. Bref, rien de nouveau sous le soleil. Ou plutôt sous les nuages lourds. L'effondrement brutal du logement neuf aura de graves conséquences bien au-delà du cercle des promoteurs En effet, ce jeu d'écritures, consistant à faire passer des milliards d'une ligne à l'autre, fait totalement abstraction de la situation des acteurs du BTP alors même qu'il se déroule dans les couloirs de Bercy, tour de contrôle de l'économie française. Certes, le secteur dans son ensemble n'est pas en crise. En témoigne le rythme toujours soutenu des recrutements dans les entreprises de travaux. Mais ces besoins en bras et en cerveaux sont à la fois liés au cycle des projets - on construit ce qui a été décidé il y a de longs mois - et au déficit d'attractivité du secteur, phénomène insensible à la conjoncture. Ils ne sauraient donc occulter les difficultés qui s'annoncent. L'effondrement brutal du logement neuf aura de graves conséquences bien au-delà du cercle des promoteurs. Les bailleurs sociaux voient déjà leurs agréments se réduire à peau de chagrin là où la Vefa fournissait une partie notable du contingent des HLM. Le regain d'activité dans l'ancien, lui, ne compense en rien les chantiers perdus du bâtiment. Même les entreprises de travaux publics craignent que, par le truchement des droits de mutation, la crise de l'immobilier ait un effet délétère sur leurs carnets de commandes. La contagion guette. Non seulement une partie de l'eau s'est évaporée, mais les vases sont percés.

Guide de l'urbanisme : L'instruction des autorisations d'urbanisme et des déclarations préalables
brochure
Année : 2023
Auteur : Ordre des architectes d'Ile-de-France
Editeur : ORDRE DES ARCHITECTES D ILE DE FRANCE ORDR ARCHITEKT IL FRANS
Description : Acteurs de la construction ou particuliers, vous souhaitez obtenir votre autorisation d’urbanisme ou votre déclaration préalable ? Le Guide de l’urbanisme répond à vos interrogations ! Élaboré par le Conseil régional de l'Ordre des architectes d'Île-de-France dans le cadre de ses missions d'intérêt public. C'est un outil pour mieux appréhender les différentes étapes de l'instruction des demandes d'autorisation d'urbanisme et des déclarations préalables. Il s'adresse tant aux architectes qu'à la maîtrise d'ouvrage. Ce guide n'a pas pour objet de se substituer aux dispositions législative et/ou réglementaires applicables aux autorisations d’urbanisme et aux déclarations préalables. Cet outil de documentation, à but pédagogique, n'engage pas la responsabilité du CROAIF. Sauf dispositions contraires, les articles mentionnés sont ceux du Code de l’urbanisme, n’hésitez pas à les consulter.

Maisons paysannes de France #229 : Dossier : escaliers extérieurs
revue
Année : 2023
Auteur : Guy Sallavuard
Editeur : MAISONS PAYSANNES DE FRANCE MAISON PAISAN FRANS
Description : Inégalement réparti en France, l’escalier extérieur représente un marqueur typologique de l’habitat rural. En s’accordant à des choix d’agriculture aussi spécialisés que la culture de la vigne et l’élevage ovin, il s’attache par principe au genre de maison en hauteur agencée sur trois ou quatre niveaux : un cellier, une bergerie ou un chai, un logis à l’étage, puis un grenier.

D'architectures #311 : Dossier : les lieux de la mort, le grand tabou
revue
Année : 2023
Auteur : Emmanuel Caille
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : Le pire endroit pour les morts ? Il y en a dans tous les villes et villages de France, des lieux où l’on devrait avoir envie de se promener, des lieux qui devraient être les plus beaux parce que l’on peut y vivre des moments intenses, ou y rester peut-être pour l’éternité… Occupant de vastes superficies, souvent placés en plein milieu urbain, ils sont les parcs ou jardins qui nous manquent tant aujourd’hui. Et pourtant qu’ils sont laids et sinistres nos cimetières, royaume du kitsch funéraire où règnent fleurs en plastique et plaquettes de granit poli venues de Chine. Le concept de nos cimetières, hérités d’un temps où l’on vivait pendant des générations sur la terre de nos ancêtres, est devenu complètement obsolète. Mais personne ne paraît remettre en cause ce monde, sans doute parce qu’on le subit dans l’urgence et le désarroi, parce qu’il est trop tard, parce qu’on préfère ne pas y penser, mais aussi parce qu’il est soumis au lobbying du business funéraire, bien installé. Il n’y a qu’à voyager de Stockholm à Igualada en passant par Modène pour découvrir qu’un cimetière n’est pas forcément sinistre. Chez nous, leur conception ou leur entretien est confié aux services municipaux ou à des géomètres, rarement à des paysagistes ou des architectes. Il existe bien quelques rares et beaux exemples, que vous découvrirez dans ces pages, mais ils ne paraissent pas faire école. Une seule métropole, Montpellier, semble avoir pris la mesure du problème avec une magnifique extension de son cimetière de Grammont, réalisée par l’agence Traverses. Mais cette expérience, pourtant exemplaire, ne semble pas avoir ébranlé les mentalités ; les lieux des morts, qui accueillent près de 600 000 Français par an, posent des questions qui n’intéressent visiblement personne. Oui, pendant encore longtemps la France devrait rester le pire endroit pour les morts !

