Le Moniteur #6271 : Pour le béton aussi, le bio c'est bonrevueAnnée : 2023Auteur : Jérémy BellangerEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Le malheur des uns fait le bonheur des autres. L'adage se vérifie souvent, mais omet de préciser que les réjouissances peuvent être de courte durée. Dernier exemple en date : la crise du logement neuf et ses effets.
Pour les promoteurs, la cote d'alerte est désormais largement dépassée, comme en témoignent les derniers résultats communiqués par certains grands acteurs. Aux avant-postes du marché de la construction, ils ont été parmi les premiers à faire les frais de la remontée des taux et des difficultés d'accès au crédit. Les voilà dans l'incapacité d'écouler leurs produits, sauf à les dévaluer. Une aubaine pour les bailleurs sociaux qui se retrouvent en position de force à l'heure de négocier le prix du mètre carré.
Pourtant, rares sont les organismes HLM à se féliciter de la nouvelle donne, bien conscients que cette parenthèse des bonnes affaires est en réalité mortifère et se refermera aussi vite qu'elle s'est ouverte.
Les bailleurs sociaux se retrouvent en position de force à l'heure de négocier le prix du mètre carré. Mais derrière, c'est la pénurie qui guette.
Derrière, c'est la pénurie qui guette. Un trou d'air dans la construction qui n'épargnera aucun maillon de la chaîne de valeur. Le dernier congrès de l'Unsfa s'est d'ailleurs fait l'écho de ce risque de contagion, pointant l'impact à venir sur les maîtres d'œuvre. Une inquiétude bien compréhensible qui commence également à infuser au sein d'entreprises de travaux, encore très occupées sur les chantiers, mais dont les défaillances sont reparties à la hausse au troisième trimestre.
Pour sûr, les mois à venir tiendront de l'épreuve de résilience, même si certains parviendront à s'abreuver dans des oasis du marché telles que la rénovation énergétique et l'industrie. La crise est là et elle gagne du terrain. Reste désormais à en connaître l'ampleur et la durée. Deux paramètres largement dépendants de l'action des pouvoirs publics. La Maison écologique #139 : La balle de riz pour isolationrevueAnnée : 2024Auteur : Virginie JourdanEditeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIKDescription : Pas de résignation ! Même si 2023 s’achève sur une COP 28 aussi décevante (l’appel à la sortie des énergies fossiles n’est toujours pas lancé) qu’encourageante (le texte final appelle toutefois à « transitionner en dehors des énergies fossiles », reconnaît « les responsabilités communes, mais différenciées » des États dans l’urgence actuelle et intègre « les capacités respectives de chacun » dans la lutte contre le changement climatique). Au sein de la rédaction du magazine LME, l’année 2024 sera à nouveau celle de l’optimisme et d’une vision pratique de la transition écologique de nos habitats vers la sobriété, l’autonomie et la résilience. Tel un chantier de rénovation performante s’appuyant sur l’existant pour aller encore plus loin dans la boucle vertueuse des économies d’énergie et de carbone ! Car cette année, nous voulons encore titiller le réflexe rénovation, toujours questionner la taille de nos habitations, sans cesse souligner l’intérêt de se regrouper pour créer une manière alternative d’habiter ou se loger.
À peine sortis de nos échanges fructueux et fertiles pour mettre en œuvre ces récurrentes mais non moins excellentes résolutions, nous voilà déjà attelés à préparer les futurs contenus de votre bimestriel préféré pour vous livrer des enquêtes et reportages utiles aux changements de pratiques ou aux choix constructifs économes (à commencer pour ce numéro par la balle de riz (p. 14), à repérer un maximum de sources pertinentes pour analyser et apporter un regard critique sur les équipements et les techniques en évolution constante (pourquoi pas du bois de résineux dans votre poêle ? p. 22), à aller à la rencontre d’habitants et d’acteurs de l’écoconstruction inspirés et inspirants (un élu qui soutient les habitats légers p. 63, un atelier qui transforme des lattes de lit usagées en chaise design p. 70).
