Les politiques du logement en FranceLivresAnnée : 2010Auteur : Jean-Claude DriantEditeur : LA DOCUMENTATION FRANCAISE DOKUMANTASION FRANSAISDescription : Depuis les années 2000, le logement est redevenu un sujet de préoccupation majeur pour les Français. La forte hausse des prix de l’immobilier, alimentée notamment par un déficit de constructions par rapport aux nouveaux besoins, rend de plus en plus difficile le choix d’un lieu d’habitat et plus encore l’accession à la propriété. Face à ces défis considérables, les politiques du logement sont jugées bien souvent trop peu visibles et pas assez efficaces. En réalité, la complexité des politiques du logement mises en œuvre aujourd’hui est liée à la diversité des enjeux, parfois contradictoires, qui entourent toutes les questions sociales et politiques liées à l’habitat. Comment assurer en effet le droit au logement tout en favorisant la mixité sociale ? Comment accompagner le développement de la propriété en stimulant l'économie du bâtiment, tout en préservant l'environnement et en minimisant l'étalement urbain ? Voir : Une visite de 15 opérations de logements denses remarquablesLivresAnnée : 2012Auteur : d'urbanisme et de l'environnement 13 Conseil d'architectureEditeur : CAUE 13 KAUDescription : De plus en plus éclatées, débordées, ségréguées, dégradées, morcelées, embouteillées et polluées, les communes ont subi, au cours des dernières décennies, des changements rapides et profonds. Aujourd’hui, parler de changements est devenu le langage courant de la société contemporaine et, par nécessité ou par obligation, ils sont considérés comme des défis. Avec la loi ENE (Engagement National pour l’Environnement), dite loi Grenelle 2, la lutte contre l’étalement urbain est devenue une priorité nationale. Dans les Bouches-du-Rhône, le génie du lieu cède la place au génie des hommes qui peuplent et font vivre ce territoire si spécifique, riche de paysages magnifiques et uniques... mais jusqu’à quand ? Le territoire a toujours été un lieu de fabrication, où l’homme a eu la possibilité d’imaginer toutes sortes de déploiements de ses activités. Si à une certaine époque on y pouvait lire le signe d’une certaine prospérité, on assiste aujourd’hui à un enchevêtrement de différents systèmes d’organisation qui, désormais, nous dépassent et nous submergent. Néanmoins, l’appréhension des phénomènes ne suffit pas à réguler l’étalement à l’œuvre. Ancré dans cette réalité complexe, le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement des Bouches-du-Rhône, au contact des décideurs, techniciens et habitants, prend position dans la lutte contre l’étalement urbain, en créant un outil de sensibilisation, intitulé « DENSE DENSE DENSE ». Le Moniteur #6285 : La famille du logement lance l'appel de la dernière chancerevueAnnée : 2024Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Bloquer les routes n'est pas dans leurs habitudes. Déverser des tonnes de lisier non plus. Les entrepreneurs, bailleurs, promoteurs ou encore architectes réunis au sein de « l'Alliance pour le logement » préfèrent, aux panneaux et aux fourches, les mots et des chiffres. Cependant, cette mobilisation unitaire témoigne elle aussi d'une filière à l'agonie. En parlant d'une seule voix, ces professionnels cherchent à interpeller l'exécutif pour qu'enfin, des réponses soient apportées à la crise du logement qui promet d'engloutir entreprises, emplois et savoir-faire.
Plus qu'un coup de force, c'est donc un cri d'effroi, un cri d'alerte. Un cri de rage, aussi. Car cela fait des mois que tous les signaux sont passés au rouge, des années que les ministres successifs consultent, sans que cela n'aboutisse à des inflexions, bien au contraire. La politique du logement s'apparente aujourd'hui à un désert dans lequel s'égosillent des professionnels exsangues.
La politique du logement s'apparente aujourd'hui à un désert dans lequel s'égosillent des professionnels exsangues
Cet appel de la dernière chance sera-t-il entendu ? Rien n'est moins sûr. Il y a tout d'abord une question d'interlocuteur. L'absence, pendant de longues semaines, d'un membre du gouvernement chargé de cette question a rendu encore plus difficile tout échange avec l'Etat. Le Premier ministre ? On ignore totalement sa sensibilité au sujet mais il paraît clair que le réarmement du pays n'a pas prévu de passer par le logement.