Le Moniteur #6268 : Après les émeutes, la reconstruction à petits pas
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Le « fou du Puy » serait-il devenu le « zinzin du ZAN » ? On peine à comprendre ce qui a poussé Laurent Wauquiez à annoncer que sa région « sortait du ZAN ». Pour être honnête, on a d'abord peiné à comprendre ce que cela signifiait. Puis, une fois précisé que la collectivité suspendait la procédure de modification de son Sraddet pour manifester son mécontentement face aux règles nationales, on a peiné à comprendre ce qu'elle avait à gagner à se priver d'un outil aussi crucial pour l'aménagement de son territoire. Bien entendu, Laurent Wauquiez a toute sa tête. Son coup d'éclat, il le sait pertinemment, n'aura que peu de portée pratique. Annoncer une « sortie du ZAN » pour un élu de droite engage autant que poser un panneau « Commune hors Tafta » pour un élu altermondialiste : de l'affichage pur et simple. Son objectif est ailleurs. Ce redoutable animal politique a flairé autour du ZAN un potentiel point de clivage. Le candidat non déclaré à la présidentielle de 2027 a choisi de dégoupiller sa grenade devant l'Association des maires ruraux de France. Nul besoin d'être un normalien doublé d'un énarque pour saisir qu'il entend réveiller l'antagonisme entre France des villes et France des champs. La lutte contre l'artificialisation ne peut se réduire à une lubie urbaine. Dans les petites communes, c'est clair, des élus se disent désemparés face à la fin annoncée des lotissements, gloutons en terres. Le risque de friction existe - c'est indéniable - entre l'objectif de sobriété et celui, tout aussi louable, de développement local. Mais il est tout aussi certain qu'il faudra, demain, aménager autrement. Oui, c'est contraignant. Oui, c'est long. Mais, comme la décarbonation, comme le recyclage, ce n'est plus une option. Là se trouve l'erreur de jugement de Laurent Wauquiez : réduire la lutte contre l'artificialisation à une lubie urbaine. Or, la population rurale a fait sienne la volonté de préserver les espaces naturels. Le monde agricole lui-même fait désormais pression pour limiter le grignotage des terres. Ce n'est pas parce qu'ils roulent au diesel et se chauffent au fioul que les habitants des bourgs se moquent de la nature. En cherchant à toucher ce qu'il imagine être les tréfonds des terroirs, le stratège politique confond clivage et cliché. Non, les Français, même ruraux, ne sont pas des veaux.

Exé #53 : Technique et activité
revue
Année : 2023
Auteur : Clémentine Roland
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : Aborder le sujet des bâtiments techniques et productifs, c'est parler d'industrie et d'économie, d'emploi et de qualifications, d'aménagement et d'ergonomie. C'est aussi parler des professionnels qui répondent au quotidien aux attentes d'usagers de services et de consommateurs exigeants.

La Gazette des communes #2686 : Et si la grogne citoyenne nourrissait l'action publique..
revue
Année : 2023
Auteur : Hervé Jouanneau
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : L'annonce a fait l'effet d'une bombe parmi les élus de banlieue. Trois mois après les violences urbaines qui ont ébranlé le pays et remis sous les projecteurs ceux que l'on a coutume d'appeler les territoires oubliés de la République, la décision prise par l'Elysée d'annuler le comité interministériel des villes (CIV) du 9 octobre a sonné le glas d'une confiance déjà bien érodée entre l'exécutif et les acteurs de terrain. Le rendez-vous, promis cet été pour répondre aux grands enjeux de la politique de la ville, avait pourtant fait l'objet d'une série de rencontres et de concertations encourageantes. Mais le chef de l'Etat en a voulu autrement, imposant à la dernière minute un nouveau report, le quatrième en un an, au profit d'un temps d'échange sans envergure - pompeusement baptisé « Conseil national de la refondation » -dédié aux émeutes. COLÈRE. Sidérés, les maires de banlieue qui, depuis la violente poussée de fièvre de juillet, nourrissent l'espoir que le gouvernement prenne pleinement conscience du malaise des quartiers, ne décolèrent pas. Et fustigent, à l'instar du maire de Grigny, Philippe Rio, « le mépris et l'indifférence du pouvoir pour les quartiers populaires ! » Comment expliquer ce nouveau rendez-vous manqué ? Les observateurs les mieux informés expliquent que le Président aurait demandé à son gouvernement de revoir la copie, pas suffisamment ambitieuse. D'autres ne veulent y voir qu'une péripétie calendaire, le CIV étant « repoussé de quelques semaines », sans doute fin octobre, affirme-t-on à Matignon. On le saura très vite. Si le chef de l'Etat tergiverse autant pour proposer une solution aux émeutes, c'est peut-être parce qu'il n'en a pas. TROISIÈME VOIE. Au-delà, tout porte à croire qu'Emmanuel Macron s'est égaré sur une ligne de crête, à la recherche d'une troisième voie entre, d'une part, une posture « de gauche » synonyme de traitement social de la pauvreté, et, d'autre part, un choix « de droite » tablant sur un durcissement sécuritaire. A moins que la vérité ne se situe ailleurs. Car si le chef de l'Etat tergiverse autant pour proposer une solution aux émeutes, c'est peut-être aussi parce qu'il n'en a pas. Ce qui est encore moins rassurant pour les habitants des quartiers qui, chaque jour, s'enfoncent un peu plus dans la pauvreté.

