"Au bord des mots, naissent les territoires : la Bourgogne".
Une rencontre autour de la terre bourguignonne dans la littérature.
Cette région, source d'inspiration pour de nombreux auteurs tels que Sandrine Collette, Michel Tournier ou encore Jules Renard, sera mise à l'honneur avec des lectures d'extraits et un échange sur la thématique ville/campagne.
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Reda Kateb (en arabe : رضا كاتب), né le à Paris, est un acteur et réalisateur franco-algérien. Il a obtenu plusieurs récompenses, dont le César du meilleur acteur dans un second rôle avec le film Hippocrate en 2015.
Biographie
Jeunesse et famille
Reda Kateb naît le à Paris. Il est le fils de Malek-Eddine Kateb, homme de théâtre et acteur algérien émigré en France, et de Françoise Reznicek, infirmière française d'origine tchèque et italienne. Il est également le petit-neveu de l'écrivain Kateb Yacine, poète rebelle, fondateur de la littérature algérienne moderne avec Nedjma, en 1956, et de Mustapha Kateb.
Formation, débuts et influences
Reda Kateb commence sa carrière d'acteur au théâtre dès l'âge de huit ans en s'exerçant tout autant sur des grands classiques que sur des pièces contemporaines. Son intérêt pour le métier d'acteur est lié à ses influences familiales et particulièrement son père, comédien et cofondateur du Théâtre national algérien qui lui a « appris l’amour du jeu ». En effet, dès l'âge de quinze ans, il joue au théâtre une adaptation de Moha le fou, Moha le sage, écrit par Tahar Ben Jelloun, mis en scène par son père. Au lycée Romain-Rolland à Ivry-sur-Seine – ville où il a grandi –, il participe à la classe de théâtre où il rencontre Kery James.
Après avoir passé un bac théâtre à Ivry-sur-Seine, il apprend son métier en développant sa faculté d'observation à travers les petits boulots qu'il multiplie à l'époque (ouvreur dans un cinéma, caissier, projectionniste, clown dans des anniversaires ou au Salon du camping-car…). Il déclare par la suite « ces petits boulots, ça a été mon Conservatoire. »
Il se dit particulièrement influencé dans son jeu par Jean Gabin et par le cinéma d'avant et d'après-guerre : « J’ai une grande fascination pour Jean Gabin dans sa jeunesse. Je pourrais voir et revoir La Bête humaine, La Grande Illusion, Des gens sans importance, Le jour se lève » et les films de Jean-Pierre Melville.
Carrière
Théâtre et cinéma
En 2003, il met en scène Le Cadavre encerclé, une œuvre de son grand-oncle Kateb Yacine.
À la télévision, il obtient son premier rôle de chef de gang dans la deuxième saison de la série Engrenages en 2008. L'année suivante, il débute au cinéma dans Un Prophète de Jacques Audiard. Il enchaîne avec le film Qu'un seul tienne et les autres suivront de Léa Fehner, dans lequel son travail est salué par la critique.
En 2012, dans le film américain Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow, il interprète un terroriste auquel la CIA arrache des informations sur Al-Qaïda.
Au sujet de ses choix cinématographiques, il déclare : « J’essaye d’être libre. Avec mon physique, j’ai la chance de pouvoir passer pour un gitan, un Vincent, un Mohamed. Le cinéma joue avec les clichés. Il ne doit pas se nourrir que de ça. » Son physique et ses origines lui valent cependant d’être classé dans la catégorie « acteur communautaire » — ce dont il se dit fatigué — et de jouer de nombreux personnages de délinquant ou de marginal. Ses rôles de gangster rappeur dans Engrenages, de prisonnier gitan dans Un Prophète, de terroriste dans Zero Dark Thirty ou de caïd dans Mafiosa lui collent une étiquette de « dur ». Il s'éloigne une première fois de ce registre en interprétant un rôle d'homosexuel arabe dans le film Les Garçons et Guillaume, à table ! (2013) de Guillaume Gallienne.
Suivant cette ligne, Reda Kateb interprète un interne en médecine dans le film Hippocrate de Thomas Lilti. Il joue également Qui vive, de Marianne Tardieu, présenté dans le cadre de l'ACID lors du festival de Cannes 2014.