Dès aujourd’hui et pour 2024, ce riche programme, n’attend plus que sa touche finale : la vôtre ! Pour qu’elle soit pleinement nourrissante, continuez de nous faire part de vos attentes et de vos interrogations sur les bons gestes, les techniques et les matériaux qui attisent votre curiosité. Car la plus porteuse de nos motivations, c’est vous ! Le Moniteur #6322 : Le béton au défi du grand âgerevueAnnée : 2024Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Le béton finira-t-il dans les livres d'histoire ? Seule certitude, il en occupe d'ores et déjà quelques chapitres. Ce matériau, dont l'usage est attesté dès l'Antiquité, a connu une popularité inégalée au cours du XXe siècle. A tel point que des générations entières de bâtiments et d'ouvrages d'art, plus ou moins remarquables, atteignent aujourd'hui un âge canonique, celui auquel des traitements de fond s'imposent.
Même s'il reste le matériau le plus employé, le béton voit sa popularité se fissurer.
Les temps ont changé et la popularité du béton se fissure. Il reste cependant le matériau le plus employé. Ses capacités structurelles, mais aussi plastiques, n'y sont pas étrangères. Exemple par-mi tant d'autres, l'élégante halle de marché de Saint-Cloud parvient à résoudre l'épineuse équation posée par son contexte urbain grâce à l'ingéniosité de son concepteur, l'architecte Charles- Henri Tachon, mais aussi aux prouesses techniques du béton.
Pour l'heure, la domination de ce matériau reste, dans les pratiques, acquise. Il serait cependant illusoire d'imaginer pouvoir continuer à bancher sans broncher. La lutte contre les émissions de gaz à effet de serre place en effet le clinker dans la ligne de mire des pouvoirs publics. Pressés par un cadre réglementaire de plus en plus exigeant, les cimentiers se sont lancés dans une coûteuse mais impérieuse course contre le carbone. Une course dans laquelle la France doit conserver sa longueur d'avance.
Générateur de CO2, le béton est aussi pointé du doigt pour sa gourmandise en sables et autres granulats. Co-auteur d'une BD nommée « Ressources », Philippe Bihouix, DG du groupe Arep, rappelle au « Moniteur » (1) que « notre monde est dépendant de l'extraction de matériaux non renouvelables, un trésor lentement accumulé dans la croûte terrestre au cours des temps géologiques. » Là encore, des efforts urgents s'imposent pour trouver des alternatives mais aussi puiser dans les ouvrages déjà construits les éléments utiles à ceux de demain. Le patrimoine en béton constitue décidément un bien précieux pour les siècles à venir.
(1) www.lemoniteur.fr/arep/ Construction moderne #166revueAnnée : 2024Auteur : Etienne TricaudEditeur : CIMBETON SINBETONDescription : Quand Vitruve (Ier siècle avant Jésus-Christ) écrivait dans son De architectura que tout bâtiment doit présenter les trois qualités fondamentales firmitas, utilitas, venustas – autrement dit solidité, utilité, beauté – il n’imaginait pas que le XXIe siècle en ajouterait une quatrième : minimum carbon vestigium.
Les architectes romains répondaient aux questions environnementales sans même se les poser. On construisait en torchis, en pierre ou déjà en béton (naturel, fabriqué à partir de pouzzolanes) ; le matériau était par nécessité local et peu transformé. Aujourd’hui, l’acte de bâtir recourt abondamment à des matériaux et équipements élaborés à partir de matières transportées et transformées par l’utilisation massive d’énergie, et que la réintroduction – extrêmement bénéfique – de matériaux bio-sourcés ou géo-sourcés ne pourra complètement remplacer.
Le défi environnemental posé à toute la filière exige de revisiter chaque élément de construction, en gros oeuvre, second oeuvre ou lots techniques, chacun responsable d’environ un tiers de l’empreinte carbone d’un bâtiment, pour le faire évoluer vers un usage plus raisonné.
L’avenir du béton passe ainsi par sa plus juste utilisation – optimisation des quantités, association avec d’autres matériaux, transformation de bâtiments existants –, par une évolution de la matière elle-même – bétons haute résistance, bétons bas carbone, bétons de terre, etc. – et par la démonstration qu’il peut contribuer à une architecture de grande qualité, digne du De architectura, comme le montrent avec brio les projets présentés ici.