"Au bord des mots, naissent les territoires : la Bourgogne".
Une rencontre autour de la terre bourguignonne dans la littérature.
Cette région, source d'inspiration pour de nombreux auteurs tels que Sandrine Collette, Michel Tournier ou encore Jules Renard, sera mise à l'honneur avec des lectures d'extraits et un échange sur la thématique ville/campagne.
Dégustation de la galette des rois artisanale autour d'un verre de cidre sélectionnés par notre partenaire français VA SANO
Hervé Despesse, dit Kent, né le à Lyon 4e, est un artiste pluridisciplinaire, auteur-compositeur-interprète français. Il est le fondateur du groupe rock Starshooter, né dans l'explosion punk en 1977. Également connu sous les noms de plume Kent Hutchinson puis Kent Cokenstock, il est auteur de bandes dessinées, de romans et de chansons.
Biographie
Jeunesse et formation
Hervé Despesse naît le dans le quartier de La Croix-Rousse de Lyon 4e. Il est le fils d'un cariste et d'une mère ouvrière, tous deux lyonnais. Ses parents travaillant en usine six jours sur sept, c’est à Montluel dans l'Ain, qu’il est élevé par sa grand-mère. Elle lui achète Le Journal de Mickey tous les jeudis. Il lit les petits formats que lui passe un de ses amis. Enfant, il sait déjà qu'il veut devenir dessinateur de bande dessinée. Vers 1965, ses parents divorcent et il suit sa mère. Il grandit dans le quartier de La Croix-Rousse à Lyon. Écolier, il s'invente de nouveaux épisodes d'Astérix comme Astérix au pôle Nord. Il est bon élève jusqu'au collège. Puis, il est lycéen au Lycée Saint-Exupéry. Adolescent, il achète sa première guitare en 1970 et veut devenir chanteur de rock. Il apprend la guitare en cours du soir du club Léo Lagrange de son quartier. Il monte un premier groupe au lycée avec deux copains, Phil et Jelloen 1972. Deux ans plus tard, c'est en usine qu'il passe ses vacances pour s'offrir une sono et des guitares. Il passe son baccalauréat en 1975 étant ainsi le premier membre de la famille à avoir un tel niveau d'études. La même année, il se produit en concert avec sa formation dans des fêtes lycéennes dans sa ville natale.
En dessin, il est autodidacte, il redessine des cases qui lui plaisent, comme tout gamin fasciné par la BD. C'est le livre Comment on devient créateur de bandes dessinées des éditions Marabout qui l'épaule. Il dit être influencé par Gotlib et plus tard par Mœbius et principalement Tardi qui le conseillent.
Avec Starshooter (1977-1982)
Avec trois amis du lycée, il fonde le groupe Starshooter. Il se choisit comme nom de scène Kent Hutchinson, un nom à consonnance anglaise. Il en est le leader. Leur carrière décolle après un concert à Grenoble en 1977, où un organisateur de spectacles leur a proposé d'assurer la première partie de Jacques Higelin. Entre provocations grinçantes et touches d'humour, les quatre musiciens crient leurs colères sur scène.
En 1977 à Lyon, il a 20 ans quand Starshooter fait partie des nouveaux groupes punk français dont on commence à parler. Cette même année, il fait une rencontre marquante en la personne de Philippe Constantin. Un premier album sort en 1978 dont Étienne Robial qui réalise la maquette, ce dernier fera également de même pour le second album Loukoum scandale en 1979. Le groupe sillonne la France et leurs concerts sont souvent déchaînés. Kent Hutchinson est le principal auteur des textes du groupe. Ayant signé chez EMI, le groupe est pris en main par le directeur artistique Philippe Constantin. Il fait sa première télévision le dans l'émission Blue Jean de Jean-Loup Lafont diffusée sur Antenne 2. Starshooter a symbolisé le renouveau populaire du rock français après l’essoufflement de la pop progressive des groupes Ange, Triangle ou Atoll. Premier groupe punk à sortir de l’underground en mariant la propreté du son à la provocation calculée comme en témoigne le titre du second 45 tours du groupe, Get Baque, qui enterre de façon provocante et ostentatoire le mythe des Beatles. Écarté des linéaires après seulement une semaine d’exploitation par EMI, c’est Betsy Party qui retient l’attention des programmateurs radio et passe en boucle sur l’antenne d’Europe 1, mais aussi la reprise du Poinçonneur des Lilas de Serge Gainsbourg qui est à la fois un hommage. Le groupe s'essaie aussi à la musique de variétés sans succès. Comme Bijou et Téléphone — leurs concurrents au sein du même label mais néanmoins amis —, Starshooter avec son rock énergique et coloré devient une figure emblématique de toute une jeune génération.
