(Ré)concilier architecture et réhabilitation de l'habitatLivresAnnée : 2017Auteur : Christian MoleyEditeur : LE MONITEUR MONITERDescription : La recherche d'efficacité énergétique et de confort mais aussi le manque de terrains pour construire des logements incitent à procéder à la réhabilitation ou à la requalification, associée à des extensions, surélévations, etc. Dans ce type d'opérations lourdes, les enjeux architecturaux sont importants, bien que ce champ soit considéré, le plus souvent, comme peu propice à l'ambition créative. Cet ouvrage propose une réflexion théorique et pratique sur la place de l'architecture dans la requalification de l'habitat collectif en rassemblant une analyse détaillée d'environ 200 opération parmi les plus marquantes. Centré principalement sur l'habitat des Trente Glorieuses (1946-1975), ce bilan critique : ' explique les raisons historiques de l'absence de l'architecture lors des opérations de réhabilitation, l'évolution du contexte favorable à la requalification des logements ; ' propose une étude comparative de réalisations aux qualités architecturales reconnues, classées par type et niveau d'interventions ' de l'immeuble (logement, parties communes) aux abords immédiats (pieds d'immeubles, résidentialisation) jusqu'à l'aménagement urbain dans le cas d'extensions neuves ; ' met en évidence des éléments de conception architecturale communs, lesquels permettent de définir les bases d'une théorisation de la prise en compte de l'architecture et d'offrir des outils opérationnels au regard des enjeux visés (agrandissement de logements, création d'annexes extérieures privatives, diversification de l'offre, mixité de l'habitat, etc.). AMC Hors-série 2011 : LogementrevueAnnée : 2011Auteur : Gilles DavoineEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Dans ce numéro hors-série d'AMC, le logement collectif est abordé sous quatre enjeux : Celui du développement durable pour qu'il ne s'arrête pas à une question technique et réglementaire. La performance énergétique ne doit pas empêcher de faire des logements spacieux, lumineux et agréables à vivre. Celui de l'intermédiaire ou du collectif individualisé car on ne peut, dans les périphéries urbaines, continuer à produire des marées de pavillonnaires consommatrices d'espace. Celui de la mixité car il est plus facile de fabriquer des quartiers vivants et animés lorsqu'on y mélange les fonctions et les populations. Enfin, la réhabilitation et la reconversion car il faut profiter de l'existant, du déjà-là et de son potentiel, pour offrir des logements moins standardisés et un plaisir d'habiter renouvelé. AMC Hors-série 2023 : TransformationsbrochureAnnée : 2023Auteur : Olivier NamiasEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : « Rien n'est permanent, sauf le changement », affirme une citation attribuée tantôt à Confucius, tantôt à Héraclite d'Ephèse. Quel qu'en soit l'auteur, la maxime s'applique aux bâtiments depuis I'Antiquité. L'édification de la ville de Split sur le palais de Dioclétien a fasciné des architectes aussi divers qu'Ernest Hébrard ou Aldo Rossi. Elle constitue l'exemple le plus marquant d'une modalité de transformation progressivement écartée au profit de deux logiques parallèles : la restauration, réservée aux monuments historiques, et pour les autres bâtiments la rénovation, soit la démolition complète au profit du neuf, dans un esprit de modernisation. Le prestige de la modernité balayait les pratiques persistantes de réhabilitation, qui représentaient pourtant une part importante de l'activité des architectes. Avant l'édifice, il fallait donc réhabiliter le principe même de la réhabilitation, comme s'y essaya le pavillon de I'Arsenal en 1997. « Transformer, réhabiliter, reconvertir, c'est faire évoluer des architectures d'un passé ancien ou récent, afin
Qu’elles deviennent des signes de notre modernité », plaidait Jean Tiberi, alors maire de la capitale, sans vraiment convaincre en dépit d'une solide collection d'exemples. Il aura fallu le décompte des émissions de gaz à effet de serre dans le bilan des opérations pour sortir la réhabilitation du genre mineur où elle était cantonnée. La fièvre immobilière aura elle aussi contribué à l'essor de ces projets, plus coûteux et plus complexes que les projets neufs, qui appliquent des méthodes standardisées sur des terrains débarrassés d'incertitudes. Cette complexité donne aux architectes l'opportunité de retrouver la maîtrise du projet et l'initiative de l'invention. Les pages qui suivent offrent un aperçu de ce « printemps de la réhabilitation », qui, espérons-le, durera plus longtemps que ce que durent les roses, et ne sera pas de sitôt appauvrit par la standardisation. Les métamorphoses stupéfiantes font partie du jeu : la façade métallique en couverture de notre hors-série recouvre la structure béton d'un entrepôt de vin, comme derrière les façades ordinaires des maisons de la rue Torta sommeille l'amphithéâtre romain de Florence. Rien n'est permanent, sauf la métamorphose. Le Moniteur #6275 : Equerre d'Argent - Dans un quartier huppé, le logement social distinguérevueAnnée : 2023Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Tout ce qu'il faut, mais juste ce qu'il faut. Tous les ans, le palmarès des prix d'architecture du « Moniteur » et d'« AMC » apporte la démonstration magistrale de la capacité des concepteurs à engendrer des réalisations d'exception. Mais cette année, plus que jamais, il suggère aussi la retenue inhérente à l'acte de construire, propre à notre époque. L'excellence s'accommode de la fin de l'abondance. Aux démonstrations de force, elle préfère désormais le tour de force.
