Le Moniteur #6370 : Canaux, routes, voies ferres... Le fléau des plantes invasivesrevueAnnée : 2025Auteur : Fabien RenouEditeur : EDITIONS LE MONITEUR EDISION MONITERDescription : Un pays en proie au « chaos », probablement pas. Une économie KO, en revanche, on y va tout droit. La période d’instabilité politique de cette fin d’année était attendue, elle arrive plus tôt que prévu. En fixant lui-même la date du vote de confiance plutôt que d’attendre l’inévitable motion de c ensure, François Bayrou a choisi d’avancer le verdict pour mieux sauter. Ce faisant, il précipite entreprises et administrations dans une nouvelle période de flou.
Que deviendront les arbitrages âprement négociés avec les membres de ce gouvernement ? Vers quoi évolueront finalement la RE 2020, MaPrimeRénov’ ou la rénovation urbaine ? Les engagements pris en faveur du financement des infrastructures seront-ils tenus ? Des projets de lois se trouvent coincés au milieu du gué, des décrets en attente de signature retournent dans les tiroirs, des discussions avec des cabinets ministériels sont à reprendre depuis le début.
Ce flottement, qui dure depuis la dissolution ratée de juin 2024, plombera durablement l’activité.
Tout ce temps perdu et ce travail en vain auront à l’évidence un coût. Mais il y a plus grave. Ce flottement, qui dure depuis la dissolution ratée de juin 2024, plombera durablement l’activité. Le brouillard épais dans lequel nous sommes englués repousse les décisions de tout un chacun et dissuade inévitablement les prises de risque. Privé ou public, l’investissement surréagit négativement à l’incertitude. Or, on le sait, il est le moteur de la construction. Pour acheter un logement, agrandir des bureaux ou aménager une ZAC, il faut une certaine foi en l’avenir. En raison de l’anxiété ambiante, de nombreux projets resteront à coup sûr dans les cartons cet hiver, et probablement au-delà.
Le BTP n’avait vraiment pas besoin de cela. Avant même le coup d’éclat du Premier ministre, les promoteurs se trouvaient dans la panade, les collectivités appuyaient sur le frein, les entreprises de travaux s’inquiétaient pour leur trésorerie, les agences d’architectures étaient sur la corde raide… Avec ce nouvel acte de la comédie du pouvoir, c’est le bout du tunnel qui s’éloigne un peu plus. La confiance des députés envers le gouvernement est une chose. Celle du pays en son avenir en est une autre, bien plus dommageable pour l’activité, bien plus longue à reconstruire.