Après quatre albums, le groupe se sépare en 1982 par fatigue et par peur de lasser.
Première période en bande dessinée (1978-1985)
Partout c'est la merde, un premier 45 tours en solitaire toujours d'inspiration des années Starshooter sort en 1982. Après l'époque faste de Starshooter, le dessin lui permet de faire face aux années de galère. Kent Hutchinson se consacre alors pleinement à la bande dessinée. En 1978, il rejoint Métal hurlant, sous la houlette de Jean-Pierre Dionnet. Les premiers courts récits sont écrits par François Rivière. Il publie Sales Amours aux Humanoïdes associés, un recueil de ces histoires courtes en 1982. Pendant cette période difficile, c'est le karaté qu'il pratique assidûment qui lui permet de s'en sortir. Deux ans plus tard, la même maison d'édition publie Ma vie est formidable. L'ouvrage — parsemé de croquis — est autobiographique, lequel raconte sa vie de chanteur.
Entre 1982 et 1986, il publie six albums aux Humanoïdes associés et chez Futuropolis, en noir et blanc. Il réalise African Night Flight, une aventure de Kriss Delux, son dernier album pour les Humanos en 1984. C'est son ami d'école Phil Bernalin qui en écrit le scénario. Le chroniqueur du magazine Best reçoit favorablement l'ouvrage, qu'il dépeint : « sans se tromper, le genre qui colle à son style : l'aventure. Noire. Noir comme l'Afrique, comme Corto Maltese. Il va droit au but en mettant en scène une rock star, pour son premier long métrage en noir et blanc. Réalisme à la Jean Renoir, Micheluzzi [… ] ». Précédé de quelques mois par Ciel de sable, le premier volet des Aventures de Bob l'aviateur, le second tome L'Enfer blanc intègre lui aussi la collection « X de Futuropolis en . La journaliste Claire Paillocher du magazine 20 Ans écrit : « Kent Hutchinson est un passionnant jeune homme à deux visages, ou plutôt deux faces, comme les 45 tours qu'il enregistre : face, il dessine, pile, il chante. Et les deux genres sont inextricablement liés dans sa tête : […] il n'envisage pas de vivre sans un micro dans une main et un pinceau dans l'autre. […] Les deux genres se rencontrent parfois : un de ses albums de bédé racontait sa vie de chanteur, et il y a toujours un dessin de lui sur ses pochettes de disque… C'est la première fois que Kent-le-dessinateur se lance dans une série à héros et à épisodes… ». Elle cite encore sa longue envie de dessiner les aventures d'un pilote de l'Aéropostale, éprouvant une fascination pour les avions dont celui utilisé par Bob : le Couzinet, inauguré par Mermoz, son répertoire contenant six ou sept chansons qui y font allusion. Mentionnant le mini-album musical chez Pathé-Marconi : Embalao, et le mini-album bédessiné dans la collection « X » aux éditions Futuropolis : L'Enfer blanc, elle conclut : « Deux mini-albums maxi-intéressants ! ».
Trouvant la vile de Lyon ennuyeuse, il la quitte amer pour Paris à l'âge de 25 ans.
Sa bande dessinée la plus connue est Les Aventures de Bob Robert l’aviateur réalisée en 1985. Il réalise encore le court récit L'Édifiante Génèse d'un 45 tours ainsi que l'illustration de Tâtonnements de Jackie Berroyer dans le numéro hors série Rythm'n bulles du magazine (À suivre) des éditions Casterman en 1986. Mais avec la fin de Métal hurlant, la vente de Futuropolis à Gallimard et le décès de Philippe Bernalin, son scénariste et ami depuis le lycée, l'envie de poursuivre dans la bande dessinée disparaît.