Reste, bien sûr, Emmanuel Macron. Hyper-Président, super-Premier ministre et omni-ministre, lui seul semble disposer des clefs pour débloquer la situation. Plus que personnel, le problème est éminemment politique. Car, bien avant les recentrages du PTZ et du Pinel qui frappent le parc privé, la RLS avait dès le premier quinquennat porté un coup très dur au logement social. Avec les résultats que l'on connaît. Amer, le président de la Fnaim estime que « le Président n'aime pas le logement ». A défaut d'amour, le secteur réclame juste des preuves d'amour. A cor et à cri. Les Cahiers de l'ANAH #164 : Rénovation privée : nouvelle année, nouvelles aides !brochureAnnée : 2024Auteur : Valérie Mancret-TaylorEditeur : AGENCE NATIONALE DE L HABITAT ANAH AJANS NASIONAL ABITA ANADescription : L’engagement de l’État pour le logement privé est inédit : jamais politique publique en faveur de l’habitat privé existant ne fut si ambitieuse et dimensionnée à l’étendue des besoins. Les moyens mis au service de cette politique publique sont à la hauteur des enjeux et de l'ambition fixée par le gouvernement : permettre au plus grand nombre de vivre dans des logements dignes et durables, adaptés à tous les âges de la vie. Avec les nouvelles dispositions des aides MaPrimeRénov', MaPrimeAdapt' et Ma Prime Logement Décent en vigueur depuis le 1er janvier, le service public de l’habitat se donne les moyens d’aller vers le plus grand nombre de ménages pour leur proposer des rénovations d’ampleur, adaptées à leurs besoins et leurs moyens. C’est en effet toute l’offre de service public qui évolue, et avec elle, tout notre réseau, profondément attaché à la qualité d’habiter. Les transitions écologiques, énergétiques et démographiques exigent des mesures et des financements considérables. Je me félicite donc du budget de l’Anah, voté au dernier Conseil d’administration. Budget de plus de 6 milliards d’euros qui donne à l’Agence et tous ses partenaires les moyens d’agir. Bonne année 2024 à toutes et tous, placée sous le signe de la qualité : qualité du service public, qualité de l'accompagnement, qualité des rénovations financées, qualité de vie. Le Moniteur #6294 : Le bois français en quête de souverainetérevueAnnée : 2024Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Tous les coins de l'Hexagone ne vivent pas la crise du logement aussi durement. Certains tirent en effet leur épingle du jeu, par une demande toujours soutenue (et solvable) mais aussi grâce à des acteurs mobilisés (lire p. 10) . Ces dynamiques locales, mélange de bonne fortune et de volonté commune, devraient permettent aux « territoires engagés pour le logement » de booster leur production. Mais, pour 22 collectivités ciblées, combien restent dans l'expectative face à l'effondrement ?
On rêve certes que la BCE agisse sur les taux, source majeure d'attentisme des ménages. On espère évidemment de l'Etat qu'il dope la production de logements, et pas seulement intermédiaires. Mais on est aussi en droit d'attendre des collectivités qu'elles embrassent le sujet. Certaines le font, en mobilisant entre autres leur bras armé dans le logement social. Mais ne soyons pas candides : une partie des élus détourne la tête quand un programme suscite l'ire des riverains. A leur décharge, ce sont les habitants d'aujourd'hui qui votent, pas ceux de demain…
Il conviendrait d'actionner enfin les leviers susceptibles de redonner aux maires la fibre constructive.
C'est pour cette exacte raison qu'une éventuelle territorialisation de la politique du logement doit être menée avec beaucoup de doigté. L'échelon local se révèle pertinent pour définir les besoins comme les objectifs de production. C'est au plus près du terrain que se dénichent, à l'heure du ZAN, les solutions de recyclage urbain ou de comblement de dents creuses. Mais rien ne dit que, dans les années 2020, ce soit dans le bureau du maire que se trouve forcément la volonté la plus farouche de bâtir.
Faut-il, dès lors, que l'Etat reprenne partout la main, à l'instar de ce qui se passe dans certaines communes carencées ? Ce serait un constat d'échec. Il conviendrait plutôt d'actionner enfin les leviers susceptibles de redonner aux élus la fibre constructive. Cela passe par un soutien technique, financier et réglementaire indispensable pour mener des projets d'aménagement, devenus plus complexes que le simple lotissement d'un champ. Mais aussi, évidemment, par une fiscalité renouvelée qui incitera à nouveau la collectivité à accueillir de nouveaux habitants. Séquences Bois #144 : Habiter ensemblerevueAnnée : 2024Auteur : Anne-Sophie GouyenEditeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURALDescription : Vers un futur habitable ?