Évoquant ses rôles dans des films américains comme Zero Dark Thirty ou Lost River, L'Express salue en « une filmographie qui en rendrait jaloux plus d'un. »
En 2015, il incarne Julien dans L'Astragale, de Brigitte Sy adaptation du livre d'Albertine Sarrazin, au côté de Leïla Bekhti.
En 2016, il interprète le rôle principal du film Les Beaux Jours d'Aranjuez, de Wim Wenders, sélectionné à la Mostra de Venise 2016.
En 2017, il incarne Django Reinhardt dans le film Django d'Étienne Comar, qui ouvre la Berlinale 2017. Pour les besoins de son rôle, il apprend la guitare pendant plus d'un an avec Guillaume Aknine comme professeur et rencontre la communauté tsigane à Forbach.
Il retravaille avec Wim Wenders pour son film Submergence (2018) dans lequel il joue l'un des shebabs somalis retenant un otage interprété par James McAvoy.
Jurys de festival
Lors du Festival de Cannes 2017, il est membre du jury Un certain regard, sous la présidence d'Uma Thurman.
En 2021, il participe au jury de Nicole Garcia lors du 14e Festival du film francophone d'Angoulême.
Décoration
Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres
Filmographie
Cinéma
Longs métrages
Courts métrages
2003 : Nif de Laurent Bouhnik :
2010 : Sur la tête de Bertha Boxcar de Soufiane Adel et Angela Terrail : Johnny Johnson
2012 : Ce chemin devant moi de Hamé Bourokba : le fils aîné
2014 : Les Fantômes de l'usine de Brahim Fritah : voix du narrateur
2014 : La Fin du début d'Eliza Levy : Atreyu
2015 : Pitchoune de lui-même : Karim
2016 : Sarah Winchester, opéra fantôme de Bertrand Bonello : le metteur en scène
Télévision
Voix off
2019 : Décolonisation (série documentaire) de Karim Miské et Marc Ball : narrateur
Réalisateur
2015 : Pitchoune (court métrage) en sélection à la Quinzaine des réalisateurs lors de Cannes 2015
2024 : Sur un fil (long métrage)
Théâtre
1991 : Moha le fou, Moha le sage d'après Tahar Ben Jelloun, mise en scène Malek Eddine Kateb, Théâtre Populaire de Lorraine
2005 : Merlin ou la Terre dévastée de Tankred Dorst, mise en scène Jorge Lavelli, MC93 Bobigny, Les Nuits de Fourvière (Lyon)
2007-2012 : Les Chiens nous dresseront. Cocherel 1364. La naissance d'une nation de et mise en scène Godefroy Ségal, Théâtre de la Tempête
2008 : Par les villages de Peter Handke, mise en scène Olivier Werner, Comédie de Valence (Valence)
2018-2019 : Un autre jour viendra d'après Mahmoud Darwich, mise en scène David Ayala, tournée
2024-2025 : Par les villages de Peter Handke, mise en scène Sébastien Kheroufi, Centre Pompidou et Théâtre des Quartiers d'Ivry
Reda Kateb joue le rôle de Gregor.
Distinctions
Récompenses
Festival international du film francophone de Namur 2013 : Bayard d'or du meilleur acteur pour Gare du Nord
Festival de Tübingen 2014 : Prix d'interprétation masculine pour Qui vive
César 2015 : Meilleur acteur dans un second rôle pour Hippocrate
Prix Patrick-Dewaere 2015
Coup de cœur Jeune Public printemps 2016 de l'académie Charles-Cros, avec Cédryck Santens (compositeur) et Merlot (auteur du texte)
Festival du film de Cabourg 2017 : Swann d'or du meilleur acteur pour Django
Coup de cœur Musiques du Monde 2019 de l'académie Charles-Cros pour Cocorico, balade d’un griot, décerné le mercredi 20 mars 2019 à Portes-lès-Valence, dans le cadre du festival « Aah ! Les Déferlantes ! »
Nominations
Globes de Cristal 2015 : Meilleur acteur pour Hippocrate