La Maison écologique #140 : Je chauffe au soleilrevueAnnée : 2024Auteur : Virginie JourdanEditeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIKDescription : Alors que je suivais, via un réseau social, l’un des récits personnels et individuels de construction écologique auxquels je suis abonnée – récit montrant une expérience de bâti et de mode de vie économes en ressources comme en énergie –, une vidéo d’archives de l’Institut national de l’audiovisuel (Ina), est apparue sur mon fil. Intriguée par sa date, je l’ai visionnée. La vidéo de plus de 20 ans rapporte une partie du discours énoncé par Jacques Chirac devant l'assemblée plénière du IVe Sommet de la Terre le 2 septembre 2002 à Johannesburg, en Afrique du Sud. Sa substance en est limpide et dorénavant partagée par toutes et tous : « Le réchauffement climatique […] nous menace d’une tragédie planétaire. Notre maison brûle, et nous regardons ailleurs. […] Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. »
Entêtant, le propos a continué de résonner et la colère est peu à peu montée. Elle est apparue quand, début février, le gouvernement a annoncé la mise sur pause du très emblématique plan Ecophyto. Déjà malmené, voici qu’on anesthésie le seul outil qui vise à réduire de moitié l'utilisation des pesticides d'ici à 2030 et à accélérer la recherche d'alternatives aux « biocides » dont la nocivité n’est plus à démontrer sur la santé des agriculteurs, de leurs voisins, des consommateurs, des rivières, des nappes phréatiques, des sols, des cultures menées en agriculture biologique.
La colère a grandi quand, le 18 février, le ministre de l’Économie a annoncé un rabot de 1 milliard d’euros sur les crédits alloués à MaPrimeRénov' après que cette dernière a, une nouvelle fois, été modifiée pour tenter de venir à bout des 5 millions de logements « passoires thermiques » que compte la France. Ou comment ajouter l’ombre de l’austérité à la sensation de chaos !
Elle s’est enfin renforcée quand, dans la même annonce, a été mentionnée la modification des règles de calcul du DPE* pour les logements de moins de 40 m2. Une mesure qui conduira sans nul doute à l’inaction. Pire, selon les termes d’Olivier Sidler, porte-parole de négaWatt et expert en conception énergétique, à « verdir » une partie du parc de logements sans modifier les dépenses des ménages ni réduire la précarité. Interrogé par Le Monde, ce spécialiste résume parfaitement la situation : « Le gouvernement s’apprête à changer le thermomètre, mais pas la fièvre ! » Sociale et environnementale, pas de doute : tout comme les raisons de la colère, la fièvre a indiscutablement de quoi être au plus haut.
*Diagnostic de performance énergétique. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les énergies renouvelablesLivresAnnée : 2023Auteur : Marcel CaronEditeur : EDITIONS BAUDELAIRE EDISION BODELAIRDescription : Parmi les énergies renouvelables, il y a celles qui colonisent les médias et dont on parle beaucoup, telles que l'éolien et le solaire... Mais il y a également celles que l'on oublie et qui, pourtant, apportent des solutions durables comme les géothermies, la chaleur renouvelable - dont la chaleur fatale issue de l'industrie - ou encore la biomasse, dans certaines conditions. L'apport de ces sources d'énergie est largement sous-estimé. Pourtant, ces dernières occupent peu d'espace, sont largement moins polluantes et peuvent participer de manière déterminante à la décarbonation des logements et de l'industrie, et ainsi faire baisser drastiquement la consommation d'énergies fossiles. C'est bien l'objectif de notre siècle, et c'est le nôtre si nous voulons survivre sur cette Terre. Il est donc primordial de bien comprendre le problème qui se pose à nous aujourd'hui, ce à quoi ne semblent pas se résoudre les élites de ce pays - voire de ce monde - qui ne parviennent pas à définir des priorités, ni à prendre les bonnes décisions. Ces décisions pourront d'ailleurs vous paraître évidentes, après la lecture de cet ouvrage. Militant environnementaliste, Marcel Caron est l'auteur de plusieurs ouvrages d'intérêt régional (histoire, sociologie, économie...). Marjolaine Villey-Migraine exerce en tant que géographe et documentaliste cartothécaire, avant d'être médiatrice familiale diplômée d'État. Elle est également docteur ès sciences de l'information et de la communication. Adhérente de plusieurs associations environnementales depuis vingt ans, elle anime la commission d'un collectif de cinquante associations du nord de l'Hérault et du sud de l'Aveyron sur les énergies renouvelables. Le Moniteur #6352 : Haute couture urbaine à l'Istituto MarangonirevueAnnée : 2025Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Et s'il fallait passer par la case prison pour prendre un nouveau départ ? Les appels d'offres que lancera le ministère de la Justice en mai et juin pourraient en effet sonner comme le coup d'envoi d'un changement d'échelle pour la construction modulaire. Gérald Darmanin mise sur la préfabrication pour livrer 3 000 places de prison « en quelques mois ». Avant même le nécessaire effort de sécurisation mis en lumière par les récentes attaques de plusieurs établissements, c'est bien le phénomène chronique de surpopulation carcérale qui requiert une réponse urgente.
