EXE #44 : Logements
revue
Année : 2021
Auteur : Nadège Mevel
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description :

Architectures CREE #407 : Dossier Façades
revue
Année : 2024
Auteur : Karine Quédreux
Editeur : MEDIARECLAME PUBLISHING MEDIAREKLAM PUBLICHING
Description : Immuable, le rituel de la « machine à café » revient sur le devant de la scène pendant que l’univers du bureau fait sa révolution. Probablement une façon de rattraper le lien social qui désunit les collaborateurs sur le temps du télétravail. Condition d’ailleurs très inégale puisque seuls 55 % des salariés y ont accès en France. Dans ce nouveau schéma « économique », faut-il le préciser, le flex-office s’illustre par la mise en place d’environnements dynamiques, propices à générer de la rencontre et de l’échange. Mais à considérer les efforts entrepris, le modèle hybride doit encore faire ses preuves s’il veut convaincre ! La qualité des espaces comme levier de fidélisation et d’attraction des talents s’invite de fait dans les débats. Dans notre dossier Tertiaire Bureaux (p. 112), les solutions architecturales évoquées sonnent comme des pistes qui font sens. Car s’il s’agit bien de redonner l’envie de retourner au bureau, leur préséance vaut d’y associer le cercle vertueux d’une démarche environnementale globale qui nous préoccupe tous. De toute évidence, le « Faire mieux qu’à la maison » invoque en ce sens l’urgence de « Faire de l’entreprise un lieu plus désirable » ! Et pendant ce temps, la COP28 tergiverse pour finalement se satisfaire « d’une transition hors des énergies fossiles dans les systèmes énergétiques » mais sans préciser la moindre échéance. Si l’ambition demeure, d’aucuns en regretteront le manque de cap, chaque pays pouvant continuer à servir sa cause... Dans cet accouchement climatique difficile - sachant qu’à fin 2023, nous aurons déjà atteint + 1,43°C pour un objectif de neutralité carbone fixé à + 1,5°C à l’horizon 2050 - les efforts auront-ils été vains ? Tournons-nous donc vers la nouvelle génération d’architectes pour nous réchauffer le cœur ! Talentueux et bons élèves, qui se sont jetés avec conviction dans la bataille de la durabilité. Sans autre choix certes, compte-tenu de la réglementation, mais l’exemplarité de leurs réalisations et de leurs réflexions exprimées dans notre dossier Façade (p. 64) rend le challenge passionnant dans la technique et la créativité. Le virage entrepris est ni plus ni moins celui d’une régénération de l’architecture pour construire un monde meilleur. C’est ici l’occasion inespérée pour nous tous de prendre du recul quant à notre situation, celle de l’avenir de l’architecture mais aussi celle, plus générale, de notre humanité : cassons les codes du moins-disant, abandonnons notre individualisme forcené pour anticiper le futur des nouvelles générations. En bref, donnons du sens et de la valeur à nos entreprises. Regardons enfin avec fierté le travail accompli par ceux qui nous ouvrent la voie. Excellente Année 2024 à tous !

AMC #320 : BARANI - CHRIST & GANTENBEIN - V2S / NAS - PERRAUDIN
revue
Année : 2024
Auteur : Olivier Namias
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Ensevelie sous des topiaires jaillissant d'une prairie pentue, une fenêtre coulissante peine à trouver sa place dans un environnement où la nature a, selon l'expression consacrée, « repris ses droits ». L'arrière-plan l'atteste : nous sommes bien dans une grande ville, et sur le toit d'un immeuble. Un sommet de greenwashing ou un aperçu de l'architecture de demain ? Si l'image en couverture de ce numéro donne un aperçu du futur de l'architecture, c'est moins par ce qu'elle montre que par la manière dont elle a été conçue. Produite par l'architecte Jean Jacques Balzac au terme de descriptions textuelles (prompts) et de sélections, elle a été modelée par une intelligence artificielle. Un outil apparu presque par surprise, tandis que les multivers et autres blockchains accaparaient notre attention. Flamboyante et soudaine, l'IA se montre beaucoup plus ludique que les piteux métavers et beaucoup moins laborieuse que les chaînes de blocs. Elle fait de l'ordinateur une machine pensante incitant chaque métier à se remettre en question. L'abolition de la frontière entre le vrai et le faux, préoccupante dans le domaine de l'information, ne concerne l'architecture que de façon marginale. Qui tromper en prétendant que Le Nôtre serait revenu planter la toiture d'un trophy asset du Triangle d'or parisien ? Qui, au XVIIIe siècle, croyait qu'existaient quelque part les prisons gravées par Piranèse ? Le foisonnement d'édifices étranges ou loufoques accompagnant le lancement de cette technologie indique que l'IA parle en premier lieu à l'imaginaire des architectes, agissant à la manière d'une lampe d'Aladin commandée par la souris. Au-delà du visuel, elle peut automatiser une série de tâches fastidieuses. Ira-t-elle jusqu'à remplacer l'architecte ? Deux batailles s'annoncent. La première est de bâtir des outils propres, pour préserver la conception architecturale d'intrusions venant de l'ingénierie et de l'industrie. Le second enjeu tient au machine learning. Les réponses générées par l'IA dépendant de ses connaissances, il s'agit de faire ce qui échappe encore à la majorité des humains : lui apprendre l'architecture ! Laquelle et pourquoi ? C'est là toute la question. « Le médium est le message » affirmait Marshall McLuhan. Et en tant que médium, l'IA impose autant un environnement et ses logiques - de travail, de réflexion -qu'elle trace des plans et des images. Le mage serviable ajoutera-t-il son nom à la liste des tyrans conceptuels, déjà nombreux ?

Exé #55 : Rénovation thermique
revue
Année : 2024
Auteur : Jordi Patillon
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : Nouvelle année, nouvelles perspectives, nouveaux projets... Mois toujours la volonté de mettre en avant dans ces pages la création architecturale de qualité, celle qui façonne, transforme et embellit nos espaces de vie du quotidien. Une école, des bureaux, une médiathèque, des logements... Ce numéro 55 offre encore un vaste spectre de programmes et de terrains de jeux pour les architectes de notre Hexagone. Cette revue s'ouvre le long des fronts de mer, avec des aménagements soumis à des enjeux aussi bien esthétiques que fonctionnels et durables. Souvent emblématiques, ces espaces publics stratégiques sont à la croisée de préoccupations contemporaines liées à l'identité urbaine, à la connectivité sociale, à la revitalisation ou encore à la préservation des paysages. Les projets qui y naissent ne peuvent s'émanciper de l'histoire même du site, d'une harmonie nécessaire entre l'ancien - voire parfois le patrimonial - et le contemporain. Une réécriture de la ville sur la ville, un délicat exercice de couches respectueux du souvenir collectif.

