Le Moniteur #6303 : Quand les grands chantiers donnent une nouvelle vierevueAnnée : 2024Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Immigration, agriculture ou encore défense. C'est peu dire que la campagne pour les élections européennes n'était pas centrée sur la transition écologique. Mis à part les échanges sur l'énergie propre - nucléaire contre EnR - ou les mobilités décarbonées - train contre voiture électrique -, le débat est resté en surface. La question cruciale de l'adaptation au changement climatique a surtout largement été ignorée. C'est pourquoi « Le Moniteur » a sollicité les principales têtes de listes pour mieux comprendre leur position sur l'ensemble des sujets qui concernent au premier chef les acteurs de la construction et de l'aménagement.
Au regard de l'urgence climatique, la question de l'agenda politique apparaît bien dérisoire
Lors d'une campagne, les candidats s'époumonent. Les gouvernants, eux, ont tendance à se taire. Parmi les sujets mis sous le tapis ces dernières semaines figure justement le dévoilement du Pnacc 3, le troisième plan national d'adaptation au changement climatique. Attendu de longue date, annoncé comme imminent, il n'a jamais connu de fenêtre médiatique favorable. Alors, on attend des jours meilleurs.
Ce retard à l'allumage est d'autant plus regrettable que le pays était parti à point. Christophe Béchu avait très tôt porté le sujet d'une France à + 4° C. Et Matignon a fait cravacher l'administration pour affiner le futur plan. Ce travail, s'il veut être crédible, doit déboucher sur des investissements sonnants et trébuchants. Toutes les études, même celle de la Cour des comptes, soulignent l'immensité des besoins. Et l'urgence de la situation.
Car la France a beau être en avance sur ses voisins, elle court tout de même derrière le changement climatique. Ses effets se font de plus en plus visibles et meurtriers, des records de chaleur indiens aux inondations afghanes en passant par les turbulences aériennes imprévisibles. Plus près de nous, les communes littorales affrontent l'érosion côtière sans que les outils juridiques et financiers ne soient tout à fait affûtés.
Au regard de l'enjeu, la question de l'agenda politique apparaît bien dérisoire. Il n'y a pas de mystère : les dossiers qui bénéficient d'un coup de projecteur ne sont pas ceux qui ont sagement attendu leur tour, mais ceux qui ont été jugés prioritaires. Il est grand temps que l'adaptation le devienne. A Vivre #142 : Journées d'Architectures à Vivre 2025revueAnnée : 2025Auteur : Nathalie DegardinEditeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISIONDescription : Une maison pour y vivre avant tout
Depuis vingt-cinq ans, les Journées d'Architectures à Vivre proposent des centaines de visites guidées par les architectes. Leur première édition, qui offrait un focus alors inédit sur la maison contemporaine, a vu la naissance du premier numéro du magazine que vous avez entre les mains aujourd'hui.... Le Moniteur #6370 : Canaux, routes, voies ferres... Le fléau des plantes invasivesrevueAnnée : 2025Auteur : Fabien RenouEditeur : EDITIONS LE MONITEUR EDISION MONITERDescription : Un pays en proie au « chaos », probablement pas. Une économie KO, en revanche, on y va tout droit. La période d’instabilité politique de cette fin d’année était attendue, elle arrive plus tôt que prévu. En fixant lui-même la date du vote de confiance plutôt que d’attendre l’inévitable motion de c ensure, François Bayrou a choisi d’avancer le verdict pour mieux sauter. Ce faisant, il précipite entreprises et administrations dans une nouvelle période de flou.
Que deviendront les arbitrages âprement négociés avec les membres de ce gouvernement ? Vers quoi évolueront finalement la RE 2020, MaPrimeRénov’ ou la rénovation urbaine ? Les engagements pris en faveur du financement des infrastructures seront-ils tenus ? Des projets de lois se trouvent coincés au milieu du gué, des décrets en attente de signature retournent dans les tiroirs, des discussions avec des cabinets ministériels sont à reprendre depuis le début.
Ce flottement, qui dure depuis la dissolution ratée de juin 2024, plombera durablement l’activité.
Tout ce temps perdu et ce travail en vain auront à l’évidence un coût. Mais il y a plus grave. Ce flottement, qui dure depuis la dissolution ratée de juin 2024, plombera durablement l’activité. Le brouillard épais dans lequel nous sommes englués repousse les décisions de tout un chacun et dissuade inévitablement les prises de risque. Privé ou public, l’investissement surréagit négativement à l’incertitude. Or, on le sait, il est le moteur de la construction. Pour acheter un logement, agrandir des bureaux ou aménager une ZAC, il faut une certaine foi en l’avenir. En raison de l’anxiété ambiante, de nombreux projets resteront à coup sûr dans les cartons cet hiver, et probablement au-delà.
Le BTP n’avait vraiment pas besoin de cela. Avant même le coup d’éclat du Premier ministre, les promoteurs se trouvaient dans la panade, les collectivités appuyaient sur le frein, les entreprises de travaux s’inquiétaient pour leur trésorerie, les agences d’architectures étaient sur la corde raide… Avec ce nouvel acte de la comédie du pouvoir, c’est le bout du tunnel qui s’éloigne un peu plus. La confiance des députés envers le gouvernement est une chose. Celle du pays en son avenir en est une autre, bien plus dommageable pour l’activité, bien plus longue à reconstruire.