Le Moniteur #6379 : A Clichy, les planchers bien rangés de la Maison du peuplerevueAnnée : 2025Auteur : Emmanuelle N'HauxEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : A l’heure où les députés examinent le budget de l’Etat pour 2026 et ses très nombreux amendements, les lauréats des WorldSkills 2025 - la compétition nationale des métiers - célèbrent leurs médailles.
Réunissant les meilleurs des meilleurs champions régionaux dans 67 métiers dont 18 dans le domaine de la construction, cette 48e édition, marseillaise, a réuni 80 000 visiteurs sur trois jours de compétition mi-octobre sous le regard bienveillant de la Bonne Mère de nouveau couronnée. Preuve s’il en est que l’excellence et le savoir-faire des professionnels attirent toujours et encore.
Le coup de rabot envisagé par le gouvernement sur les aides à l’embauche des apprentis envoie un très mauvais signal.
Parmi ces jeunes parés d’or, d’argent et de bronze en carrelage, en maçonnerie ou en menuiserie, beaucoup sont issus de l’apprentissage et le poursuivent encore auprès de leurs pairs au sein des entreprises dans lesquelles ils exercent leur talent. Dans ce contexte, le coup de rabot envisagé par le gouvernement sur les aides à l’embauche des apprentis envoie un très mauvais signal. Il viendrait immanquablement freiner des entrées en alternance déjà en repli cette année.
Pourtant, le secteur de la construction saurait faire fructifier un soutien financier digne de ce nom. Alors que de nombreuses études pointent les métiers qui disparaîtront à terme, remplacés par l’intelligence artificielle, il a de quoi séduire des jeunes en quête d’un avenir. Bien sûr, l’IA et la réalité virtuelle sont déjà des outils de travail bien implantés dans les centres de formation comme au sein des entreprises. Mais ces technologies ne remplaceront jamais l’œil et le geste du charpentier, du couvreur ou celui du tailleur de pierre venu reconstruire Notre-Dame. Car sur ce chantier hors norme comme sur ceux du quotidien, la manière s’incarne au travers des hommes et des femmes de l’art. Le Moniteur #6375 : Le tunnel du Lyon-Turin revêt ses habits de bétonrevueAnnée : 2025Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Le robinet des permis de construire ne devrait pas se dégripper de sitôt. A quelques mois des municipales, les équipes en place ne sont pas incitées à rouvrir les vannes. « En période préélectorale, un maire qui octroie des permis de construire est un maire battu », reconnaît Norbert Fanchon, P-DG du groupe de promotion immobilière Gambetta.
En cause, bien entendu, la levée de boucliers provoquée par tout projet perturbant le voisinage. Dans certains quartiers, les recours sont devenus systématiques. Et les accusations de « bétonnisation » ciblent encore les édiles qui lancent ou autorisent des constructions nouvelles. Bref, sur ce dossier, il n’y a semble-t-il que des coups à prendre. Résultat : la question de l’habitat est subtilement passée sous silence lors des campagnes électorales, parfois même jusqu’au quiproquo. « Comme je suis une maire écolo, certains imaginaient que j’étais contre la construction, le béton, les HLM, sourit la Strasbourgeoise Jeanne Barseghian. Or, je porte une politique volontariste en matière de logement. » Certes, on peut comprendre que les concurrents en quête de suffrages évitent soigneusement le sujet explosif - et ce, quelle que soit leur couleur politique - mais ce mutisme creuse un fossé béant entre le candidat en campagne et l’élu à l’hôtel de ville. Après avoir enfilé l’écharpe tricolore, les maires sont chaque jour interpellés par leurs administrés, confrontés à une crise qui s’aggrave sans cesse. Avec leur sensibilité personnelle, leurs priorités politiques et leurs réalités locales, ils accordent tous à l’habitat une place de choix dans l’exercice de leur mandat, même s’ils ne s’en targuent pas.
En 2026, cessons l’hypocrisie et osons parler du logement pendant la campagne.
En 2026, cessons l’hypocrisie et osons parler du logement pendant la campagne. Mais parlons-en bien ! Produire des appartements, ce n’est pas seulement des chantiers et de la densité. C’est l’occasion d’apporter de nouvelles aménités aux riverains à la faveur d’opérations bien pensées. C’est aussi améliorer le pouvoir d’achat en relâchant un peu la pression immobilière. C’est surtout, pour les jeunes, les familles et les aînés, un moyen de débloquer un parcours résidentiel embolisé par des années de sous-activité. Bailleurs, architectes, promoteurs, entrepreneurs… le débat n’attend que vous.