Jean-Michel Ribes, né le à Paris, est un acteur, dramaturge, metteur en scène de théâtre, réalisateur, scénariste français, auteur de publicités.
Il a dirigé le théâtre du Rond-Point à Paris de 2001 à 2022.
Né en 1946, il est le fils de Pierre Ribes et de Jeanne Bernadet, femme d'origine argentine qui lui fait découvrir le théâtre dès l'âge de cinq ans. Déchiré par le divorce de ses parents et l'absence de son père, il retrouve goût à l'existence en s'en inventant mille autres grâce au théâtre. C'est sa mère qui, en se remariant au peintre Jean Cortot, lui fait rencontrer « les écrivains et les artistes les plus drôles des années 1950-60 : Tardieu, Queneau, Miró ». Alors qu'il a l'audace de monter sur scène à l'âge de douze ans, son père, plutôt grand bourgeois et furieux de cette initiative, le place en pension dans l'institution Le Montcel à Jouy-en-Josas.
Ribes fonde en 1966 la compagnie du Pallium, avec le peintre Gérard Garouste et le comédien Philippe Khorsand. Il côtoie à cette époque Roland Topor, Jérôme Savary, Fernando Arrabal et d'autres. De jeunes acteurs tels qu’Andréa Ferréol, Roland Blanche, Marie-Pierre Casey, Gérard Darmon, Tonie Marshall, Jean-Pierre Bacri, Daniel Prévost, Roland Giraud et Michel Elias rejoignent sa compagnie. Il met en scène de nombreuses pièces contemporaines, entre autres de Shepard, Copi, Topor, Grumberg et Arrabal, ainsi que sa première pièce, Les Fraises musclées, en 1970.
Ribes se marie avec l'actrice Laurence Vincendon dont il divorcera dans les années 1970. Avec deux autres créateurs, Georges Couroupos et Yánnis Kókkos passionnés par le phénomène complexe des croisades, il présente en 1975 au festival d'Avignon une première expérience de création collective sur le Moyen-Âge incluant des thèmes musicaux interprétés par les luths, les vièles et les cistres de l'Ensemble des ménétriers.
Au début des années 1980, Ribes crée avec Roland Topor, Jean-Marie Gourio, François Rollin et Gébé, les séries télévisées humoristiques Merci Bernard (sur FR3) et Palace (sur Canal+), à l’humour décapant. Il réalise quatre longs métrages, dont Chacun pour toi (avec Albert Dupontel et Jean Yanne) et Musée haut, Musée bas d’après sa pièce éponyme.
En 1995, Ribes reçoit l'un des Grands Prix de l'humour noir avec Jean-Marie Gourio pour le spectacle Brèves de comptoir. De 1997 à 2002, il anime la manifestation « Texte nu » du Festival d’Avignon, destinée à promouvoir l’écriture dramatique contemporaine.
En 2000, deux cents auteurs dramatiques fondent le mouvement des Écrivains associés du théâtre. Ribes en est élu président. En 2001, il reçoit le prix Plaisir du théâtre pour l’ensemble de son œuvre, et en 2002 le Grand prix théâtre de l'Académie française. En 2003, il est président du jury du Festival international des Très Courts.
En , Catherine Tasca, ministre de la culture, et Bertrand Delanoë, maire de Paris, nomment Ribes directeur du Théâtre du Rond-Point. En 2002, il reçoit le Molière du meilleur auteur francophone pour sa pièce Théâtre sans animaux ainsi que le Molière de la meilleure pièce comique. En , il préside le jury du 1er Festival du film francophone d'Angoulême (FFA). En 2013, il est promu commandeur des Arts et des Lettres (officier en 2010). En , il reçoit le grand prix de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD).
En 2011, Ribes soutient activement François Hollande lors de la primaire socialiste. Pendant la présidence de M. Hollande, il est décrit comme un « habitué » du palais de l'Élysée. Il défend à plusieurs reprises publiquement le président socialiste, dont le niveau de popularité est au plus bas, en dénonçant le dénigrement qui existerait à son égard, allant jusqu'à signer avec d'autres personnalités du monde du spectacle une tribune dénonçant le « Hollande-bashing » et rappelant « tout ce qui a été accompli » notamment « la sanctuarisation du budget de la culture ».
Le , à Nancy, Ribes est agressé par des catholiques extrémistes qui lui jettent une tarte aux excréments au visage en raison de la programmation dans son théâtre d’une pièce de Rodrigo García, Golgota picnic, dont le personnage central est le Christ, qu'ils jugent blasphématoire.
Nommé directeur du Théâtre du Rond-Point en 2001, Ribes décide d’en faire une maison de création consacrée au théâtre d’aujourd’hui. Le théâtre est décoré par Patrick Dutertre. Les costumes du personnel d'accueil sont dessinés par Juliette Chanaud. Il installe une nouvelle librairie en association avec l’éditeur Actes Sud et réaménage de fond en comble le restaurant. En partenariat avec La COPAT, de nombreuses pièces sont filmées et diffusées sur les chaînes de télévision Arte, France 2 et TV5 Monde (toutes sont publiées en DVD (COPAT collection Rond Point)). La nouvelle salle Roland Topor est le « grenier à rêves » du Rond-Point, réservée aux spectacles « tentatives ». Le nouveau directeur de l'établissement veut notamment redonner sa « place aux poètes comiques, aux satiristes, aux subversifs loufoques, aux pourfendeurs du sérieux, bref à ceux qui offrent le miracle du rire ».
En 2014, le Théâtre du Rond-Point bénéficie de subventions de près de 4 millions d'euros dont une subvention d'exploitation de 1 960 000 euros HT de la part de la mairie de Paris. Pointé du doigt par des élus de droite pour ce montant élevé de subventions, Jean-Michel Ribes rappelle que le budget annuel de la SARL est néanmoins constitué de recettes propres pour 64 % (dont 48 % de billetterie et apports artistiques).
Le , Jean-Michel Ribes est nommé au grade de chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur au titre de « directeur de théâtre, auteur, metteur en scène, réalisateur ; 41 ans d'activités artistiques ». Il est fait chevalier de l'ordre le puis promu au grade d'officier le au titre de « auteur dramatique, metteur en scène, cinéaste et directeur de théâtre ».
Il est nommé officier dans l'ordre des Arts et des Lettres en .
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