Carrière solo
Parallèlement, Kent sort son premier 33 toursAmours propres sous le nom de scène Kent Cokenstock — clin d'œil aux Aventures de Tintin en hommage à Hergé — en 1982. Puis, il continue de sortir deux 45 tours : Tiny Tinto en 1983 puis Tout petit doute en 1984, qui ne rencontrent pas le succès. À la suite de quoi, sa maison de disques CBS rompt le contrat. Il voyage quelques semaines au Cameroun dont il s'inspire pour son second album solo Emballao (1986) sur son nouvel label Barclay. La musique revient au premier plan. Il déménage à Paris et adopte un nouveau mode vie. Il fait la rencontre du compositeur Jacques Bastello avec qui il enregistre 6 albums et font ensemble de nombreuses tournées. Il lui faudra patienter six ans, jusqu'à l'album À nos amours et au succès de la chanson J'aime un pays, pour accéder à la reconnaissance en tant que Kent. Il écrit tous les textes de l'album Une autre vie pour Hervé Paul en 1989. Un an plus tard, il chante J'aime un pays (alternative à La Marseillaise), extrait de l'album À nos amours et, en 1991, Tous les hommes. L'album est salué par la critique. À la suite, il écrira encore pour Calogero, Michel Fugain, Johnny Halliday, Nolwenn Leroy, Alain Leprest, Enrico Macias, Zazie ou Les Tit' Nassels. Il est considéré :
« Kent « c'est aussi le fer de lance de la nouvelle chanson française ». »
— Ouest-France
La plume du rock
Il fait son entrée en littérature avec le roman Les Nouilles froides (1988). Il livre son second roman Un été pourri, un polar qui se déroule entre Lyon, Paris, Beyrouth, Bruxelles en . Il écrit en parallèle des chansons pour d'autres interprètes, dont Juste quelqu'un de bien chanté par la chanteuse Enzo Enzo en 1994 (ils l'interprètent en duo sur l'album Kent en scène en 1995). La chanson reçoit la Victoire de la chanson originale. Ensemble, ils feront deux récitals. La maison de disques Barclay croit en Kent Cokenstock et sort un disque live de son dernier spectacle. L'enregistrement a eu lieu pendant deux soirs à La Cigale en octobre 1994. L'idée étant d'offrir un travail très différent des versions studios. Selon Thierry Coljon, journaliste du journal Le Soir : « Kent homme de scène étant un tout autre homme. ». Avec l'album D'un autre Occident (1993), il exprime son impression de vivre sur un continent à bout de souffle et rêve d'un autre Occident sans tromperie. Il sort son troisième roman Des gens imparfaits, publié aux éditions Ramsay en 1995. C'est l'histoire de la rencontre entre un homme revenu de tout et une femme coincée par la grisaille du quotidien. En fin d'ouvrage, Willy le personnage principal explique : « Il n'y a pas de mystère dans les comportements humains, il n'y a que des secrets. ». En 1996, il sort aussi Nouba, à l'exotisme kabyle, où selon la journaliste Sophie Grassin de L'Express : « […] il dresse l'état des lieux de notre époque rêche et délétère » et y voit une filiation avec Léo Ferré, David Bowie. L'album contient la chanson 60 millions de Poulidor, où Kent voit dans la France le reflet de l'éternel second en la personne de Raymond Poulidor. Il y évoque la rivalité Poulidor/Anquetil et explique le processus par lequel le public se sent proche de héros accessibles. Elle sera éditée en single.
Au cinéma
La même année, il est au casting du film Un samedi sur la Terre (1996) de la réalisatrice Diane Bertrand. Il y tient le rôle d'Arnaud aux côtés de Elsa Zylberstein et Éric Caravaca. Il joue le rôle d'un jeune directeur de théâtre qui fait faillite et qui écrit un livre sur une femme qu'il a rencontrée. Pour Hélène Crié-Wiesner, journaliste à Libération, qui le décrit dans son portrait comme : « […] acteur plutôt à l'aise dans son quasi propre rôle. ». Il dit avoir apprécié l'expérience parce qu'on lui disait comment s'habiller et qu'il trouvait reposant d’être un autre que lui-même le temps d’un rôle. L'année suivante, il joue un tueur à gages dans Le Silencieux (1997), un court métrage en noir et blanc de Fabrice Rendé. Selon Olivier Mauraisin du Monde, il y est « étonnant », dans ce rôle à la Léon.
Après ce disque, il continue avec une formation électro-rock pour l'album Métropolitain (1998), qui n'a pas été bien reçu par les critiques. Après l'album Cyclone (Barclay, 2000) et sa tournée, il ressent le besoin de faire une pause pour se ressourcer.
