Dominique Collignon-Maurin est un acteur, auteur, musicien et metteur en scène français, né le dans le 17e arrondissement de Paris et mort le à Villejuif (Val-de-Marne).
Dès son enfance, il apparaît dans de nombreuses productions télévisées, séries et téléfilms, et prête sa voix à des pièces radiophoniques, à l'instar de ses frères, Jean-Pierre Maurin, Yves-Marie Maurin et Patrick Dewaere, membres de la troupe des « petits Maurin ».
Parmi ses participations au cinéma, on peut noter La Belle Américaine (1961) de Robert Dhéry, Les Amitiés particulières (1964) de Jean Delannoy, La Bande à Bonnot (1968) de Philippe Fourastié, Neige (1981) de Juliet Berto et Jean-Henri Roger, Les Princes (1983) de Tony Gatlif, Zanzibar (1989) de Christine Pascal ou encore, Lune froide (1991) de Patrick Bouchitey.
Très actif dans le doublage dès son plus jeune âge. Il est ainsi la voix française de Mark Hamill pour le personnage de Luke Skywalker dans Star Wars, ainsi que la voix régulière de Dustin Hoffman, Nicolas Cage ou encore Kevin Kline. Il double également de manière occasionnelle John Travolta, Gary Oldman, John Malkovich, James Woods, Roberto Benigni ou encore Willem Dafoe. Dans le domaine de l'animation, il double de nombreux personnages de l'univers Disney : Arthur « Moustique » Pendragon dans Merlin l'Enchanteur, Hadès dans Hercule, le Borgne dans 1 001 Pattes, Léon le caméléon dans Monstres et Cie et Gill le zancle dans Le Monde de Nemo. Il est également la voix du baron Humbert von Gikkingen dans l'anime Si tu tends l'oreille, de Grug dans Les Croods, de Rat dans Fantastic Mr. Fox ou encore de Bubbles dans Bob l'éponge, le film : Un héros sort de l'eau.
Il fonde « la Coline Compagnie » et poursuit une carrière au théâtre, à partir de 1983 où il signe des pièces, des spectacles musicaux ainsi que plusieurs mises en scène.
À partir de la décennie 2010, il devient le narrateur des trois derniers livres audios Harry Potter après la mort de Bernard Giraudeau ainsi que des productions audio signées Jo Nesbø.
Fils de la comédienne Mado Maurin (1915-2013) et de l'artiste lyrique Georges Collignon (1918-2006), Dominique Jean Collignon naît le dans le 17e arrondissement de Paris. Sa mère a déjà eu deux garçons, Jean-Pierre (1941-1996), Yves-Marie (1944-2009) avec son premier mari, le baryton Pierre-Marie Bourdeaux, et un troisième, Patrick (1947-1982), avec l’artiste lyrique et chef d’orchestre Michel Têtard. Ayant épousé Georges Collignon deux mois avant la naissance de Dominique, Mado Maurin donnera encore naissance à deux autres enfants, Jean-François (né en 1957) et Marie-Véronique (née en 1960).
Sous la houlette de leur mère, laquelle a connu elle-même une carrière artistique comme concertiste et dans l'opérette depuis les années 1930, la fratrie se fait connaître dans le milieu artistique sous le surnom de « petits Maurin », patronyme artistique qui facilite leur placement dans divers spectacles, pièces de théâtre, émissions de télévision, de radio, disques et films de cinéma.
Ayant emménagé dans un grand appartement au 3e étage du 65, rue Sainte-Anne à Paris, la famille baigne à la fois dans un univers de « saltimbanques » et une profonde foi catholique. Durant cette la période, les « petits Maurin » font l'objet d'une réelle instrumentalisation par leur mère Mado. Dans un ouvrage paru en 1992, le réalisateur Yves Robert estime que « sa famille éduquait les enfants pour être comédiens, qui les négociait très jeunes pour des rôles, qui leur apprenait ça comme on apprend des tours à des petits chiens savants ». Ainsi, lorsqu'Emil-Edwin Reinert se prépare à tourner son film Quai de Grenelle en 1950, il sollicite Mado Maurin qui lui présente Yves-Marie mais que Reinert trouve trop grand. Elle revient le lendemain avec Patrick mais cela ne convient toujours pas. Elle propose dès lors au réalisateur son dernier-né, Dominique, lequel fait ainsi ses débuts au cinéma, âgé de 3 ans à peine (il est toutefois non crédité au générique du film).
