Le Moniteur #6393 : Des hydrocarbures à la décarbonation : la révolution énergétique des ports français
revue
Année : 2026
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : De gigantesques réserves d’hydrocarbures à portée de forage, des milliards d’investissements promis dans les infrastructures locales, un baril qui passerait sous les 50 dollars… Avec sa mainmise sur le Venezuela, Donald Trump entend faire de son rêve une réalité : donner un second souffle au pétrole et offrir à l’Amérique un nouvel âge d’or noir. L’idylle du brut et de la brute. Loin des plateformes de la mer des Caraïbes et des raffineries du golfe du Mexique, les efforts de décarbonation se poursuivent sur nos rives de l’Atlantique et de la Méditerranée. Ces derniers jours, plusieurs grands ports hexagonaux ont ainsi annoncé des investissements d’ampleur en faveur de la transition énergétique (lire p. 20). Des initiatives d’autant plus remarquables que les quais du Havre, de Fos ou de Saint-Nazaire constituent depuis bien longtemps une porte d’entrée privilégiée du pétrole sur notre territoire. En mer comme sur terre, l’Europe doit maintenir le cap de la décarbonation. Electrification ici, fossilisation là-bas : deux courants contraires qui interrogent. Se préparer au « peak oil » au moment même où une ère d’abondance pétrolière nous est promise, n’est-ce pas aller à contre-courant de l’Histoire ? Les ambitions de décarbonation ne furent-elles qu’une aspiration fugace, une parenthèse refermée avec vigueur par la seule volonté du président américain ? Bref, assiste-t-on à la revanche du derrick sur l’éolienne ? Rien n’est moins sûr. On connaît certes la raison du plus fort, mais on reconnaît aussi quand le plus fort a tort. Les Etats-Unis ont perdu la bataille industrielle de la transition énergétique face à la Chine. Refusant la défaite, le mauvais joueur de la Maison blanche entend changer les règles dans un sens favorable aux cartes dont dispose son pays, plus grand producteur de pétrole au monde. Refusant la réalité, il déploie une stratégie sans lien avec l’état des ressources naturelles et les contraintes climatiques. En mer comme sur terre, l’Europe doit, elle, maintenir le cap adopté. D’abord parce qu’elle n’a rien à gagner d’un retour à une économie carbonée. Mais surtout parce que, au bout du compte, c’est le seul chemin possible. L’après-pétrole est une certitude, la post-vérité une imposture.