Producteur indépendant
Après deux ans d'absence, il revient en pleine forme. Je ne suis qu'une chanson (2002) est composé à La Réunion. Il tourne au bord de l'océan Indien avec l'accordéon d'Arnaud Méthivier, qui l'accompagne depuis 1991. Puis, le besoin de revenir au rock s'est fait sentir. La rencontre avec le duo composé de Bertrand Fresel (au son) et Fred Pallem (à la guitare et aux arrangements) donne une nouvelle direction aux trois albums suivants, jusqu'à Panorama en 2009, son premier album en production indépendante. C'est sous le label AZ/Universal que sort le dixième album solo de Kent : Bienvenue au club en 2005
. Pour le journaliste David Glaser de RFI : « Le dixième album solo de Kent est une parenthèse rock dans une carrière riche en textes poétiques et mélodies acoustiques. Dans Bienvenue au club, les chansons sont rock et de grande qualité, la plupart d’entre elles pourrait casser la baraque dans les classements. Les contributions de jeunes artistes français talentueux, M en tête, y sont peut-être pour beaucoup. Kent y raconte des histoires de gens simples sur des bases instrumentales directes et efficaces. ». Le journaliste Bruno Lesprit du journal Le Monde fait la comparaison suivante dans sa chronique musicale : « Mais Kent n'est pas Renaud, à s'apitoyer sur son sort ou écrire une chanson sur l'apparition de son premier cheveu blanc. C'est avec lucidité et cruauté, entrain et optimisme qu'il évoque la crise de la quarantaine. »
Le , Kent sort L'Homme de Mars, un projet original alliant CD et bande dessinée. Le livre-disque est publié aux éditions Actes Sud BD. C'est un album de chansons qu'il a lui-même composées et illustrées, avec la collaboration de Fred Pallem, bassiste et compositeur. Le récit suit les aventures d'un Martien en mission sur Terre, une figure qui ressemble étrangement à Kent, qui avoue ne pas se sentir à sa place dans le monde d'aujourd'hui. L'album aborde des thèmes variés comme la violence, la consommation, les relations et la peur de la mort, le tout soutenu par une instrumentation riche aux accents pop des années 1960 mêlant cordes et cuivres. Graphiquement, le style noir et blanc de Kent rend hommage à l'âge d'or de la bande dessinée de science-fiction des années 1950.
C'est dans sa véranda qu'il compose ses albums L’Homme de Mars et Panorama qui est un autoportrait musical avec des duos d'amis : Dominique A, Arthur H, Agnès Jaoui ou encore Suzanne Vega. C'est également son premier album en production indépendante. En , l'album Le Temps des âmes, son 14e album solo, est dans les bacs des disquaires. Selon la journaliste Marie-Anne Georges du quotidien bruxellois La Libre Belgique : « […] un petit bijou de chanson française, piano-voix classique mais ô combien finement ciselé. ».
Sur le thème de l'écologie
Kent publie la bande dessinée À l'eau, la Terre !, Sauvons Tuvalu, le pays qui disparaît, pour l'association Alofa Tuvalu, initiée par Gilliane Le Gallic après son film "Nuages au Paradis" tourné à Tuvalu, et financée par l'ADEME en 2005. Cette bande dessinée promotionnelle vise à la sensibilisation au dérèglement climatique dont la montée des eaux menace le petit archipel Tuvalu, constitué de neuf îles dans le Pacifique Sud, le premier à disparaître. Elle met en scène Hugo le jeune Européen, Mamaua la petite Tuvaluenne et Sib, la petite puce gardienne des bons réflexes. Elle connaît un tirage de 350 000 exemplaires en langue française. Elle est distribuée en écoles et festivals liés à l'environnement et est traduite en 14 autres langues : dont Our planet under water pour sa version anglaise, et une traduction tuvaluenne toutes téléchargeables sur le site d'Alofa Tuvalu. Il y montre sa sensibilité écologique. Il réalise aussi la bande dessinée pédagogique pour la même agence L'Invasion des mégapoubs - Réduisons vite nos déchets, ça déborde !, traitant de la réduction des déchets, l'année suivante. Cet album de 16 pages au format [PDF] est téléchargeable gratuitement sur le site web de Bruxelles Environnement.
En radio
Pendant la deuxième partie de l'été 2013, Kent anime l'émission Vibrato sur France Inter, à la requête de Philippe Val alors directeur de la radio française. Il y dissèque avec humour le processus de création d'une chanson, de l'écriture à la scène. Il avait conservé les notes de ses chroniques de ladite émission et conçoit dans la foulée le récit Dans la tête d'un chanteur, publié dans la collection « Castor music » des éditions Le Castor astral. Dans l'ouvrage, l'auteur cherche à donner une vue d'ensemble du processus de création d'une chanson, en y ajoutant son expérience et en le modernisant. Il tente de donner réponse aux questions que les artistes se voient régulièrement poser. La préface est signée par Didier Varrod. Selon la même Marie-Anne Georges : « Le ton est quelques fois scolaire, mais au final, le contenu se révèle plaisant, avec certains exemples qui possèdent le charme des photographies en sépia. ». Il sera d'ailleurs parmi les artistes européens, en tant que membre de la Guilde des artistes de la musique (GAM), à exiger une rémunération plus juste des sites de streaming auprès des députés du Parlement européen au mois de . En 2015 toujours, sort l'intégrale de ses 14 albums studios. Au travers du livret, Pierre Mikaïloff présente chaque album en le replaçant brièvement dans son contexte historique. Kent déplore à cette occasion que, contrairement aux acteurs qui peuvent aisément changer de rôle, les chanteurs soient souvent cantonnés à un seul genre. Il a toujours refusé de choisir entre le rock et la chanson réaliste, se considérant, à l'écoute de ses disques remasterisés, comme un artiste « indiscipliné » depuis ses débuts.
