Arsène Arnaud Clarétie, dit Jules Claretie ou Jules Clarétie, né le à Limoges et mort le à Paris, est un romancier, dramaturge, critique dramatique, historien et chroniqueur français de la vie parisienne. Il est élu à l'Académie française en 1888. Au cours de sa carrière, il utilise plus d'une douzaine de pseudonymes pour publier ses œuvres et articles, dont, avec Charles-Edmond Chojecki, le pseudonyme collectif Jules Tibyl.
Biographie
Jules Clarétie naît le à Limoges, capitale du Limousin dans le département de Haute-Vienne.
Il collabore à de nombreux journaux, notamment au Figaro et au Temps, sous plusieurs pseudonymes. Il tient la critique théâtrale à l'Opinion nationale, au Soir, à La Presse. Ami d'Étienne Arago, il publie une analyse de ses Mémoires dans Le Temps du .
Historien, il compose entre autres une Histoire de la Révolution de 1870-1871.
En littérature, il publie en début de carrière des romans sentimentaux aux accents mélodramatiques, notamment Eliza Mercœur (1864) et Le Dernier Baiser (1864), puis fait quelques incursions dans le roman policier avec Un assassin (1866), récit d'un « crime mondain qui devint l'un des grands succès de l'année, et Le Petit Jacques (1885), un mélodrame qui sera plusieurs fois adapté au cinéma, dans lequel un ouvrier se laisse accuser d'un meurtre, le coupable lui ayant promis de donner à son fils une bonne éducation ».
Parmi les autres récits appartenant au genre policier, il faut compter Jean Mornas (1885), L'Accusateur (1895), L'Obsession (Moi et l'autre) (1905-1908), et des nouvelles, « en particulier Catissou et Kadja (publiées avec le roman Jean Mornas) ; mais aussi L'Homme aux mains de cire (1878), dans laquelle le héros, persuadé que l'inconnu qui fait la cour à sa propre fiancée est un vampire, trucide son rival d'un coup de poignard béni dans le cœur ; ou encore, L'impulsion (1912), qui s'intéresse aux mobiles d'un meurtre, en apparence gratuit ».
Jules Claretie donne également de nombreux romans sur les milieux de la bourgeoisie et du pouvoir, tels que Monsieur le Ministre (1881) et Le Million (1882), ou quelques récits dans un registre plus exotiques, comme Le Prince Zilah (1884) qui est adapté à deux reprises au cinéma. Plusieurs de ses romans, dont La Famille des Gueux (écrit avec Ferdinando Petruccelli della Gattina), sont également adaptés pour la scène.
En 1894, il écrit pour Massenet le livret de La Navarraise et celui d' Amadis, tiré d'Amadis de Gaule, roman chevaleresque de Garci Rodríguez de Montalvo, qui n'est créé qu'après la mort des deux artistes, le au Grand Théâtre de Monte Carlo.
Il est élu président de la Société des gens de lettres, puis, en 1882 et 1883, il devient vice-président de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, avant d'être nommé, de 1885 à 1913, administrateur général de la Comédie-Française, dont il ouvre les portes à des auteurs contemporains, tels que Paul Hervieu, Georges Rodenbach avec Le Voile en 1894, Henry Bataille et Octave Mirbeau, dont il fait jouer Les affaires sont les affaires et, à contrecœur et contraint par une décision de justice, Le Foyer.
En 1907, il signe la préface de Une amoureuse, de l'écrivaine Violette Bouyer-Karr, œuvre saluée par l'Académie française.
Le , à 48 ans, il est élu membre de l'Académie française au fauteuil 35, succédant ainsi à Alfred-Auguste Cuvillier-Fleury.
Jules Clarétie meurt le 23 décembre 1913 à Paris à l’âge de 73 ans. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (4e division).
Il est le cousin germain de Léo Claretie. Par sa mère, il cousine également avec le peintre Jules Dupré.[réf. nécessaire]
Distinctions
Grand officier de la Légion d'honneur (décret du )
Œuvres
Les papiers personnels de Jules Claretie ainsi que ceux de sa famille sont conservés à la Bibliothèque historique de la ville de Paris. Ils se composent de correspondances, de papiers manuscrits, de son journal et de différents articles.
La bibliothèque de la Fondation Dosne-Thiers a acheté en 1917 les ouvrages composant sa bibliothèque personnelle.
Adaptations cinématographiques
1913 : Le Petit Jacques, film muet français, réalisé par Georges Monca ;
1923 : Le Petit Jacques, film muet français, réalisé par Georges Lannes et Georges Raulet ;
1934 : Le Petit Jacques, film français, réalisé par Gaston Roudès ;
1953 : Le Petit Jacques, film français, réalisé par Robert Bibal.
Hommage
Rue Jules-Claretie (Paris)
Plaque apposée devant le 2 avenue Lesage, à Maisons-Laffitte.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Claude Mesplède, Dictionnaire des littératures policières, vol. 1 : A - I, Nantes, Joseph K, coll. « Temps noir », , 1054 p. (ISBN 978-2-910686-44-4, OCLC 315873251), p. 435.
Georges Grappe, Jules Claretie, E. Sansot et Cie (Paris), 1906, Texte intégral.
Iconographie
Dornac, Portrait d' Arsène Armand dit Jules Clarétie (1840-1913), entre 1885 et 1895, photographie, Paris, musée Carnavalet (notice en ligne).
Jules Chaplain, Jules Claretie, 1905, plaquette en bronze[réf. nécessaire].
Liens externes
Site web claretie.fr.
Ressources relatives à la littérature :
Académie française (membres)
The Encyclopedia of Science Fiction
Internet Speculative Fiction Database
NooSFere
Ressources relatives à la musique :
International Music Score Library Project
Carnegie Hall
Discogs
MusicBrainz
Ressources relatives à la recherche :
La France savante
Isidore
Persée
Ressources relatives au spectacle :
Les Archives du spectacle
Internet Broadway Database
Ressource relative à la vie publique :
base Léonore
Ressource relative à l'audiovisuel :
IMDb
Jules Claretie dans le site Amis et passionnés du Père Lachaise.
Jules Claretie dans le site Médias 19.
Jules Claretie dans le site du Comité des travaux historiques et scientifiques.
Jules Claretie dans le site de l'Art lyrique français.
Œuvres numérisées de Jules Claretie dans le site Internet Archive.
Œuvres numérisées de Jules Claretie dans le site Europeana.
Œuvres numérisées de Jules Claretie dans le site The Oneline Books.
Nouvelles en ligne sur la Bibliothèque électronique de Lisieux :
La Divette (1896)
Petite Cora (1896)
Explication (1896)
Un chapitre inédit de Don Quichotte (1899)
Bouddha (1888)
Un héros de roman (1876)
Marie-Marion (1899).
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