Le Moniteur #6346 : Les projets de data centers prêts à décoller
revue
Année : 2025
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Il y a cinq ans, la France sautait dans l'inconnu, entraînant le BTP avec elle. Le confinement, commencé en mars 2020, aura mis temporairement la machine à construire à l'arrêt. Mais les conséquences de cette crise sur le secteur et ses professionnels auront été beaucoup plus durables que ces quelques semaines hors du temps. Souvenons-nous : sitôt les travailleurs renvoyés chez eux, les entreprises comme les administrations ont été contraintes, avec plus ou moins de bonheur, de mettre en place en catastrophe les outils permettant le télétravail. Ils n'ont, depuis, jamais été débranchés. D'autres héritages du Covid sont moins visibles, mais tout aussi pérennes, comme les gestes barrières ou les points d'eau sur les chantiers. Le confinement aura marqué une césure. Il aura surtout marqué les esprits. A tel point qu'un « monde d'après » devait advenir. Ce changement d'époque se traduirait notamment par des bâtiments, des infra structures et un urbanisme profondément repensés. Certaines de ces projections se sont concrétisées (1), à commencer par le développement sans précédent des pistes cyclables ou la réduction drastique des surfaces de bureaux. Une partie bute encore sur des contraintes économiques, comme la généralisation d'espaces extérieurs dans les logements. D'autres, enfin, ont fait long feu, à l'image du pari d'un exode urbain massif. Cinq ans plus tard, les villes, grandes et moyennes, attirent toujours autant. La crise du Covid, violente et universelle, aura bel et bien laissé des traces. La crise du Covid, violente et universelle, aura bel et bien laissé des traces. Tout comme, après elle, la guerre en Ukraine, le retour de l'inflation et la révolution de l'IA. Sans parler de la guerre commerciale qui se profile. Toutes ces ruptures, intervenues en si peu de temps, nous rappellent l'injonction contradictoire à laquelle l'accélération de la marche du monde nous contraint : l'impérieuse nécessité d'adaptation permanente combinée à la fragilité de toute démarche prospective. 2020 nous apparaît déjà comme une autre époque. Le monde d'après, c'est déjà du passé.

Le Moniteur #6364 : Notre série de l'été : Le Moniteur passe à table
revue
Année : 2025
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Si certains en doutaient encore, la dramaturgie de François Bayrou ne laissait planer aucun doute : la France entre dans le dur. Jours fériés supprimés, minima sociaux gelés, médicaments déremboursés… Le train de mesures avancées par le Premier ministre pour économiser 43,8 Mds € dans le budget 2026 consiste à réduire une palanquée de dépenses. Excepté les armées, il ne devrait épargner personne, BTP compris. Le premier choc pourrait venir des collectivités locales, appelées à participer à l'effort de redressement financier. Les 5,3 Mds € de manque à gagner se traduiront nécessairement par des renoncements dans les dépenses d'investissements, bien plus faciles à couper rapidement que celles consacrées au fonctionnement. La menace est d'autant plus prégnante que ce trou d'air exceptionnel s'ajoute à un autre, récurrent : l'année des élections municipales. Pris en tenaille, les futurs élus y regarderont à deux fois avant de lancer leurs projets. Au trou d'air exceptionnel du budget 2026 s'ajoute un autre, récurrent : l'année des élections municipales. Hélas, les difficultés ne s'arrêteront pas à la porte des mairies. L'Etat s'impose lui-même une cure d'austérité. On a beaucoup glosé sur le non-remplacement d'un fonctionnaire sur trois partant à la retraite. Jusqu'à 3 000 postes pourraient disparaître, ce qui ne représenterait que quelques centaines de millions d'euros économisés. Il ne faut pas non plus surévaluer les synergies que générerait la réorganisation des agences et opérateurs de l'Etat. Pour atteindre les objectifs, il faudra donc bien toucher à l'investissement. L'immobilier de l'Etat et ses infrastructures pâtiront forcément de cette cure d'amaigrissement. Sans compter les subventions qui seront encore plus contraintes. Si, au bout du compte, ces pistes de réflexion finissent bel et bien par innerver la future loi de finances, l'année blanche s'annonce bien noire. L'austérité comprimera immanquablement le peu de croissance qui demeure. Il faudrait commencer à s'y préparer, en misant par exemple sur les projets privés. Après tout, les entreprises sortent relativement préservées de ces annonces. Or, tout cela peut encore changer. Le Premier ministre a mis ses idées sur la table. Une table qui, à tout instant, peut être renversée.