La Maison écologique #143 : Construire en paille
revue
Année : 2024
Auteur : Virginie Jourdan
Editeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIK
Description : Chaud devant. Ces temps estivaux sont aux revirements, aux changements imminents, aux orages violents. Un mois déjà que la récente campagne des élections législatives s’est achevée sans que, pour l’écologie, rien ne bouge ni ne soit réellement dit, rêvé ni revendiqué. Dans les tracts concoctés en un temps record ou au détour des conférences de presse, rien de nouveau ni de désirable, mais plutôt quelques noirs étendards à rebours du souhaitable. Parmi eux, la relance active du parc nucléaire, modèle d’abondance et de surproduction d’électrons opposé à la sobriété, à la production décentralisée et à la recyclabilité des déchets des énergies renouvelables. Pourtant, sous un ciel bleu et dans l’ambiance estivale, les pieds dans l’herbe des alpages ou dans le sable d’une côte sauvage, qu’il est doux et agréable de sortir du quotidien pour imaginer un idéal demain. Telle une année 2030 qui tienne ses engagements en termes de réduction réelle des émissions de CO2 pour nous mener sereinement à la neutralité carbone en 2050. Une année 2030 qui récolterait les premiers effets d’un plan quinquennal acté dès demain pour accélérer le développement des énergies renouvelables grâce à un soutien indéfectible aux unités de production de panneaux solaires photovoltaïques basées en France et à l’installation d’équipements solaires pour l’eau chaude sanitaire, en neuf comme en rénovation. Une année 2030 qui fêterait une cinquième année de croissance continue du nombre de rénovations globale et performante de logements individuels et collectifs, portée par le vote, dès le début de l’année 2025, de la prise en charge complète des travaux d’isolation avec des matériaux naturellement biosourcés et à faible empreinte carbone pour les ménages modestes. Enfin, une année 2030 qui célèbrerait la livraison du centième bâtiment de hauteur intégralement construit en béton de chanvre, cette ressource issue d'une plante au bilan carbone délicieusement négatif et à la quasi nulle consommation d’eau. Des rêves absolus ? Plus tout à fait, puisque le dernier de ces songes peut dorénavant s’appuyer sur la très récente publication – courant juillet – des nouvelles règles professionnelles pour la construction en béton de chanvre autorisant les constructions équivalentes à 8 étages. Laissons-nous rêver !

Le Moniteur #6353 : Espèces protégées : Dans l'immobilier, les contraintes croissent
revue
Année : 2025
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Des ascenseurs bloqués, des centrales nucléaires hors service, des trains échoués dans la pampa… Le gigantesque black-out survenu fin avril a mis la péninsule ibérique à l'arrêt. Un événement rarissime dont l'origine a donné lieu à de multiples spéculations, parfois farfelues, souvent plausibles. Ce qui laisse imaginer que d'autres scénarios pourraient aboutir à un semblable effondrement des réseaux de distribution d'énergie. L'ampleur de la paralysie témoigne de notre dépendance à l'électricité. Les objets du quotidien mais aussi les bâtiments et les infrastructures… Tous se nourrissent d'électrons. C'est sur la robustesse du réseau électrique, sa résilience et son agilité qu'il convient de miser. Une addiction appelée à croître à mesure que nous cherchons à nous sevrer des hydrocarbures. Ironie de l'histoire : ce sont les groupes électrogènes et les véhicules thermiques qui ont permis de maintenir un semblant de vie lorsque le courant était coupé. La fée électricité nous aurait-elle ensorcelés ? Devons-nous redevenir lucides et chercher à freiner ce puissant mouvement d'électrification des usages ? Rien n'est moins sûr. La réduction de nos émissions carbone reste une priorité absolue : il vaudra toujours mieux rester dans le noir quelques heures que de vivre avec quelques degrés de plus dans 50 ans. Dès lors, faut-il nous résigner à la répétition de tels événements ? Non plus, car les conséquences humaines et économiques auraient pu être bien plus dramatiques. Des événements climatiques exceptionnels, il s'en produira. Tout comme des cyberattaques, des sabotages, des accidents ou simplement de malheureux concours de circonstances. Cela doit stimuler la réflexion sur les options low tech, mais leurs effets pratiques resteront nécessairement limités. C'est donc bien sur la robustesse du réseau électrique, sa résilience et son agilité qu'il convient de miser. En France, RTE semble avoir pris la mesure de l'enjeu, en lançant un vaste plan à 100 milliards d'euros sur 15 ans. Un investissement de long terme qui, comme le rappellent avec fracas les mésaventures hispano- portugaises, ne saurait souffrir d'interruption intempestive.