Le choix de ce mode constructif semble frappé au coin du bon sens, tant il paraît correspondre aux besoins de l'administration pénitentiaire : des cellules toutes identiques, reproduites en quantité, à livrer rapidement. Et sans malfaçon, s'il vous plaît. Le programme idéal pour mettre à l'épreuve le savoir-faire émergent de l'industrialisation du BTP.
Les maîtres d'ouvrage qui construisent à la chaîne, ça n'existe pas. Sauf, peut-être, Gérald Darmanin.
Car il faut le reconnaître, le hors-site, c'est un peu l'arlésienne du bâtiment. Cette révolution, chaque jour annoncée, chaque jour repoussée, n'a pas réussi à faire naître des lendemains qui chantent. Pour expliquer ce décollage impossible, on avance trop souvent les réticences culturelles ou les freins réglementaires. La raison est pourtant bassement financière. L'usine coûte plus cher que le chantier. L'industrialisation exige du volume. Or, les maîtres d'ouvrage qui construisent à la chaîne, ça n'existe pas. Sauf, peut-être, Gérald Darmanin.
Pour les constructeurs, cette initiative publique est une opportunité de tester, sans préjugés, le potentiel réel de ces process innovants. Quelles contraintes techniques ? Quel modèle économique ? Quelle masse critique ? Autant de réponses qui devraient permettre de dissiper un peu le brouillard qui enveloppe encore la préfabrication. Et de lui offrir la possibilité de prendre enfin la place - même modeste - qui lui revient. La Maison écologique #147 : Bien produire son électricité solairerevueAnnée : 2025Auteur : Virginie JourdanEditeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIKDescription : Dans les villes et dans les campagnes, dans nos habitats individuels comme collectifs, il est attendu, désiré et parfois éprouvé : le commun. Utilisé d’abord comme adjectif et souvent accolé au terme « bien », il est devenu un nom le plus souvent accordé au pluriel, « les communs ». Parce que promouvoir, créer ou protéger les communs est un acte de résistance autant que de résilience. Eau, air, santé et éducation reviennent souvent. Ajoutons-y l'alimentation et le logement. Décent ! Depuis 80 ans, l’alimentation est un commun à protéger. Nourrir 9 milliards d’humains en 2050, oui ! Mais pas à n’importe quel prix. Produire davantage est facile, mais produire mieux requiert des changements de pratiques à grande échelle, depuis l'usage et la sélection de semences reproductibles, le refus des organismes génétiquement modifiés et la fin des pesticides qui abîment les humains, le sol et la biodiversité terrestre. Accéder à des murs, et des murs et un toit qui protègent des froids hivernaux et des canicules estivales doit aussi être un commun. Des murs peu gourmands en eau et sable, qui ne s’emplissent pas d’isolants fabriqués à partir de dérivés pétrochimiques ou de procédés industriels qui soient des ogres énergétiques, mais plutôt issus de matières premières telles que la terre et le végétal. Et pour demain, comme le relève le nouveau guide Tout savoir sur l’isolation écologique concocté par la Rédaction de votre magazine, qui sort des presses en juin 2025, le recours à des moelles de tournesol, des plantes marines ou champignons. Poursuivre la jouissance ou la préservation de ces communs se fait seul ou à plusieurs. Quand des cohabitants ou citoyens urbains et ruraux s’unissent autour de jardins partagés ou de boucles d’autoconsommation d’électricité photovoltaïque. Quand dans les organisations, le jeu de plateau L’Atelier des transitions urbaines s’invitent sur des tables pour qu'aménageurs, bailleurs sociaux, élus et futurs habitants mesurent, en jouant ensemble à réaménager un quartier, l’impact de 50 solutions d’aménagement et de construction durables. Ou encore lorsqu’une commune s’associe à un bailleur social pour enrayer un peu plus la crise du logement et décide de troquer les mobil-homes d’un ancien camping contre de petites maisons (tiny houses) qui offrent confort et petits loyers. Chez nous comme ailleurs, cultivons cette envie spontanée de les partager au-delà du foyer. L’appel des communs ! La Maison écologique #148 : Maisons légèresrevueAnnée : 2025Auteur : Virginie JourdanEditeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIKDescription : L’été a beau battre son plein, avec ses coups de chaud, ses seaux d’eau et ses débats d’apéro, avoir l’esprit tranquille