Daniel Pommereulle, né Daniel Wenceslas Marie Jacques Dupommereulle le à Sceaux, ayant vécu au 49, rue Boissonade dans le 14e arrondissement de Paris et mort le dans le 15e arrondissement de Paris, est un peintre, sculpteur, lithographe, cinéaste, acteur et poète français.
Biographie
Formation
Dès les années 1950, Daniel Pommereulle se forme à Paris, à l'académie Julian et dans le quartier Saint-Germain-des-Prés.
Mobilisé en 1957 pour son service militaire, il est de retour de la guerre d'Algérie à Paris en 1959.
Carrière
Il peint ses premiers tableaux (Nuages, Spirales) et participe en 1961 à l'« Anti-Procès III » à Milan, organisé conjointement par Jean-Jacques Lebel et Alain Jouffroy. Il réalise à partir de 1963 des assemblages d’objets (Objets oubliés, Objet hors saisie). En 1966, associé aux « Objecteurs » par le critique Alain Jouffroy, il expose un Pêcher en fleurs au Salon de mai puis les Objets de tentation à la galerie Mathias Fels à Paris.
Il travaille aux plans des sculptures des Urgences (1967) puis à la série des Objets de prémonition (1974-1975) qu'il présente dans l'exposition « Fin de siècle » au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou en 1975.
À partir des années 1980, il sculpte le verre, la pierre et l’acier, sans cesser de dessiner (notamment les séries des Fatigues du Ciel, des Passants luisants ou encore des Flüchtig). Pour Alain Jouffroy,
« la beauté éthique de la démarche supplante la beauté esthétique, qui n'est pas négligée, mais subordonnée à un projet poétique de grande ampleur. »
Proche notamment du galeriste Claude Givaudan qui l'expose à ses débuts, son travail est montré dans les années 1990 à la galerie Di Meo. Une importante rétrospective lui est consacrée aux musées de Dole et de Belfort en 1991.
Depuis 2012, son œuvre est représentée par la galerie Christophe Gaillard à Paris.
Au cinéma
Il reste connu pour son rôle de dandy dans La Collectionneuse d'Éric Rohmer en 1967 et apparaît dans une dizaine de films, dont La mariée était en noir de François Truffaut, Week-end de Jean-Luc Godard et Les Idoles de Marc'O. En 1972, il tourne dans La Cicatrice intérieure de Philippe Garrel (et vingt-sept ans plus tard dans Le Vent de la nuit).
Il réalise deux films : One More Time (1968) pour lequel il conçoit une « machine à suicide » et Vite (1969), avec des plans-séquences filmés à l'aide d'un télescope, apologie du désert et de la planète Saturne.
Décès
Daniel Pommereulle meurt des suites d'un cancer le .
Le long métrage Les Amants réguliers de Philippe Garrel, sorti en 2005, lui est dédié.
Publications
Écrits
Avec Serge Bard, Patrick Deval et Philippe Garrel, « Quatre manifestes pour un cinéma violent », Opus international,
Café sanglant, éditions Claude Givaudan, Genève, 1978
Avec Jacques Monory, Rien ne bouge assez vite au bord de la mort, coll. « Cent quatre-vingt degrés », Pierre Bordas et Fils, 1996
Avec G. Yoshimasu, C. Mouchard, M. Ono, Antique observatoire, Paris, Avant post, 2001
Il n'y a pas d'ombre dans les grands rassemblements, Christian Bourgois éditeur, 2003
Bibliophilie
Au voleur ! , suite de onze lithographies rassemblées en un livre-objet en miroirs, 20 exemplaires numérotés, miroiterie Lossignol, Paris, 1981
Expositions
Expositions personnelles
Expositions collectives
Réception critique
« Provocants, voire sadiques, les objets de Pommereulle sont là pour déranger, pour interroger. En d'autres temps, on aurait peut-être considéré son activité comme surréaliste, et il y a sans doute une certaine parenté entre les fêtes surréalistes et les rituels de Pommereulle. Fondé sur l'expressivité de l'objet et le langage de l'association, son œuvre un plus un questionnement du rêve qu'un langage chiffré. Moins apparent que chez les autres objecteurs, Kudo ou Raynaud, le propos de Pommereulle est plus insidieux, plus déroutant, plus compromettant aussi. »
— Jacques Busse
« Par la radicalité de sa démarche, Pommereulle s'oppose notamment à l'art décoratif, à l'objet d'art en tant que tel et s'intéresse passionnément à l'intériorité de la pensée à travers ses objets, mélange de subjectivité et d'objectivité cruelle. »
— Fanny Drugeon
« Daniel Pommereulle était un homme passionné par le vivant, par les vivants. Il les recherchait désespérément dans l'époque "refroidie" qui était la nôtre. Sa pensée, son art, ses écrits créent encore aujourd'hui les courts-circuits nécessaires aux dérèglements des schémas et des programmes. Cela sentait le brûlé et l'électricité, ce qui nous permettait de retrouver l'usage de nos sens avec les peurs, les rêves, les désirs qui portent vers le réel. »
— Olivier Kaeppelin
« Chez Pommereulle, la recherche d'extase fut une manière d'intensifier la vie. Ses objets sculpturaux dardés de lames de rasoirs et d'hameçons disent cette fascination et cette mise à distance, dès lors qu'il s'agit de sentir par la blessure, quand le ciel et sa promesse d'élévation se font chute dans le vide. »
— Tom Laurent
Collections publiques
Belgique
Centre de la gravure et de l'image imprimée, La Louvière, Sans titre, lithographie 105 × 75 cm, l'un des cent exemplaires numérotés, 1996
Espagne
Fondation Stämpfli (es), Barcelone, Sans titre, crayon et gouache sur papier, 64 × 90 cm, 2002
Musée d'Art contemporain de Barcelone, 1793 - Guillotine, lithographie 90 × 61 cm, l'un des cent exemplaires numérotés, 1989
France
Espaces publics
Ville d'Antony, mur peint, 1982
Parc du Tremblay, Champigny-sur-Marne, 1793, virgule à suivre sculpture
Rond-point de la route du Kochersberg, Drusenheim, Là/Doh, acier peint, verre et grès des Vosges
Ville d'Épernay, fontaine en verre, 1987
Ville de L'Isle d'Abeau, fontaine, 1993
Parc de sculptures contemporaines du donjon de Jouy, Sancoins
Métro de Toulouse, station Canal-du-Midi, Sans titre, quatre sculptures monumentales, verre, cuivre, porcelaine, ardoise, bronze, marbre rouge
Filmographie
Acteur
Réalisateur
1968 : One More Time, avec Deborah Dixon, 8 min
1969 : Vite, avec Mustapha Louriga, Charlie Urvois et Daniel Pommereulle, 37 min
Notes et références
Notes
Références
Annexes
Bibliographie
Ouvrages généralistes
Dictionnaire des artistes contemporains, La Connaissance S.A., Bruxelles, 1972.