D'Architectures #315 : Logements : espaces partagés, espaces fragiles
revue
Année : 2024
Auteur : Emmanuel Caille
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : « Vivre-ensemble », mais à quel prix ? La crise du logement est sans cesse réduite à une question quantitative : trop peu nombreux, trop chers et trop petits. Pourtant, jamais il n’y a eu autant de logements aussi grands et par habitant. C’est le rapport que chacun entretient désormais avec l’espace qu’il habite qui a changé et qui rend obsolètes les critères trop exclusivement quantitatifs. Un logement était autrefois beaucoup plus partagé : on avait plus d’enfants, différentes générations vivaient sous un même toit et on le partageait souvent avec des personnes hors du cercle familial – apprentis, confrères ou employés. On vivait surtout dehors – et pas seulement à la campagne – parfois parce qu’il y faisait plus chaud que dedans et sans doute aussi pour échapper à la promiscuité. Dans l’espace public comme chez soi, on partageait. On pourrait dire que l’on n’était pas vraiment chez soi dans sa maison et que, dehors, on se sentait un peu chez soi ! L’habitat bourgeois a depuis circonscrit l’intimité domestique, refermant le logement sur la cellule familiale, au point que le terme cellule est devenu une synecdoque : on emploie ce terme pour parler d’un appartement. Tant qu’il y a assez de place pour tous, cette évolution sociologique n’engendre pas de crise. Mais lorsque l’offre ne répond plus à la demande, faut-il faciliter la fluidité résidentielle, construire toujours davantage ? Et si l’on commençait par mutualiser certains espaces exigeant moins d’intimité – jouer, travailler, laver son linge – ou un usage exceptionnel – faire la fête, accueillir des amis. Après Godin et son familistère, Le Corbusier avait eu l’idée d’un espace privé mais partagé par tous les habitants sur le toit des Unités d’habitation. Ces lieux mutualisés sont assez répandus dans les pays scandinaves, en Suisse ou en Espagne, mais pourquoi y en a-t-il si peu en France ? La majorité d’entre eux n’auraient pas fonctionné et ont fini par être abandonnés ou privatisés. Les Français, ces champions de la clôture de jardin infranchissable, incorrigibles individualistes, seraient-ils incapables de vivre sereinement ensemble ? Pourtant, des architectes persistent à proposer des lieux partagés dans les habitations collectives qu’ils conçoivent, une tendance que les promoteurs privés reprennent maintenant dans leur argument de vente. Les aspirations et les comportements des habitants auraient-ils changé ? Est-ce uniquement par nécessité face à l’exiguïté de leurs logements ou parce que les usages de ces espaces sont mieux encadrés ? Nous avons interrogé bailleurs et architectes sur la réussite ou l’échec de leurs expériences. Leur première leçon est qu’il ne suffit pas de créer un local commun et de penser qu’il fonctionnera tout seul. Sa conception, sa planification et son mode de fonctionnement doivent faire l’objet d’une étude préalable approfondie. Et sans gestion rigoureuse par les habitants ou un tiers, faire advenir ce « vivre-ensemble » – mantra auquel tout le monde aspire sans vouloir en payer le prix – restera un rêve d’architecte.

Architectures CREE #408 : Printemps 2024
revue
Année : 2024
Auteur : Karine Quédreux
Editeur : MEDIARECLAME PUBLISHING MEDIAREKLAM PUBLICHING
Description : Bien que la conjoncture ne soit pas des plus optimistes, partons du principe que le futur de nos villes trouvera une expression vertueuse et durable dans les grandes mutations de ce siècle. Après tout, n’avons-nous pas su, dans nos métropoles européennes, faire face à maintes agressions économiques, sanitaires ? Le dérèglement climatique est certes un défi herculéen, sachant que nous en sommes les principaux instigateurs au nom d’un système trop avide. Il va donc falloir trouver un nouvel équilibre et recalibrer nos exigences. Difficile pour le secteur bâtiment qui confirme une entrée en récession en matière d’activité avec une crise du logement neuf, un glissement progressif d’année en année du non-résidentiel neuf, et un sort en pointillé pour la rénovation au regard du devenir incertain de MaPrimeRénov’. Dans un contexte de transition environnementale, il faut rénover plutôt que construire, chacun le conçoit désormais, mais l’intelligence énergétique reste souveraine. L’accès au logement reste cependant une priorité incontournable, étant donné les inégalités sociales grandissantes, la difficulté d’accès au foncier, et l’ensemble des freins juridiques que l’on connaît. Ainsi sonne le retour des microarchitectures dans la conquête de l’outdoor (p. 88), pensé comme un levier de croissance mais aussi comme un outil de réflexion pour parer à l’indispensable. Cette modularité d’échelle de construction interroge notre façon de penser un habitat de qualité à des coûts abordables tout en interrogeant l’idée, semble-t-il dépassée, du « plus c’est grand, mieux c’est ». Faire un meilleur usage des mètres carrés, partager des espaces, repenser le bâtiment, répondre aux principaux enjeux mondiaux en matière de climat et de santé, telle est la démonstration opérée par le concept « Living Places » à Copenhague (p. 136). Ce nouveau paradigme de construction s’ajoute ainsi à toutes les initiatives de partage de connaissances menées à l’international pour identifier des solutions pertinentes et innovantes. Ces solutions permettront, en fin de compte, de relever les défis de décarbonation, de résilience et d’adaptation. Ainsi, un futur raisonné de nos villes et de nos territoires sera-t-il envisageable.

