Réemploi, architecture et construction : méthodes, ressources, conception, mise en oeuvreLivresAnnée : 2022Auteur : Pierre Belli-RizEditeur : EDITIONS LE MONITEUR EDISION MONITERDescription : Le réemploi, véritable alternative à la gestion des déchets, est une opération par laquelle des produits issus d¹une déconstruction sont réutilisés. Il permet de conserver les qualités fonctionnelles et techniques d¹un matériau ou d¹un élément de construction, en lui redonnant la même fonction ou en le détournant de son usage initial. Sa mise en úuvre implique une nouvelle manière de penser les projets de construction et de rénovation, et ce dès la conception. Cet ouvrage, à la fois théorique et pratique, propose des outils pour mener une opération qui réemploie des matériaux ou des éléments de construction. Ainsi ce guide : explique comment favoriser le développement des filières et des réseaux de réemploi ; définit les notions fondamentales et décrypte la réglementation applicable ; détaille les étapes et les méthodes du processus du réemploi ; fournit des outils de diagnostic et d¹identification des ressources, de la conception au chantier ; analyse la circulation des ressources par l¹intermédiaire des différents réseaux et plateformes, physiques et numériques ; précise les implications dans le processus de conception. De nombreux exemples de réalisations et études de cas permettent d¹explorer les possibilités du réemploi et ouvrent des perspectives pour tous les acteurs concernés, de la maîtrise d¹ouvrage aux entreprises sur le chantier. Des contributions de spécialistes du réemploi apportent un éclairage sur les impacts environnementaux et culturels d¹une démarche qui s¹inscrit dans une économie circulaire La Maison écologique HS #19 : Récup & réemploirevueAnnée : 2023Auteur : Gwendal Le MénahèzeEditeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIKDescription : Sur les 37,8 millions de logements que comptait la France début 2022, l'Insee dénombrait 3,7 millions de résidences secondaires et 3,1 millions de logements vacants. Soit près d'un logement sur cinq inutilisé comme lieu de vie principal. Et c'est sans compter les montagnes d'autres bâtiments en quête de reconversion ; locaux commerciaux, industriels, agricoles, publics... Rien qu'en Île-de-France, la surface de bureaux vacants a presque doublé depuis la crise sanitaire du Covid et le développement du télétravail, pour atteindre 4,4 millions de m² mi-2022. Malgré ce grand vide qui prend beaucoup de place, on continue d'autoriser la construction de 431 800 logements neufs par an, qui grignotent encore et encore nos paysages. Et engloutissent nos ressources, puisque construire une maison consomme 1,2 t/m2, soit 40 fois plus de matières qu'une rénovation basse consommation. 51 millions de tonnes de matériaux ont été dévorés pour la construction neuve en 2015. À l'occasion de cet opulent festin, la construction nous recrache ses impacts sur l'environnement. L'ingénieur Bruno Peuportier a comparé les bilans environnementaux de la réhabilitation d'un bâtiment des Yvelines et de sa reconstruction à neuf : malgré la meilleure performance énergétique du scénario neuf (35 kWh/m2.an de chauffage contre 50), même après 30 ans le neuf traîne un bilan carbone global 45 % plus lourd, soit 252 kg d'émissions de CO2 de plus par m2 ! Sur le plan énergétique, l'expert Olivier Sidler estime « qu’une rénovation performante dépense trois fois moins qu’une construction ». Et la note environnementale serait bien moins salée si ces chantiers étaient menés en réemploi. Cerise sur le gâteau, quand la démolition régurgite 328 t de déchets par unité de travail* et la construction neuve, 34 t, la rénovation en rejette18 t. Alors, de toute évidence, transformons nos 213 millions de tonnes annuelles de déchets du BTP en ressources pour nos chantiers. Mais, sachant que 63 % du bilan carbone d’un bâtiment neuf sont attribués à ses matériaux et équipements, n'oublions pas de réemployer les bâtiments qui nous tendent les bras.