Dès lors, la question devient hautement « matérielle ». Les opérations primées font ainsi la part belle aux biosourcés, de la paille au liège. Par leur réinterprétation du déjà-là, elles préservent la matière des bâtiments transformés et des espaces publics requalifiés. Ce souci de la retenue s'illustre enfin par ce que les architectes choisissent de ne pas dessiner, cette matière qui n'est pas consommée, à l'instar de ces « volumes capables » laissés au bon vouloir de l'acquéreur.
Pour décrocher l'Equerre d'argent, il faut un surcroît de génie, une prise de risque, une ambition hors normes
Il serait pourtant réducteur de ne voir dans le choix du jury qu'un coup de chapeau à la sobriété. La vertu ne fait pas architecture, pas plus que l'immense talent - reconnu à l'ensemble des équipes finalistes - ne suffit pour obtenir l'Equerre d'argent. Il faut, pour décrocher la timbale, un surcroît de génie, une prise de risque, une ambition hors normes. C'est d'ailleurs pourquoi l'habitat, si central dans l'activité des agences mais si engoncé dans ses standards, se hisse rarement sur la plus haute marche.
Or, l'îlot Saint-Germain à Paris (VIIe arrondissement) témoigne d'une inventivité salutaire. Ces anciens bureaux produisent du logement social de qualité là où les besoins sont immenses, au cœur des métropoles, sans artificialiser un mètre carré. Une lueur d'espoir, au moment où l'immobilier résidentiel fonce tout droit vers l'abîme. Un appel à l'action, aussi. Cette opération n'a été rendue possible que par la « décote Duflot », un rabais sur l'achat du patrimoine de l'Etat tombé en désuétude. Trop coûteux pour notre époque austère, ce dispositif témoignait d'une quête de solutions ingénieuses face à la crise du logement. Cette inventivité-là nous fait, pour l'heure, cruellement défaut. Le Moniteur #6283 : High Speed 2 - Un grand chantier anglais à l'accent françaisrevueAnnée : 2024Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : A peine un mot devient-il tendance qu'il se trouve galvaudé. En 2024, tout le monde ou presque se pique de « sobriété ». Pour tout, et parfois pour n'importe quoi. Même Gabriel Attal, la semaine passée, n'a pas pu s'empêcher de recourir à ce vocable pour résumer la composition resserrée de son équipe gouvernementale. De fait, avec seulement 11 ministres de plein exercice, le casting se révèle bien plus sélectif que par le passé. Avec, à la clé, des super-ministres aux portefeuilles bien garnis. Trop ?
Les acteurs du logement s'étranglent ainsi de voir une nouvelle fois s'envoler l'espoir d'une tutelle autonome. A commencer par Emmanuelle Cosse, présidente de l'USH et dernière à bénéficier d'une telle position. C'était en 2017.
Les acteurs du logement s'étranglent de voir une nouvelle fois s'envoler l'espoir d'une tutelle autonome
Cette relégation est aujourd'hui ressentie de manière d'autant plus cruelle que les professionnels du secteur, et les habitants du pays avec eux, s'enfoncent dans le marasme face à l'indifférence apparente des pouvoirs publics.
Le logement et les transports restent donc dans le périmètre de Christophe Béchu. En revanche, l'énergie lui échappe. C'est Bruno Le Maire qui absorbe l'éphémère ministère de la Transition énergétique. Avec un risque : celui de l'industrialo-centrisme propre à la culture de Bercy. Or, il ne faudrait surtout pas résumer le défi énergétique à la relance du nucléaire. L'impérieux développement des renouvelables, fortement lié aux acteurs de la construction et de l'aménagement, ne doit pas passer par pertes et profits. Pas plus que le défi de la… sobriété.
