Claude Piéplu, né le Paris 14e et mort le à Paris 16e, est un acteur français.
Adepte de l'humour aérien et pince-sans-rire, il se distingue au théâtre et au cinéma et, pour le grand public, reste dans les mémoires comme le narrateur de la série d'animation Les Shadoks, ou l'« homme aux clefs d'or » de la série télévisée humoristique Palace.
Biographie
Jeunesse
Fils de Georges Piéplu, cuisinier, et de Léonie Burlet, giletière, Claude Piéplu est engagé à quinze ans comme grouillot à la banque Vernes, où il s'amuse à observer et à imiter le personnel de l'établissement.
Carrière
Découvrant le théâtre à la Comédie-Française, Claude Piéplu s'inscrit aux cours de Maurice Escande. Engagé en 1944 au théâtre des Mathurins, il joue aux côtés de Gérard Philipe et Maria Casarès. Il échoue par deux fois au concours du conservatoire de Paris. Il entre alors dans la compagnie Jacques Fabbri, qui monte, entre autres, Misère et Noblesse, Le Bon Numéro, La Jument du roi, Les Joyeuses Commères de Windsor, La Folie Rostanov… Il jouera par la suite dans près de 175 pièces de théâtre.
Son premier rôle au cinéma est dans D'homme à hommes en 1948. On le voit ensuite dans une quarantaine de films, notamment aux côtés de l'acteur Louis de Funès, imposant son phrasé reconnaissable entre tous, son port distingué et son humour pince-sans-rire. Il tourne avec Costa-Gavras, Claude Chabrol, Luis Buñuel, Henri-Georges Clouzot, Julien Duvivier… Il s'illustre notamment dans les films La Bourse et la Vie de Jean-Pierre Mocky, La Meilleure Façon de marcher (1975) de Claude Miller, Les Noces rouges (1972) de Claude Chabrol, Le Charme discret de la bourgeoisie de Luis Buñuel la même année, voire La Galette du roi (1986) de Jean-Michel Ribes. Il dit se sentir à l'aise dans « l'expression aérienne et distanciée de l'humour ».
Manifestant une curiosité sans bornes, fasciné par la création nouvelle, Claude Piéplu avait décidé, dès 1975, de laisser de côté les auteurs classiques pour se consacrer exclusivement aux modernes. Il joue notamment dans une pièce d'Harold Pinter sous la direction de Claude Régy. Il est aussi appelé par Gabriel Garran. De nouveau avec Jean-Michel Ribes, il participe à l'aventure de la série télévisée Palace qui donne à entendre, au théâtre du Rond-Point, des textes insolites et drôles de Claude Bourgeyx et Roland Dubillard.
En 1999, il tourne son dernier film, à savoir Astérix et Obélix contre César, la première adaptation en prise de vues réelles d'Astérix, tournage qui marque également l'un des derniers films de Claude Zidi qui lui offre le rôle de Panoramix, le druide du village gaulois.
Collectionneur, militant du théâtre vivant, favorable au désarmement nucléaire, il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence, également membre du Conseil mondial de la paix.
Mort
Claude Piéplu meurt le à l'âge de quatre-vingt-trois ans, des suites d'une longue maladie. Il repose au sein de la 84e division du cimetière parisien de Bagneux, dans les Hauts-de-Seine. Il avait épousé Fernande Robert (1917-2016).
Théâtre
1945 : Tartuffe de Molière, mise en scène Marcel Herrand, théâtre des Mathurins
1945 : À l'approche d'un soir du monde de Fabien Reignier, mise en scène Maurice Escande et Jacques-Henri Duval, théâtre Saint-Georges
1946 : Doris de Marcel Thiébaut, mise en scène Pierre Bertin, théâtre Saint-Georges
1946 : Fédérico de Prosper Mérimée
1946 : Hamlet de William Shakespeare, mise en scène Jean-Louis Barrault, théâtre Marigny
1947 : Le Procès d'après Franz Kafka, mise en scène Jean-Louis Barrault, théâtre Marigny
1950 : Poof d'Armand Salacrou, mise en scène Yves Robert, théâtre Édouard VII
1951 : Le Soulier de satin de Paul Claudel, mise en scène Jean-Louis Barrault, théâtre des Célestins
1952 : Antoine et Cléopâtre de William Shakespeare, mise en scène Jean-Louis Barrault, théâtre des Célestins
1956 : L'Impromptu de l'Alma d'Eugène Ionesco, mise en scène Maurice Jacquemont, studio des Champs-Élysées
1956 : Misère et Noblesse d'Eduardo Scarpetta, mise en scène Jacques Fabbri, théâtre de l'Alliance française
1958 : Lope de Vega de Claude Santelli, mise en scène Jacques Fabbri, théâtre de la Renaissance
1959 : Sergent je vous aime d'Ira Levin, mise en scène Jacques Fabbri, théâtre Sarah-Bernhardt
1959 : La Jument du roi de Jean Canolle, mise en scène Jacques Fabbri, théâtre de Paris
1960 : Une demande en mariage de Simone Dubreuilh, mise en scène Michel de Ré, théâtre de l'Alliance française
1961 : Brouhaha de George Tabori, mise en scène Jacques Fabbri, théâtre de la Renaissance
1962 : Les Joyeuses Commères de Windsor de William Shakespeare, mise en scène Guy Lauzin, théâtre de l'Ambigu