AMC #317 : GHOTMEH - TOLILA+GILLILAND - STUDIO 1984 - JAQ
revue
Année : 2023
Auteur : Olivier Namias
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Comment meurent les bateaux et qui coud ma chemise ? Cette interrogation, apparue à la suite d'accidents dans des casses de navires et des usines textiles du Bangladesh au milieu des années 2000, se pose au quotidien dans nos sociétés industrialisées confrontées au défi de leur durabilité. La question porte autant sur les matériaux que sur les acteurs de la transformation de notre environnement, fissurant les mythologies comme celle de l'architecte démiurge. Une figure déjà bien écornée, à en juger le nombre d'architectes regroupés en collectifs ou derrière un sigle gommant les individualités. Qui peut encore croire, hormis pour des commodités légales, que le génie d'une personne métamorphose la société par ses idées miraculeuses ? Derrière l'architecte, une foule travaille à la patiente mise au point d'un bâtiment et à son développement en chantier ; et dans cette seconde ligne, très souvent des femmes, écartées du devant de la scène alors qu'elles représentent désormais la moitié des moins de 35 ans inscrits à l'Ordre et plus de la moitié des étudiants en architecture. Leur donner une visibilité pourrait-il faire émerger une nouvelle architecture ou y contribuer ? C'est le premier pas d'une longue marche pour l'égalité qui ne doit pas s'arrêter au genre. Derrière la domination masculine diffuse se cache une domination sociale bien mesurée : seuls 4 % des jeunes diplômés en architecture ont un père ouvrier(*). Dans la cohorte des invisibles, il faudrait aussi mentionner les légions de BET et entreprises, déterminants dans la réalisation d'une œuvre. Pour en finir avec l'invisibilité, les médias doivent prendre leur part, sans exclure de piste. Le cinéma, par exemple, n'oublie jamais de citer à chaque projection l'ensemble des participants à la fabrication d'un film, du réalisateur (l'architecte) au scénariste (le programmiste), en passant par l'accessoiriste et le décorateur (les entreprises), les matériaux musicaux et les opérateurs (les BET), pour finir par le producteur (la maîtrise d'ouvrage). Comme les films, les bâtiments mériteraient d'avoir leur générique. Lors des inaugurations, les architectes déplorent régulièrement de n'être jamais cités par leur maître d'ouvrage. Faut-il y voir une forme de morale : si vous invisibilisez les autres, vous deviendrez à votre tour invisible ?

AMC Hors-série 2023 : Transformations
brochure
Année : 2023
Auteur : Olivier Namias
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : « Rien n'est permanent, sauf le changement », affirme une citation attribuée tantôt à Confucius, tantôt à Héraclite d'Ephèse. Quel qu'en soit l'auteur, la maxime s'applique aux bâtiments depuis I'Antiquité. L'édification de la ville de Split sur le palais de Dioclétien a fasciné des architectes aussi divers qu'Ernest Hébrard ou Aldo Rossi. Elle constitue l'exemple le plus marquant d'une modalité de transformation progressivement écartée au profit de deux logiques parallèles : la restauration, réservée aux monuments historiques, et pour les autres bâtiments la rénovation, soit la démolition complète au profit du neuf, dans un esprit de modernisation. Le prestige de la modernité balayait les pratiques persistantes de réhabilitation, qui représentaient pourtant une part importante de l'activité des architectes. Avant l'édifice, il fallait donc réhabiliter le principe même de la réhabilitation, comme s'y essaya le pavillon de I'Arsenal en 1997. « Transformer, réhabiliter, reconvertir, c'est faire évoluer des architectures d'un passé ancien ou récent, afin Qu’elles deviennent des signes de notre modernité », plaidait Jean Tiberi, alors maire de la capitale, sans vraiment convaincre en dépit d'une solide collection d'exemples. Il aura fallu le décompte des émissions de gaz à effet de serre dans le bilan des opérations pour sortir la réhabilitation du genre mineur où elle était cantonnée. La fièvre immobilière aura elle aussi contribué à l'essor de ces projets, plus coûteux et plus complexes que les projets neufs, qui appliquent des méthodes standardisées sur des terrains débarrassés d'incertitudes. Cette complexité donne aux architectes l'opportunité de retrouver la maîtrise du projet et l'initiative de l'invention. Les pages qui suivent offrent un aperçu de ce « printemps de la réhabilitation », qui, espérons-le, durera plus longtemps que ce que durent les roses, et ne sera pas de sitôt appauvrit par la standardisation. Les métamorphoses stupéfiantes font partie du jeu : la façade métallique en couverture de notre hors-série recouvre la structure béton d'un entrepôt de vin, comme derrière les façades ordinaires des maisons de la rue Torta sommeille l'amphithéâtre romain de Florence. Rien n'est permanent, sauf la métamorphose.

