Le Moniteur #6361 : Le nouveau défi du traitement de l'eau
revue
Année : 2025
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Est-ce un effet de la canicule précoce de ces dernières semaines? Le confort d'été - ou plutôt l'inconfort d'été - est redevenu une obsession des Français… et un sujet de débats pour leurs élus. A la suite d'un rapport de la Fondation pour le logement, une proposition de loi transpartisane « visant à adapter les logements aux fortes chaleurs et à protéger leurs occupants» est dans les tuyaux. Un autre texte cherchant, lui,« à lutter contre la chaleur en ville» et prévoyant notamment un «plan volet» est déjà entré dans le circuit parlementaire. Le sujet est… brûlant. La multiplication des pics de température, y compris dans des régions jusqu'à peu épargnées, met au défi l'habitabilité de notre parc immobilier, dont l'essentiel se compose de bâtiments inadaptés à la nouvelle donne climatique. Un logement sur trois serait concerné par la surchauffe. Ajoutez à ces phénomènes extrêmes plus fré­quents une autre tendance de long terme, à sa­ voir le vieillissement de la population, et vous obtenez un problème de santé publique majeur pour les décennies à venir. La difficulté, ici, n'est pas technique. Isolation, brasseurs d'air, persiennes...les solutions à mettre en œuvre ne sont pas nécessairement high-tech. Elles réclament cependant une réelle cohérence dans la conduite des travaux de rénovation afin que la lutte contre les déper­ditions d'énergie hivernales ne crée pas un effet thermos à la belle saison. L'enjeu est ailleurs. Même si les évolutions réglementaires sur le DPE ou l'avis des ABF prévues par la proposition de loi sur les fortes chaleurs dans les logements ne coûtent rien, l'ampleur des travaux à réaliser impose une stratégie de financement pérenne. Un milliard d'euros serait nécessaire chaque an­ née jusqu'en 2040 pour installer ventilateurs au plafond et volets aux fenêtres. Or, les bouilloires s'invitent dans le débat public au moment même où le sort des passoires fait l'objet de vives inquiétudes. Et pour cause, dans cette arrière­ cuisine de la rénovation, c'est actuellement le hachoir qui joue les premiers rôles: il découpe menu les subventions publiques.

Le Moniteur #6376 : Au-dessus de Chamonix, un sommet de complexité
revue
Année : 2025
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Les HLM ne vivent pas mieux quand le privé s’effondre. Au moment de conclure le congrès de l’USH, sa présidente Emmanuelle Cosse a insisté sur l’interdépendance des acteurs de la construction. Promoteurs, entreprises, maîtres d’œuvre et bailleurs n’évoluent pas dans des mondes parallèles. Chacun mène sa barque, mais tout le monde est dans le même bateau, surtout quand il prend l’eau. La culture du secteur est en train d’évoluer vers des relations plus apaisées entre acteurs qui, jusqu’ici, ne communiquaient trop souvent que par lettre recommandée. Et, si les frontières des différents métiers restent nettes, elles se veulent de plus en plus poreuses. Prenez Habitéé, un promoteur rhônalpin d’un nouveau genre qui vise des prix de sortie abordables et non une marge confortable (lire p. 43). Dans son capital, on trouve des collectivités, des maîtres d’œuvre, des entreprises de travaux… Une initiative qui brise les codes afin de réaliser des projets qui ne trouveraient pas leur place dans un contexte traditionnel. Les grandes mutations du secteur de la construction incitent à revoir les pratiques. Ici, c’est l’ambition sociale qui pousse au désilotage. Ailleurs, ce sont les grandes mutations qui incitent à revoir les pratiques. Arnaud Tirmarche, le directeur général de Spie France, voit ainsi dans les innovations contractuelles alliant privé et public un levier puissant au service de la décarbonation des territoires (lire p. 12). Quant au développement du hors-site, il exige de revoir le séquençage habituel des projets pour faciliter les allers-retours entre maîtres d’ouvrage, entreprises, industriels et concepteurs (lire p. 16). Au service d’opérations mieux ficelées, plus rapides et moins coûteuses, cette intensification des interactions s’annonce inévitable, et même souhaitable. A condition de mettre en place un certain nombre de garde-fous. Car, si les barrières freinent les échanges, elles préservent aussi le rôle de chacun. Faire cause commune ne signifie pas gommer les spécificités individuelles, en particulier dans un secteur où de puissantes structures côtoient de petites organisations. Les frêles esquifs comme les gros navires doivent former une armada hétéroclite suivant un cap unique, surtout pas se lancer dans une désastreuse bataille navale.