D'Architectures #316 : Réalisations / Spécial logements collectifs
revue
Année : 2024
Auteur : Emmanuel Caille
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : Entre militantisme et pragmatisme Par l’effet du décalage entre commandes et livraisons, cette année voit encore beaucoup d’opérations de logements collectifs arriver à leur terme. Nous en avons choisi neuf que nous avons pu visiter ce printemps et qui témoignent de leur capacité à refuser la fatalité des contraintes réglementaires et budgétaires. Malgré l’emploi de pierres massives pour trois d’entre elles et une transformation de bâtiment universitaire en appartements, elles s’inscrivent cependant encore dans le courant productiviste de l’économie du logement, dont la crise actuelle a révélé les effets délétères. Le parcours que nous consacrons à l’agence Brunnquell & André montre certes que parfois, comme ici dans deux chantiers parisiens – la transformation de la caserne Exelmans et la réhabilitation de HBM rue Sthrau –, il est possible de ne pas se soumettre à des pratiques que l’on croyait immuables. Mais si nous assistons enfin aujourd’hui à une prise de conscience du danger qu’il y a à perpétuer notre modèle de production, celle-ci est très loin de se traduire dans les faits : on continue à démolir, à artificialiser les sols et à employer immodérément le béton… Si le rôle des architectes est fondamental dans ces bouleversements à venir, on sait qu’il restera encore longtemps et pathétiquement dérisoire par le peu d’importance qu’il occupe dans les processus de décision économique et politique. Quelles que soient les menaces climatiques ou d’épuisement des ressources, il faudra encore de nombreuses années pour que le système change et il ne faudrait pas abandonner le type de production mortifère qu’il induit aux mains des moins concernés. Pour les autres, il faudra donc accepter d’agir entre militantisme et pragmatisme et repousser la tentation de s’enfermer dans les postures narcissiques de la radicalité.

A Vivre HS #62 : Maisons contemporaines
revue
Année : 2024
Auteur : Nathalie Degardin
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : Parfois, il est bon de se rappeler des évidences, à l'image de cette réflexion de Jean-Michel Wilmotte : l'architecte ne construit pas pour lui, mais pour ses clients. Il dessine, projette, met en volume ce qu'il perçoit d'eux, les besoins qu'ils expriment, il crée pour eux. Son imagination n'a pas de limites, car elle transforme les contraintes en solutions.

D'Architectures #319 : Dossier : Façades - patrimoine vivant menacé
revue
Année : 2024
Auteur : Emmanuel Caille
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : Défigurée dans l’indifférence C’est dans une indifférence à laquelle nous sommes malheureusement habitués qu’une atteinte massive au patrimoine est engagée : sous couvert de plan « Climat », une grande partie de notre bâti ordinaire est en train d’être encapsulé sous une couche de polystyrène, et ce, au mépris non seulement de ses qualités architecturales – si humbles soient-elles – mais surtout des qualités thermiques inhérentes qui sont propres à chaque type de construction. Précisons que cette catastrophe annoncée se fait avec l’assentiment de l’ensemble de la classe politique, qui pour une fois, dans un rare consensus, partage une totale acculturation à l’architecture, notamment au patrimoine du XXe siècle. Cette même ignorance qui conduit encore aujourd’hui aux démolitions absurdes menées par l’ANRU1. Sous prétexte de coefficients de performance associés à des normes à atteindre pour obtenir des subventions ou tout simplement une autorisation de construire, une course à la consommation de produits issus de la pétrochimie, non pérennes et non recyclables, est lancée. Si l’instauration du DPE (diagnostic de performance énergétique) est un progrès significatif pour lutter contre les passoires thermiques, son application conduit souvent à des aberrations. Il est en effet conçu pour s’appliquer à un modèle-type simplifié qui se heurte à toute la diversité des architectures existantes. Le culte de la performance, si bien dénoncé par Olivier Hamant2, conduit ainsi à des investissements colossaux de rénovation alors que l’on peut souvent dépenser beaucoup moins en atteignant l’essentiel des objectifs pour un bilan carbone bien meilleur, en consommant moins de ressources par exemple, voire davantage si on travaille aussi sur les comportements des habitants3. Mais surtout, ces interventions plus légères permettent de préserver les qualités patrimoniales du bâti. La complexité et la subtilité des exemples que nous montrons dans ce dossier de rentrée prouvent une fois de plus qu’on ne peut pas appliquer globalement de solutions au parc immobilier, mais que chaque cas est spécifique et doit faire l’objet d’une étude qui, elle, sera globale. Qui d’autre que le couple architecte-ingénieur a les compétences pour le faire ? 1. À venir dans le numéro d’octobre, notre dossier consacré à la gabegie des démolitions. 2. Olivier Hamant, Antidote au culte de la performance : La robustesse du vivant, Tracts Gallimard, n° 50, 31 août 2023, 3,90 euros. 3. Voir le dossier « Un autre confort thermique est-il possible ? », d’a n° 318, juillet-août 2024.

AMC #326 : DELMAS - HARARI - AVENIER CORNEJO - ARBA
revue
Année : 2024
Auteur : Olivier Namias
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Parmi les pistes de développement urbain, celle de la ville productive séduit, feuille de route imparable pour une société idéale. Reste la question de fond : que produisons-nous ? Dans la "Société de consommation", Jean Baudrillard propose une réponse grinçante.

AMC #327 : KEMPE THILL / ATELIER 56S - COMPAGNIE - RAMILLIEN - LANDAUER - BOX ARQUITECTOS
revue
Année : 2024
Auteur : Olivier Namias
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Submersion Dans une société hyperindustrielle fondée sur les flux ultrarapides, l'architecture, immobile et lente, se trouve à contretemps. Le temps long de son élaboration la place en décalage avec son époque, voire toujours en retard, même sur son propre cadre conceptuel. Les projets, conçus et réalisés en cinq à dix ans en moyenne, ne répondent déjà plus aux réglementations en vigueur lors de leur livraison. Les pratiques des usagers, elles-mêmes mouvantes et fugaces, devancent toujours le cadre bâti. Dernière évolution en date, l'immersion proposée par les industries culturelles (p. 10) . Son alignement sur les logiques d'expériences prégnantes dans la sphère marchande indique qu'il pourrait s'agir de bien plus qu'une mode : un tournant instaurant un nouveau rapport au monde et aux objets, où la sensation remplace la connaissance. La copie du réel transformé en décor peut alors suffire, et le Paris historique, être restitué sous forme de backlot dans les champs briards (p. 8) . Ce phénomène émergent de l'immersion se lance à la conquête de l'espace, en ajoutant une couche technologique dans les intérieurs, ainsi que l'on peut le voir dans quelques nouveaux lieux, tel le Grand Palais immersif à Paris, installé dans une aile de l'opéra Bastille restée vide depuis la livraison du bâtiment, en 1989. Le vaisseau qui devait rendre l'opéra populaire sert ironiquement de tremplin à ces manifestations qui laissent dubitatifs, quand d'autres lieux recyclent le patrimoine artistique - Van Gogh, Dali, Klimt. En revanche, des plasticiens explorent l'immersivité de manière convaincante : Olivier Ratsi, le duo Nonotak, Sabrina Ratté… inscrits dans une longue lignée d'artistes. On pense à Kurt Schwitters, Yayoi Kusama, Ugo La Pietra et son Uomouovosfera (p. 108), ou plus simplement, à l'art baroque, rappelant que l'architecture reste le premier art immersif. S'immerger dans un matériau, une couleur, une structure, une lumière, un espace sonore, c'est ce que ne cesse de faire l'architecture. Lassés de l'excitation des projections, les spectateurs voudront-ils retourner à l'immersion simple mais riche des espaces quotidiens, sans l'attelle high-tech et sa promesse de puissance ? Y aura-t-il des architectes et des maîtres d'ouvrage pour répondre au mieux à ces attentes et éviter que l'immersion ne devienne une nouvelle submersion ? Il n'est pas interdit de l'espérer.