Le logement est devenu un produit financier dont les données chiffrées nous feraient presque oublier la dimension humaine de la notion d’habiter. Notre existence est liée, non seulement au bâti que nous habitons, mais aussi aux relations sociales et aux souvenirs que nous tissons. Ainsi, « chaque fenêtre n’est pas simplement ornée de rideaux différents : elle est l’ouverture d’une famille sur le monde, et l’un des visages que prend cette famille pour le voisinage ».*
Tous ces chiffres – loyers, surfaces, taux d’intérêts, nombres de mal-logés… - éclipsent aussi largement les changements sociétaux et écologiques : « les bouleversements tels que la fragmentation de la cellule familiale, la dématérialisation due aux nouvelles technologies, l’effacement des frontières entre vie privée et travail, l’évolution de notre rapport à la propriété, la mobilité excessive ont provoqué des mutations profondes dans nos modes de vie au sein de nos habitats ».** Il serait sain que chacun ait la volonté de les prendre en compte. Mais les idées de flexibilité, d’adaptabilité ou d’évolutivité mettent du temps à s’instaurer, avec pour cause, la frilosité de la majorité des acteurs du logement qui craignent de ne pas vendre ou sont, pour certains, trop confiants sur leurs supposées connaissances des attentes de la société. Les enquêtes de terrain pour obtenir des retours – ou des désirs – d’habitants, sont aussi rares que les habitats mal foutus qui ne permettent pas la beauté simple des situations de vie ordinaire***, se multiplient.
Mais, confondre habitat et logement « c’est déjà tendre vers une société des experts, une organisation sociale basée sur la dépossession des uns aux profits des autres »**. Pour imaginer une nécessaire transformation de la culture d’habiter, il s’agit surtout d’opter pour une posture d’humilité et de se demander quelle légitimité a le concepteur pour proposer un design des modes de vie eux-mêmes, puisqu’« on habite aussi sans le vouloir, sans s’en rendre compte, maladroitement, ou avec douleur : on habite, après tout, comme on veut, mais aussi parfois comme on peut ou comme on est, voire parfois même malgré soi… ». Pour autant, il existe des pistes foisonnantes pour celles et ceux soucieux·ses de participer à la fabrique d’un habitat plus vertueux et solidaire.
Si le désir de mutualiser est une première démarche écologique, il s’accompagne souvent d’une attention accrue aux modes constructifs choisis, où le bois et les bio et géo-sourcés peuvent prendre leur place, prédestinée. L’un des leviers semble être celui de s’abreuver d’exemples et de solutions construites. Ainsi, ce numéro invite tout un chacun à explorer à la fois des opérations réalisées, des désirs collectifs ou des idées individuelles, des alliances nouvelles entre concepteurs et habitants, afin de déconstruire les aspirations et représentations profondément enracinées, et permettre de penser, plus largement, des futurs habitables.
* - Critique de l’habitabilité, Mathias Rollot, Editions Libre Solidaire
** - Proto-Habitat, Flavien Menu, Editions Spector Books
*** - Propos issus d’échanges avec Yves Perret Le Moniteur #6316 : Quand le logement se glisse dans l'existantrevueAnnée : 2024Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : C'est le mariage de la carpe et du béton. En Alsace, afin de permettre aux poissons de se déplacer le long du Rhin, un vaste chantier met actuellement en œuvre les savoir-faire les plus pointus du génie civil en milieu aquatique (lire p. 46). A terme, cette passe à poissons doit permettre d'effacer l'obstacle infranchissable que représente, tant pour les espèces migratrices que pour les populations locales, une centrale hydroélectrique barrant le fleuve.
L'ampleur des travaux, leur technicité ainsi que leur coût témoignent de l'importance que revêt désormais l'enjeu de la protection de la biodiversité. Certes, cet impératif écologique imprègne de longue date les projets, mais il s'agissait plutôt de les brider, les ralentir voire les empêcher. Ce qui est plus récent, c'est que l'on construit de plus en plus pour la faune et la flore. Et on y met les moyens.
De plus en plus de financements sont fléchés vers les opérations de renaturation ou de préservation.
Située sur un cours d'eau qui se joue des frontières, la passe à poissons de Marckolsheim a, entre autres, bénéficié de subsides européens, mais aussi du plan de relance tricolore. Car en France également, de plus en plus de financements sont fléchés vers les opérations de renaturation ou de préservation. Les agences de l'eau, par exemple, intègrent la préoccupation de la biodiversité aux questionnements plus larges sur la disponibilité de la ressource aquatique. Même les fonds privés, notamment à travers les opérations de compensation, sont appelés à participer à cette ambition commune.
