Le Moniteur #6354 : Jeu de plateformes à la Fondation CartierrevueAnnée : 2025Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Nous avions suivi la loi d'orientation des mobilités. Puis les travaux du Conseil d'orientation des infrastructures. Puis les arbitrages gouvernementaux. Désormais, nous plongeons dans « Ambition France Transports », la grande conférence sur le financement des mobilités prévue pour durer jusqu'à l'été. La politique des transports, qui a tant besoin du temps long, souffre elle aussi d'un stop-and-go permanent.
Cette fois-ci, la méthode s'est révélée quelque peu nébuleuse : jusqu'au dernier moment, les parties prenantes ignoraient à peu près tout des modalités de ce débat, pourtant annoncé de longue date.
Comment éviter que les choix de 2025 ne soient à leur tour questionnés dans un an ou deux ?
L'objectif, en revanche, ne souffre d'aucune ambiguïté : trouver l'argent nécessaire à la construction, à l'entretien et à la modernisation des infrastructures de mobilités. Avec deux épineux dossiers en haut de la pile : la création des services express régionaux métropolitains (Serm), appelés à doper l'offre de transports dans les grandes villes, et la future génération de concessions autoroutières, à compter de 2031.
Dans le contexte actuel, s'accorder pour dépenser des centaines de milliards d'euros est une gageure. L'Etat se trouve en pleine cure d'amaigrissement et fait pression sur les collectivités pour qu'elles réduisent leurs dépenses. Des sommes consenties découleront donc nos prétentions pour demain, et non l'inverse. Cette « Ambition France Transports » peut donc, malgré son nom, accoucher d'une souris. Ou alors d'un mouton à cinq pattes, si l'on veut croire au miracle. Dans tous les cas, comment éviter que les choix de 2025 ne soient à leur tour questionnés dans un an ou deux ?
Comme tout investissement de long terme, les infrastructures nécessitent des sources de financement sécurisées, capables de résister au retournement de conjoncture comme aux changements de majorité. C'est ce qui a permis de maintenir l'ambition du Grand Paris Express. Le versement transports peut ainsi aider à mettre sur pied les Serm tout comme les péages autoroutiers doivent assurer la pérennité du réseau. L'objectif étant que l'Etat n'y trouve pas matière à combler ses propres déficits. Le Moniteur #6369 : La terre des grands crus fait aussi de beaux chaisrevueAnnée : 2025Auteur : Jérémy BellangerEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Au lendemain du deuxième épisode estival de canicule, la France commence à mesurer toutes les conséquences de douze jours cumulés de surchauffe. Déjà considérable, l'impact sur nos écosystèmes ne suffit pas à résumer l'ampleur du désastre. Si la nature a beaucoup souffert, nos corps aussi et avec eux l'économie. Dans une note publiée début juillet, le spécialiste de l'assurance-crédit, Allianz Trade, évaluait à 0,3 point de PIB le manque à gagner induit par une vague de chaleur dans le pays.
Or, lorsque le thermomètre s'emballe, le BTP fait partie des secteurs les plus exposés à une érosion de la productivité. Sur un chantier, pas de climatisation, les principales solutions à disposition consistent à assurer l'hydratation des compagnons, à adapter leurs horaires et, en dernier recours, à interrompre les travaux.
Dans l'Hexagone, rien ni personne n'aura complètement échappé aux effets directs ou indirects de la canicule.
Dans ces conditions, bien difficile pour une entreprise de construction de conserver un niveau d'activité normal. De même, la performance des gestionnaires d'infrastructures n'est pas davantage épargnée par les effets du phénomène climatique. En témoignent les difficultés rencontrées sur le réseau ferré où la température des rails a pu franchir la barre des 55 °C, poussant à ralentir les circulations. Mais aussi sur le réseau énergétique, où il a fallu réduire ou stopper la production de centrales nucléaires et moduler la puissance électrique des câbles à haute tension pour les préserver.
Dans l'Hexagone, rien ni personne n'aura complètement échappé aux effets directs ou indirects de la canicule. Partout, elle a causé une dégradation de notre organisation humaine et technique, génératrice de pertes économiques immenses pour notre société. Un constat, un de plus, qui met simultanément en lumière le coût de l'inaction et le retour sur investissement potentiel qu'offrirait une politique d'adaptation des territoires vraiment ambitieuse.