* 1 UT = 1 salarié, ce qui décorrèle en grande partie la production de déchets de la taille du chantier. Le Moniteur #6284 : A Nice, le défi parasismique d'un édifice historiquebrochureAnnée : 2024Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Ne demandez plus le programme ! L'abandon soudain du volet dédié à la programmation dans le projet de loi Souveraineté énergétique a pris tout le monde de court. Un renoncement d'autant plus surprenant que ces mesures auraient dû être prises au plus tard le 1er juillet 2023 selon la loi Climat et résilience. Si même le législateur entre dans l'illégalité… Certes, Bruno Le Maire, qui vient de reprendre le dossier, n'est peut-être plus à six mois près. Mais ce report sine die laisse dans l'expectative citoyens et professionnels. La prévisibilité reste la meilleure alliée de l'investissement. C'est une évidence dans une filière aussi réglementée que le BTP, où le poids des normes - tant vilipendé - paralyse moins que leur instabilité. Alors oui, bien sûr, l'annonce d'un nouveau mouvement de simplification est bien accueillie. Les entreprises listent déjà les formulaires à jeter et les seuils à rehausser. Mais avant de vider la « baignoire administrative », comme l'appelle la CPME, il faudrait peut-être penser à couper le robinet.
Nous aurons inévitablement de plus en plus de règles. Prétendre le contraire, c'est se bercer d'illusions
A ce titre, la grand-messe télévisée depuis l'Elysée n'était guère rassurante. Certes, Emmanuel Macron a martelé que l'effort de simplification connaîtrait un coup d'accélérateur en 2024. C'est même, à l'entendre, l'une des réponses à la crise du logement. Mais il a en même temps annoncé une palanquée de réformes en tous genres pour les mois à venir. En résumé : oui, il y a trop de lois, d'ailleurs on en fait d'autres !
Soyons justes : le président n'y peut rien. Nous aurons inévitablement de plus en plus de règles. Prétendre le contraire, c'est se bercer d'illusions. L'opinion publique maugrée contre le carcan administratif mais elle exige une loi dès qu'un problème surgit. Même s'il s'avère utile de procéder à un toilettage régulier, l'inflation normative demeure inexorable. Le mouvement devrait même s'accélérer avec la menace climatique qui impose d'adapter rapidement notre arsenal juridique, en revisitant des pans entiers du droit, en garantissant de nouvelles protections, en créant d'autres contraintes. La montée des eaux, jusque dans la baignoire. Auto-construire en réemploi : donner une seconde vie aux matériauxLivresAnnée : 2021Auteur : Audrey BigotEditeur : ULMER ULMDescription : Réutiliser plutôt que jeter, c'est le mot d'ordre d'Audrey Bigot et Martin Barraud. Pourquoi se débarrasser de matériaux précieux et encore exploitables ? Économies et bon sens écologique sont à la clé du réemploi !
C'est un fait, fenêtres, bois et isolation produisent des tonnes de déchets chaque année. Pourtant, il est possible d'éviter tout ce gâchis. Le livre d'Audrey et Martin prodigue conseils et pas à pas concrets pour construire en réutilisant ces matériaux déjà existants et réparer soi-même ses objets du quotidien.
L'intérêt de réemployer les matériaux est multiple : un coût réduit, un juste usage et une réflexion globale du cycle de vie des matériaux, une démarche vers l'autonomie... L'objectif est de concevoir des solutions résilientes, avec des ressources locales et plus respectueuses de l'environnement.