Enfant, Dominique Collignon-Maurin connaît un certain succès auprès des réalisateurs grâce à sa gouaille, son regard pétillant et son visage espiègle rempli de tâches de rousseur. Pour le film L'Impossible Monsieur Pipelet sorti en 1955, il joue le tout jeune membre d'une famille populaire dans laquelle on retrouve notamment Michel Simon et Louis de Funès.
Jusqu'à la fin de l'adolescence, Dominique entretient un rapport fusionnel avec son frère Patrick âgé de deux ans de plus que lui ; ils sont inséparables comme des jumeaux, partageant la même chambre à la maison de Gouvernes, en Seine-et-Marne où ils passent week-ends et vacances, dont une partie des charges est payée par leurs cachets de jeunes comédiens encore mineurs. Ils se retrouvent parfois sur les mêmes tournages et font les 400 coups. Ce lien affectif étroit va unir également Dominique et Patrick à leur petit frère Jean-François durant les années 1960.
Ainsi, Dominique relate en 1992 que lors du tournage du film La Route joyeuse qui se déroule à l'été 1956, l'acteur star et réalisateur américain Gene Kelly prend un caillou en pleine tête parce que Patrick, neuf ans, s'amuse à faire des ricochets. Pour les punir, les deux frères sont enfermés dans une chambre d'hôtel, qu'ils mettent à sac en représailles.
En 1960, lors de la tournée organisée pour l'opérette L'Auberge du Cheval-Blanc avec notamment Bourvil et Michel Galabru, il est engagé pour jouer le petit Piccolo ; un disque est enregistré lors d'une représentation en public au théâtre du Châtelet, avec les mêmes interprètes et artistes.
Adolescents, lors d'un enregistrement pour la radio aux studios du Poste Parisien, Patrick et Dominique subtilisent les cartons de présence de pointage du personnel et les oblitèrent, mettant la pagaille le lendemain dans l'organisation de l'entreprise. Parfois, sur d'autres plateaux, notamment de télévision, ils font des farces en renversant des bols de chocolat sur le décor.
En 1963, son interprétation dans le téléfilm L'Enfance de Thomas Edison réalisé par Jean-Christophe Averty est saluée par la critique, le mettant au niveau de ses confrères comédiens confirmés : « L'interprétation était, comme toujours, très au point, avec Berthe Bovy (l'indulgente grand-mère), Dominique Maurin (déjà remarqué dans L'Auberge de l'Ange gardien), Georges Géret, Jean-Roger Caussimon et Claudine Mauget dans les principaux rôles ».
En 1964, Dominique, âgé de 15 ans, apprend par sa mère que Patrick est né d'un autre père, inconnu jusqu'alors. Il confie cette révélation à son frère et, dès lors, le futur Dewaere prend ses distances avec la tribu Maurin. Profondément marqué lui aussi par cette révélation qui risque d'abîmer le lien étroit qui existe avec son frère préféré, Dominique déclarera en 1993 au sujet de sa mère : « Elle qui, pour nous réunir, gardait au fond d'elle la vérité, et nous obligeait au mensonge. Je compris plus tard cette phobie du mensonge qui régnait à la maison. Jusqu'au thème d'une chanson où je me proclamais “chercheur de vérité” ».
Âgé d'une quinzaine d'années, il participe en 1964 à la distribution du film controversé Les Amitiés particulières, qui déclenche de nombreuses réactions négatives bien que l'œuvre soit interdite aux moins de 18 ans lors de sa sortie. Il y incarne le personnage antipathique de Marc de Blajan.