D'Architectures #322 : Dossier : Faut-il arrêter de construire ?
revue
Année : 2024
Auteur : Emmanuel Caille
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : Moins de construction, plus d’architecture Qui aurait imaginé à l’aube du XXIe siècle que ce soient les architectes eux-mêmes qui prôneraient un jour l’arrêt des constructions comme remède ultime à l’effondrement des ressources et à la crise climatique ? Mais soyons plus précis : il s’agit moins de ne plus construire que d’arrêter de détruire des terres encore non artificialisées ou des bâtiments existants pour ériger des bâtiments neufs. Précisons également que cette injonction s’adresse d’abord aux régions du monde dont la démographie est relativement stable : les pays riches. Certes, la France subit elle aussi une forme de crise du logement, mais contrairement à ce que tentent désespérément de nous faire croire les lobbies du BTP et de l’immobilier, la pénurie – réelle – d’habitations immédiatement disponibles est due à d’autres facteurs : une mauvaise répartition territoriale due à l’hyper-métropolisation, et à la vacance ou à la sous-occupation de trop nombreux logements. Un temps, nous avons cru qu’en passant aux matériaux biosourcés et aux énergies renouvelables nous pourrions continuer comme avant. Or, si le développement de leur usage s’impose comme un impératif majeur, on sait maintenant qu’il ne suffira pas, loin de là, à décarboner suffisamment. Alors que faire ? Sommes-nous condamnés à nous entasser dans des appartements communautaires ? à dresser des yourtes ? à attendre une meilleure répartition territoriale des activités économiques – et donc de l’offre de logements –, c’est-à-dire au minimum plusieurs décennies ? Les architectes vont-ils devenir inutiles ? Non, au contraire ; cette révolution peut être une formidable opportunité pour refonder et légitimer le rôle de l’architecture et pour rendre nos paysages urbains et ruraux plus beaux et plus habitables. Car il ne s’agit pas de ne rien faire, il s’agit de faire autrement, en privilégiant la transformation du patrimoine existant, surtout le plus ordinaire. À l’opposé des bâtiments qui naissent comme des clones sur les pseudo-écoquartiers de nos banlieues et que l’intelligence artificielle peut déjà concevoir sans les architectes, la régénération de l’existant exige un immense savoir-faire et une stratégie contextuelle fine propre à chaque cas : la capacité d’établir un diagnostic savant et précis, autant en termes techniques qu’humains, et l’intelligence d’adaptation de la conception à la livraison du projet. Enquêter, dialoguer, projeter, s’adapter : qui d’autre que l’architecte serait mieux à même d’orchestrer ces compétences ? Mais la mise en œuvre de ces savoirs dans l’existant exige, à mètre carré égal, beaucoup plus de temps d’étude. Or, les budgets au mètre carré de ces opérations sont souvent inférieurs. Cet engagement vertueux – dans la mesure où il épargne le coût des démolitions et conduit à consommer moins de ressources – ne devrait-il donc pas être rémunéré à l’aune des économies qu’il génère ? Arrêter de construire pourrait ainsi paradoxalement offrir plus de travail aux ingénieurs et aux architectes : déconsommation n’est pas forcément décroissance. Faisons de l’intelligence architecturale l’une des plus puissantes énergies renouvelables.

A Vivre #139 : La couleur autrement : l'espace révélé par les matériaux
revue
Année : 2025
Auteur : Nathalie Degardin
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : Une question d'alchimie. Les parfums, les couleurs et les sons se répondent ", écrivait Baudelaire dans Correspondances, exprimant des émotions dans une perception aiguë des interactions des sens, appelée synesthésie. Dès les années 1950, avec le groupe Espace, préconisait le rapprochement entre les architectes et les plasticiens...

Je suis charrette : vie d'architecte
Livres
Année : 2024
Auteur : Danicollaterale
Editeur : DELCOURT DELKOR
Description : Enzo, juste diplômé, s'installe à Paris. Il intègre l'Agence Xavier Nolan, et se trouve catapulté dans la charrette du concours du Musée d'Art Contemporain de Shanghai (MoCA). Malgré le rythme effréné de ce monde compétitif, ce sera une expérience incroyable qui lui permettra de tisser de liens d'amitié forts avec ses collègues, grâce à des nuits à l'agence et à la découverte de la ville lumière.

Le chantier
Livres
Année : 2024
Auteur : Fabien Grolleau
Editeur : DARGAUD DARGO
Description : Flora, architecte fraîchement diplômée, démarre sa carrière dans un prestigieux cabinet auprès du grand maître El Rodrigo, capricieux et talentueux. Ce dernier ne va pas tarder à lui offrir sa chance en lui confiant la responsabilité d’un chantier important. Fabien Grolleau (Tanger sous la pluie, Audubon, Darwin) s’est inspiré de ses propres études d’architecte (il est lui-même diplômé d’État) et a concocté avec Clément Fabre (Carole), un véritable feelgood-book qui vous permettra de comprendre tous les tenants et aboutissants d’un chantier, avec de savoureux portraits de ses différents intervenants, du client stressé et exigeant à l’électricien stressé , en passant par le maçon bougon, le couvreur un peu perché, ou le patron charismatique. Dargaud a décidé de rééditer ce titre, paru chez Marabulles en 2018, agrémenté de 10 planches inédites et d’une nouvelle couverture.

