La maison écologique #126 : Se jeter à l'eau du robinet
revue
Année : 2021
Auteur : Gwendal Le Ménahèze
Editeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIK
Description : Vous connaissez la devise « Au centre de la difficulté se trouve l’opportunité », attribuée à Albert Einstein, et ce proverbe africain « Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » ? Grande nouvelle, nous conjuguons aujourd’hui les deux... en intégrant Kaizen magazine dans notre coopérative d’édition. Depuis la création il y a dix ans de Kaizen, explorateur de solutions écologiques et sociales, et plus particulièrement depuis 2018, nos équipes sont en contact régulier. On se disait que seul, l’avenir devenait incertain, périlleux. Qu’il était intelligent de trouver des synergies pour mutualiser nos forces. D’autant que nous avons des valeurs et une histoire communes ; nos deux titres sont sortis de l’imagination débordante de la même personne, Yvan Saint-Jours, et le rédacteur en chef de Kaizen, Pascal, a longtemps été collaborateur de LME. Main dans la main, nous avons fait naître le sommet en ligne Vers l’habitat autonome (juillet 2021). Nous avons dressé un cahier des charges commun pour que la refonte prochaine de nos sites Internet pousse l’écoconception numérique le plus loin possible... Nous avancions pas à pas. Mais la forte tempête économique subie par Kaizen ces derniers mois* a eu raison de la SARL Ekolibris qui portait ce titre. Alors pour ne pas voire disparaître cet engagé et engageant bimestriel, on a beaucoup réfléchi, échangé, compté, recompté... Et nous avons finalement déposé une offre pour sa rerpise ! Début novembre, La Maison écologique, coopérative de l’économie sociale et solidaire, a ainsi doublé ses effectifs et le rythme de ses parutions. Cette réorganisation augure de belles synergies éditoriales, logistiques, commerciales... Pour vous, chères lectrices et chers lecteurs, cela ne change rien. Vous continuerez à recevoir La Maison écologique comme d’habitude, conçue et rédigée par la même équipe. À l’heure où 90 % des médias sont assujettis à quelques grands groupes, cette alliance permet à nos deux titres de se renforcer et de conserver leur totale indépendance. Une nouvelle page s’ouvre et nous sommes enthousiastes à l’idée de l’écrire avec vous, pour vous. *Notamment dépôt de bilan du distributeur Presstalis et fermeture des Relais H dans les gares due au Covid.

AMC #335 : HARDEL LE BIHAN - THINK TANK - URBANITREE - PERRAUDIN - ATELIER PNG
revue
Année : 2025
Auteur : Olivier Namias
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : ALTERNATIVES AFRICAINES Le futur appartiendrait à l'Afrique parce qu'il serait déjà advenu partout ailleurs, affirmait le poète américano-nigérien Okwui Enwezor*. Celui dont elle hérite est menaçant, placé sous le signe du changement climatique, qui frappe plus fort là-bas qu'ici, alors que l'Afrique ne contribue qu'à 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le carbone n'est pas tout : la croissance démographique, l'exode rural, les conflits, la mutation des agricultures traditionnelles, aussi bien la pêche que l'élevage, bouleversent les sociétés et territoires. Le nombre fait loi : peuplée de 100 millions d'habitants en 1900, l'Afrique en comptera 2,5 milliards en 2050, selon les projections de l'ONU. La structuration d'un environnement urbain décent est la « première des priorités ». Comment peut-elle se réaliser dans une aire géographique qui pourvoit les autres continents en matières premières, mais manque de ressources - au sens large - pour développer sereinement un modèle ? lmagine-t-on des villes africaines striées d'autoroutes, de gratte-ciel de verre recréant des bulles climatisés, telles de nouvelles Dubaï, symboles d'une modernité fatiguée ? On peut douter que l'Afrique doive emprunter des voies que l'on condamne déjà ici. Il n'y a pas d'alternative, pourrait-on dire en détournant le slogan thatchérien : l'Afrique doit se développer à partir de ses ressources propres, pour des raisons économiques, sociales et politiques. Ce besoin émerge alors qu'est revendiqué un nouvel imaginaire africain, élaboré par des historiens, des écrivains, des musiciens. Pourquoi pas, aussi, des architectes ? Les matériaux bio- et géosourcés - en premier lieu la terre, perçue comme archaïque - ne véhiculent-ils pas un imaginaire de la technique à repenser ? N'offrent-ils pas l'occasion de réexaminer les rapports du bâti avec des extensions technologiques toujours plus envahissantes ? Les architectures présentées dans ces pages rappellent par certains côtés des bâtiments des années 1950 - une architecture datée par son style ou par son niveau d'équipement mécanique ? « L’Afrique n'a personne à rattraper », affirme l'écrivain Felwin Sarr. De quoi repenser la conception architecturale non pas selon une représentation rectiligne du progrès, mais selon une spirale qui parcourt et retient le meilleur de différentes époques. (*) L'Architecture d'Aujourd'hui, « Afriques », numéro spécial, 455, juin juillet 2023.