Enfin, l'arrivée de Rachida Dati à la Culture a provoqué - à dessein - un effet de sidération. Et une certaine circonspection. Car, s'il est difficile de douter du talent de la nouvelle locataire de la rue de Valois à livrer bataille, on ignore encore si l'architecture fera partie de ses combats. Quel regard porte-t-elle sur la création contemporaine ? Personne ne le sait. Poursuivra-t-elle l'effort financier pour redonner aux Ensa les moyens nécessaires ? Aucune idée. Ecartelé, invisibilisé, mésestimé… Le BTP attend toujours des raisons de se réjouir. Les Grandes terres : Marly-le-Roi 1956-1961, architectes : Marcel Lods et Jean-Jacques HoneggerbrochureAnnée : 2017Auteur : Vincent BerjotEditeur : MINISTERE DE L EQUIPEMENT MINISTER EKIPEMANDescription : La résidence des Grandes Terres à Marly-le-Roi est conçue et réalisée par Marcel Lods et Jean-Jacques Honegger, avec la participation de plusieurs autres grands noms de l'architecture. Elle a été construite entre 1956 et 1961 et labellisée « Patrimoine du XXe siècle» en 2008. Issu de l'initiative privée des architectes groupés avec deux hommes d'affaires et un entrepreneur, le projet saisit une opportunité foncière à Marly-le-Roi pour proposer des logements de qualité, implantés dans un site naturel exceptionnel. La sobriété et la rationalité de l'architecture sont complétées par le soin apporté au dessin des détails et au traitement des espaces extérieurs, tandis que la composition urbaine et la disposition intérieure des appartements permettent d'instaurer un rapport étroit entre l'intimité des logements et la nature, à l'extérieur. D'Architectures #325 : Bap! 2025: l’architecture avec +4°revueAnnée : 2025Auteur : Emmanuel CailleEditeur : SARL PUBLICATIONS D ARCHITECTURE ET D URBANISME PUBLIKASION ARCHITEKTUR URBANISMDescription : Malgré leur précision et leur clarté, les mots sont parfois impuissants à incarner la force d’un fait. Ainsi en va-t-il du terme réchauffement lorsqu’il qualifie l’évolution du climat. Car, avouons-le, celui-ci évoque d’abord une sensation de bien-être ; ne dit-on pas « ça me réchauffe le cœur » ou « le réchauffement des relations diplomatiques » ? On sait pourtant que la « petite » augmentation de 4 °C des moyennes de température d’ici 2100 aura de terribles répercussions. Parler de dérèglement, d’échauffement, voire d’embrassement climatique ne permettrait-il pas de marquer plus intensément les esprits ?
Toujours est-il que, sans réaction décisive et immédiate à cette menace, nous ne saurons pas nous protéger de chaleurs excessives autrement qu’en consommant encore plus d’énergies fossiles, amplifiant d’autant le cycle infernal d’élévation des températures. Pendant les millénaires précédant l’ère du pétrole, l’architecture a été le moyen le plus efficace développé par les humains pour supporter fortes chaleurs et froids intenses. « 4 °C entre toi et moi », l’exposition de Sana Frini et Philippe Rahm qui s’ouvre ce printemps à Versailles pour la Bap!, la troisième biennale d’architecture et de paysage d’Île-de-France, présente très concrètement comment les rigueurs climatiques ont depuis toujours stimulé l’imagination humaine pour inventer des architectures poétiques et comment, inspirés par ce passé, des architectes contemporains réinterprètent ces procédés ancestraux, les transforment et les adaptent aux techniques et aux enjeux d’aujourd’hui.
Ce sont les moments les plus emblématiques de cette exposition, qui se tient à l’ENSA Versailles jusqu’au 13 juillet, et dont le thème du réchauffement climatique a inspiré tout le numéro, que vous trouverez dans notre dossier de mai.
Légende de l'illustration :
Dante et Béatrice contemplant le paradis, Gustave Doré. L’Empyrée (La Rose céleste), 1868. « La chaleur est extrême, la lumière absolue. Ce Paradis est un milieu quasi radioactif, tout en irradiations et en flambées d’intensité […] au Paradis dantesque, les bienheureux ne souffrent pas du tout des vagues de chaleur, aucun n’est accablé, perturbé, altéré par l’intensité des canicules. C’est que les âmes des bienheureux sont dépourvues de corps. » Marielle Macé Le Moniteur #6371-6372 : Mieux accueillir le grand âge dans le logement socialrevueAnnée : 2025Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Les séries noires ont tendance à nous aveugler. Mercredi 3 septembre, l’accident mortel de l’emblématique funiculaire de Gloria a plongé Lisbonne dans le deuil. Le lendemain, un tout aussi pittoresque bus à impériale a dramatiquement fini sa course sur le trottoir londonien. Deux accidents qui frappent les esprits. Pourtant, à la manière des catastrophes aériennes, ce sinistre enchaînement occulte une vérité établie : les transports collectifs restent un moyen extrêmement sûr de se déplacer.