La Gazette des communes #2687 : Circuits courts : Ces villes qui retrouvent la clé des champs
revue
Année : 2023
Auteur : Hervé Jouanneau
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : La peur du terrorisme aveugle est de retour. Après l'effroyable assassinat du professeur Dominique Bernard au lycée Gambetta à Arras par un islamiste, la question est dans tous les esprits : comment éviter qu'un tel drame se reproduise ? Comment prévenir le passage à l'acte d'individus isolés et radicalisés dont le mode opératoire est bien souvent improvisé ? En l'absence de réponses, un sentiment d'impuissance semble dominer. D'autant que les services antiterroristes le confirment : qu'elle soit projetée depuis l'extérieur ou qu'elle vienne d'un loup solitaire galvanisé par les atrocités de la guerre au Proche-Orient, rarement la menace a été aussi élevée et difficile à détecter. PRIORITÉ À L'ORDRE. Pour rassurer la population, l'exécutif promet un « Etat impitoyable », mobilise l'appareil militaire et policier, relève tous les niveaux de surveillance et accélère l'expulsion des « fichés S » étrangers. Priorité à l'ordre. Les collectivités ne sont pas en reste. Sollicités par le ministre de l'Education nationale pour mieux sécuriser les établissements scolaires, les élus locaux vont sans nul doute mettre la main au portefeuille pour lancer de nouveaux travaux d'aménagement et muscler leurs systèmes de vidéoprotection. Comme souvent, le tiroir-caisse territorial servira à soutenir de coûteuses technologies de sécurité. Mais pour quels résultats ? Comme souvent, le tiroircaisse territorial servira à soutenir de coûteuses technologies de sécurité. Mais pour quels résultats ? La volonté de protéger et de sanctuariser les collèges et les lycées n'est pas contestable. Mais, n'en déplaisent à leurs thuriféraires, les caméras et les portiques n'ont jamais empêché les martyrs-kamikazes de réaliser leur dessein mortifère. EN PREMIÈRE LIGNE. S'ils veulent éradiquer durablement ceux qui cherchent précisément le délitement de la cohésion nationale et la guerre de tous contre tous, les pouvoirs publics devront aussi relever un autre défi, immense : celui de l'école républicaine et de la transmission de ses valeurs - la laïcité, la citoyenneté, l'esprit critique et la lutte contre les discriminations. Cet effort-là n'a pas de prix et place la communauté éducative ainsi que l'ensemble des élus et des agents publics en première ligne du combat contre l'obscurantisme. Faisons bloc !

A vivre HS #59 : Le meilleur de l'architecture
revue
Année : 2023
Auteur : Jordi Patillon
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : Architecture à Vivre est la seule revue d'architecture et de design en France qui s'adresse au grand public. Elle a pour but de diffuser la qualité architecturale auprès d'un large public et plus particulièrement les thèmes de l'habitat et de l'univers de la maison, en expliquant de la façon la plus claire la logique d'un projet, son empreinte culturelle et environnementale, la fabrication de l'espace, les matériaux, le tout illustré par le point de vue de l'habitant, du concepteur et par une présentation détaillée des produits.

Le Moniteur #6269 : "Les architectes sont à l'avant-garde des besoins de la société"
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : LE MONITEUR MONITER
Description : Et si l'usine produisait des chantiers à la chaîne ? Le projet de loi Industrie verte, qui vient d'arriver au terme de son cheminement parlementaire, devrait y contribuer. Fruit d'un compromis entre groupes politiques et d'un accord entre députés et sénateurs, le texte n'a pas nécessité de recours au 49-3. Son contenu ne fait peut-être pas tout à fait l'unanimité, mais son ambition fait consensus : accélérer la mutation de l'appareil productif hexagonal. Ce n'est pas écrit noir sur blanc dans la loi, mais les professionnels de la construction se trouvent au cœur du processus de réindustrialisation. D'abord, parce que ces usines indispensables à la décarbonation, il faudra bien les faire sortir de terre. Une partie des nouvelles dispositions s'attache ainsi à simplifier l'accès au foncier et à accélérer les procédures, pour, à terme, concevoir, construire et exploiter des unités de production. A l'heure où la production de logements s'éteint dans l'indifférence gouvernementale, le coup de pouce à d'ambitieux projets industriels conduira les constructeurs à des repositionnements opportuns. Certains, dans le gros œuvre ou l'ingénierie, l'ont déjà compris. Le secteur de la construction se trouve au cœur du processus de réindustrialisation « verte » Mieux : ces chantiers en appelleront d'autres, bien plus nombreux. L'exécutif et les parlementaires entendent promouvoir tout particulièrement les « big five », à savoir l'éolien, le photovoltaïque, les pompes à chaleur, les batteries et l'hydrogène décarboné. Fait remarquable : ces cinq productions industrielles d'avenir nourriront toutes la réalisation d'ouvrages et de réseaux. Un motif de réjouissances, donc, mais aussi une preuve supplémentaire du rôle central que la construction est appelée à jouer dans les transitions écologique et énergétique. Nul ne peut prédire aujourd'hui les effets réels des dispositifs d'Industrie verte. En revanche, on peut d'ores et déjà affirmer que celle-ci accompagne un mouvement profond et inéluctable de transformation de notre économie. Et qu'il est temps d'en tirer profit. C'est désormais écrit noir sur blanc.