1962 : La Venus de Milo, pièce en six tableaux de Jacques Deval, mise en scène Pierre Mondy, Théâtre du Gymnase
1962 : Les Caprices de Marianne d'Alfred de Musset, mise en scène Jean-Laurent Cochet, théâtre de l'Ambigu
1962 : La Folie Rostanov d'Yves Gasc, mise en scène Maurice Guillaud, théâtre Montansier
1963 : La Dame ne brûlera pas de Christopher Fry, mise en scène Pierre Franck, théâtre de l'Œuvre
1964 : Zoo de Vercors, mise en scène Jean Deschamps, TNP théâtre de Chaillot
1964 : Chat en poche de Georges Feydeau, mise en scène Jean-Laurent Cochet, théâtre Daunou
1965 : Danton ou la Mort de la République de Romain Rolland, mise en scène Jean Deschamps, Festival du Marais-Hôtel de Béthune-Sully
1966 : La prochaine fois je vous le chanterai de James Saunders, mise en scène Claude Régy, théâtre Antoine
1966 : Se trouver de Luigi Pirandello, mise en scène Claude Régy, théâtre Antoine
1967 : Rosencrantz et Guildenstern sont morts de Tom Stoppard, mise en scène Claude Régy, théâtre Antoine
1967 : L'Anniversaire d'Harold Pinter, mise en scène Claude Régy, théâtre Antoine
1968 : ...Et à la fin était le bang de René de Obaldia, mise en scène Marcel Cuvelier, théâtre des Célestins
1969 : Les Grosses Têtes de Jean Poiret et Michel Serrault, mise en scène Jean Poiret et René Dupuy, théâtre de l'Athénée
1969 : Le Soldat inconnu et sa femme de Peter Ustinov, mise en scène de l'auteur, Théâtre des Ambassadeurs, théâtre des Célestins
1970 : Ce soir on improvise de Luigi Pirandello, mise en scène Gérard Vergez, festival d'Avignon
1971 : Du côté de chez l’autre d’Alan Ayckbourn, mise scène Jean-Laurent Cochet, Théâtre de la Madeleine, théâtre des Célestins
1971 : L'École des femmes de Molière, festival du Marais
1973 : La Débauche de Marcel Achard, mise scène Jean Le Poulain, Théâtre de l'Œuvre
1974 : Et à la fin était le bang de René de Obaldia, mise en scène Pierre Franck, théâtre de l'Atelier
1975-1976 : Les Diablogues de Roland Dubillard, mise en scène Jean Chouquet, théâtre de la Michodière puis théâtre des Célestins
1979 : Un habit pour l'hiver de Claude Rich, mise en scène Georges Wilson, théâtre de l'Œuvre
1981 : Un habit pour l'hiver de Claude Rich, mise en scène Georges Wilson, théâtre des Célestins
1982 : Six heures au plus tard de Marc Perrier, mise en scène Claude Piéplu, théâtre du Lucernaire
1986 : L'Homme gris de Marie Laberge, mise en scène Gabriel Garran, MC93 Bobigny, Petit Marigny
1988 : L'Extra de Jean Larriaga, mise en scène Jacques Rosny, théâtre Tristan-Bernard
1990 : Des promesses, toujours des promesses de Ron Clark et Sam Bobrick, mise en scène Philippe Ogouz, théâtre Tristan-Bernard
1990 : Guerre aux asperges de Pierre Louki, mise en scène Daniel Benoin, théâtre La Bruyère
1991 : Les caïmans sont des gens comme les autres de Christian Rauth et Pierre Pelot, mise en scène Jean Christian Grinevald, théâtre de la Main d'Or
1996-1997 : Petites Fêlures de Claude Bourgeyx CDN de Bordeaux-Aquitaine puis théâtre Le Lucernaire, Paris
2000 : Écrits d'amour de Claude Bourgeyx, festival des jeux du Théâtre, Sarlat
2001 : Rendez-vous dans cinquante ans
2002 : Petites Fêlures de Claude Bourgeyx, théâtre du Rond-Point
Filmographie
Cinéma
Télévision
Doublage
Cinéma d'animation
1941 : Dumbo : narrateur (2e doublage)
1980 : Le Roi et l'Oiseau : le Maire du Palais
1982 : Le Sang, court-métrage de Jacques Rouxel
2000 : Chicken Run de Nick Park et Peter Lord : Isidore Poulard, le coq vétéran (2e doublage)
Séries télévisées
1968 : Les Shadoks de Jacques Rouxel (saison BU, « La Préhistoire ») : le narrateur
1969 : Les Shadoks de Jacques Rouxel (saison ZO, « Le Grand Déménagement de la Terre ») : le narrateur
1972-1973 : Les Shadoks de Jacques Rouxel (saison MEU, « Les Shadoks pompent toujours ») : le narrateur
1981-1983 : Voyage en électricité, série animée française de 26 épisodes produite par Jacques Rouxel : le narrateur
1986 : Les Mastics de Jacques Rouxel : le narrateur
2000 : Les Shadoks et le Big Blank (saison BU-GA) de Laurent Bounoure et Jacques Rouxel : le narrateur
Jeux vidéo
1994 : Woodruff et le Schnibble d'Azimuth (jeu PC) : le narrateur / professeur Azimuth[réf. nécessaire]
1995 : Dr. Brain a perdu la tête (jeu PC) : le professeur Brain / Rature[réf. nécessaire]
Bande-annonce
1973 : Les Valseuses
À Radio France
1973 : Le Général inconnu de René de Obaldia
1982 : Un amour de Swann d'après Marcel Proust : voie parlée (Brichot)
1995 : Petites fêlures de Claude Bourgeyx
Discographie
1961 : Tintin : Le Sceptre d'Ottokar, rôle du professeur Halambique
1990 : Zazie dans le métro, rôle de Raymond Queneau dans l'adaptation théâtrale d'Evelyne Levasseur, productions Jacques Canetti.