Jean-Michel Di Falco, né le à Marseille, est un prélat catholique français. Il est évêque auxiliaire de Paris de 1997 à 2003 puis évêque de Gap et d'Embrun (Hautes-Alpes) de 2003 à 2017. Principal soutien de la cause en béatification de Benoîte Rencurel, il est également connu du grand public pour avoir été porte-parole de la Conférence des évêques de France de 1987 à 1996, pour ses chroniques dans les médias. Il est par ailleurs le cofondateur de la chaîne KTO et du groupe Les Prêtres.
En 2001, il est accusé d'avoir agressé sexuellement deux enfants dans les années 1970. Compte tenu de la prescription des faits allégués, il est d'abord décidé d'un non-lieu à poursuivre. La Cour de cassation annule, le , cette décision de non-lieu.
Jean-Michel Di Falco naît du mariage de Gaston Di Falco, technicien de radio, et de Mauricette Léandri. À l'âge de trois ans, ses parents n'étant pas pratiquants, Jean-Michel se rend, pour la première fois, à la messe. Il en ressort avec le désir de devenir prêtre. Alors qu'il n'a que quatre ans, son père quitte le domicile.
Jean-Michel Di Falco arrête assez tôt ses études et obtient un certificat d'aptitude professionnelle (CAP) de fraiseur au centre d'apprentissage Le Chatelier, puis devient en 1959 employé d'une agence de distribution de films, Les Films Océanic.
Il entame ensuite des études au séminaire des vocations tardives à Rencurel (diocèse de Grenoble), puis au grand séminaire de Marseille et à l'Institut catholique de Paris où il obtient une maitrise de philosophie.
Ordonné prêtre le pour le diocèse de Marseille, il est ensuite enseignant dans l'enseignement catholique de 1969 à 1984, puis directeur de l'Institut supérieur de pédagogie de l'Institut catholique de Paris de 1977 à 1982.
En parallèle, il est directeur et aumônier des classes élémentaires de l'école Saint-Thomas-d'Aquin, à Paris, de 1968 à 1974, puis des classes élémentaires de l'école Bossuet également à Paris, de 1974 à 1984. Il a également été aumônier du cours d'Hulst, à Paris, et de l'école des Roches, à Verneuil-sur-Avre, de 1976 à 1989.
Expert auprès de l'Unesco de 1980 à 1985, membre de l'équipe du Centre national d'enseignement religieux de 1980 à 1982, président de la Commission Enfants et média du Bureau international catholique de l'enfance de 1980 à 1984.
Il est ensuite, de 1982 à 1987, directeur de la revue Les Fiches du cinéma, chroniqueur religieux à RTL et délégué général de Chrétiens-Médias.
Il est ensuite nommé secrétaire général adjoint et porte-parole de la Conférence des évêques de France, fonctions qu'il exerce de 1987 à 1996.
En 1996, il est nommé conseiller culturel de l'ambassade de France près le Saint-Siège à Rome, directeur du Centre d'études Saint-Louis-de-France et directeur au séminaire français de Rome.
En 1999, à la demande du cardinal Jean-Marie Lustiger, il fonde la chaîne de télévision catholique KTO.
Nommé prélat d'honneur par le pape Jean-Paul II en 1995 et évêque auxiliaire de Paris le , il est consacré évêque le suivant à Notre-Dame de Paris par le cardinal Jean-Marie Lustiger. En , il est dans un premier temps nommé évêque auxiliaire de Gap ; puis le , il en est nommé évêque titulaire. Le diocèse prend ensuite le nom de diocèse de Gap et d'Embrun par décret le de la Congrégation pour les évêques.
Pour la Conférence des évêques de France, il préside le Conseil pour la communication jusqu'en . Il préside également la commission des évêques d'Europe pour les médias (CEEM) et est consulteur du Conseil pontifical pour les communications sociales à Rome.
