Le Moniteur #6324 : Dans les Alpes suisses, un barrage peut en cacher un autrerevueAnnée : 2024Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu… Vous peinez peut-être à le croire mais, dans les montagnes suisses, un gigantesque barrage est bel et bien en train d'être érigé. Si, si, on vous le jure, on est même allés le voir. Si un tel chantier semble inimaginable, c'est que les derniers grands ouvrages hydrauliques français ne datent pas de la dernière pluie. Les initiatives récentes peinent à émerger, comme en témoigne l'abandon, fin août, du projet Rhônergia à la frontière de l'Isère et de l'Ain.
L'établissement d'une doctrine partagée sur les infrastructures s'impose.
La raison de cette désaffection réside dans les dommages sur la biodiversité de ces constructions et de leurs retenues d'eau. Un impact qui, à notre époque, paraît inacceptable devant un juge comme devant les électeurs. On en oublierait presque les immenses vertus de l'hydroélectricité : un bilan carbone riquiqui et une ressource renouvelable à l'infini.
La transition énergétique réclame des infrastructures. Sa réussite exige donc de surmonter l'antagonisme entre l'indispensable décarbonation de nos sociétés et la non moins légitime protection de nos milieux naturels. Cette opposition se retrouve dans les récentes manifestations contre le tracé de la future LGV Bordeaux-Toulouse ou dans les mobilisations contre divers projets de centrales photovoltaïques. Aussi nécessaires soient-ils, les efforts de sobriété ne suffiront pas à esquiver l'inextricable dilemme : préserver le cadre de vie des marmottes d'aujourd'hui ou sauvegarder les conditions de vie de celles de demain ?
L'établissement d'une doctrine partagée s'impose. Que peut-on construire ? Avec quelles externalités acceptables ? C'est, en partie, le sens de la loi Aper du 10 mars 2023, qui facilite l'obtention d'une dérogation « espèces protégées » pour les projets de production d'EnR. Cette clarification du cadre juridique doit s'accompagner d'une cohérence de long terme dans les choix des pouvoirs publics, comme le réclame la FNTP. Rien n'est pire que de laisser porteurs de projet et opposants seuls dans un dialogue de sourds mortifère. Il faut au contraire inviter les citoyens à appréhender les multiples facettes du problème, les élus à prendre le sujet à bras-le-corps et, ensemble, définir la voie acceptable pour le plus grand nombre. Marmottes comprises. Le Moniteur #6350 : Le chantier de la Meinau entame sa seconde mi-tempsrevueAnnée : 2025Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Le départ en retraite fait rêver les uns, il angoisse les autres. Pour tous, cependant, ce moment charnière exige de l'anticipation. Xavier Huillard a ainsi pris le temps de soigner sa succession. Il faut dire que les statuts de Vinci sont formels : la retraite de son directeur général ne peut pas intervenir après 70 ans. Alors, au terme de l'AG du 17 avril, il passe comme prévu le relais à Pierre Anjolras, non sans conserver, pour quelque temps encore, le fauteuil de président.
Avant de prendre du champ, Xavier Huillard a accordé au « Moniteur » sa dernière prise de parole médiatique en tant que P-DG. Cette interview, vous ne la lirez pas dans ces pages. Car cette grande dernière est également une grande première. Notre échange avec le n° 1 du BTP inaugure en effet une série de podcasts (1) centrés sur les dirigeants des grandes entreprises de la construction (majors, industriels, maîtres d'ouvrage…). Au micro, ils détailleront leurs orientations stratégiques, expliqueront leurs choix économiques. Surtout, le temps long de l'entretien et l'authenticité de la voix doivent aider les auditeurs à mieux comprendre la mécanique qui anime l'esprit de ces dirigeants.
Notre interview de Xavier Huillard, P-DG de Vinci, inaugure une série de podcasts.
Avec près de deux décennies passées à la tête du géant mondial de la construction, la tentation était forte de jeter un coup d'œil dans le rétroviseur pour contempler le chemin parcouru : croissance, internationalisation, diversification… Pourtant, Xavier Huillard n'a aucune envie de dresser un bilan, encore moins de se tresser des lauriers. Au cours d'une grosse demi-heure de discussion, il préfère évoquer, avec sagacité, les mouvements de fond qui agitent le secteur de la construction : des EnR au ZAN, des PPP aux concessions, de l'A69 aux EPR 2. Et Donald Trump, évidemment.
Tous ces sujets passionnent le dirigeant de Vinci. Ce métier le fait vibrer. Fendre l'armure, c'est la promesse de ce nouveau podcast. Mais ici, on parle de chantiers, pas de chevaliers. C'est pourquoi, une fois n'est pas coutume, nous invitons les professionnels du BTP à retirer leurs EPI pour ce podcast intitulé « Sous le casque de… ».
(1) www.lemoniteur.fr/podcast/ La maison écologique #129 : Maison en ArevueAnnée : 2022Auteur : Virginie JourdanEditeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIKDescription : L’été sera chaud ! Et ça devrait durer. Avec la date butoir fixée à 2025 par le Giec pour parvenir à atteindre le pic des émissions carbone avant de les voir décroître pour espérer rester en-deçà de la barre des +2°C d’ici la fin du siècle, l’avenir a des allures de mirage. Passée à la trappe de la dernière élection présidentielle, l’écologie a mal à son avènement. Comme le rappelle le Groupe d’expert·es pour le climat, les solutions sont pourtant là. En cours de développement, en voie de généralisation ou au stade du prototype prometteur. Pour se redonner du courage et ne pas se terrer sous les coups de grisou survenus à répétition ces dernières semaines, une fois n’est pas coutume, regardons ce que nous avons à portée de main.
Une maison qui vit pleinement avec le soleil, énergie renouvelable et inépuisable par essence : de ses apports passifs et rayonnants aux électrons que l’astre permet de produire pour faire rouler un véhicule sans énergie fossile (p. 14). Du côté de l’avenir, la RE2020, nouvelle réglementation pour les constructions, consacre l’idée d’une réglementation environnementale et plus seulement thermique. Un pas de franchi, même si la partie n’est pas gagnée (p. 22). Pour capter dès à présent le CO2 excédentaire et résiduel, rien de tel que de laisser les plantes et céréales se transformer en puits de carbone, non ? Panneaux ou vrac, les matériaux biosourcés séduisent. Envie d’insuffler de la paille ou des balles de céréales ? L’enquête Matériaux (p. 50) fait le point sur ce champ des possibles. Quant à miser sur le zéro énergie grise et la décroissance de l’industrie des objets, favorisons la matière première facilement accessible et le réemploi qui dure ! Un enduit 100 % terre confectionné sur place (p. 56) ou des persiennes qui deviennent porte-magazines (p. 70), la sobriété n’interdit ni le confort ni l’esthétique. Alors, sous le soleil estival, marquons une pause lecture pour se recentrer et faire le plein d’énergie afin de poursuivre sur la voie du bas carbone et de la juste et basse consommation.