La Grande Illusion
Son 18e album La Grande Illusion, réalisé en sono, sort en 2016. L'album est né de la rencontre avec Tahiti Boy, mariant la chanson et l'électro-rock et revendiquant les influences des Stooges, Jacques Brel ou David Bowie. Pour Philippe Martinot du Figaro : « Un disque charnière, point d'orgue d'une carrière exigeante et créative. ». Désormais, il ne joue plus à l'Olympia ou à La Cigale, mais il se produit au Centquatre ou sur Le Flow, une péniche de Paris 7e, où il défend les chansons de La Grande Illusion avec sa voix de baryton Martin. L'album enregistré en concert La Grande Effusion est apprécié du journaliste Éric Tandy du journal La Vie qui écrit : « […] on constate que le chanteur lyonnais, qui tient la scène depuis maintenant plus de 40 ans, n'a rien perdu de son dynamisme, de sa verve vocale, et qu'il est toujours capable de faire vivre avec spontanéité des textes incisifs (Les Vrais Gens), émouvants (Notre amour) ou joyeux (Congas et Maracas, tiré du répertoire de son premier groupe, Starshooter). Un retour sur carrière plein de vie, convivial et enthousiasmant. ».
Peine perdue, le sixième roman
Il reprend la plume et livre son sixième roman Peine perdue, publié aux éditions Le Dilettante en 2018. Il met en scène le musicien quinquagénaire Vincent Delporte confronté au deuil de sa compagne Karen, artiste de street art. Sans être effondré, Vincent encaisse l’épreuve sans rien montrer de cette « peine perdue ». Un ouvrage attachant pour le magazine Lyon Capitale. L'ouvrage décrit comme une introspection amoureuse et attachant fait partie des sélections littéraires de L'Express. Thierry Clermont écrit dans Le Figaro : « Un récit d'une grande fluidité avec une galerie de portraits vivants, loin des stéréotypes et des poncifs. ». Laura Boisset conclut sa chronique dans le magazine Sur la même longueur d'ondes, par ces mots : « […] l’ancien leader de Starshooter réussit à traiter un sujet de manière non conventionnelle, à surprendre le lecteur dès les premières pages et à maintenir son attention. »
Hommage à Hubert Mounier
En 2019, Kent participe au projet Place Hubert Mounier en hommage à son ami Hubert Mounier, fondateur de L'Affaire Louis' Trio aux côtés d'un collectif de musiciens lyonnais qui comprend Les Chics Types, Stan Mathis, Joe Bel, Carmen Maria Vega, Frédéric Bobin, Buridane, Billie, Denis Rivet, le groupe Khaban, Nikolas K, Le Voyage de Noz et They Call Me Rico.
La biographie d'Elvis
En septembre de la même année, il s'associe à Patrick Mahé pour écrire une biographie en bande dessinée sur Elvis Presley intitulée Elvis, ombre et lumière, publiée conjointement aux éditions du Seuil et Delcourt. L'ouvrage est bien reçu tant par la presse généraliste que spécialisée. Selon David Taugis, chroniqueur du site ActuaBD : « Il livre ici des planches en noir et blanc, parfois teintées de bleu ou de rose, dans un style très français, avec des touches de style américain. Marc Malès apparaît l’artiste le plus proche dans ce style. La mise en page, très variée, apporte de jolies surprises, donnant un rythme particulièrement plaisant au récit. ».
Philippe Martinot, journaliste du Monde relève : « Kent, à la manière des moines copistes du Moyen Âge, fait commencer chacun des cinq chapitres (le nombre de lettres qui composent le prénom de la star) par une lettrine richement enluminée, de E comme Épitaphe à S comme Suspicious Minds, le dernier single d’Elvis. ». Le même précise que pour le traitement graphique de l'album :
« Seules certaines cases sont enrichies d’aplats magenta et cyan qui constituent autant de repères chronologiques dans la narration. Les rares utilisations du jaune participent à la mise en valeur de certains éléments de l’histoire, comme le logo du fameux label Sun de Sam Phillips[…] ». L'auteur raconte dans La Nouvelle République qu'au départ, il s'agit d'œuvre de commande et qu'il ne fait pas partie du fan club mais qu'au long des deux ans nécessaires à sa réalisation, il s'attache à l'homme ayant envie de le dessiner, de le raconter et de le chanter.
