D'Architectures #330 : Dossier : Les architectes mènent l'enquêterevueAnnée : 2025Auteur : Emmanuel CailleEditeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURALDescription : Avant même de tracer le premier trait du projet, les architectes ne doivent-ils pas se faire enquêteurs ? Sinon, comment pourront-ils élucider toute une série d’énigmes ? Celles du site, de son histoire et de ses habitants. Ce travail d’investigation précédant la mise en forme des idées a longtemps été occulté dans l’imaginaire entourant le rôle de l’architecte. Sans doute parce que l’évocation du geste créateur sur la page blanche produit une image plus flatteuse, romantique, de l’artiste en visionnaire. La période d’intenses destructions et constructions du XXe siècle a cependant largement sous-estimé cette partie fondamentale de l’art de bâtir, une négligence à laquelle renvoyait sans ambiguïté le terme tabula rasa, lequel fut autant le fruit des bombardements que des bâtisseurs. Si Le Corbusier s’en souciait moins que Vauban, ce n’est pas pour autant qu’il délaissait toujours cet aspect du projet. L’apport des sciences sociales dans les années 1960 puis l’essor du rôle des paysagistes ont redonné à l’enquête préalable sur le terrain leurs lettres de noblesse, d’autant que la majeure partie des projets se font aujourd’hui dans un existant complexe que l’on ne peut plus ignorer. L’investigation préparatoire in situ est devenue le cœur même de certains enseignements de projet des ENSA, montrant ainsi que l’enquête n’est pas qu’une préparation au projet mais qu’elle en fait partie intégrante. Élargissant leur pratique au-delà de leur champ professionnel, certains architectes ont appliqué ces méthodes en dehors de la construction, enquêtant sur des théâtres de guerre, des scandales urbains ou écologiques. Nous sommes allés à leur rencontre pour mieux comprendre leurs démarches et leurs motivations. Le Moniteur #6389 : Grâce au grignotage, Rennes n'aura plus la dallerevueAnnée : 2026Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Pas besoin de budget pour faire des économies ! Face à l’incapacité du Parlement à adopter le projet de loi de finances pour 2026, le gouvernement s’est trouvé contraint de faire passer une loi spéciale. Un pis-aller pour répondre à l’urgence, qui ne remplace pas un budget en bonne et due forme. Pour preuve, MaPrimeRénov’ se retrouve de nouveau en stand-by.
Cette phase transitoire n’empêche pourtant pas le Premier ministre de sortir ses gros ciseaux pour tailler dans les dépenses. Dernière victime en date : le GIP Epau. Cet opérateur de l’Etat chargé de nombreux programmes de recherche et d’expérimentation dans les domaines de l’urbanisme, de l’aménagement et de l’architecture a vu son budget amputé des trois quarts pour l’année 2026. Les missions qu’il porte seront reprises par l’administration centrale… ou pas. De quoi provoquer la colère et l’incompréhension des élus locaux, maîtres d’œuvre et chercheurs embarqués dans ces initiatives novatrices. C’est une certaine idée de la qualité des projets que l’on abandonne ici pour une économie de… 7 M€. Une goutte d’eau dans l’océan du déficit.
En amputant des trois quarts le budget du GIP Epau, c’est une certaine idée de la qualité des projets que l’on abandonne pour 7 M€ d’économie.
Dans le même temps, les CAUE prennent aussi l’eau. Celui de la Manche a même atteint le stade de la liquidation. Financées par la taxe d’aménagement, ces structures départementales voient leurs recettes chuter en raison de la crise de la construction, mais aussi d’une réforme fiscale mal ficelée. Là encore, les ambitions sont revues à la baisse. Là encore, ce sont les collectivités, dont la faiblesse structurelle de l’ingénierie n’est plus à démontrer, qui perdent le peu d’accompagnement qu’il leur restait dans leurs projets.
Personne n’ignore qu’une chasse aux coûts est lancée et que, à tous les niveaux, la dépense publique est passée au crible de la modération et de l’efficacité. Cependant, il apparaît désormais au grand jour que cette opération se fait sans plan, sans vision, sans priorités. Pour colmater les fuites, on semble aller au plus facile - commencer par les petites structures, cibler l’investissement… - sans comprendre que ces économies de bouts de chandelle auront, à terme, un coût. Une note aussi salée que l’eau de la Manche.