A Vivre HS #65 : Esprit de famille
revue
Année : 2025
Auteur : Nathalie Degardin
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : A leur simple évocation, le regard s'illumine, l'air semble soudain iodé, le soleil plus généreux ; il y a comme un parfum de vacances qui se diffuse. De la lumière, du temps qui passe, du temps ensemble... Ces maisons sont un éternel rendez-vous : à tout âge, on vient s'y détendre, profiter au maximum de la nature et des activités qu'elle propose, en famille ou entre amis.

D'Architectures #323 : Dossier : Ringardiser la performance : construire la robustesse
revue
Année : 2025
Auteur : Emmanuel Caille
Editeur : SARL PUBLICATIONS D ARCHITECTURE ET D URBANISME PUBLIKASION ARCHITEKTUR URBANISM
Description : Face aux enjeux environnementaux, la course à la performance tourne à plein régime. Mais entre cette fuite en avant et l’utopie du solutionnisme qui l’accompagne souvent, un sentiment de malaise nous gagne ; l’impression d’être dans une impasse. Mais pour remettre en question des comportements dont la vertu nous semblait jusqu’alors aller de soi, sans doute fallait-il que la remise en cause soit énoncée depuis un domaine apparemment étranger à l’architecture. Dans un livre d’à peine 60 pages, Antidote au culte de la performance, La robustesse du vivant1, le biologiste Olivier Hamant transpose avec une remarquable acuité l’analyse du monde du vivant à l’observation de la course incontrôlée du monde de l’Anthropocène. La robustesse du vivant, le biologiste la voit, de l’échelle de la molécule à celle de l’écosystème, dans l’hétérogénéité, les processus aléatoires, les lenteurs, circularités, redondances, erreurs ou inachèvements : un subtil système de contre-performances qui ouvre le champ des possibles quand la performance le réduit et nous fragilise. Le biologiste nous enjoint plutôt à passer de l’adaptation à l’adaptabilité et montre que l’inverse de l’ébriété (comprendre le consumérisme) n’est pas la sobriété, mais la robustesse. Ce regard critique, Olivier Hamant l’exerce désormais sur d’autres champs que le sien, comme celui de l’entreprise dans son tout dernier ouvrage2. S’agissant de l’écosystème du monde de la construction, opposer performance et robustesse nous a semblé tellement stimulant que nous avons eu envie d’y consacrer un dossier. Nous n’avons cependant pas transposé ce que pourrait enseigner la biologie à l’architecture par le prisme du biomimétisme – si souvent littéral et naïf –, mais par les stratégies d’évolution ou de survie que recèle le monde du vivant. Pour le BTP, le fétichisme de la performance est cette voie infernale que les RE 2020, 25 et 313 pavent des meilleures intentions, ces réhabilitations énergétiques qui encapsulent brutalement des vieux bâtiments quand des interventions mieux ciblées pourraient obtenir l’essentiel des objectifs réglementaires pour la moitié du budget (libérant ainsi des moyens pour isoler davantage de passoires énergétiques). Pour le logement social, c’est une production à haut niveau de performance face à une grave pénurie d’offre et de moyens… des constatations qui méritent certes mieux que ces assertions provocatrices mais qui nous obligent à repenser dès maintenant notre course béate à l’optimisation. 1. Collection « Tracts Gallimard », 2023, 3,90 euros. Ce petit livre est un manifeste tiré de La Troisième Voie du vivant, Odile Jacob, 2022, 288 pages. 2. L’Entreprise robuste, Pour une alternative à la performance, Olivier Hamant, Olivier Charbonnier, Sandra Enlart, Odile Jacob, 2025, 256 pages. 3. Réglementation énergétique.

A Vivre #140 : Se mettre au vert !
revue
Année : 2025
Auteur : Nathalie Degardin
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : À ma naissance, mes parents ont acheté un arbre ou, plus précisément ont parrainé sa plantation en mon nom. Je ne l'ai jamais vu, il est quelque part au cœur de la forêt de Fontainebleau.au milieu de ses pairs. Un geste spontané fait en donnant la vie. Probablement dans le cadre du programme « Un bébé, un arbre ». En soutien à l'ONF, qui a vu plus de 800000 arbres plantés en plus de cinquante ans. Dans cet acte, je reconnais leur vision optimiste, le cadeau qu'ils voulaient m'offrir, une symbolique de racines ancrées dans la terre soulignant l'importance de se rappeler d'où l'on vient. Quand j'étais enfant. Je regardais avec fierté le certificat, avec le sentiment confus d'être un élément de la chaîne du vivant !

D'Architectures #324 : Dossier : maintenance, la dimension cachée de l'architecture
revue
Année : 2025
Auteur : Emmanuel Caille
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : Combien d’entre nous auraient imaginé qu’en si peu d’années nous assistions à un tel bouleversement des valeurs architecturales ? Doit-on encore démolir ? Doit-on encore construire ? Le culte de la performance n’est-il pas une impasse ? Autant de questions abordées par d’a dans ses trois derniers numéros et qui, il y a une décennie, auraient paru farfelues à la grande majorité des architectes.

D'Architectures #325 : Bap! 2025: l’architecture avec +4°
revue
Année : 2025
Auteur : Emmanuel Caille
Editeur : SARL PUBLICATIONS D ARCHITECTURE ET D URBANISME PUBLIKASION ARCHITEKTUR URBANISM
Description : Malgré leur précision et leur clarté, les mots sont parfois impuissants à incarner la force d’un fait. Ainsi en va-t-il du terme réchauffement lorsqu’il qualifie l’évolution du climat. Car, avouons-le, celui-ci évoque d’abord une sensation de bien-être ; ne dit-on pas « ça me réchauffe le cœur » ou « le réchauffement des relations diplomatiques » ? On sait pourtant que la « petite » augmentation de 4 °C des moyennes de température d’ici 2100 aura de terribles répercussions. Parler de dérèglement, d’échauffement, voire d’embrassement climatique ne permettrait-il pas de marquer plus intensément les esprits ? Toujours est-il que, sans réaction décisive et immédiate à cette menace, nous ne saurons pas nous protéger de chaleurs excessives autrement qu’en consommant encore plus d’énergies fossiles, amplifiant d’autant le cycle infernal d’élévation des températures. Pendant les millénaires précédant l’ère du pétrole, l’architecture a été le moyen le plus efficace développé par les humains pour supporter fortes chaleurs et froids intenses. « 4 °C entre toi et moi », l’exposition de Sana Frini et Philippe Rahm qui s’ouvre ce printemps à Versailles pour la Bap!, la troisième biennale d’architecture et de paysage d’Île-de-France, présente très concrètement comment les rigueurs climatiques ont depuis toujours stimulé l’imagination humaine pour inventer des architectures poétiques et comment, inspirés par ce passé, des architectes contemporains réinterprètent ces procédés ancestraux, les transforment et les adaptent aux techniques et aux enjeux d’aujourd’hui. Ce sont les moments les plus emblématiques de cette exposition, qui se tient à l’ENSA Versailles jusqu’au 13 juillet, et dont le thème du réchauffement climatique a inspiré tout le numéro, que vous trouverez dans notre dossier de mai. Légende de l'illustration : Dante et Béatrice contemplant le paradis, Gustave Doré. L’Empyrée (La Rose céleste), 1868. « La chaleur est extrême, la lumière absolue. Ce Paradis est un milieu quasi radioactif, tout en irradiations et en flambées d’intensité […] au Paradis dantesque, les bienheureux ne souffrent pas du tout des vagues de chaleur, aucun n’est accablé, perturbé, altéré par l’intensité des canicules. C’est que les âmes des bienheureux sont dépourvues de corps. » Marielle Macé