Au nom de l'Église catholique, Di Falco reconnait officiellement le caractère surnaturel des apparitions de Marie à Benoîte Rencurel le . Ce sont les premières apparitions reconnues en France par l'Église catholique depuis celles de Pontmain, en 1872. Par ailleurs, il soutient le procès en béatification de Benoîte Rencurel. C'est lui qui en 2003 entame la démarche jamais entreprise de reconnaissance des apparitions, nécessaire au dossier de béatification de Benoîte Rencurel, relancé en 1996. Sous l’égide de René Combal, six experts (un théologien, un historien, un spécialiste de la Bible, un psychanalyste, un psychologue et un magistrat) ont étudié durant trois ans la véracité biologique, historique et scientifique des faits, à partir des manuscrits et des témoignages d’époque. Benoîte Rencurel est reconnue « vénérable » par le pape Benoît XVI le .
Jean-Michel Di Falco étant atteint par la limite d’âge, le pape François accepte sa démission du siège épiscopal de Gap et d’Embrun le et nomme Xavier Malle pour lui succéder.
En 2017, il célèbre les obsèques de l'actrice Mireille Darc, en 2020, celles de Valéry Giscard d'Estaing et, en 2024, celles d'Alain Delon.
Afin de financer des actions caritatives, il est le fondateur du groupe Les Prêtres composé de Charles Troesch et Jean-Michel Bardet, tous deux prêtres de son diocèse, et de Joseph Dinh Nguyen Nguyen, d'abord séminariste de son diocèse et marié depuis. Ils publient en l'album Spiritus Dei. L'album est vendu à plus de 800 000 exemplaires, il est disque de platine et no 2 dans le classement officiel des ventes d'albums en France[réf. nécessaire]. Dans un communiqué, Jean-Michel Di Falco annonce le versement de 200 000 € à l’école Sainte-Thérèse d'Antsirabe (Madagascar), 200 000 € pour la restauration de la chapelle du Précieux Sang à Notre-Dame du Laus, 100 000 € à l’association Akamasoa présidée par le Père Pedro qui a sorti les enfants des ordures où ils cherchaient à manger à Tananarive (Madagascar), et 50 000 € à l’association APRES présidée par Yves Duteil pour une école en Inde. L'album Spiritus Dei est suivi de l'album Gloria (), puis de l'album Amen ().
En , un ancien élève du collège privé Saint-Thomas-d’Aquin à Paris, dirigé par Jean-Michel Di Falco, l'accuse de viols et des agressions sexuelles subis subis de 1972 à 1975, alors qu'il avait entre 12 ans et 15 ans. En 2002, un deuxième homme, ancien élève du collège Bossuet, sous la direction de Di Falco de 1977 et 1984, porte plainte pour agressions sexuelles. Il dément ces accusations. Le procureurs de la République de Paris classe les deux plaintes pénales pour prescription, tout comme la Cour européenne des droits de l’homme.
La victime présumée l'assigne en 2016 dans le cadre d'une procédure civile pour obtenir réparation. Il est débouté en première instance en 2018, puis en appel en 2019, sa demande ayant été jugée irrecevable en raison de la prescription. Le , la Cour de cassation annule l'arrêt de la cour d'appel de Paris. Une nouvelle assignation relance la procédure au civil, pour laquelle Jean-Michel Di Falco se présente devant la cour d'appel de Paris le . Son procès s'ouvre en son absence le 18 décembre 2025.
Libération révèle en que Jean-Michel Di Falco est visé par une enquête préliminaire confiée à la Brigade financière pour « abus de faiblesse, faux, escroquerie et vols ». Il est accusé d'avoir exploité la faiblesse d'une nonagénaire morte en 2013 pour obtenir par testament le legs de l'intégralité de sa fortune (17 millions d'euros) au profit de l'association diocésaine, aux dépens de son héritière.