Inspiré de la règle des 5 R (refuser, réduire, réutiliser, recycler, rendre à la terre), ce livre s'inscrit dans une démarche zéro-déchet. Il s'adresse à toutes celles et ceux qui veulent gagner en autonomie, arrêter de jeter un objet dès que celui-ci ne fonctionne plus et s'orienter davantage vers la seconde main. Un livre utile, même pour les débutants en bricolage et en éco-construction! Déconstruction et réemploi : comment faire circuler les éléments de constructionLivresAnnée : 2022Auteur : Michaël GhyootEditeur : PRESSES POLYTECHNIQUES ET UNIVERSITAIRES ROMANDES PRES POLITEKNIK UNIVERSITAIR ROMANDDescription : Le réemploi des éléments de construction est aujourd'hui devenu une ambition dans de nombreuses politiques publiques en matière de gestion des ressources. Les principes d'urban mining, de métabolisme urbain et de bouclage des flux de matériaux s'installent progressivement dans les esprits et les pratiques, mais de nombreux défis techniques, législatifs, sociaux et culturels freinent encore l'évolution des usages vers un modèle d'économie véritablement "circulaire" pour le secteur de la construction. Rassemblant des chercheurs et des concepteurs spécialisés dans les questions d'économie matérielle, le groupe Rotor présente ici un état des lieux sans précédent du réemploi des matériaux de construction. Il expose les obstacles qui subsistent, les solutions permettant d'y remédier, illustre le propos d'exemples remarquables et replace cette pratique dans sa dimension historique. Fruit d'une expérience internationalement reconnue, notamment dans le cadre de Rotor Deconstruction, entreprise active dans la valorisation d'éléments de construction de réemploi, cette référence fait également le point sur les dimensions et les perspectives économiques de cette pratique. Largement illustré et tout en couleur, ce livre s'adresse aux étudiants et praticiens actifs dans le domaine de la construction (architectes, ingénieurs civils) ou concernés par le réemploi des matériaux de construction (bureaux d'études, commanditaires, pouvoirs publics, consultants en environnement). Le Moniteur #6298 : Du chantier au chantier, le réemploi cherche sa voierevueAnnée : 2024Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : C'est une mauvaise nouvelle, mais ce n'est pas une surprise. Les 500 suppressions d'emplois annoncées chez Nexity la semaine dernière n'ont pris personne de court. Face à l'effondrement de la demande, Véronique Bédague, la P-DG du premier promoteur français, avait depuis longtemps annoncé la couleur. D'autres acteurs, comme Vinci Immobilier ou Bouygues Immobilier, avaient déjà montré la voie, malheureusement inéluctable, du PSE.
La casse sociale était fatale. Et, même si les entreprises du bâtiment n'ont pas encore touché le fond, elle paraît condamnée à s'étendre. Au-delà des carrières malmenées, cette saignée aura des conséquences à long terme sur les compétences et les savoir-faire nécessaires à la bonne marche des projets. Une fois éloignés de la construction, ces professionnels éconduits n'y reviendront pas.
Les mesures phares du projet de loi Logement n'ont pas vocation à stimuler la construction.
Véronique Bédague en appelle au gouvernement. Il faut bien reconnaître que l'Etat aurait un rôle contracyclique à jouer dans une crise avant tout provoquée par la brusque remontée des taux d'intérêt. Malheureusement, comme bien d'autres avant elle, celle qui avait un temps été pressentie pour Matignon prêche dans le désert. Si Gabriel Attal et Guillaume Kasbarian affirment avoir pris conscience de la situation, rien, dans leurs actes, ne suggère pour l'instant un infléchissement. En témoigne le projet de loi Logement dont les mesures phares - assouplissement de la loi SRU et sortie des locataires trop aisés du parc social - n'ont pas vocation à stimuler la construction.
Les raisons de cette surdité obstinée sont multiples. Une partie d'entre elles tient à l'image du secteur. Soyons lucides : en France, le sort des promoteurs n'émouvra pas grand monde. Quant aux entreprises de bâtiment fragilisées, elles passent trop souvent, en raison de leur taille, en dessous des radars médiatiques et politiques. L'indifférence est prégnante. La semaine dernière se tenait Intermat, le grand salon français du matériel. Un millier d'exposants, des dizaines de milliers de visiteurs, zéro ministre. Le Moniteur #6301 : Infrastructures de recharge : le sésame vers la libertérevueAnnée : 2024Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : C'était un texte de Bruno Le Maire… déjà ! La loi Pacte souffle en ce printemps ses cinq bougies. Une demi-décennie qui a vu ses dispositions entrer dans le quotidien des Français et, plus spécifiquement, de leurs entreprises. Simplification des seuils, facilitation de la transmission, soutien à l'export… Sans oublier une innovation : la création du statut d'entreprise à mission.
Elles sont aujourd'hui plus de 1 600 à avoir sauté le pas. Des pionnières qui ont essuyé les plâtres et offrent d'ores déjà quelques enseignements. Par leur variété, d'abord : petites ou grandes, elles concernent tous les métiers, y compris ceux de la construction, couvrant aussi bien la promotion immobilière et l'aménagement, que la conception paysagère et les travaux publics. Chez Charier, par exemple, ce nouveau statut accompagne un changement de culture interne et un virage stratégique (lire p. 10).
Les pionnières de l'entreprise à mission expérimentent encore, elles s'interrogent et tâtonnent beaucoup, tant le cadre est souple.