Le Moniteur #6270 : Retrait-gonflement des argiles : une fissure très salée
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : LE MONITEUR MONITER
Description : Comment freiner l'épidémie de fissures qui touche les maisons françaises ? La question reste à ce jour sans réponse. Pourtant, la multiplication des épisodes de sécheresse provoque une croissance exponentielle et inexorable des dégâts sur le bâti. Même les zones aussi éloignées du croissant argileux que le Finistère ou la Corse-du-Sud sont désormais touchées. Avec, au bout du compte, une facture qui se compte en milliards d'euros. L'appréhension du phénomène du retrait-gonflement des argiles se heurte à une difficulté particulière, celle de percevoir l'ampleur de la catastrophe. Ici, pas d'image spectaculaire. Les ravages d'une crue ou d'un séisme font les gros titres. Pas les petites fissures qui lézardent en silence ces habitations. Confrontés à des montagnes de sinistres, les assureurs s'alarment eux aussi Avec ses 3,5 milliards d'euros de dégâts, le triste record de 2022 aura, si l'on ose dire, réussi à briser ce mur de l'indifférence. Le député du Nord Vincent Ledoux vient ainsi de remettre à la Première ministre un rapport parlementaire sur le sujet. Il propose un bouquet de mesures, allant de la mobilisation financière à l'adaptation du régime « Cat Nat », en passant par les études géotechniques et une « météo des sols ». Confrontés à des montagnes de sinistres, les assureurs s'alarment eux aussi. Et cherchent, entre autres, à améliorer les solutions destinées à protéger les habitations. Des techniques encore insuffisamment maîtrisées mais qui pourraient devenir courantes à l'avenir. En 2023, les frais devraient rester sous la barre du milliard d'euros. Un léger mieux, certes, mais qui représente tout de même le double de la moyenne des années 2000. Indubitablement, nous avons déjà changé d'ère et rien ne permet aujourd'hui d'imaginer que le réchauffement climatique cessera de produire ses effets dans les prochaines décennies. Qu'il plafonne à + 2 °C ou atteigne + 4 °C, il faudra s'adapter et cela ne se limitera pas à végétaliser les rues ou rafraîchir les logements. Sécheresses, orages, érosion côtière ou mégafeux… Silencieuses ou fracassantes, les calamités sont devant nous. Elles doivent être regardées en face.

La Gazette des communes #2688 : Logement - Face à la crise, les collectivités jouent les pompiers
revue
Année : 2023
Auteur : Romain Mazon
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : La crise des « gilets jaunes » en a été le marqueur récent le plus spectaculaire : bien que fondée sur un diagnostic globalement non contredit en France, la hausse de la taxe « carbone » a été rejetée par une partie du pays, entraînant un cycle de violences inédit. Dans un autre registre, le projet d'autoroute A69 mobilise des opposants déterminés à le stopper malgré l'affirmation de sa conformité réglementaire. Le ministre des Transports, Clément Beaune, a beau expliquer que tous les recours judiciaires ont reçu une réponse, que toutes les procédures d'enquête préalable et de concertation ont été respectées, rien n'y fait : des milliers d'opposants récusent la légitimité démocratique de la décision. TRANSPARENCE. Même l'autorité de la loi ne pèse plus auprès des citoyens : les zones à faibles émissions, dispositif mis en œuvre dans de nombreuses métropoles européennes sans susciter de crise, ne passent pas en France, malgré déjà deux lois. Dans son récent rapport consacré à l'acceptabilité des ZFE (1), l'ancienne ministre de la Transition écologique Barbara Pompili recommande de « mener des consultations publiques et d'assurer la transparence du processus d'élaboration du projet ». Les décideurs locaux ne peuvent se contenter de dénoncer l'incurie de l'Etat car leurs décisions sont tout autant contestées. QUESTIONS POLITIQUES. Sauf que si la démocratie représentative est en crise, la démocratie participative l'est tout autant (2). Laissons aux sociologues le soin de nous éclairer sur les raisons pour lesquelles des citoyens n'acceptent plus les règles du jeu démocratique. Et aux historiens de documenter les renoncements ou trahisons qui, sur le plan national, ont nourri ce désamour. Mais notons que les décideurs publics locaux ne peuvent, cette fois, se contenter de dénoncer l'incurie de l'Etat, car leurs décisions sont tout autant contestées. Pour les universitaires Alice Mazeaud et Guillaume Gourgues (lire p. 22-23), le hiatus tient en partie à « l'inflation des dispositifs participatifs », qui les dévalorise. Et les chercheurs de proposer de cibler la participation « sur les sujets qui soulèvent des questions fondamentalement politiques. Or, c'est exactement là où le politique ne veut pas qu'il y ait de participation ». On tient sans doute ici un début de réponse pour résoudre la crise démocratique.