En 2009, il affirme que celui qui a un comportement à risques doit recourir au préservatif pour ne pas ajouter le crime ou le comportement suicidaire à un manquement aux recommandations de l'Église : « si on a un comportement à risques, on ne doit, ni être criminel, ni être suicidaire, et avoir recours aux outils qui sont à la disposition des personnes, donc au préservatif, pour tenter de limiter les risques ».
Il critique l'attitude de José Cardoso Sobrinho, archevêque de Recife au Brésil, dans une affaire d'excommunications liées à l'avortement d'une fillette après un viol incestueux.
À l'occasion de Pâques, en 2009, il installe dans la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Arnoux de Gap de Gap une sculpture de Paul Fryer, intitulée Pietà, représentant le Christ sur une chaise électrique. L’œuvre suscite de vives réactions parmi la communauté catholique de Gap. L'évêque se justifie en disant que le but premier de l'exposition était d'amener les gens à venir dans une église et à s'interroger sur le mystère de la Croix : « S'il y a scandale pour certains, il n'est pas là où ils le pensent ! Le scandale, c'est notre indifférence devant la croix du Christ ».
En 2014, Di Falco devient président du comité de soutien à Jérôme Kerviel alors que ce dernier revient à pied de Rome, à la suite de sa rencontre avec le pape François. En , il demande publiquement la grâce du « trader » au président François Hollande.
En , dans une chronique vidéo intitulée « Changer le genre de Dieu » diffusée par l'hebdomadaire Le Point, il commente le changement de sens du mot « mariage » qui est en train de se produire, alors que sa définition était « non modifiée dans les dictionnaires depuis des siècles ». Le , dans une interview accordée au Dauphiné libéré, il affirme : « Le mariage, c’est l’union d’un homme et d’une femme. […] Quant aux manifestations, plutôt bon enfant au début, elles ont été récupérées par la suite. Je pense aussi que les enfants n’avaient pas à être dans ces manifestations. Ce n’était pas leur place ». Une polémique naît alors et ses propos sont vivement contestés par La Manif pour tous. Le , il affirme, dans sa chronique hebdomadaire du Point, avoir reçu plusieurs courriers anonymes dans lesquels il est critiqué, insulté et même menacé de mort.
Le , alors que Les Prêtres donnent un concert à l’Olympia au profit des chrétiens d'Orient, victimes de massacres opérés notamment par l'État islamique, Di Falco révèle que la mention « Pour les chrétiens d’Orient » figurant sur les affiches publicitaires exposées dans le métro est refusée par la RATP au nom du « principe de neutralité du service public » dans « le contexte d'un conflit armé à l'étranger ». Di Falco estime que « dire que l’on ne prend pas parti face à un génocide, c’est de la lâcheté : quand une population est massacrée de manière systématique, on prend parti. Et c’est parce qu’on n’a pas pris parti qu’il y a eu la Shoah ». L'affaire prend alors une tournure politique et judiciaire avec une action en référé. Le 6 avril, le président de la RATP autorise finalement l'affichage portant la mention initialement refusée.
En , après la réalisation d'un audit, son successeur au diocèse de Gap et d'Embrun accuse Jean-Michel Di Falco d'avoir engagé des dépenses excessives, dont 21 millions d'euros investis dans une basilique qui n'a finalement pas vu le jour. Le , un communiqué commun de Di Falco et de Xavier Malle, évêques diocésains successifs, conteste cette version.
Jean-Michel Di Falco a participé à plusieurs albums musicaux, en tant que lecteur :
Le , Jean-Michel Di Falco est nommé au grade de chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur au titre de « ecclésiastique, consulteur du conseil pontifical pour les moyens de communications sociales ; 33 ans de ministère ecclésiastique » puis il est fait chevalier de l'ordre.
Il est nommé au grade de chevalier dans l'ordre national du Mérite puis fait chevalier de l'ordre.
En 1987, il reçoit le prix Georges Bernanos.
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