Ses adieux à la scène
En 2020, un film documentaire Kent, auteur de BD, entre ombre et lumière, diffusé en ligne, produit et réalisé par Benjamin Herzberg pour GASP ! Editions et Jérôme Weibel, l'entretien est mené par le journaliste Laurent Jaoui. Le confinement de la pandémie de Covid-19 lui donne l'occasion de reprendre sa guitare pour composer la musique d'anciens textes et écrire de nouvelles chansons qui constituent un nouvel album, Scherzando (2022), qu’il a eu envie d’enregistrer dans une formule résolument pop, avec un tandem de musiciens proches, Alice Animal et Marc Haussmann, dans le petit studio Audioscope à Paris. Sherzando qui signifie un terme musical pour légèreté est un disque intimiste en forme de bilan du chanteur de 65 ans. C'est avec tendresse et lucidité qu'il observe l'amour, l'existence et la liberté. Dans cet album, il rend hommage à la ville de Lyon.
Kent accepte de participer en à un programme de Studio 3, de petites séquences musicales filmées, pour les divertissements régionaux de France 3 Rhône Alpes Auvergne, où il est associé au chanteur Frédéric Bobin, et où il chante avec lui, en duo, divers titres issus de ses albums. Ce programme s'adresse normalement à de jeunes artistes inconnus, ou en devenir, de la scène musicale, alors que Kent a déjà pourtant une certaine notoriété. Un clip avec le titre Tant qu'il y aura des hommes, de Frédéric Bobin, est réalisé, avec tournage sur les pentes de la Croix-Rousse à Lyon. Au mois de septembre, il annonce faire sa dernière tournée. Il clôture sa tournée Scherzando dans la grande salle du Radiant à Caluire près de Lyon en . L'album live Le Radiant sort en 2025.
Sur Johnny Halliday
En 2018, Kent témoigne comme intervenant dans le documentaire Johnny made in France, de son affection pour Johnny Halliday, récemment disparu. Il confie dans un autre documentaire sur l’inspiration musicale de Johnny Hallyday : « […] Moi, si je me suis ouvert au rock anglo-saxon c’est parce que j’avais un passeur, parce que j’avais un traducteur, un professeur […] ». C'est Ici/FR3 qui produit le documentaire Kent, les métamorphoses du papillon (de nuit) diffusé le sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes et France Télévisions.
En peinture
Sa peinture Hommage au facteur Cheval réalisée en 2008 est exposée au Palais Idéal. Elle présente le facteur Cheval et les Trois Géants. Il expose son travail dans le cadre de Révision à l'Adel Gallery de Lyon en 2013.
Autres activités
En outre, Kent est aussi auteur d’un recueil de sonnets et de deux livres pour enfants avec l’illustrateur Stéphane Girel, parus aux Éditions du Rouergue. Il réalise aussi un livre-disque L'Analphabète sur des textes de l'auteur-compositeur Pierre Jouishomme pour les éditions Lugdivine en 2011.
Discographie
Albums studio
1982 : Amours propres CBS
1985 : Emballao Barclay
1987 : Le Mur du son Barclay
1990 : À nos amours Barclay
1991 : Tous les hommes Barclay
1993 : D'un autre Occident Barclay
1996 : Nouba Barclay
1998 : Métropolitain Barclay
2000 : Cyclone Barclay
2002 : Je ne suis qu'une chanson AZ
2005 : Bienvenue au club AZ, Thoobett
2008 : L'Homme de Mars, livre-disque AZ
2009 : Panorama Thoobett
2013 : Le Temps des âmes Thoobett
2016 : La Grande Illusion, label AT(h)OME
2022 : Scherzando At(h)ome
Albums en public
1991 : Récital 90 (Concert enregistré à Paris (Auditorium des Halles), Strasbourg (Le Café des Anges), et Colmar (L'Œil du Cyclope), les 23, 24 et )
1995 : En scène, Barclay 587-386 (Concert enregistré à Paris La Cigale les 14 et )
1999 : Enfin seuls ! (avec Enzo Enzo) (Enregistrement public des chansons inédites du spectacle Enfin seuls !)
2018 : La Grande Effusion, At(h)ome (Concert enregistré à Paris au Café de la danse le )
2025 : Le Radiant, 2 CD, Thoobett.
Compilations
2015 : Intégrale des albums studio 1982-2013 (Coffret 14 CD inclus les albums originaux + titres bonus inédits, faces B, démos, remixes, versions alternatives, raretés) Capitol Music France, Universal Music France, Thoobett. Livrets de Pierre Mikaïloff.
Autres
1983 : Hic dans les Comix in Métal Hurlant Spécial Rock, sous le nom Kent (K. Cokenstock) Hutchinson, CBS – 25172, 33 tours.