On peut faire plus, on doit faire mieux. Reste que le chemin parcouru mérite bien un satisfecit. La prise de conscience collective de l'effondrement de la biodiversité explique en partie ce processus, mais ce dernier n'aurait pas été possible sans la montée en compétences des acteurs du BTP. Ni, soyons honnêtes, sans un certain courage des décideurs locaux et nationaux. Car les 80 M€ d'investissements en cours en Alsace proviennent bien des poches des contribuables et de celles des clients d'EDF. Des râleurs potentiels susceptibles de faire reculer plus d'un élu. Pourtant, la passe est bien là alors que les poissons ne votent pas. Miracle de la nature. Urbanisme #425 : Logement : le grand débat (encore)revueAnnée : 2022Auteur : Julien MeyrignacEditeur : SARL PUBLICATIONS D ARCHITECTURE ET D URBANISME PUBLIKASION ARCHITEKTUR URBANISMDescription : Nos vies à loger
Nous avons toutes et tous un rapport au logement – en général, et au notre en particulier – intime et puissant, ancré dans notre histoire, dans nos expériences à travers les époques et les lieux de nos vies. Il y a cette chambre d’enfant, toute à soi ou partagée, qui est un premier territoire dans un appartement où une maison qui est un monde dans le monde. Il y a les déménagements familiaux, le plus souvent pour vivre mieux selon la conception des parents, et l’expérience d’un nouveau lieu en même temps que d’une nouvelle vie. Puis le premier « chez-soi », si inconfortable et pourtant formidable. Et le premier « chez nous » du couple, dans lequel il faut inventer de nouveaux codes et qu’il faut quitter au gré des changements d’emplois ; adapter ou quitter lorsqu’un enfant naît.
Il y a ce logement qu’on achète l’esprit joyeux et le regard fier, la boule au ventre aussi ; et que l’on revend parce les histoires d’amour durent souvent moins longtemps que les crédits. Le repli piteux dans un logement parfois de moindre qualité, provisoirement parce que nous sommes une famille recomposée maintenant. Et que nous avons encore une fois déménagé. A peine le temps de nous installer, que les enfants ont déjà décohabité, et ce logement se révèle bien grand… pas tout le temps, parce que parfois ou souvent la tribu s’y retrouve. Mais un jour il faut bien se résoudre à en changer encore, parce qu’on est âgé désormais, et parfois – hélas – tout seul à nouveau. Jusqu’à retrouver une chambre, qui est un monde dans le monde, dans une maison de retraite cette fois.
Quand on évoque le logement, c’est de nos vies dont il est question.
Et c’est probablement pour cela que nous faisons preuve d’une incroyable indulgence à l’égard de celui que nous occupons : car si les chiffres du mal-logement sont sans appel, si les études qualitatives ne manquent pas de mettre en évidence ses lacunes (manque d’espace, de confort, de sobriété…), nous sommes près de trois sur quatre à nous déclarer satisfait par notre lieu de vie.
Si nous sommes enfermés dans des schémas archétypiques (la maison individuelle, être propriétaire etc) c’est aussi parce qu’il semble être le dernier « refuge » sociétal, que rien plus que le logement ne paraît pouvoir mieux nous ancrer dans le réel et le temps. L’épreuve des confinements a été, de ce point de vue, parfaitement édifiante : plutôt que de révéler les lacunes de nos logements, il a mis à jour les dysfonctionnements et fragilités de nos grandes villes et les revers inégalitaires de nos sociétés.
Si le logement est de toute évidence la pierre angulaire des réponses aux défis environnementaux, et un matériau potentiellement grand ouvert à l’innovation, il ne sera en mesure de tenir ces promesses qu’à la condition de demeurer ce qu’il représente fondamentalement pour chacune et chacun : un abri existentiel. Urbanisme #445 : Elu(e)s locaux : Les défis du prochain mandatrevueAnnée : 2025Auteur : Rodolphe CassoEditeur : SARL PUBLICATIONS D ARCHITECTURE ET D URBANISME PUBLIKASION ARCHITEKTUR URBANISMDescription : L’envie d’avoir envie
Novembre 2024. Paris, parc des expositions de la porte de Versailles. Dans le pavillon n° 5, à l’entrée de l’auditorium où se va dérouler le 106e Congrès des maires de France, le hall est l’objet d’une drôle de déco : un mur d’une quinzaine de mètres couvert de pages de journaux. En s’approchant, on comprend vite que cette revue de presse est quelque peu orientée.