Le 31 mars 1965, sortant de l'appartement familial rue Sainte-Anne à Paris, il est renversé par une voiture et nécessite plusieurs jours d'hospitalisation.
Comme ses frères avant lui, Dominique est inscrit au cours de Raymond Girard, censé les préparer pour le concours d'entrée du Conservatoire. Alors qu'Yves-Marie et Patrick sont recalés, Jean-Pierre et Dominique sont reçus. Leur répétitrice est Gina Manès, actrice dans le Napoléon d'Abel Gance et partenaire de Louis Jouvet dans La Maison du Maltais de Pierre Chenal. Dominique et Patrick s’entraînent également à apprendre des textes et à les jouer ensemble lors de représentations fictives à la maison, notamment des textes de Jacques Prévert.
Pianiste de formation, Mado Maurin tient à ce que Dominique et Patrick apprennent également à jouer des instruments de musique. À la même période, le duo monte un numéro musical inspiré de negro spirituals, Patrick à la guitare et Dominique au saxophone. Ils jouent notamment pour l'association « La roue tourne », qui intervient lors des entractes au cinéma, ce qui leur permet de rencontrer l'immense vedette de l'époque qu'est Fernandel. Au milieu des années 1960, Dominique parvient à être engagé dans une formation de free jazz comme saxophoniste.
Dès les années 1960, Dominique Collignon-Maurin s'investit régulièrement dans le doublage en français de films. Il participe ainsi à deux des grands succès des studios Disney, Les 101 Dalmatiens et surtout Merlin l'Enchanteur où il prête sa voix au rôle principal, le jeune Arthur.
Il retrouve parfois son frère Patrick, avec lequel il est resté très proche, pour certaines productions, notamment à la télévision, comme en 1964 pour la série feuilleton L'Abonné de la ligne U ou en 1971 pour le téléfilm Si j'étais vous ou encore le doublage du film loufoque et alternatif La dialectique peut-elle casser des briques ? en 1973, aux côtés également de leur frère Yves-Marie.
Devenu adolescent, il commence à écumer, toujours avec Patrick, le quartier Saint-Germain-des-Prés, les cafés, lesterrasses et la côte d'Azur.
En 1968, Dominique Maurin interprète un malfrat anarchiste membre de La Bande à Bonnot, donnant la réplique notamment à Jacques Brel, Bruno Cremer et Annie Girardot.
En 1969, quelques mois après les événements de mai 1968, il tourne dans la comédie Erotissimo de Gérard Pirès avec Jean Yanne et Annie Girardot, dont il joue le jeune frère.
En mars 1970, dans l'émission d'actualité télévisée Panorama de Marcel Bluwal à laquelle participent également Michel Piccoli, Anouk Ferjac et Raymond Bussières, Dominique Maurin parle de la profession et de ses difficultés pour vivre de son métier ; il est contraint d'accepter toutes les propositions et que ses rôles ont un réel impact sur sa vie personnelle. Il explique ce que représente le métier d'acteur pour lui et pour la société.
En 1971, il tourne la comédie On est toujours trop bon avec les femmes de Michel Boisrond avec Jean-Pierre Marielle et Élisabeth Wiener, laquelle a été la compagne de son frère Patrick, deux ans auparavant.
Côté musique, Dominique poursuit ses créations et improvisations et fonde avec d'autres musiciens en 1975, la formation « Atonal Swing Quartet ».
En 1978, il est choisi pour doubler Mark Hamill alias Luke Skywalker dans La Guerre des étoiles, ainsi que les deux chapitres suivants de la saga, rôle qui lui apportera une immense notoriété.
En 1983, il participe au film Rebelote de Jacques Richard, à l'affiche duquel figure également sa mère. La même année, on le retrouve dans Les Princes de Tony Gatlif avec Gérard Darmon en tant que membre d'une famille de gitans vivant dans une cité HLM.