Cinq ans, ce n'est plus le premier âge, mais ce n'est pas encore l'âge de raison. Alors, nos missionnaires expérimentent encore, elles s'interrogent et tâtonnent beaucoup, tant le cadre est souple. Du choix de la « raison d'être » jusqu'à la définition des indicateurs à suivre, en passant par la création d'un « comité de mission », chacune réalise sa transition à sa manière et à son rythme. Toutes ont cependant l'ambition de faire un pas de côté et d'élargir leurs objectifs au-delà des seuls critères financiers habituels, en tenant compte des visées écologiques, sociales, territoriales…
Toutes souhaitent aussi le faire savoir, tant aux salariés, actuels et futurs, qu'aux clients. Cependant, cette stratégie d'image, qui n'enlève rien à la sincérité de la démarche, peine encore à porter ses fruits en termes de contrats. En cause : une conjoncture qui n'incite guère à l'aventure et une commande publique qui reste encore trop sourde aux critères extra-financiers. Heureusement, le cadre juridique évolue progressivement, afin d'encourager les offres plus vertueuses. En témoignent par exemple des dispositions récentes de la loi Industrie verte portée par un certain… Bruno Le Maire. Rendez-vous dans cinq ans ? Le Moniteur #6371-6372 : Mieux accueillir le grand âge dans le logement socialrevueAnnée : 2025Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Les séries noires ont tendance à nous aveugler. Mercredi 3 septembre, l’accident mortel de l’emblématique funiculaire de Gloria a plongé Lisbonne dans le deuil. Le lendemain, un tout aussi pittoresque bus à impériale a dramatiquement fini sa course sur le trottoir londonien. Deux accidents qui frappent les esprits. Pourtant, à la manière des catastrophes aériennes, ce sinistre enchaînement occulte une vérité établie : les transports collectifs restent un moyen extrêmement sûr de se déplacer.
La sécurité constitue, à l’instar de la santé publique, de la lutte contre l’embolie routière ou de la réduction des émissions carbone, un argument de poids en faveur du report modal. Moins polluants, plus fiables et moins dangereux : les transports en commun disposent de sérieux arguments pour convaincre les automobilistes de sauter le pas. Encore faut-il qu’ils bénéficient d’un service à la hauteur.
La sécurité constitue un argument de poids en faveur du report modal.
Cela commence par l’amélioration continue des conditions de voyage, qui exige des dépenses élevées pour le matériel, les infrastructures mais aussi les gares, à l’instar des travaux d’accessibilité de la station de métro Pernety, à Paris (lire p. 62) . Cependant, pour changer de braquet, il faut augmenter la mise. Les investissements colossaux consacrés au Grand Paris Express font à ce titre figure de cas d’école. Par son ampleur, sa rapidité et - espérons-le - sa régularité, l’élargissement du réseau francilien réduira nettement les temps de trajet quotidiens. Pour aller de banlieue à banlieue ou pour rejoindre la capitale, il devrait bousculer les habitudes.
Entretenir et investir
Le même challenge attend la mise en œuvre des Serm. Cette fois-ci, ce sera une combinaison de moyens de transport doux et collectifs qui se trouve au défi de fluidifier la mobilité dans les villes, grandes et moins grandes, gagnées par les bouchons. Pour tenir ce pari, il faudra trouver les fonds, coordonner une myriade d’interlocuteurs mais aussi aller vite. Ce « choc d’offre », que le président du directoire de la Société des grands projets appelle de ses vœux (lire p. 8), est la condition sine qua non pour changer la vie de millions de Français. Et, par la même occasion, en sauver quelques-unes. Le Moniteur #6356 : De Jules Ferry au réemploi, une école se mue en habitatrevueAnnée : 2025Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Dépenses publiques, agences de l'Etat, réglementation… L'époque est aux coups de ciseaux. Avec la bénédiction du gouvernement, les parlementaires se sont lancés à corps perdu dans une série de débats visant à simplifier tel ou tel pan du droit. A commencer par celui de l'urbanisme, dont les procédures - on le sait - ralentissent la bonne marche des projets de construction.