La Maison écologique HS #19 : Récup & réemploi
revue
Année : 2023
Auteur : Gwendal Le Ménahèze
Editeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIK
Description : Sur les 37,8 millions de logements que comptait la France début 2022, l'Insee dénombrait 3,7 millions de résidences secondaires et 3,1 millions de logements vacants. Soit près d'un logement sur cinq inutilisé comme lieu de vie principal. Et c'est sans compter les montagnes d'autres bâtiments en quête de reconversion ; locaux commerciaux, industriels, agricoles, publics... Rien qu'en Île-de-France, la surface de bureaux vacants a presque doublé depuis la crise sanitaire du Covid et le développement du télétravail, pour atteindre 4,4 millions de m² mi-2022. Malgré ce grand vide qui prend beaucoup de place, on continue d'autoriser la construction de 431 800 logements neufs par an, qui grignotent encore et encore nos paysages. Et engloutissent nos ressources, puisque construire une maison consomme 1,2 t/m2, soit 40 fois plus de matières qu'une rénovation basse consommation. 51 millions de tonnes de matériaux ont été dévorés pour la construction neuve en 2015. À l'occasion de cet opulent festin, la construction nous recrache ses impacts sur l'environnement. L'ingénieur Bruno Peuportier a comparé les bilans environnementaux de la réhabilitation d'un bâtiment des Yvelines et de sa reconstruction à neuf : malgré la meilleure performance énergétique du scénario neuf (35 kWh/m2.an de chauffage contre 50), même après 30 ans le neuf traîne un bilan carbone global 45 % plus lourd, soit 252 kg d'émissions de CO2 de plus par m2 ! Sur le plan énergétique, l'expert Olivier Sidler estime « qu’une rénovation performante dépense trois fois moins qu’une construction ». Et la note environnementale serait bien moins salée si ces chantiers étaient menés en réemploi. Cerise sur le gâteau, quand la démolition régurgite 328 t de déchets par unité de travail* et la construction neuve, 34 t, la rénovation en rejette18 t. Alors, de toute évidence, transformons nos 213 millions de tonnes annuelles de déchets du BTP en ressources pour nos chantiers. Mais, sachant que 63 % du bilan carbone d’un bâtiment neuf sont attribués à ses matériaux et équipements, n'oublions pas de réemployer les bâtiments qui nous tendent les bras. * 1 UT = 1 salarié, ce qui décorrèle en grande partie la production de déchets de la taille du chantier.

Architectures CREE #406 : Automne 2023
revue
Année : 2023
Auteur : Karine Quédreux
Editeur : MEDIARECLAME PUBLISHING MEDIAREKLAM PUBLICHING
Description : La division de la discipline architecturale n’est pas l’apanage de notre époque contemporaine, qui oppose les échelles - celle de la ville, des espaces habités, des matériaux, ou encore des courants de pensée. « C’est dans les villes européennes que se sont affirmées, du XIIe au XVIe siècle, la plupart des libertés - économiques, politiques, sociales, culturelles, familiales, morales - qui caractérisent aujourd’hui les sociétés occidentales », rappelle Jean Haëntjens, économiste et urbaniste, directeur d’Urbatopie. Dans son dossier consacré à l’aménagement urbain, Architectures CREE interroge la complémentarité, ce lien tenu entre l’architecte et l’urbaniste face aux élus dont il s’agit coûte de coûte de gagner la confiance afin de fabriquer la ville vertueuse de demain. L’urbaniste s’installe-t-il chez l’architecte, à moins que ce ne soit le contraire ? Ainsi pourrait-on s’étonner de la déclaration de Christine Leconte, présidente du Conseil national de l’Ordre des architectes, à la Fondation Jean Jaurès le 17 mai dernier, dans le cadre du débat sur la place de l’architecture dans les politiques publiques : « L’architecture doit être pensée fondamentalement en interministériel tout en étant éminemment culturelle. Son positionnement situe la valeur que nous accordons à notre art de vivre ensemble. Aujourd’hui, elle est peu visible. (…) En fait, ce qui fait la ville, ce qui spatialise le projet démocratique, c’est l’architecture ». Aurait-on ici perdu la trace de l’urbanisme au profit d’une architecture toute puissante ? Certes non, car de poursuivre : « Quand des villes perdent toute qualité architecturale ou urbaine, des problématiques sociales, environnementales, de mobilités, d’habitat émergent alors. » Soyons donc toujours attentifs à ne pas alimenter cette lutte larvée entre les deux disciplines. Pascale Poupinot, présidente du Conseil français des urbanistes, instruit ce même discours revenant sur le rôle des agences d’urbanisme - l’un des acteurs paradoxalement les moins célébrés - dans la fabrique de la ville, rappelant l’importance d’une parole à plusieurs voix. La position de ces instances se rallie donc, et il n’est qu’à suivre le débat public sur la transition écologique pour finir de s’en persuader ! Il est de fait grand temps de redonner explicitement sa place à chacune d’elle pour gagner en qualité architecturale et urbaine afin de faire émerger un débat positif à tous les égards. À la question de savoir comment nous vivrons demain face au défi climatique, la réponse mérite de toute évidence une mutualisation des compétences.