En 1989, dans le film Zanzibar de Christine Pascal, son personnage affronte l'univers du cinéma français et les difficultés pour produire et réaliser un film.
Dans Lune froide de Patrick Bouchitey en 1991, il croise Jean-François Stévenin et Jackie Berroyer. La même année, il prête sa voix à une œuvre radiophonique de Bernard Parmegiani, È pericoloso sporgersi.
Hormis quelques apparitions comme dans les films Podium de Yann Moix (2004) et Si tu voyais son cœur (2017) de Joan Chemla, Dominique Collignon-Maurin se consacre à partir des années 1990 au théâtre et au doublage.
Au théâtre, Dominique Maurin est éclectique dans ses choix, passant du théâtre classique au moderne comme avec La Chatte sur un toit brûlant au théâtre Antoine, mise en scène par Peter Brook, avec Jeanne Moreau en 1956, La guerre de Troie n'aura pas lieu de Jean Giraudoux, mise en scène de Jean Mercure au théâtre de la Ville puis au festival d'Avignon en 1971, Le Roi Lear de William Shakespeare, mise en scène de Michel Mathieu en 2006 ou encore Les Possédés d'après Fiodor Dostoïevski, mise en scène de Chantal Morel au MC2, théâtre Nanterre-Amandiers en 2009.
Il apprécie aussi les auteurs iconoclastes, alternatifs ou la comédie. Au théâtre de la Vieille-Grille en 1969, alors que la vague du café-théâtre bat son plein à Paris, il partage les planches et coécrit avec Philippe Ogouz, Didier Kaminka et Georges Beller, le spectacle parodique et d'humour Si tu viens chez moi, change au Châtelet, consacré à une critique de la comédie musicale Hair, de la télévision, du show-business et de la vie quotidienne de l'époque.
Accompagné de Liliane Léotard, Dominique Maurin délivre en juin 1973 une expérimentation théâtrale et picturale aux ateliers du « Théâtre national des enfants » qui vient d'être fondé par Jack Lang.
En janvier 1974, son interprétation ainsi que celle de ses partenaires pour la pièce Le Marathonde Claude Confortès au théâtre d'Aubervilliers est saluée par la critique : « Les trois acteurs sont prodigieux ».
En septembre 1977, il reprend l'un des rôles principaux de la pièce Jean Harlow contre Billy le Kid écrite par Antoine Bourseiller.
Pour monter des spectacles vivants et produire les créations de théâtre, il fonde « La Colline Compagnie » en 1983.
En 2018 à la Fonderie théâtre du Mans, espace créé par François Tanguy, il assure la mise en scène de La Vieille Vierge insomniaque, pièce tragi-comique dans laquelle il aborde les thèmes qui lui sont chers : religion, famille d'artiste, mensonge, comédie humaine.
Le 16 juin 2019 dans le cadre du Salon du livre audio à Montreuil (Seine-Saint-Denis), Dominique Collignon-Maurin donne une lecture publique du dernier tome des aventures d'Harry Potter Les Reliques de la mort.
En 2022, il donne la pièce Au nom du père, des fils et de la Vierge pas très sainte qu'il a écrite et qu'il met en scène, sur les thèmes similaires à La Vieille Vierge insomniaque.
Membre du Syndicat français des artistes-interprètes et de la fédération du spectacle CGT, Dominique Colligon-Maurin s'exprime publiquement pour défendre la profession du cinéma, notamment souligner la précarité des intermittents du spectacle lors du 60e Festival d'Avignon en 2006. En septembre 2020, il intervient au sujet de la situation du doublage en France, dans une situation préoccupante.
Dominique Collignon-Maurin meurt le à Villejuif (Val-de-Marne) à l'âge de 76 ans, des « suites d'une longue maladie ». La nouvelle est annoncée à l'Agence France-Presse par son neveu, Emmanuel Karsen, disparu lui-même un mois plus tard, le .
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