La maison écologique #128 : Photovolaïque : laisser entrer le soleilrevueAnnée : 2022Auteur : Virginie JourdanEditeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIKDescription : La neutralité carbone sert de tremplin au nucléaire. Un comble pour notre mère la Terre et notre père l'avenir ! À côté de leur ennemi commun nommé court-termisme se révèle un nouvel adversaire : l'hypothéquisme. Car, dans les rangs des antinucléaires comme des pronucléaires, personne n'est dupe. Le choix de relancer la filière industrielle française de l'électron atomique est idéologique, bien davantage que pragmatique. Les scenarii* récents ont tous montré qu'un avenir à 75 % de nucléaire n’est plus d’actualité. Celui à 50 % de nucléaire n’est pas non plus une fatalité.
Le nucléaire reste une énergie tributaire des stocks et importations d’uranium. Le cœur même des réacteurs reste une épée de Damoclès au-dessus de notre petite humanité. Une réalité tragiquement rappelée par la guerre en Ukraine. Mais la démonstration est sans faille : fin des moteurs thermiques, fermeture des unités industrielles fonctionnant aux fossiles, arrêt des chaudières gaz au profit d’une énergie décarbonée ; les besoins en électricité vont augmenter dans les années à venir. Soit 800 TWh (térawatt-heure) en 2050, sachant que la France a produit 500 TWh en 2020. La puissance nucléaire serait forcément dans l’équation...
Si les chiffres sont faciles à lire, la réalité d’un pari à horizon 2040 va quant à elle être longue mais aussi lourde à digérer. De 2 à 15 ans de retard de livraison pour les derniers réacteurs livrés en Chine et en Finlande. Des factures multipliées par quatre pour les réacteurs finlandais et de Flamanville. L’engagement à construire des réacteurs a tout du blanc-seing, car si l’accident nucléaire redouté ne peut être prophétisé, la durée insondable et le surcoût du chantier sont, eux, plus que probables.
Si elle était discutée, cette course à l’atome résisterait-elle au débat démocratique ? Le sujet énergétique, certes technique, doit devenir abordable et se débarrasser des stigmates qui pèsent sur les énergies vraiment renouvelables que sont le soleil, le vent, mais aussi l’eau. Si l’arrêt immédiat ou la relance imminente du parc nucléaire ne seront pas actés demain, l’ouverture d’un débat éclairé sur les énergies devient quant à lui urgent. *RTE et Ademe Tout savoir sur l'isolation écologiqueLivresAnnée : 2025Auteur : Gwendal Le MénahèzeEditeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIKDescription : Les isolants biosourcés de moins en moins isolés
Il est des plan(t)s dont la croissance est plus ou moins longue. Le premier dossier que La Maison écologique a consacré aux isolants biosourcés date de 2001, dans son n°5. Ils n’étaient alors qu’une petite graine à peine semée dans le marché de l’isolation thermique des bâtiments. 18 ans plus tard, lors de notre dernier Numéro spécial entièrement dédié à ce sujet, la graine avait germé. Mais la jeune pousse avait longtemps végété. Avec 10 % de part de marché, pas de quoi faire beaucoup d’ombre aux laines de verre et polystyrènes.
En 2025, il était grand temps de vous proposer une nouvelle édition revue et augmentée de cet indispensable Guide, qui fait le point sur les bonnes pratiques pour les installer de manière efficace et durable. Car, arrosée par de nouvelles réglementations dont le regard se tourne enfin vers l’impact carbone des matériaux, la filière a bien grandi ! Bien qu’ils ne représentent toujours que 11 % des parts de marché, le volume annuel d’isolants biosourcés installés a quasiment doublé entre 2016 et 2023. Et la France est dès aujourd’hui en capacité d’en produire deux fois plus.
Déjà bien enracinée depuis ses premières Règles professionnelles de 2012, la paille de blé développe de nouvelles ramifications : isolation en demi-bottes, insufflation de paille hachée, expérimentation de pailles d’orge, de riz ou de kernza et bientôt de nouvelles règles pro intégrant l’isolation par l’extérieur. Le chanvre se déploie sous toutes ses formes et la chaux qui lui est associée dans les historiques bétons allégés voit croître à ses côtés et à grande vitesse les mélanges terre-chanvre. Les balles de céréales poursuivent leur quête d’une place au soleil, portées par celles du riz qui a décroché sa case dans les logiciels officiels en s’implantant dans la base Inies* l’an dernier.
Les vieilles branches que sont la fibre de bois et la ouate de cellulose se sont disséminées au-delà des chantiers à visée écologique, intégrant les catalogues des magasins, fabricants et artisans « conventionnels », à l’instar des textiles recyclés. Une emprise qui n’empêche pas de nouvelles pousses de sortir de terre, avec la mise en vente cette année de nouveaux panneaux isolants à base de fibre de bambou ou de byssus de moule !
Si bien que l’arbre des matériaux pétrosourcés et énergivores ne peut plus cacher la forêt des isolants naturels, dont la foisonnante diversité abrite un riche écosystème en plein épanouissement.
* qui recense notamment les Fiches de déclaration environnementale et sanitaire des matériaux de construction, servant aux calculs réglementaires. www.inies.fr