Le Moniteur #6271 : Pour le béton aussi, le bio c'est bon
revue
Année : 2023
Auteur : Jérémy Bellanger
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Le malheur des uns fait le bonheur des autres. L'adage se vérifie souvent, mais omet de préciser que les réjouissances peuvent être de courte durée. Dernier exemple en date : la crise du logement neuf et ses effets. Pour les promoteurs, la cote d'alerte est désormais largement dépassée, comme en témoignent les derniers résultats communiqués par certains grands acteurs. Aux avant-postes du marché de la construction, ils ont été parmi les premiers à faire les frais de la remontée des taux et des difficultés d'accès au crédit. Les voilà dans l'incapacité d'écouler leurs produits, sauf à les dévaluer. Une aubaine pour les bailleurs sociaux qui se retrouvent en position de force à l'heure de négocier le prix du mètre carré. Pourtant, rares sont les organismes HLM à se féliciter de la nouvelle donne, bien conscients que cette parenthèse des bonnes affaires est en réalité mortifère et se refermera aussi vite qu'elle s'est ouverte. Les bailleurs sociaux se retrouvent en position de force à l'heure de négocier le prix du mètre carré. Mais derrière, c'est la pénurie qui guette. Derrière, c'est la pénurie qui guette. Un trou d'air dans la construction qui n'épargnera aucun maillon de la chaîne de valeur. Le dernier congrès de l'Unsfa s'est d'ailleurs fait l'écho de ce risque de contagion, pointant l'impact à venir sur les maîtres d'œuvre. Une inquiétude bien compréhensible qui commence également à infuser au sein d'entreprises de travaux, encore très occupées sur les chantiers, mais dont les défaillances sont reparties à la hausse au troisième trimestre. Pour sûr, les mois à venir tiendront de l'épreuve de résilience, même si certains parviendront à s'abreuver dans des oasis du marché telles que la rénovation énergétique et l'industrie. La crise est là et elle gagne du terrain. Reste désormais à en connaître l'ampleur et la durée. Deux paramètres largement dépendants de l'action des pouvoirs publics.

La Gazette des communes #2689 : Pollution sonore - Les collectivités ne peuvent plus faire la source oreille
revue
Année : 2023
Auteur : Hervé Jouanneau
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : C'était un rendez-vous attendu avec une impatience teintée d'anxiété et d'espoir. Annoncé il y a un an, maintes fois reporté, le comité interministériel des villes (CIV) s'est finalement bel et bien tenu, le 27 octobre, à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines). De quoi soulager les maires de banlieue qui, ces dernières semaines, ne dissimulaient plus leur colère, fustigeant les atermoiements de l'exécutif face à l'urgence sociale dans les quartiers populaires. PAS DE SURPRISE. Entourée de la moitié de son gouvernement, la Première ministre a donc répondu à l'appel des élus locaux pour « faire vivre la promesse républicaine et garantir l'égalité des chances ». A la clé, une pluie de mesures touchant à la mixité sociale, à la transition écologique, à l'emploi ou à l'accès aux services publics. Certaines étaient réclamées, comme la généralisation des cités éducatives, un nouveau plan sur les copropriétés dégradées et le fléchage du fonds vert. Pas de surprise pour les autres, en revanche, la plupart étant recyclées ou déjà sur les rails. Même scénario pour le plan de fermeté que la même Elisabeth Borne avait présenté la veille en réponse aux émeutes de l'été. La déception est tangible sur le terrain. Le CIV historique, que tous espéraient, avec un vrai projet pour repenser la cohésion nationale, n'a pas eu lieu. ATTENTES IMMENSES. De leur côté, les élus et les professionnels, qui attendait du gouvernement une ambition, un souffle à la hauteur des enjeux, sont tombés de haut. « Pas de révolution mais des évolutions », a concédé, amer, Philippe Rio, maire (PC) de Grigny, à l'issue du discours de douze minutes prononcé par Elisabeth Borne. Certes, l'exécutif a honoré son engagement. Et cette liste de 40 mesures techniques - bien souvent sans moyens ni calendrier - va dans le bon sens et étoffe un peu la boîte à outils des professionnels. Mais sur le terrain, où les attentes étaient immenses, sans doute trop, la déception est tangible. Le CIV historique, que tous espéraient, avec un vrai projet pour repenser la cohésion nationale, n'a pas eu lieu. Et dans un contexte de crispation sociale et de fortes tensions internationales, les acteurs de terrain vont se retrouver bien seuls pour tenter de panser les plaies des quartiers les plus pauvres et les plus fragiles. Et de leurs habitants.

La Gazette des communes HS #43 : Les 5 éléments - Des solutions pour agir concrètement contre le dérèglement climatique
brochure
Année : 2023
Auteur : Delphine Gerbeau
Editeur : EDITIONS LE MONITEUR EDISION MONITER
Description : L’air, l’eau, la terre, le feu, et surtout l’humain, c’est sous le signe, non pas des quatre, mais de cinq éléments que nous avons décidé de concevoir ce supplément, qui démontre que les collectivités territoriales n’ont pas attendu la feuille de route gouvernementale de la planification écologique pour tester de nouvelles pistes et mener la transition écologique de leurs politiques publiques, et de leurs territoires. Cinq éléments qui sont tous reliés entre eux, et sur lesquels l’humain – notre 5e élément – a un impact fondamental. Travailler sur la qualité de l’air signifie s’attaquer au mode de chauffage des bâtiments et à leur rénovation, aux mutations des mobilités, aux carburants décarbonés. Stopper l’étalement urbain c’est aussi travailler à la désimperméabilisation des sols, et donc à la protection de la ressource en eau, et à la restauration de la biodiversité… Les différents plans mis en œuvre au niveau local, comme le plan climat air énergie territorial sont le symbole de cette imbrication des enjeux. Cet automne les collectivités doivent organiser des Cop territoriales pour concrétiser localement la feuille de route de la planification écologique, présentée le 25 septembre par Emmanuel Macron. Cette feuille de route est une matrice qui explique les efforts à consentir pour réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, puis atteindre la neutralité carbone en 2050. Tout en intégrant d’autres enjeux : la préservation de la biodiversité, la santé, l’intégration des impacts du changement climatique et la gestion des ressources naturelles. Six leviers sont visés : les transports, le logement, la préservation et la valorisation des écosystèmes, la production, la consommation, l’alimentation et l’agriculture. Le projet de loi de finances pour 2024 prévoit sept milliards dédiés à l’atteinte des objectifs. Les collectivités territoriales sont au cœur de cette planification. Sans elles, les objectifs ne resteront que des vœux pieux. Elles sont déjà à pied d’œuvre dans beaucoup de territoires. Reste à orchestrer la multitude d’initiatives déjà prises, à s’enrichir de ce que les voisins ont déjà fait, et à embarquer l’ensemble des agents et élus. Ce qui implique aussi un changement des méthodes de management, qui lui aussi va devoir faire sa transition.