La sécurité constitue, à l’instar de la santé publique, de la lutte contre l’embolie routière ou de la réduction des émissions carbone, un argument de poids en faveur du report modal. Moins polluants, plus fiables et moins dangereux : les transports en commun disposent de sérieux arguments pour convaincre les automobilistes de sauter le pas. Encore faut-il qu’ils bénéficient d’un service à la hauteur.
La sécurité constitue un argument de poids en faveur du report modal.
Cela commence par l’amélioration continue des conditions de voyage, qui exige des dépenses élevées pour le matériel, les infrastructures mais aussi les gares, à l’instar des travaux d’accessibilité de la station de métro Pernety, à Paris (lire p. 62) . Cependant, pour changer de braquet, il faut augmenter la mise. Les investissements colossaux consacrés au Grand Paris Express font à ce titre figure de cas d’école. Par son ampleur, sa rapidité et - espérons-le - sa régularité, l’élargissement du réseau francilien réduira nettement les temps de trajet quotidiens. Pour aller de banlieue à banlieue ou pour rejoindre la capitale, il devrait bousculer les habitudes.
Entretenir et investir
Le même challenge attend la mise en œuvre des Serm. Cette fois-ci, ce sera une combinaison de moyens de transport doux et collectifs qui se trouve au défi de fluidifier la mobilité dans les villes, grandes et moins grandes, gagnées par les bouchons. Pour tenir ce pari, il faudra trouver les fonds, coordonner une myriade d’interlocuteurs mais aussi aller vite. Ce « choc d’offre », que le président du directoire de la Société des grands projets appelle de ses vœux (lire p. 8), est la condition sine qua non pour changer la vie de millions de Français. Et, par la même occasion, en sauver quelques-unes. Le Moniteur #6356 : De Jules Ferry au réemploi, une école se mue en habitatrevueAnnée : 2025Auteur : Fabien RenouEditeur : ED LE MONITEUR MONITERDescription : Dépenses publiques, agences de l'Etat, réglementation… L'époque est aux coups de ciseaux. Avec la bénédiction du gouvernement, les parlementaires se sont lancés à corps perdu dans une série de débats visant à simplifier tel ou tel pan du droit. A commencer par celui de l'urbanisme, dont les procédures - on le sait - ralentissent la bonne marche des projets de construction.
Il ne faut pas confondre vitesse et simplification. Or, la légitime volonté d'accélération se traduit par une complexification des procédures : pour aller plus vite, on procède trop souvent par exceptions. Ici, ce sont les installations de production d'EnR qui bénéficient d'un régime dérogatoire, là ce sont les data centers, ailleurs ce sont les usines. Au bout du compte, plutôt que de ratiboiser des procédures, ces initiatives participent à l'épaississement, si décrié, des codes de l'urbanisme et de l'environnement.
La complexification des règles juridiques apparaît tristement inéluctable. Mais on doit tenter de ralentir la machine.
Souvent, donc, la simplification se montre bavarde. Parfois même, elle bafouille. La configuration politique actuelle libère la parole des députés et sénateurs, conduisant à une foire aux amendements qui produit in fine un droit brouillon. En témoigne le projet de loi de simplification de la vie économique, dont différents articles visent à rehausser les seuils des marchés publics de travaux… mais pas au même niveau. Autre exemple : un dispositif récemment voté concernant la protection des espèces protégées dont, à l'analyse, on peine à percevoir la portée. Bref, plutôt que d'accélérer les projets, on se précipite à rédiger les lois.
Ecologie, souveraineté industrielle, crise du logement… La complexification des règles juridiques apparaît tristement inéluctable. Mais on doit tenter de ralentir la machine. Devant la délégation du Sénat aux collectivités territoriales, Christine Maugüé, la présidente de la section de l'administration du Conseil d'Etat, a récemment lancé aux parlementaires et ministres présents un « appel à la stabilisation ». « Les règles de procédures contentieuses ont atteint un très grand niveau de complexité en matière d'urbanisme, constate cette juriste de haut vol. Il est impératif qu'il y ait une pause pour pouvoir s'approprier les réformes récentes. » Tout le monde a acquiescé. Et puis la frénésie normative a repris.