Francis Parent et Raymond Perrot, Le Salon de la Jeune Peinture. Une histoire, 1950-1983, éditions Jeune Peinture/Imprimeurs libres, 1983.
Gisèle Breteau (dir.), Abécédaire des films sur l'art moderne et contemporain, 1905-1984, Centre national des arts plastiques/Centre Geeorges-Pompidou, 1985.
Françoise Woimant, Marie-Cécile Miessner et Anne Mœglin-Delcroix, De Bonnard à Baselitz - Estampes et livres d'artistes, BnF, 1992.
Emmanuel Bénézit (article de Jacques Busse), Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001.
Collectif, Val-de-Marne, la collection. L'art contemporain en France depuis les années 50, Paris, Cercle d'art, 2001.
Sur Daniel Pommereulle
Lucas Hees (dir.), textes de Philippe Sergeant, Christian Bouillé, Al Martin, Henri-Alexis Baatsch, Alain Jouffroy, Jackie Raynal, Éric Rohmer, Jacques Monory, Patrice Trigano, Jacques Dyck, Jean-Philippe Domecq, Michel Bulteau, Jean-Christophe Bailly, Anne Tronche et Malek Abbou, Pour Daniel Pommereulle, Falaise, éditions Impeccables, coll. « Essais et documents », 2013 (texte de Philippe Sergeant en ligne).
Ferdinand Gouzon, Daniel Pommereulle. Huitièmement qu'est ce que la cruauté ?, Paris, Éditions Multiple, 2016 (entretien avec Ferdinand Gouzon en ligne).
Armance Léger-Franceschi, « Daniel Pommereulle - Rien d'aussi beau ni d'aussi dangereux que le ciel », Art Press, (lire en ligne).
Travail universitaire
Armance Léger-Franceschi, « Daniel Pommereulle », thèse en esthétique, histoire et théorie des arts, sous la direction de Philippe Dagen et François-René Martin, École normale supérieure/Université Paris Sciences et Lettres (présentation en ligne).
Catalogues d'exposition
Alain Jouffroy, Les Objecteurs : Jean-Pierre Raynaud, Daniel Pommereulle, Arman, Spoerri, Kudo, Paris VIe, -, Paris, Quadrum, 1965.
Europalia 75 France, Société des expositions du Palais des beaux-arts de Bruxelles, 12 X 1 [Douze X Un] : une certaine actualité de l'art contemporain en France, Bruxelles, 1975.
Pommereulle - Fin de siècle, préface d'Alain Jouffroy, du au , Paris, Centre Georges-Pompidou.
Ivry 4 + 4, Arezki Aoun, Henri Bassmadjian, Carmen Charpin, Pierre Aquin, Michel Dambrine, Keiichi Tahara, Daniel Pommereulle, Peter Stampfli, Ivry-sur-Seine, Crédac/Galerie Fernand-Léger, mars-.
L'Utopie des voyageurs, musée des Beaux-Arts de Dole, musée d'art et d'histoire de Belfort, 1991.
Les Égorgeurs d'épaisseurs, préface d'Olivier Kaeppelin, du au , Paris, Galerie Di Meo.
Alain Jouffroy et al., Objecteurs/Artmakers : exposition "Autour d'Alain Jouffroy, Objecteurs/Artmakers", dans les galeries du théâtre de Cherbourg (-), au musée des beaux-arts de Dole et au Frac Franche-Comté (-), Nantes, éditions Joca seria, 2000.
Documentaire
Daniel Pommereulle, vidéo réalisée par David Carr-Brown, Ghislaine Bardet, Anne Papillault et Jean-François Dars, série « Les peintres cinéastes », production Cellule d'animation audiovisuelle du ministère des Relations extérieures, diffusion Médiathèque centrale, 52 min.
Liens externes
Ressources relatives aux beaux-arts :
Artists of the World Online
Bénézit
Delarge
RKDartists
Ressources relatives à l'audiovisuel :
AllMovie
Allociné
American Film Institute
IMDb
« Daniel Pommereulle » sur l'Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain
Daniel Pommereulle à la galerie Christophe Gaillard