Vertige : Dix ans d'enquêtes sur la crise écologique et climatique
Livres
Année : 2023
Auteur : Cécile Cazenave
Editeur : LA REVUE DESSINEE SEUIL REVU DESIN SEIL
Description : « Qui aurait pu prédire la crise climatique aux effets spectaculaires ? », se demandait Emmanuel Macron lors de ses vœux aux Français, le 31 décembre dernier. Depuis sa création il y a dix ans, La Revue Dessinée n’a eu de cesse de proposer, dans chacun de ses quarante numéros, de riches enquêtes en bande dessinée sur les crises climatique et écologique qui secouent le monde. L’une d’elles est même devenue un album best-seller : Algues vertes, l’histoire interdite. Beaucoup d’autres ont documenté ce monde qui, sous nos yeux, se transforme à toute vitesse, à en faire tourner la tête. VERTIGE –, dix ans d’enquêtes sur la crise écologique et climatique rassemble pour la première fois dans un seul et même album les plus emblématiques. Le réchauffement climatique, ses conséquences en cascade liées à sa prise en compte tardive ; l’agro-industrie et son héritage parfois empoisonné, comme avec les algues vertes en Bretagne ou le chlordécone aux Antilles ; la biodiversité menacée, entre extinction massive, compensations aux allures de green-washing et sauvetage à la carte des espèces ; les limites de la planète, qui voit ses ressources les plus rares surexploitées et incite certains à se préparer à une potentielle nouvelle ère, celle de l’effondrement… VERTIGE aborde l’ensemble de ces enjeux d’une actualité brûlante, pour mieux les comprendre, les appréhender et les expliquer.

La Ferme du rail : pour une ville écologique et solidaire
Livres
Année : 2022
Auteur : Clara Simay
Editeur : ACTES SUD AKT SU
Description : La transition écologique et sociale, c’est maintenant, au cœur de Paris, grâce à cette ferme urbaine qui relocalise la production de fruits et de légumes tout en favorisant la biodiversité et en permettant à de nombreuses personnes de se réinsérer dans la société et de redonner du sens à leurs vies.

Insectorama : découvre et observe le monde fascinant des insectes
Livres
Année : 2023
Auteur : Lisa Voisard
Editeur : HELVETIQ ELVETIK
Description : Saviez-vous que certains insectes migrent de l'hémisphère nord à l'hémisphère sud ? Et que le plus grand coléoptère du monde, le dynaste Hercule, mesure 17 centimètres ? Dans Insectorama, découvrez 30 portraits d’insectes que vous pouvez trouver près de chez vous dans les villes, les parcs et les jardins, ou en forêt. Des insectes connus tels que les abeilles, coccinelles, criquets ou vers luisants, ou plus mystérieux comme le sphinx, l’azuré ou la nonne. Chaque portrait est accompagné d’illustrations réalistes, d’un guide d’observation détaillé et d’une foule d’informations utiles, pour savoir où les trouver ou comment les protéger. Enfin, un chapitre supplémentaire dévoile tous les secrets de la vie des insectes. Comment se camouflent-ils, se reproduisent-ils ou migrent-ils ? Devenez des pros des insectes !

Les fruits du myrobolan
Livres
Année : 2023
Auteur : Marco Martella
Editeur : ACTES SUD AKT SU
Description : C'est dans les couleurs et les odeurs de l'arrière-saison automnale que l'on retrouve l'écrivain-jardinier Marco Martella, arpentant ici les territoires plus personnels de la campagne briarde. Aux Fleurs (2021) succèdent les fruits, certains tardifs, comme les dernières pommes, ou sauvages, comme les prunes du myrobolan. Et sont l'occasion d'évoquer les amis, les compagnons de route, les « frères fantômes » qui animent de leur présence énigmatique les paysages aimés.

A Vivre #132 : Travailler à la maison
revue
Année : 2023
Auteur : Jordi Patillon
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : Royaume de l'extrême (qu'il soit climatique, topographique ou géologique), la montagne fascine autant qu'elle peut inspirer la crainte. Construire en altitude n'est donc jamais anodin, et les architectes doivent souvent rivaliser d'ingéniosité pour mener à bien des projets aussi singuliers que les paysages qui les abritent.