Singles avec Starshooter
1977 : Pin-Up blonde / Quelle crise, Baby (EMI)
1978 : Get Baque / En chantier (EMI)
1978 : Betsy Party / Otage dollars (EMI)
1979 : Betsy Party (face B d'un 45 tours promotionnel Coca-Cola, face A : Hygiaphone de Téléphone) (EMI)
1979 : Ma vie c’est du cinéma / La Nouvelle vague (EMI)
1979 : Loukoum Scandale / Fais pas gaffe (EMI)
1980 : Toi, moi, nous / Partir à Zanzibar (EMI)
1980 : Machine à laver / Louis, Louis, Louis (EMI)
1981 : Quel bel avenir / Méfie-toi des avions (CBS)
1981 : Papillon de nuit / Larguez l'étau (CBS)
1982 : Léo Song / Pas du tout (CBS)
Singles solo
1982 : Partout c'est la merde, CBS A2941, Auteur- compositeur : Kent.
1988 : Reste encore, Barclay 871.090-7, Auteur -compositeur : Kent.
1996 : Soixante millions de Poulidor, Barclay 575 714-2, Auteurs-compositeurs : Kent Cokenstock, Arnaud Méthivier.
Participations
1978 : Le Rock D'ici À L'Olympia, 35 Tonnes au sein de Starshooter, Pathé 2C066,14658
2009 : On n'est pas là pour se faire engueuler !, album hommage à Boris Vian. Les Isles.
2011 : Hey ! Ma B.O. (Kent prête sa voix pour l'introduction de cet album du groupe lyonnais Les Chics Types avec un texte lu extrait de son roman Vibrato).
2018 : Tant qu'il y aura des hommes, dans l'album de Frédéric Bobin Les Larmes d'Or.
2022 : Vesna Mirabeau en faveur des enfants d'Ukraine pour l'UNICEF.
Filmographie
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques IMDb et Allociné, présentes dans la section « Liens externes ».
1996 : Un samedi sur la Terre de Diane Bertrand : Arnaud.
1997 : Le Silencieux, de Fabrice Rendé, court métrage, 13 min : tueur à gages.
Vidéographie
2004 : À la prochaine (Concert enregistré les 13 et à L'Européen à Paris)
Starshooter, textes et illustrations, préface de Tonino Benacquista, La Simarre et Christian Pirot, coll. « Petite collection chanson », 2003 (ISBN 2868081991)
Zones sensibles, textes et illustrations, coll. « Do à dos », Caedere, 2000
Ouvrages jeunesse
Thomas + Mathieu, illustré par Stéphane Girel, Éditions du Rouergue, 2003 (ISBN 2841564428)
Le Papa de Jonas, illustré par Stéphane Girel, Éditions du Rouergue, 2004 (ISBN 2841565572)
L'Analphabète, livre-disque, texte de Pierre Jouishomme, Lugdivine, 2011 (ISBN 2-914040-78-4).
Bande dessinée
Albums de bande dessinée
Sales Amours, Les Humanoïdes associés, coll. « Pied jaloux », Paris, 3e trimestre 1982 Scénario et dessin : Kent Hutchinson - Couleurs : noir et blanc - (ISBN 2-7316-0174-4)
Ma vie est formidable, Les Humanoïdes associés, coll. « Pied jaloux », Paris, février 1984 Scénario et dessin : Kent Hutchinson - Couleurs : noir et blanc - (ISBN 2-7316-0291-0)
African Night Flight : Une aventure de Kriss Delux, Les Humanoïdes associés, coll. « Aventure », Paris, juin 1984 Scénario : Philippe Bernalin - Dessin : Kent Hutchinson - Couleurs : noir et blanc - (ISBN 2-7316-0305-4)
Les Aventures de Bob Robert
1. Ciel de sable, Futuropolis, coll. « X », Paris, juin 1985 Scénario : Bergouze - Dessin : Kent - Couleurs : noir et blanc,
2. L'Enfer blanc, Futuropolis, coll. « X », Paris, octobre 1985 Scénario : Bergouze - Dessin : Kent - Couleurs : noir et blanc - (ISSN 0296-6816) — Format à l'italienne.
3. Le Dictateur français, Futuropolis, coll. « X », Paris, octobre 1986 Scénario : Bergouze - Dessin : Kent - Couleurs : noir et blanc - (ISBN 2-7376-5489-0) — Format à l'italienne.
À l'eau, la Terre !, ADEME, Angers, septembre 2005 Scénario et dessin : Kent - Couleurs : Christine Couturier,
L'Invasion des mégapoubs, ADEME, Angers, septembre 2006 Scénario : Isabelle Clostre, Kent - Dessin : Kent - Couleurs : Christine Couturier — Format A5.
