Cahiers thématiques - Ecole d'architecture de Lille et des régions Nord n° 17
La plaine, le plat, le planLivresAnnée : 2017Auteur : Richard KleinEditeur : EDITIONS DE LA MAISON DES SCIENCES DE L HOMME EDISION SIANS OMDescription : Entre environnements physiques, univers culturels, perceptions et affects personnels, la recherche en sciences sociales autant qu'en sciences de la nature identifie des continuités qui nous invitent à penser la relation à nos milieux de vie autrement qu'en simples termes d’interdéterminations. La théorie du paysage, notamment, s’est construite sur l’hypothèse d’une super- position, voire d’une identification des faits culturels, mentaux et matériels, envisagées selon diverses perspectives théoriques. C’est à explorer cette dialectique dans un cas d’espèce précis que ce numéro des Cahiers thématiques contribue, en centrant la réflexion sur une figure géographique, topologique et épistémique qui se prête particulièrement bien à l’hybridation des univers matériels, mentaux et culturels. La plaine est ici envisagée dans la relation qu’elle entretient avec le plat en tant que figure topologique et avec le plan en tant que mode de représentation opérative de l’espace. Les contributions ici rassemblées éclairent ce dialogue à partir de points de vue issus de la géographie et de l’urbanisme, de l’économie et de la philosophie, autant que de l’architecture et du paysage, et montrent quelques-uns des multiples chemins par lesquels la pensée et l’action se tissent entre elles dans un ordre incertain à la faveur de cette forme hybride que devient la plaine dès qu’on la considère comme une question et par suite comme un projet. AMC Hors-série 2023 : TransformationsbrochureAnnée : 2023Auteur : Olivier NamiasEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : « Rien n'est permanent, sauf le changement », affirme une citation attribuée tantôt à Confucius, tantôt à Héraclite d'Ephèse. Quel qu'en soit l'auteur, la maxime s'applique aux bâtiments depuis I'Antiquité. L'édification de la ville de Split sur le palais de Dioclétien a fasciné des architectes aussi divers qu'Ernest Hébrard ou Aldo Rossi. Elle constitue l'exemple le plus marquant d'une modalité de transformation progressivement écartée au profit de deux logiques parallèles : la restauration, réservée aux monuments historiques, et pour les autres bâtiments la rénovation, soit la démolition complète au profit du neuf, dans un esprit de modernisation. Le prestige de la modernité balayait les pratiques persistantes de réhabilitation, qui représentaient pourtant une part importante de l'activité des architectes. Avant l'édifice, il fallait donc réhabiliter le principe même de la réhabilitation, comme s'y essaya le pavillon de I'Arsenal en 1997. « Transformer, réhabiliter, reconvertir, c'est faire évoluer des architectures d'un passé ancien ou récent, afin
Qu’elles deviennent des signes de notre modernité », plaidait Jean Tiberi, alors maire de la capitale, sans vraiment convaincre en dépit d'une solide collection d'exemples. Il aura fallu le décompte des émissions de gaz à effet de serre dans le bilan des opérations pour sortir la réhabilitation du genre mineur où elle était cantonnée. La fièvre immobilière aura elle aussi contribué à l'essor de ces projets, plus coûteux et plus complexes que les projets neufs, qui appliquent des méthodes standardisées sur des terrains débarrassés d'incertitudes. Cette complexité donne aux architectes l'opportunité de retrouver la maîtrise du projet et l'initiative de l'invention. Les pages qui suivent offrent un aperçu de ce « printemps de la réhabilitation », qui, espérons-le, durera plus longtemps que ce que durent les roses, et ne sera pas de sitôt appauvrit par la standardisation. Les métamorphoses stupéfiantes font partie du jeu : la façade métallique en couverture de notre hors-série recouvre la structure béton d'un entrepôt de vin, comme derrière les façades ordinaires des maisons de la rue Torta sommeille l'amphithéâtre romain de Florence. Rien n'est permanent, sauf la métamorphose. A Vivre #142 : Journées d'Architectures à Vivre 2025revueAnnée : 2025Auteur : Nathalie DegardinEditeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISIONDescription : Une maison pour y vivre avant tout
Depuis vingt-cinq ans, les Journées d'Architectures à Vivre proposent des centaines de visites guidées par les architectes. Leur première édition, qui offrait un focus alors inédit sur la maison contemporaine, a vu la naissance du premier numéro du magazine que vous avez entre les mains aujourd'hui.... Le Moniteur #6359 : Looberghe remet l'enfance au milieu du villagerevueAnnée : 2025Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Les normes qui s'empilent, le BTP connaît. Les règles absurdes tombées du ciel, aussi. Alors, quand le législateur prend le temps de l'analyse pour juger de la pertinence de mesures nouvelles, on se doit d'applaudir. En 2018, la loi Elan avait abaissé de 100 à 20 % la part de logements accessibles dans le neuf. Les 80 % restants devaient simplement être évolutifs. Devant les doutes suscités par cet assouplissement, la loi avait ajouté l'obligation d'un rapport d'évaluation sous cinq ans. Excellente initiative, non ?