AMC #332 : RAMILLIEN - EGR - HARARI - LINK - MINUIT
revue
Année : 2025
Auteur : Olivier Namias
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Logement, contre-enquête Après l'oubli de l'escalier relevé par Flaubert dans son Dictionnaire des idées reçues, l'oubli de l'usager serait une autre tare de l'architecte. Quand il ne fait pas le projet uniquement pour lui-même, il néglige de consulter les futurs utilisateurs, travaillant avec ardeur à l'édification de son prochain échec. Aujourd'hui, ce sont les sondeurs en tout genre qui se chargent d'élaborer les idées reçues, sollicitant inlassablement l'avis des Français. Heureux, si l'on en croit l'Ifop, qui nous révèle qu'un sur deux estime habiter un logement de meilleure qualité que celui de son enfance(1) . On s'en félicite autant que l'on s'en inquiète : cela ne revient-il pas à dire qu'un sur deux le trouve pire ? Sans surprise, le rêve de 79 % de la population serait de vivre à la campagne selon Procivis(2) . Mais ce nombre passe à quatre Français sur dix aux dires d'Ipsos(3) - 60 % de la population ne le souhaiterait donc pas. Faut-il croire ces indicateurs parés de vertus scientifiques lorsqu'ils concluent que nos compatriotes seraient de moins en moins favorables aux logements sociaux, surtout près de chez eux (44 %)[1] ? Si elles ne créent pas les préjugés, ces enquêtes les reconduisent d'année en année et faussent les termes du débat, à grand renfort d'occupation du temps médiatique, imposant ces idées dans l'arène politique. Que les sondeurs demandent si l'on vit bien dans les logements sociaux d'Arpajon (lire p. 48) ou d'Antibes (lire p. 42) n'est pas pour demain. Pourtant, ces deux opérations montrent la diversité et la qualité produite dans le logement social, et ce, à des loyers moindres. Le problème du logement, c'est d'abord que la réflexion devrait se fonder sur des outils d'expérimentation-évaluation. A l'image de ceux utilisés par Jean-Michel Léger, sociologue longtemps enseignant en école d'architecture, qui a évalué les succès et les déconvenues de plusieurs opérations emblématiques des années 1990-2010 (lire p. 10) . Son enquête devrait intéresser les architectes tout comme le personnel politique. Gageons que ce dernier mette autant d'empressement à la lire que les dizaines de rapports sur « les Français et leur logement », méconnaissant au moins l'un des deux termes. (1) « Les Français et leur logement : satisfaction personnelle pour son logement mais véritables difficultés d'accès », 21 octobre 2024. (2) « 7 vérités sur les Français et leur logement », novembre 2021. (3) « Logement : quatre Français sur dix rêvent de vivre dans une maison à la campagne », février 2025.

Matières #24 : Le siège régional de Nexity à Lyon-Vaise ; Dossier construire et protéger & portrait : Simon Teyssou
revue
Année : 2025
Auteur : Hervé Gastaud
Editeur : CONSTRUIRACIER KONSTRUIRASI
Description : Confrontée à une double vulnérabilité - une sismicité d'origine volcanique désormais chronique et une exposition de plus en plus marquée aux phénomènes cycloniques -, l'île de Mayotte ne peut plus se permettre de construire comme hier. Le défi est immense...

AMC #333 : Intérieurs 2025
revue
Année : 2025
Auteur : Laure Carsalade
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : En ces temps de dissonance, où les vents tournent sans crier gare, au gré des revirements politiques, des injonctions contradictoires, obéissant aux pulsations de monnaies de moins en moins sonnantes et trébuchantes, un point d'ancrage devient vital. Il ne se trouve pas à la Biennale de Venise, où cette année, sous le commissariat de Carlo Ratti, l'architecte est appelé à devenir un data designer à la rescousse du climat (p. 8). Pour ceux qui le peuvent, la maison se révèle l'habitacle idéal pour reprendre racine, dans un dialogue évident avec le paysage immédiat. Ce dernier refuge pour garder un esprit sain est le terreau fertile du silence, clé de compréhension de la grande partition qui se joue. La beauté d'une ruine que l'on fait renaître à son image, avec des vues qui cadrent l'horizon et les oiseaux qui chantent (p. 44). Le coin de verdure sur lequel on pose avec délicatesse un nid, brutaliste, ouvert, fondu dans les arbres (p.40). Les changements irrationnels de la sphère dominante poussent l'homme vers son désir profond de simplicité. Des concepteurs ont ainsi fait le choix, radical, de prendre la clé des champs, de se tenir à distance de la surproduction sauvage, de mener une vie moderato. Ils implantent leur atelier à la campagne, promouvant un écosystème de valeurs et mesurant l'impact de leurs actions (p. 18). La polyphonie bruyante du monde se retrouve dans les commerces, où l'expérience repose sur une autre radicalité. A Tokyo, le visiteur d'un showroom est immergé dans un laboratoire aseptisé pour laisser place à l'olfactif (p. 100); à Mumbai, dans un délirant espace aux ondes vibratoires circulaires (p. 90). Le mobilier est étudié avec soin, roulant, coulissant, à ouvroirs, pour suivre des chorégraphies variées. Allegro, le Salon de Milan demeure le vivier de futures archives, où le détail fait la différence plutôt qu'une folle extravagance (p. 110). Sur tous les continents, les cafés refleurissent. S'y déroulent des rituels propres à chaque aménagement, à ciel ouvert ou pris dans des jeux de miroirs labyrinthiques (p.26). Chacun organise sa résistance, projette un quotidien où il bat sa propre mesure, se prend à rêver d'un ailleurs. Quelle arme plus pacifiste pour s'accommoder de l'instable ? Depuis le début, recommencer. Da capo. Oui, autrement.