Morceaux choisis : « Les élus face aux obstacles financiers » ; « Les communes s’inquiètent de la hausse des tarifs d’assurance » ; « Quand la bureaucratie envahit le quotidien des élus » ; « La colère à peine voilée des élus locaux »… Derrière ce mur, dans un joyeux brouhaha, une assemblée d’élu(e)s est réunie pour une photo de groupe. Un détail frappe : leur écharpe tricolore est recouverte d’une écharpe noire. De qui porte-t-on le deuil ? Du budget 2025 qui prévoit de ponctionner 5 milliards d’euros aux collectivités locales.
Faire toujours plus avec toujours moins, voilà les raisons de la colère des élus locaux français. Déjà ultra-sollicités en temps normal, ils ont tous débuté leur mandat 2020–2026 en plein cauchemar, avec l’irruption du Covid. Un drame humain doublé d’un casse-tête organisationnel. De quoi vider d’emblée une bonne partie de leur réservoir d’énergie pour le reste du mandat.
Ce n’est pas tout. Avec les effets du changement climatique qui semblent se déclarer de plus en plus fréquemment et violemment (mégafeux en Gironde en 2022, inondations à répétition dans les Hauts-de-France en 2023, sécheresse chronique dans les Pyrénées-Orientales…), la sécurité des personnes et des biens devient un défi pour certains territoires qui subissent de surcroît une hausse de leurs contrats d’assurance.
Pour d’autres, ce sont de nouveaux enjeux sécuritaires qui viennent s’ajouter, avec la prolifération du narcotrafic dans des villes petites et moyennes comme Nîmes, Limoges, Pont-Audemer, Saint-Nazaire, Morlaix…
En matière d’urbanisme, le ZAN (« zéro artificialisation nette ») a constitué un autre gros challenge pour les édiles. D’ailleurs, les questions urbanistiques sont clairement la bête noire des élus locaux : d’après l’enquête du Cevipof « L’état d’esprit des maires à un an du scrutin », publiée en avril dernier, il apparaît que, pour la moitié d’entre eux (49,9 %), l’urbanisme constitue le dossier le plus difficile à gérer, devant la sécurité (42,2 %) et l’aménagement (38,1 %).
Ajoutons à cela une augmentation des tensions au sein des conseils municipaux (le Cevipof souligne que le contexte post-Covid des élections de 2020 a « interrompu » des dynamiques collectives) ou encore 250 agressions physiques contre les élus en 2024 (+6 % par rapport à 2023), et on comprend aisément qu’ils aient été 2 200 à jeter l’éponge en cours de mandat. Pour eux, l’envie n’y est plus.
Quant à l’envie de se représenter, on la retrouve chez seulement 41 % des maires. Près d’un tiers disait renoncer (28,2 %) et un autre tiers (30,1 %) restait indécis. On anticipe ainsi quelque 40 % de nouveaux maires en 2026. Sans doute auront-ils de l’énergie à revendre, mais aussi moins d’expérience. Quels sont les dossiers à prioriser ? Les constats à dresser ? Les pièges à éviter ?
La revue Urbanisme, sans vouloir jouer les « guides pratiques du nouvel élu », a tenu à publier ce numéro exceptionnel avant le début de la période de réserve inhérente à la campagne électorale, en présentant les principaux défis du mandat à venir.
Si vous retrouverez, comme dans chaque édition, des enquêtes (sur l’acculturation des élus à l’urbanisme, les enjeux budgétaires, les jeunes élus ruraux…), nous avons, par ailleurs, mobilisé un véritable pool d’experts, issus pour la plupart de notre conseil scientifique, sur les questions essentielles : environnement, ingénierie, projet urbain, mobilités, logement, planification, assurabilité, sobriété foncière, concertation, bien-être…
En s’adressant directement aux édiles, nos spécialistes dressent ainsi les constats de notre époque et proposent des pistes constructives qui pourront, nous l’espérons, inspirer les nombreux élus qui nous lisent. AMC #337 : 2025 architecture en FrancerevueAnnée : 2026Auteur : Olivier NamiasEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Pour un non-effet Bilbao
Quelle plus grande postérité, pour un architecte, que de rester dans l'histoire pour un phénomène plutôt que pour un bâtiment ? Disparu en décembre à 96 ans, Gehry sera associé pour toujours au fameux "effet Bilbao"...