Tout savoir sur l'isolation écologique
Livres
Année : 2025
Auteur : Gwendal Le Ménahèze
Editeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIK
Description : Les isolants biosourcés de moins en moins isolés Il est des plan(t)s dont la croissance est plus ou moins longue. Le premier dossier que La Maison écologique a consacré aux isolants biosourcés date de 2001, dans son n°5. Ils n’étaient alors qu’une petite graine à peine semée dans le marché de l’isolation thermique des bâtiments. 18 ans plus tard, lors de notre dernier Numéro spécial entièrement dédié à ce sujet, la graine avait germé. Mais la jeune pousse avait longtemps végété. Avec 10 % de part de marché, pas de quoi faire beaucoup d’ombre aux laines de verre et polystyrènes. En 2025, il était grand temps de vous proposer une nouvelle édition revue et augmentée de cet indispensable Guide, qui fait le point sur les bonnes pratiques pour les installer de manière efficace et durable. Car, arrosée par de nouvelles réglementations dont le regard se tourne enfin vers l’impact carbone des matériaux, la filière a bien grandi ! Bien qu’ils ne représentent toujours que 11 % des parts de marché, le volume annuel d’isolants biosourcés installés a quasiment doublé entre 2016 et 2023. Et la France est dès aujourd’hui en capacité d’en produire deux fois plus. Déjà bien enracinée depuis ses premières Règles professionnelles de 2012, la paille de blé développe de nouvelles ramifications : isolation en demi-bottes, insufflation de paille hachée, expérimentation de pailles d’orge, de riz ou de kernza et bientôt de nouvelles règles pro intégrant l’isolation par l’extérieur. Le chanvre se déploie sous toutes ses formes et la chaux qui lui est associée dans les historiques bétons allégés voit croître à ses côtés et à grande vitesse les mélanges terre-chanvre. Les balles de céréales poursuivent leur quête d’une place au soleil, portées par celles du riz qui a décroché sa case dans les logiciels officiels en s’implantant dans la base Inies* l’an dernier. Les vieilles branches que sont la fibre de bois et la ouate de cellulose se sont disséminées au-delà des chantiers à visée écologique, intégrant les catalogues des magasins, fabricants et artisans « conventionnels », à l’instar des textiles recyclés. Une emprise qui n’empêche pas de nouvelles pousses de sortir de terre, avec la mise en vente cette année de nouveaux panneaux isolants à base de fibre de bambou ou de byssus de moule ! Si bien que l’arbre des matériaux pétrosourcés et énergivores ne peut plus cacher la forêt des isolants naturels, dont la foisonnante diversité abrite un riche écosystème en plein épanouissement. * qui recense notamment les Fiches de déclaration environnementale et sanitaire des matériaux de construction, servant aux calculs réglementaires. www.inies.fr

La Paille : un écomatériau pas comme les autres
Livres
Année : 2022
Auteur : Julie Barbeillon
Editeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIK
Description : Ça commence tout jeune, par le plaisir de mettre les mains dans la « gadoue ». C’est doux, un peu visqueux, moelleux et quand par bonheur les proportions de sable, argile, limon, gravier, eau et compagnie s’ajustent avec magie, la matière peut même se modeler... Simple boudin de terre pour certains, tasse à café de dinette ou encore mini maison à escargot pour d’autres, jouer dans et avec la terre est un plaisir universel qu’aucun jouet en plastique ou console 4.0 ne pourra (enfin je l’espère) nous retirer. Quel bonheur de retrouver, adulte, ces sensations charnelles tout en construisant ou rénovant son logement avec de la terre crue : joint sur une maçonnerie de pierre ancienne, dalle en terre crue, colombage en torchis, mur massif en pisé, bauge ou adobe, brique de terre compressée, enduit à l’argile, mélanges terre-végétaux... Voici une matière première on ne peut plus primaire que les hommes et les femmes travaillent depuis des siècles sous diverses latitudes et avec de multiples techniques de mise en oeuvre. Il y a 11 000 ans, dans l’actuelle Syrie, Homo Sapiens bâtissait déjà avec la terre crue, le plus vieux matériau du