D'Architectures #327 : Hors-site : L'industrie au secours du climat ?
revue
Année : 2025
Auteur : Emmanuel Caille
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : Hors-site pour ne pas être hors-jeu Pourquoi un tel regain d’intérêt autour de la préfabrication (il faut désormais dire « hors-site ») alors que ce procédé constructif souffre encore d’une image traumatisante liée à la reconstruction et aux grands ensembles et que la pénurie annoncée de ressources nous enjoint de ne plus construire neuf ? D’abord parce qu’à tort ou à raison on continuera encore longtemps à construire neuf et que le hors-site porte la promesse d’une réduction du gaspillage de matière et des distances de transport. Pourtant, jusqu’au début des années 1980, la préfabrication faisait l’objet de recherches et d’expérimentations passionnantes dont on comprend mal qu’elles aient été abandonnées. Aujourd’hui, le BTP fait un usage immodéré de produits de catalogue standardisés, mais dans une logique d’allotissement qui en rend souvent l’assemblage problématique : une sorte de préfabrication sauvage qui n’anticiperait pas vraiment sa mise en œuvre… une antinomie, en somme. Avec le hors-site, beaucoup d’architectes redoutent d’être bridés dans leur créativité. Mais au regard de la production de logements des dernières décennies, l’argument ne convainc pas : pour la grande partie des logements construits, leur médiocrité nous fait plutôt regretter qu’ils n’aient été conçus suivant un modèle standard plus maîtrisé. Quant à nos plus belles ZAC récentes et leur néorationalisme comme-il-faut, on ne voit pas comment elles souffriraient de la préfabrication : si elles brillent, ce n’est pas vraiment par leur fantaisie. Enfin, alors que les architectes sont de plus en plus souvent exclus du suivi de leurs chantiers, le hors-site ne pourrait-il pas offrir l’opportunité de reprendre la maîtrise de la mise en œuvre ? Comme le BIM ou l’intelligence artificielle, cet outil ne contribuera au salut de l’architecture que si les architectes s’en saisissent avant que d’autres ne le fassent à leur place.

Exé #61 : Architecture du vin
revue
Année : 2025
Auteur : Jordi Patillon
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : Longtemps discrète, parfois reléguée à l'arrière-plan, l'architecture viticole vit depuis quelques décennies une petite révolution. Le vin ne se raconte plus seulement dans le verre : il s'expose, se met en scène, s'inscrit dans un décor...

A Vivre HS #54 : Notre sélection : 100 agences françaises
revue
Année : 2022
Auteur : Auteur
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : Ce numéro hors-série exceptionnel propose un tour d'horizon des 100 architectes, architectes d'intérieurs et paysagistes français les plus engagés pour le développement et l'instauration d'un mode de vie plus sobre, durable, responsable et raisonné.

D'Architectures #328 : Dossier/ Etre architecte et promoteur
revue
Année : 2025
Auteur : Emmanuel Caille
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : Dans l’économie du logement, la relation entre architecte et promoteur privé est-elle contre nature ? Si l’objectif du premier doit être de concevoir un habitat pérenne, où il est agréable de vivre et qui embellit le lieu dans lequel il s’insère plutôt qu’il ne l’altère, celui du promoteur est bien différent : son objectif est d’abord de générer une plus-value financière et sa responsabilité s’arrête à la garantie décennale. Qui se souvient, vingt ans après sa livraison, du nom des promoteurs qui ont massacré tel ou tel quartier ? Acteurs déterminants de notre environnement, ils n’ont souvent aucune culture de la ville et de l’architecture. Il y a heureusement quelques promoteurs attentifs et responsables (dans l’immobilier solidaire, notamment), mais ils sont très minoritaires. Dès lors, à l’heure de la crise du logement, la proportion de la part des frais de portage du promoteur dans le coût d’une opération au regard de ses compétences et de son utilité ne devrait-elle pas être davantage interrogée ? Tous les architectes témoignent ces dernières années de la dégradation de leur relation avec les maîtrises d’ouvrage privées, situation d’autant plus préoccupante que la puissance publique se désengage toujours plus de la construction de logements. Pour sortir de cette relation épuisante qu’elles et ils vivent mal, quelques architectes tentent d’explorer des formes alternatives de commandes : certains à travers l’autopromotion et les coopératives d’habitants, d’autres en se faisant eux-mêmes promoteurs. Car contrairement à une idée reçue tenace, on peut être l’un et l’autre, tant que l’on respecte certains principes clairs de séparation administrative des activités. Pour en savoir plus, nous avons rencontré ces architectes-promoteurs et leur avons demandé de nous faire part de leur expérience.

AMC #334 : BRA - SENZU - BABLED / PREGO - NARA
revue
Année : 2025
Auteur : Olivier Namias
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : L'idée halle En France, quand on n'a plus d'usines, il nous reste des halles. Longtemps négligés, ces objets hors normes ont pris une place centrale dans la reconversion des friches industrielles (lire p. 61). La réutilisation de la grande halle de la Villette (Reichen et Robert, 1983) a démontré leur intérêt patrimonial ; l'aménagement de l'île de Nantes (Alexandre Chemetoff, 2000-10) leur a ouvert la voie d'un destin urbain. Ces projets précurseurs ont profité aux halles en tout genre - postales, ferroviaires, maritimes, industrielles -, sauvées de la tabula rasa qui était alors la règle. Il faut s'en souvenir pour accepter les travers de la halle-mania actuelle. La halle donne, il est vrai, un vernis patrimonial souvent redoublé d'un vernis culturel. Elle sert parfois, sans doute, d'alibi à des stratégies de densification de la rente foncière et offre à bon compte une histoire à des quartiers qui n'en racontent guère. Reste que le public apprécie ces « Cathédrales de fer » (ou de béton) témoignant du passé. On n'enlève pas impunément un élément qui fut pendant plus d'un siècle une pièce structurante d'un territoire. La Lainière à Roubaix, démolie en 2019, laisse derrière elle une emprise illisible et molle. Les projets de reconversion engagent aussi la réconciliation d'une population avec un chapitre de son histoire, souvent clôturé dans la douleur. Il n'est d'ailleurs pas exclu que l'activité industrielle retourne vers ces sites. Tiers-lieu frappé à son tour par la faillite, la grande halle de Colombelles, ancien atelier électrique de la Société métallurgique de Normandie (SMN) à Caen, va devenir une maroquinerie Hermès. Enfin, la halle peut même se transporter. Une époque avide de réemploi devrait se souvenir du pavillon Baltard à Nogent-sur-Marne, ultime vestige des halles centrales de Paris ; de la gare de Brioude, transformée en atelier de l'école d'architecture de Clermont-Ferrand ; ou de la nef de l'église Notre-Dame-du-Travail (Paris XIVe), empruntant une partie de ses structures métalliques au palais de l'Industrie, construit pour l'Exposition universelle de 1855. Fabriquée à Levallois pour l'Exposition coloniale de Marseille en 1906, la halle Allar fut implantée à Arles en 1950. De nouveau démontée en 2018, elle se dégrade doucement mais sûrement sur le terrain qui lui tient lieu d'aire de stockage. Des projets (lire p. 122) et l'expertise du matériau existent, il ne manque plus qu'un maître d'ouvrage. Avis aux promoteurs férus de patrimoine architectural.