J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne : le fameux rapport est enfin parvenu aux parlementaires. La mauvaise : le document est d'une telle vacuité qu'aucune conclusion sérieuse ne peut en être tirée. Le gouvernement prétexte le retard pris en raison du Covid pour ne pas offrir de panorama précis des effets de cette réglementation. Alors même que le rapport est publié un an et demi après la date prévue…
L'administration se montre incapable de mesurer les effets d'une norme appliquée depuis des années.
Sans nier les difficultés de l'exercice, ce constat est alarmant. Sur quelles bases se prennent les grandes orientations politiques si l'administration se montre incapable de mesurer les effets d'une norme appliquée depuis des années ? Circonstance aggravante ici : un prérapport avait été remis (dans les temps) sur le sujet. Beaucoup plus prolixes, ses auteurs avaient réalisé un travail ambitieux, traçant même des pistes d'évolution, alors même que cela ne leur était pas demandé. Si « Le Moniteur » en avait eu connaissance, les parlementaires, eux, n'en ont pas vu la couleur.
Ces tours de passe-passe bureaucratiques sont fréquents, ils n'en sont pas moins désolants. Surtout sur un sujet aussi sensible que l'accessibilité, appelé à devenir central avec le vieillissement de la population. Aux arguments légitimes des personnes en situation de handicap s'opposent des arguments, non moins audibles, des constructeurs qui avancent que la profonde crise que traverse l'immobilier ne permet pas d'absorber de nouveaux renchérissements. Deux discours structurés, deux registres différents, deux logiques incompatibles. Pour sortir par le haut de cette opposition stérile, une seule solution : l'analyse concrète de l'efficacité des mesures sur la vie des habitants comme sur l'activité des entreprises. Raté. Le Moniteur #6360 : Opération coup de poing pour un pont stratégiquerevueAnnée : 2025Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Où construire du logement demain ? Dans les zones commerciales, pardi ! Non seulement ces quartiers monofonctionnels se trouvent à contretemps de l'aspiration actuelle à la mixité, mais ils représentent aussi, avec leurs boîtes métalliques posées sur des nappes de bitume, un affront à l'exigence de densification. Une étude d'Icade et de la Scet publiée début juin évaluait le potentiel des entrées de ville commerciales à 1,6 million de logements neufs, soit l'équivalent de la production française de ces cinq dernières années.
De la théorie à la pratique, il y a un gouffre. La transformation de ces morceaux de ville, si séduisante sur le papier, se révèle très épineuse sur le terrain, en plus d'être coûteuse. Premier écueil : l'absence de maîtrise foncière globale en raison de la multiplicité des propriétaires. Autre difficulté : le commerçant, dont la raison d'être est de vendre des produits, pas de construire du logement, peut voir d'un mauvais œil tout ce qui viendrait contrecarrer le triptyque éprouvé voiture-parking-magasin.
Métropoles et villes moyennes doivent s'atteler sans tarder à la régénération de leurs vastes zones commerciales.
La voie est étroite. Pourtant, ici ou là, certains quartiers entament leur mue. Mérignac Soleil, près de Bordeaux, est engagé dans un processus de résidentialisation et de renaturation qui vise non pas à éloigner les enseignes, mais à les glisser dans de vastes pieds d'immeubles neufs de logements. Un travail minutieux de conception mais aussi de conviction, mené parcelle par parcelle, magasin par magasin, et qui devrait s'étaler sur de longues années.
Est-ce ce travail de dentelle et de longue haleine qui effraye les élus ? Même si ces derniers ont conscience de cette indispensable mutation, elle apparaît rarement comme une priorité locale, encore moins comme un enjeu des prochaines municipales. Métropoles et villes moyennes doivent pourtant s'atteler à la régénération de ces vastes zones périphériques et ce, sans traîner. Car, qu'on les aime ou qu'on les déteste, ces aires attirent encore en masse. Ce sont des lieux de vie intense, du moins en journée, qu'il convient de transformer avant qu'ils ne dépérissent et ne deviennent des friches impossibles à réanimer. Il y a pire que la France moche : la France morte.