Il ne faut pas confondre vitesse et simplification. Or, la légitime volonté d'accélération se traduit par une complexification des procédures : pour aller plus vite, on procède trop souvent par exceptions. Ici, ce sont les installations de production d'EnR qui bénéficient d'un régime dérogatoire, là ce sont les data centers, ailleurs ce sont les usines. Au bout du compte, plutôt que de ratiboiser des procédures, ces initiatives participent à l'épaississement, si décrié, des codes de l'urbanisme et de l'environnement.
La complexification des règles juridiques apparaît tristement inéluctable. Mais on doit tenter de ralentir la machine.
Souvent, donc, la simplification se montre bavarde. Parfois même, elle bafouille. La configuration politique actuelle libère la parole des députés et sénateurs, conduisant à une foire aux amendements qui produit in fine un droit brouillon. En témoigne le projet de loi de simplification de la vie économique, dont différents articles visent à rehausser les seuils des marchés publics de travaux… mais pas au même niveau. Autre exemple : un dispositif récemment voté concernant la protection des espèces protégées dont, à l'analyse, on peine à percevoir la portée. Bref, plutôt que d'accélérer les projets, on se précipite à rédiger les lois.
Ecologie, souveraineté industrielle, crise du logement… La complexification des règles juridiques apparaît tristement inéluctable. Mais on doit tenter de ralentir la machine. Devant la délégation du Sénat aux collectivités territoriales, Christine Maugüé, la présidente de la section de l'administration du Conseil d'Etat, a récemment lancé aux parlementaires et ministres présents un « appel à la stabilisation ». « Les règles de procédures contentieuses ont atteint un très grand niveau de complexité en matière d'urbanisme, constate cette juriste de haut vol. Il est impératif qu'il y ait une pause pour pouvoir s'approprier les réformes récentes. » Tout le monde a acquiescé. Et puis la frénésie normative a repris. Séquences Bois #151 : En scène !revueAnnée : 2025Auteur : Anne-Sophie GouyenEditeur : SOCIETE D EDITIONS ARCHITECTURALES SEA SOSIET EDISION ARCHITEKTURALDescription : Baisser de rideau ?
Musiciens , circassiens , machinistes de l’opéra , danseur·euses… Toutes et tous alertent d’une seule voix : No culture, no future ! À regarder la Cartocrise, une cartographie contributive qui vise à identifier les organisations impactées par des diminutions de soutien public en 2025, et réalisée par l’Observatoire des Politiques Culturelles, les baisses d’investissement dans la culture sont bien réelles. Mais quelle valeur a une société qui n’investit plus dans la culture ? Comment défendre la culture pour les générations futures ? La culture est-elle encore un droit, et non un luxe ? Et s’il ne fait aucun doute que l’architecture est politique , qu’en est-il de la culture ?
L’artiste Ai Weiwei déclarait « Je ne pense pas qu'on puisse séparer l'art de la politique. Vouloir le faire est en soi une intention très politique ». Mais la culture englobe - outre les arts - les lettres et les sciences, les modes de vie, les lois, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. Dans son sens le plus large, la culture peut aujourd’hui être considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels, matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Il ne s’agit donc pas seulement du champ de l’esthétique : le « champ culturel » transforme la société. Et peut donc permettre de sortir de « l’hégémonie culturelle dans laquelle on est englué » ; c’est un outil d’émancipation.
Or, cette bataille culturelle – et idéologique - ne peut se passer d’argent. Et la censure, pour « éteindre les discours » dissidents, peut être sournoise : non pas interdire mais couper les fonds. Il faut aussi prendre acte que la culture ne parle pas à tous·tes : certain·es ne voient pas l’intérêt de fréquenter des lieux et des événements culturels, d’autres ne s’y sentent pas « à leur place », ne peuvent se le permettre économiquement, ou n’ont pas d’offres à proximité. Heureusement, ce numéro se veut résolument positif, en compilant une multitude de lieux culturels : de l’histoire des théâtres en bois aux micro-initiatives qui parsèment le paysage architectural, en passant par de sublimes lieux de spectacle. « Je dis toujours à mes danseurs de ne jamais perdre le contrôle, non par maniaquerie, mais perdre le contrôle, c’est perdre sa liberté », déclare le chorégraphe Ohad Naharin. Tous les exemples qui peuplent ces pages sont des inspirations pour garder le contrôle. Alors, « Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus ! »