Pascal Dusapin, né le à Nancy, est un compositeur de musique contemporaine français. Il est l’auteur de nombreuses pièces pour solistes, musique de chambre et grand orchestre ainsi que d'ouvrages lyriques, et est reconnu pour ses opéras.
Né le à Nancy, Pascal Dusapin apprend dans un premier temps la musique via des cours particuliers, en particulier le piano et l'orgue. Au-delà de la musique contemporaine, Pascal Dusapin s'intéresse au jazz et poursuit sa pratique de l'orgue. Puis, arrivé à Paris en 1969, il étudie en tant qu'auditeur libre au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris avec Olivier Messiaen[réf. nécessaire] puis, entre 1974 et 1978, à l'Université Panthéon-Sorbonne et prend des cours avec le compositeur franco-grec Iannis Xenakis (dont il aura été l'unique élève). À l'université, il étudie surtout la musicologie, les arts plastiques et les sciences de l'art et sort lauréat de la Fondation Marcel-Bleustein-Blanchet pour la vocation en 1977, après avoir bénéficié de son parrainage. Pascal Dusapin est rapidement influencé par le langage musical d'Iannis Xenakis mais également du français Edgard Varèse, particulier sa pièce pour orchestre de 1927, Arcana. Il étudie enfin avec Franco Donatoni au cours de séminaires de composition[réf. nécessaire].
Il est pensionnaire de l'Académie de France à Rome de 1981 à 1983 et reçoit de très nombreuses distinctions dès le début de sa carrière. Malgré sa volonté de ne pas se risquer à l'écriture d'opéras car il redoute cet « art bourgeois inaccessible », son premier ouvrage du genre naît à l'occasion d'une commande que lui confie René Koering, alors directeur du Festival Radio France Occitanie Montpellier. Roméo et Juliette, dont l'écriture du livret est confié à son ami le dramaturge français Olivier Cadiot, est créé en 1989 à Montpellier lors du festival. Par la suite, durant les années 1990, il compose plusieurs autres opéras et se charge lui-même de l'écriture du livret : Medeamaterial voit ainsi le jour en 1992 à La Monnaie de Bruxelles, produit plus d'une vingtaine de fois entre sa création et le début des années 2020. Faustus, the Last Night, opéra en anglais créé en 2006 à Berlin, se fait remarquer par la critique étrangère et américaine en particulier, ce qui déclenche une carrière internationale.
Il est compositeur en résidence du conservatoire à rayonnement régional de Strasbourg et du Festival Musica en 2000[réf. nécessaire]. Il est élu membre de l'Académie des beaux-arts de Munich en [réf. nécessaire] et nommé professeur à la chaire de Création artistique du Collège de France pour l'année académique 2006-2007. En mars 2008, il fait partie de la Commission présidée par Hugues Gall et chargée par Christine Albanel, ministre de la Culture, de pourvoir le poste de directeur de l'Académie de France à Rome[réf. nécessaire].
En 2018, Emmanuel Macron lui passe commande (ainsi qu'au sculpteur allemand Anselm Kiefer) d'une œuvre pérenne devant accompagner le transfert des cendres de l'écrivain Maurice Genevoix au Panthéon de Paris le [réf. nécessaire]. L'œuvre, intitulée In nomine lucis (« Au nom de la lumière », en latin) fait référence au titre d'une pièce pour orgue du compositeur italien Giacinto Scelsi (1974). Pascal Dusapin, quant à lui, a choisi de mettre en musique des textes issus de trois sources latines : L’Ecclésiaste, Virgile, et des « locutions funéraires de la Rome antique », auxquelles il a associé les noms de 15 000 morts pour la France lus par Florence Darel et Xavier Gallais. L'ambition du compositeur a été de faire « chanter les pierres » et indique avoir voulu transformer le Panthéon « en poumon chantant ». Pour arriver à cela, l'œuvre, chantée et récitée, a été préalablement enregistrée à la Philharmonie de Paris par le Chœur de chambre Accentus, placé pour l'occasion sous la direction de Richard Wilberforce. Lors de la cérémonie, In nomine lucis a été diffusée par soixante-dix haut-parleurs dissimulés dans de faux blocs de pierre placés dans différentes parties de cette « cathédrale laïque » : le chœur et les transepts. L’installation a été conçue de manière à exploiter la réverbération monumentale du Panthéon : grâce au système de spatialisation Holophonix développé par Thierry Coduys, les différents chœurs enregistrés peuvent être fragmentés, superposés et projetés dans l’espace selon des trajectoires variables, permettant une très grande diversité de configurations sonores et évitant toute répétition à l’identique.
Pascal Dusapin est l'époux de l'actrice Florence Darel avec qui il a eu un enfant en 2009.
Pascal Dusapin est aussi un photographe amateur :
« La photo a toujours été essentielle. Bien que la musique ait tout balayé après l'adolescence, cette pratique m'est restée en sous-bois, comme un contrepoint salutaire : un besoin d'apaisement par rapport à la violence de mon écriture musicale. »
Dusapin se dégage des carcans et des contraintes propres à la musique du milieu du XXe siècle, affirmant vouloir bannir la « musique Hiroshima ».
Selon le critique Claude Glayman, la musique de Dusapin est « ludique, joyeuse […] Au total, une clarté nouvelle mais bien dans la tradition de la musique française : univers post-tonal, post-atonal, qui a contribué à débloquer la musique de notre temps. »
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