monde. Aujourd’hui encore, plus d’un tiers des logements existants dans le monde sont érigés en terre crue, de la modeste bâtisse rurale au temple gigantesque et millénaire. Entre ces deux extrêmes, en France (et dans les pages de ce numéro Collector), on trouve les logements en pisé, en bauge et en adobe qu’il est indispensable de rénover avec cohérence pour ne pas compromettre les qualités et spécificités de ce matériau immémorial ; exit les enduits étanches en ciment et tous les revêtements non perspirants (qui ne laissent pas migrer la vapeur d’eau). Et comme un retour aux sources, le fameux « retour à la terre » s’opère aussi dans les projets de construction neuve et de rénovation de logements plus récents : apport d’inertie dans les maisons bois avec une jolie cloison intérieure en terre crue, mur de terre accumulateur de chaleur derrière une vitre ou une véranda orientée au sud, enduit terre naturel décoratif ou encore enduit correcteur thermique en terre allégée... Les possibilités n’ont que peu de limites et les apports des connaissances modernes aux savoir-faire traditionnels font émerger des projets et des pratiques dignes des exigences de notre siècle. La passion des professionnel.les est à la hauteur des enjeux, traçant le chemin pour que la terre reprenne la place qu’elle mérite dans le paysage bâti du monde d’aujourd’hui et de demain. Abondants, confortables et à la fabrication peu (voire pas du tout) émettrice de gaz à effet de serre, les matériaux à base de terre crue méritaient bien un Collector pour vous donner à lire 20 années de nos meilleurs articles sur le sujet. Gageons que ces pages vous donneront envie de mettre les mains dans la terre et d’y glisser votre foyer.

Le Moniteur #6393 : Des hydrocarbures à la décarbonation : la révolution énergétique des ports français
revue
Année : 2026
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : De gigantesques réserves d’hydrocarbures à portée de forage, des milliards d’investissements promis dans les infrastructures locales, un baril qui passerait sous les 50 dollars… Avec sa mainmise sur le Venezuela, Donald Trump entend faire de son rêve une réalité : donner un second souffle au pétrole et offrir à l’Amérique un nouvel âge d’or noir. L’idylle du brut et de la brute. Loin des plateformes de la mer des Caraïbes et des raffineries du golfe du Mexique, les efforts de décarbonation se poursuivent sur nos rives de l’Atlantique et de la Méditerranée. Ces derniers jours, plusieurs grands ports hexagonaux ont ainsi annoncé des investissements d’ampleur en faveur de la transition énergétique (lire p. 20). Des initiatives d’autant plus remarquables que les quais du Havre, de Fos ou de Saint-Nazaire constituent depuis bien longtemps une porte d’entrée privilégiée du pétrole sur notre territoire. En mer comme sur terre, l’Europe doit maintenir le cap de la décarbonation. Electrification ici, fossilisation là-bas : deux courants contraires qui interrogent. Se préparer au « peak oil » au moment même où une ère d’abondance pétrolière nous est promise, n’est-ce pas aller à contre-courant de l’Histoire ? Les ambitions de décarbonation ne furent-elles qu’une aspiration fugace, une parenthèse refermée avec vigueur par la seule volonté du président américain ? Bref, assiste-t-on à la revanche du derrick sur l’éolienne ? Rien n’est moins sûr. On connaît certes la raison du plus fort, mais on reconnaît aussi quand le plus fort a tort. Les Etats-Unis ont perdu la bataille industrielle de la transition énergétique face à la Chine. Refusant la défaite, le mauvais joueur de la Maison blanche entend changer les règles dans un sens favorable aux cartes dont dispose son pays, plus grand producteur de pétrole au monde. Refusant la réalité, il déploie une stratégie sans lien avec l’état des ressources naturelles et les contraintes climatiques. En mer comme sur terre, l’Europe doit, elle, maintenir le cap adopté. D’abord parce qu’elle n’a rien à gagner d’un retour à une économie carbonée. Mais surtout parce que, au bout du compte, c’est le seul chemin possible. L’après-pétrole est une certitude, la post-vérité une imposture.