L'Homme de Mars, Actes Sud BD, Arles, mars 2008 Scénario et dessin : Kent - Couleurs : noir et blanc - (ISBN 978-2-7427-7456-2)
Elvis - Ombre et lumière, Seuil et Delcourt, Paris, 16 octobre 2019 Scénario : Patrick Mahé - Dessin et couleurs : Kent - (ISBN 978-2-413-01302-0)
Collectifs
Zodiaque, Les Humanoïdes associés, coll. « Pied jaloux », Paris, 1983 Scénario : collectif - Dessin : collectif dont Kent - Couleurs : noir et blanc - (ISBN 2-7316-0200-7) — Préface : Alejandro Jodorowsky.
Bennes dessinées, Carton, Lyon, 4e trimestre 1986 Scénario et couleurs : collectif - Dessin : collectif dont Ken Hutchinson - (ISBN 2-86875-013-3)
En revues, journaux et mooks
L'Édifiante Génèse d'un 45 tours, court récit de 2 pages, (À suivre) hors série Rythm'n bulles, 1986
6. Métal hurlant - Les Métamorphoses métalliques, Les Humanoïdes associés, Paris, 22 février 2023 Scénario et dessin : collectif dont Kent Hutchinson - Couleurs : quadrichromie - (ISBN 978-2-7316-6808-7)
Para-BD
Kent n'a réalisé que très peu de Para-BD. À savoir : un portfolio ainsi qu'un calendrier illustré, complété d'une nouvelle de René Belletto en 1985.
En collections publiques
2008 : Hommage au Facteur Cheval, peinture, 31 × 45 cm, Palais Idéal.
Notes
Références
Voir aussi
Articles connexes
Starshooter
Juste quelqu'un de bien
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Livres
François Rivière, « Jeunes Loups : Kent Hutchinson », dans Jean-Luc Fromental (dir.), L'Année de la bande dessinée 82-83, Paris, Temps futurs, , 352 p., ill. ; 25 cm (ISBN 2866070275, OCLC 299770808), p. 222.
Périodiques
Valérie Lehoux, « Le Dossier Kent », Chorus, no 33, , p. 82-87, 89-93, 96-103 (ISSN 1241-7076)
Articles
Caroline Sicard, « À l’affiche : Kent, place au jeune ! », Tribune de Lyon, (lire en ligne , consulté le ).
Interviews
Kent (interviewé par Delphine Peras), « Kent: "Je me sens midinette" », L'Express, (lire en ligne , consulté le ).
Kent (interviewé), « Quais du Polar 2019 : Notre Interview du chanteur/romancier Kent auteur de Peine Perdue », Baz' art, (lire en ligne, consulté le ).
Kent (interviewé par Emmanuel Lafrogne), « Interviews : Kent : « L’homme derrière le mythe » », Tout en BD, (lire en ligne, consulté le ).
Kent (interviewé par Yannick Perrin), « « À 25 ans, je me sentais vieux dans le rock » », Le Dauphiné libéré, (lire en ligne , consulté le ).
Kent (interviewé par Yannick Perrin), « Kent : « Elvis Presley a été un déclencheur » », Le Dauphiné libéré, (lire en ligne , consulté le ).
Émissions de télévision
Séquence : Erudit rock : Kent et Hervé Paul, émission Lunettes noires pour nuits blanches sur INA, intervenants : Hervé Paul, présentation : Thierry Ardisson diffusée sur Antenne 2 (6 min 15 s), .
Portrait Kent, émission Journal de 13 heures (France 2) sur INA, intervenant : Kent, journaliste : Louis Carzou (2 min 8 s), .
Émissions de radio
Les Clés d'une vie sur Sud Radio, présentation : Jacques Pessis, intervenant : Kent (45 min 48 s), Voir en ligne via Dailymotion
Podcasts
« J'apporte les croissants chez Kent », émission de 2 h [], sur Radio France, (consulté le ).
« Entretiens : Kent Peine perdue Éd. Le Dilettante », émission Entre nous soit dit Mélanie Croubalian de 56 min 59 s [], sur Radio télévision suisse, (consulté le ).
Eric Bastien, « Scherzando de Kent, une longue évocation pleine de tendresse et d’humour des années de jeunesse », émission La Nouvelle Scène musicale de 25 min 48 s [], sur Ici, (consulté le ).
Vidéographie
[vidéo] « 2008 Kent - L'Homme de Mars (Arte TV) », sur YouTube,
[vidéo] « Kent - Dans la tête d'un chanteur », sur YouTube,
[vidéo] « Le chanteur Kent revient sur 40 ans de carrière », sur YouTube,
Liens externes
Site officiel
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