Le troisième voyage des dômes : Ville de Clermont-Ferrand, Assemblia Logidôme, 1999-2021LivresAnnée : 2021Auteur : Christophe BoyadjianEditeur : EUROPAN FRANCE EROPAN FRANSDescription : Si la ville a lancé l'idée d'un nouveau “quartier latin” pour le site de Clermont-Ferrand, le projet mentionné confronte le programme à l'échelle géographique du lieu en créant des repères urbains dans le grand paysage. Le “3e voyage des Dômes” entend marquer l'identité de cet entre-ville par son impact paysager face à la chaîne des Puys, dominée par le Puy de Dôme dans un ciel traversé par l'infrastructure autoroutière du Viaduc Saint-Jacques.
Le projet : l'enjeu des îlots Kessler-Rabanesse à Clermont-Ferrand est de réussir la liaison entre centre ancien et quartier universitaire moderne dans une ville où l'industrie automobile règne avec Michelin. Cherchant à sortir de son enclavement en diversifiant ses activités, la capitale administrative d'Auvergne acquiert par de nouveaux repères dans le paysage une nouvelle identité de “métropole au milieu des volcans”. Le projet mentionné de “l'atelier de ville en ville” implante six pavillons pour abriter différents services universitaires comme des sculptures abstraites d'une trentaine de mètres de hauteur dans le panorama. Cette verticalité contraste avec la ville basse et linéaire qui superpose horizontalement l'animation des commerces et des logements. Le projet traite l'échelle résidentielle de proximité par un maillage fédérateur incluant des accès au passage du tramway sur le viaduc Saint-Jacques, une piste cyclable en site propre, la transformation de la rue Rabanesse en voie commerçante et celle de la rue Kessler en une sorte de déambulatoire se connectant par des pièces urbaines avec l'ensemble. Pour que le nouveau “quartier latin” de Clermont-Ferrand devienne “une destination plus qu'un passage”. Urbanisme HS#82 : Du Village des athlètes à un quartier de villerevueAnnée : 2025Auteur : Rodolphe CassoEditeur : SARL PUBLICATIONS D ARCHITECTURE ET D URBANISME PUBLIKASION ARCHITEKTUR URBANISMDescription : Une olympiade est la promesse d’exploits physiques observés en direct par des milliards de téléspectateurs à travers le monde. Mais, en coulisses aussi, l’effort est titanesque et la préparation rigoureuse. Si les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ont fait le choix de la frugalité, de la rénovation, du réemploi (en œuvrant sur 95 % de sites déjà existants), reste que la conception, l’aménagement et la réalisation du Village des athlètes en 6 ans, pour un budget total de 4,5 milliards d’euros, ont constitué rien de moins que le plus grand chantier d’Europe de son temps.
La performance est double avec, en premier lieu, la conception d’un Village olympique sur un secteur de 52 hectares en milieu urbain, à cheval entre trois communes (Saint-Denis, Saint-Ouen-sur-Seine et L’Ile-Saint-Denis). Sorti de terre en quelques années, ce complexe a permis d’accueillir en temps et en heure 14 000 athlètes et 9 000 para-athlètes, avec leurs accompagnants, et de leur assurer les aménités indispensables (lieu de restauration et de soin, transports…).
La double performance, c’est de mettre en œuvre la fameuse phase « héritage », notion intégrée à partir de 2003 par le CIO dans la charte olympique, qui doit assurer « les bienfaits à long terme que les Jeux olympiques procurent à la ville hôte, à ses habitants et au Mouvement olympique ». Car après chaque Jeux, une fois les médailles distribuées et les caméras remballées, demeure un quartier de ville qui sera évalué sur le long terme par ses habitants et usagers, sans complaisance.
Et c’est justement sur le long terme que Paris 2024 et les parties publiques ont demandé à la Société de livraison des ouvrages olympiques (SOLIDEO) d’agir, dès la conception du Village des athlètes, pour atteindre un niveau d’exigences sociales et environnementales supplémentaires à celles déjà prévues par le CIO, que ce soit en matière d’accessibilité universelle, de végétalisation massive, de réseau de chaleur et de fraîcheur, d’aménagement des bords de Seine, de bâtiments en structure bois, de réemploi systématique des matériaux, jusqu’à l’installation d’œuvres d’art dans l’espace public et privé…
Avec, à la clé, une empreinte carbone réduite pratiquement de moitié et des innovations ayant généré pas moins de 21 appréciations techniques d’expérimentation (Atex). Ces avancées bénéficieront aux 6 000 habitants et aux 6 000 travailleurs qui feront vivre ce nouveau quartier de ville, voué à être bientôt hyperconnecté via la gare Saint-Denis–Pleyel où convergeront à terme trois nouvelles lignes du Grand Paris Express.
Du côté des opérateurs, la « méthode SOLIDEO » devrait elle aussi constituer un héritage en matière de pilotage (autour du triptyque planning-budget-programme), de financement (avec un modèle d’investissement particulièrement stable), d’outils de prise de décision, ou encore d’un système de délégation des maîtrises d’ouvrage aux acteurs locaux.
Cette méthode fait désormais l’objet d’un indéniable intérêt : plus de 200 délégations de tous les continents se sont succédé au Village des athlètes afin d’étudier les processus et les innovations qui ont permis sa réussite.
Mais si la méthode infuse ailleurs, infusera-t-elle chez nous ? Nul doute que la nouvelle SOLIDEO, celle qui sera en charge des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises, aura à cœur de faire fructifier cet héritage. Mais qu’en sera-t-il des opérateurs nationaux dans un contexte de business as usual ? Vont-ils s’approprier la méthode ? La faire encore évoluer ?
Notre époque tournée, à raison, vers la densification, le réemploi, le « déjà-là », l’urbanisation « en dentelle », et de moins en moins vers les grands projets, est-elle propice à faire fructifier cet héritage méthodologique ? Certes, celui-ci a pu prendre forme dans un contexte exceptionnel, qui imposait un calendrier incompressible (les Jeux démarrent toujours à l’heure) et un enjeu supérieur : l’image du savoir-faire de toute une industrie nationale aux yeux du monde.
Mais pour ceux qui seraient à l’avenir tentés de l’oublier, les 52 hectares du Village des athlètes sont là pour rappeler que l’exploit est possible, aussi durablement que les métaux dont on fait les médailles.