est devenu un véritable acte de résistance. S’autoriser une pause, ne serait-ce que de quelques jours, en se coupant des nouvelles du monde, provoque au pire un sentiment d’illusoire fuite et au mieux la satisfaction de s'offrir un temps de repos… pour être en mesure d’affronter quelques jours ou semaines plus tard et à nouveau la réalité de l’époque. Renoncements écologiques sur tous les continents, actes de guerre hors-la-loi au Moyen-Orient, déclaration collective d’anciens auteurs du Giec(1) affirmant que l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle, fixé lors de l’accord de Paris sur le climat il y a 10 ans, « n’est désormais plus atteignable »… À une échelle moins planétaire mais sur un sujet tout aussi fondamental, les revirements incessants du gouvernement sur la gestion de MaPrimeRénov', qui a connu 14 moutures en 5 ans, et plus récemment l’annonce de sa suspension jusqu’en septembre pour les dossiers de rénovation d’ampleur, c’est-à-dire les projets les plus efficaces. Alors même que l’ampleur n’est pas pharaonique(2). L’unique argument brandi pour justifier ce nouvel affront au futur, à savoir la fraude, a de quoi embraser la patience des pros du bâtiment soucieux du travail correctement réalisé mais aussi et surtout le moral de celles et ceux qui veulent agir pour que le logement et ses usages rétrocèdent leur place dans le classement des productions de gaz à effet de serre et de consommation d’énergie. Sur le terrain, les cas rencontrés de couples pénalisés dans leur rénovation se multiplient parce que « leurs » référents Anah ne sont pas d’accord entre eux ou jugent qu’un dossier n’est pas complet ou recevable, quand un dossier similaire est accepté dans une autre zone. Certains professionnels me glissent d’ailleurs à l’oreille qu’ils conseillent à leur client de ne plus compter a priori sur ces aides pour lancer leur projet, car ils risqueraient la déception voire la dépression. Avoir l’esprit tranquille est devenu un véritable acte de résistance ? Il semblerait que penser « écologique » le soit aussi.
1. Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.
2. Elle démarre avec l’implication obligatoire d’un Accompagnateur Rénov' et au moins deux postes de rénovation thermique assurant le gain d’au moins deux classes énergétiques. Le Moniteur #6390 : Ce qui a changé le 1er janvier 2026 / Pour commencer l'année du bon piedrevueAnnée : 2026Auteur : Jérémy BellangerEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Avec l’adoption de la loi de finances spéciale, la France se paie, pour la deuxième fois de suite, le luxe d’un mauvais copié-collé budgétaire pour commencer l’année. Alors que le BTP subit déjà le traditionnel ralentissement de la commande publique qui accompagne toujours les élections municipales, cette nouvelle période d’incertitude et d’immobilisme a de quoi désespérer.
Pourtant, les acteurs de la construction n’entendent pas baisser pavillon, bien au contraire. Cette parenthèse imposée, les organisations professionnelles s’appliquent à la mettre à profit pour peser davantage dans le débat parlementaire. Leur objectif : convaincre cette représentation nationale fragmentée de répondre à leurs besoins dans la future loi de finances.
Après le vote de la loi de finances spéciale, les acteurs de la construction n’entendent pas baisser pavillon, bien au contraire.
De l’instauration d’un statut du bailleur privé bien calibré au maintien de capacités d’investissement des collectivités, en passant par la baisse de la réduction de loyer de solidarité qui grève les moyens des bailleurs sociaux ou encore la préservation des crédits de MaPrimeRénov’, les batailles à mener ne manquent pas et leur issue se joue maintenant. Or, les remporter est absolument nécessaire afin de réactiver une dynamique, que ce soit sur le marché du bâtiment ou celui des travaux publics.
Traiter correctement les urgences pour sortir la tête du guidon et se projeter vers l’avenir, ainsi pourrait se résumer l’enjeu des prochaines semaines. Car si le temps budgétaire s’éternise, c’est forcément au détriment des politiques de temps long, comme la mise en œuvre d’un plan logement ou l’adoption d’une loi-cadre pour le développement des infrastructures de transport. Autant de projets structurants pour le pays qui témoignent à eux seuls que 2026 reste à construire.