Habiter les aéroports : paradoxes d'une nouvelle urbanité
Livres
Année :
Auteur : Alain Thierstein
Editeur : METISPRESSES METISPRES
Description : La 4e de couv. indique : "Architecture monumentale, structure déterminée par le mouvement des avions qui la relient à la globalité du monde, dispositif fonctionnel pénétré par les flux numériques, l'aéroport croise différentes formes de mobilités, physiques et virtuelles. Dans une juxtaposition de liberté et de surveillance, il articule de manière spécifique les domaines du public et de l'intime, et cristallise les sentiments les plus contradictoires. Habiter les aéroports est issu d'une recherche interdisciplinaire entre art et architecture. Des interventions et des expérimentations menées in situ ont produit des représentations inédites des lieux de l'aéroport en les transformant en espaces fictifs, rugueux, ludiques et intimes, loin des règles habituelles de fonctionnalité et de design. Prolongeant cette expérience, Habiter les aéroports interroge les paradoxes qu'elle a révélés et permet de penser une urbanité mouvante et fragementaire dont les contours sont de plus en plus incertains."

Le Moniteur #6353 : Espèces protégées : Dans l'immobilier, les contraintes croissent
revue
Année : 2025
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Des ascenseurs bloqués, des centrales nucléaires hors service, des trains échoués dans la pampa… Le gigantesque black-out survenu fin avril a mis la péninsule ibérique à l'arrêt. Un événement rarissime dont l'origine a donné lieu à de multiples spéculations, parfois farfelues, souvent plausibles. Ce qui laisse imaginer que d'autres scénarios pourraient aboutir à un semblable effondrement des réseaux de distribution d'énergie. L'ampleur de la paralysie témoigne de notre dépendance à l'électricité. Les objets du quotidien mais aussi les bâtiments et les infrastructures… Tous se nourrissent d'électrons. C'est sur la robustesse du réseau électrique, sa résilience et son agilité qu'il convient de miser. Une addiction appelée à croître à mesure que nous cherchons à nous sevrer des hydrocarbures. Ironie de l'histoire : ce sont les groupes électrogènes et les véhicules thermiques qui ont permis de maintenir un semblant de vie lorsque le courant était coupé. La fée électricité nous aurait-elle ensorcelés ? Devons-nous redevenir lucides et chercher à freiner ce puissant mouvement d'électrification des usages ? Rien n'est moins sûr. La réduction de nos émissions carbone reste une priorité absolue : il vaudra toujours mieux rester dans le noir quelques heures que de vivre avec quelques degrés de plus dans 50 ans. Dès lors, faut-il nous résigner à la répétition de tels événements ? Non plus, car les conséquences humaines et économiques auraient pu être bien plus dramatiques. Des événements climatiques exceptionnels, il s'en produira. Tout comme des cyberattaques, des sabotages, des accidents ou simplement de malheureux concours de circonstances. Cela doit stimuler la réflexion sur les options low tech, mais leurs effets pratiques resteront nécessairement limités. C'est donc bien sur la robustesse du réseau électrique, sa résilience et son agilité qu'il convient de miser. En France, RTE semble avoir pris la mesure de l'enjeu, en lançant un vaste plan à 100 milliards d'euros sur 15 ans. Un investissement de long terme qui, comme le rappellent avec fracas les mésaventures hispano- portugaises, ne saurait souffrir d'interruption intempestive.

Le Moniteur #6360 : Opération coup de poing pour un pont stratégique
revue
Année : 2025
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Où construire du logement demain ? Dans les zones commerciales, pardi ! Non seulement ces quartiers monofonctionnels se trouvent à contretemps de l'aspiration actuelle à la mixité, mais ils représentent aussi, avec leurs boîtes métalliques posées sur des nappes de bitume, un affront à l'exigence de densification. Une étude d'Icade et de la Scet publiée début juin évaluait le potentiel des entrées de ville commerciales à 1,6 million de logements neufs, soit l'équivalent de la production française de ces cinq dernières années. De la théorie à la pratique, il y a un gouffre. La transformation de ces morceaux de ville, si séduisante sur le papier, se révèle très épineuse sur le terrain, en plus d'être coûteuse. Premier écueil : l'absence de maîtrise foncière globale en raison de la multiplicité des propriétaires. Autre difficulté : le commerçant, dont la raison d'être est de vendre des produits, pas de construire du logement, peut voir d'un mauvais œil tout ce qui viendrait contrecarrer le triptyque éprouvé voiture-parking-magasin. Métropoles et villes moyennes doivent s'atteler sans tarder à la régénération de leurs vastes zones commerciales. La voie est étroite. Pourtant, ici ou là, certains quartiers entament leur mue. Mérignac Soleil, près de Bordeaux, est engagé dans un processus de résidentialisation et de renaturation qui vise non pas à éloigner les enseignes, mais à les glisser dans de vastes pieds d'immeubles neufs de logements. Un travail minutieux de conception mais aussi de conviction, mené parcelle par parcelle, magasin par magasin, et qui devrait s'étaler sur de longues années. Est-ce ce travail de dentelle et de longue haleine qui effraye les élus ? Même si ces derniers ont conscience de cette indispensable mutation, elle apparaît rarement comme une priorité locale, encore moins comme un enjeu des prochaines municipales. Métropoles et villes moyennes doivent pourtant s'atteler à la régénération de ces vastes zones périphériques et ce, sans traîner. Car, qu'on les aime ou qu'on les déteste, ces aires attirent encore en masse. Ce sont des lieux de vie intense, du moins en journée, qu'il convient de transformer avant qu'ils ne dépérissent et ne deviennent des friches impossibles à réanimer. Il y a pire que la France moche : la France morte.