D'Architectures #329 : Dossier : l'intelligence (artificielle) de l'image
revue
Année : 2025
Auteur : Emmanuel Caille
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : Peut-on comparer la révolution que nous promet la génération d’images par intelligence artificielle à celle que l’invention de la photographie a provoquée dans le monde de la peinture ? L’IA va-t-elle supplanter et corrompre l’art « grâce à l’alliance naturelle qu’elle trouvera dans la sottise de la multitude » comme le déplorait Baudelaire en 1859 ? Si les enjeux de l’IA sont vertigineux - comme il est désormais convenu de qualifier ce sujet – nous avons voulu dans ce numéro d’octobre les circonscrire à la question de la représentation architecturale. Pour l’architecte, l’image est avant tout un outil d’anticipation. Elle relève de deux statuts : sous forme de croquis ou d’esquisse elle accompagne son travail de conception, alors que sous forme de rendu elle permet d’offrir une idée plus concrète du projet pour ses futurs utilisateurs. À partir des années 90 les premières images numériques n’essayaient pas d’imiter le rendu à la main. Ce dernier permettait autant de prévisualiser le projet que d’exprimer la patte de son concepteur, son intuition créatrice. Au contraire, les premières perspectives numériques ont utilisé leur puissance de calcul pour tendre vers le réalisme : une illusion d’objectivité sensée convaincre de la fidélité entre ce qui est proposé et ce qui sera réalisé. Si les nouvelles images générés par IA poussent l’hyperréalisme encore plus loin, par leur nature elles diffèrent cependant des rendus numériques, puisqu’elles sont à la fois générées par un prompt - un scenario - et l’utilisation d’une bibliothèque d’images, voir des millions d’images stockées dans le big data. Elles sont donc à la fois intensément déterminées, tout en étant le fruit du hasard et de l’inattendu, comme si paradoxalement l’image acquérait par ce processus itératif une forme d’autonomie. Dans l’architecture, les frontières entre conception, image et photographie n’ont jamais été aussi poreuses, à tel point que l’on ne sait parfois plus qui contamine qui. Pour commencer à saisir la portée de ces bouleversements, nous avons rencontré deux acteurs majeurs de l’image d’architecture : Éric de Broche des Combes, créateur de Luxigon et Olivier Campagne alias Oliver Country et son célèbre site instagram.

D'Architectures #330 : Dossier : Les architectes mènent l'enquête
revue
Année : 2025
Auteur : Emmanuel Caille
Editeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURAL
Description : Avant même de tracer le premier trait du projet, les architectes ne doivent-ils pas se faire enquêteurs ? Sinon, comment pourront-ils élucider toute une série d’énigmes ? Celles du site, de son histoire et de ses habitants. Ce travail d’investigation précédant la mise en forme des idées a longtemps été occulté dans l’imaginaire entourant le rôle de l’architecte. Sans doute parce que l’évocation du geste créateur sur la page blanche produit une image plus flatteuse, romantique, de l’artiste en visionnaire. La période d’intenses destructions et constructions du XXe siècle a cependant largement sous-estimé cette partie fondamentale de l’art de bâtir, une négligence à laquelle renvoyait sans ambiguïté le terme tabula rasa, lequel fut autant le fruit des bombardements que des bâtisseurs. Si Le Corbusier s’en souciait moins que Vauban, ce n’est pas pour autant qu’il délaissait toujours cet aspect du projet. L’apport des sciences sociales dans les années 1960 puis l’essor du rôle des paysagistes ont redonné à l’enquête préalable sur le terrain leurs lettres de noblesse, d’autant que la majeure partie des projets se font aujourd’hui dans un existant complexe que l’on ne peut plus ignorer. L’investigation préparatoire in situ est devenue le cœur même de certains enseignements de projet des ENSA, montrant ainsi que l’enquête n’est pas qu’une préparation au projet mais qu’elle en fait partie intégrante. Élargissant leur pratique au-delà de leur champ professionnel, certains architectes ont appliqué ces méthodes en dehors de la construction, enquêtant sur des théâtres de guerre, des scandales urbains ou écologiques. Nous sommes allés à leur rencontre pour mieux comprendre leurs démarches et leurs motivations.

A Vivre HS#67 : Spécial petites surfaces
revue
Année : 2025
Auteur : Nathalie Degardin
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : Souvent perçue comme une contrainte, la petite surface est dans les faits un laboratoire d'innovation architecturale actuellement très scruté. En effet, à l'heure où les villes se densifient, où les modes de vie se fragmentent et où la flexibilité devient une valeur cardinale, chaque mètre carré compte dans une réflexion nécessaire à l'usage réel de l'espace...

Exé #62 : Transports
revue
Année : 2025
Auteur : Jordi Patillon
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : Nos villes se sont longtemps construites au rythme de la voiture individuelle qui a façonné leurs infrastructures, leurs usages et jusqu'à leurs paysages. Mais le temps semble venu de repenser les équilibres, d'imaginer de nouvelles formes de mobilité, de se départir d'une logique où la vitesse et la massification priment sur la sobriété, la qualité d'usage et l'impact environnemental.