La maison écologique HS#20 : Le guide du chauffage écologique
revue
Année : 2024
Auteur : Gwendal Le Ménahèze
Editeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIK
Description : Engloutissant près de 20 % des consommations d'énergie de la France, le chauffage de nos logements pèse lourd sur le réchauffement climatique. Mais la température du climat social grimpe elle aussi dangereusement. Il y a quelques jours, un automobiliste manque de renverser un cycliste sous mes yeux afin de l'immobiliser pour l'incendier de s'être écarté de sa piste cyclable. Peu après, une passante raille ouvertement les capacités d'une femme en situation d'obésité alors même qu'elle pédale à travers le pays contre les préjugés qui pèsent sur cette maladie... Doit-on laisser nos rapports s'échauffer ainsi ? Ou bien, à l'instar de la sobriété énergétique prônée par les experts de l'écohabitat, faut-il s'engager dans une forme de rénovation relationnelle qui cesserait d'épuiser notre énergie morale ? Les infractions racistes, xénophobes ou antireligieuses enregistrées en France ont explosé de 32 % en 2023(1). Celles anti-LGBTQIA+ ont bondi de 13 %(2). Et les actes d’incivilités ont continué de s'embraser à la faveur d'un sentiment d'impunité débridé qui a pris ses aises entre les deux tours des récentes élections législatives. Si ces chiffres ne suffisent pas à tempérer la surchauffe, rappelons qu'une « simple » injure publique est un délit passible de 12 000 € d'amende, et jusqu'à 45 000 € et 1 an de prison si elle revêt un caractère raciste, sexiste, homophobe ou handiphobe. À quoi sert de bichonner le confort thermique de nos bâtiments si le bien-être de leurs habitants est refroidi par ailleurs ? Les incivilités peuvent paraître « anecdotiques » individuellement, mais, constataient des sénateurs en 2021, « leur multiplication génère une dégradation de la qualité de vie » et, plus encore que les délinquances graves, elles « empoisonnent la vie des citoyens et sont en grande partie responsables du sentiment d'insécurité ». À ces violences « du quotidien » s'ajoutent les guerres, magouilles politico-financières, effondrement de la biodiversité... Où que l'on regarde, les nouvelles font froid dans le dos. Alors ne nous privons pas d'un peu de chaleur humaine. Arpenter les sentiers des Pyrénées cet été m'a reconnecté à mes semblables, qui loin de leurs préoccupations quotidiennes osent à nouveau s'y saluer (et même se regarder !). Reprendre l'habitude d'un simple « bonjour » ou d'un sourire échangé avec les inconnus qui croisent mon chemin m'emplit d'un sentiment revivifiant et apaisant. Ce hors-série dévoile les solutions les plus efficaces et écologiques pour chauffer nos demeures, n'oublions pas de nous réchauffer aussi les cœurs. 1. Service statistique ministériel de la sécurité intérieure, mars 2024. / 2. SSMSI, mai 2024.

La Maison écologique #144 : Planchers et murs chauffants
revue
Année : 2024
Auteur : Virginie Jourdan
Editeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIK
Description : Nous autres Français sommes toujours conscients des efforts individuels et collectifs à réaliser dans un contexte de nécessaire transition écologique. C’est en substance ce que révèle l’Agence pour la transition écologique, l’Ademe*. Une bonne nouvelle ? « Mouarf », répondrait probablement un personnage de bande dessinée à qui on ne la fait plus. Car, cette conscience des efforts à réaliser recule en 2024. Rattrapée par la violence et l’insécurité (45 %, + 7 points par rapport à 2023) et l’immigration (32 %, + 8 points), puis la pauvreté (26 %, - 1 point), elle est passée de la deuxième à la quatrième position des priorités dans la liste de 11 sujets proposée par l’Ademe. Bien sûr, l’agence nuance à juste titre la progression de ces préoccupations sécuritaires en rappelant que les débats parlementaires sur la loi immigration battaient leur plein au moment de l’enquête. Mais, las, ce résultat rejoint de nombreux discours sur le recul général du souci écologique dans le débat politique et le constat des choix de consommation nécessairement plus restreints d’une majorité de nos concitoyens. Alors merci à vous, chers et chères abonné.es, acheteuses et acheteurs réguliers ou occasionnels de ce magazine. Pas seulement parce que, par votre geste d’achat, vous soutenez la presse indépendante qui en a tant besoin, toute impactée qu’elle est par la crise de son versant papier, mais aussi parce que, par ce geste et son partage, vous participez hier, aujourd’hui ou demain à faire connaître l'écologie : la progression de la ventilation naturelle (p. 12), la conciliation heureuse des objectifs du passif et du recours au bois, à la terre et à la paille (p. 14), les réflexes d’orientation et d’agencement à garder en tête pour concevoir le plan d’une maison économe en ressources et en énergie (p. 22). Et puis, qui sait, peut-être vous prendrez-vous à imaginer changer de logis pour habiter une petite maison sans fondation « qui a tout d’une grande » (p. 48). L’étude précitée estime aussi que 60 % des Français sont favorables à ce que des règles collectives limitent les comportements nocifs pour l’environnement, même si cela restreint des choix de consommation individuels « comme choisir certains modèles de voiture, prendre l’avion, changer souvent d’équipements électroniques ». Alors, soyons réalistes, demandons le possible : ajoutons-y pour démarrer l’engagement réel de l’état dans une politique de rénovation énergétique de l’habitat digne de ce nom. Facilité de demande de primes et délais de paiement compris. Chiche ! *5e édition de son enquête annuelle dédiée à l’opinion des Français sur la « Sensibilité à l’environnement, action publique et fiscalité environnementale », menée en partenariat avec le Credoc.

La maison écologique #125 : Chaudières à bois : le retour
revue
Année : 2021
Auteur : Gwendal Le Ménahèze
Editeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIK
Description : Une décision historique ! Historique ! Le 4 août dernier, après cinq ans d'alertes sur les dépassements des seuils sanitaires de pollution de l’air aux particules fines, dites PM10, et au dioxyde d’azote (NO2), après une année de mise en demeure du gouvernement, l'état français a été condamné cet été par le Conseil d'État pour n'avoir pas mis en place des mesures permettant « d’améliorer la situation dans le délai le plus court possible ». Pour ces six premiers mois de retard, l'État devra donc verser 10 millions d'euros d'amende dont 100 000 reviendront à l’association, Les Amis de la Terre qui avait agi en justice dès 2015 pour dénoncer les dépassements répétés dans une dizaine de territoires métropolitains. à ses côtés, l'Ademe et plusieurs associations de surveillance de la qualité de l'air seront également bénéficiaires d’un pécule issu de cette amende. Si rien ne bouge d’ici 2022, une nouvelle amende sera imposée et un nouvel ultimatum fixé au semestre suivant, avec le même couperet financier prêt à tomber ! Pour le Conseil d'état, « l'urgence à agir » motive la décision. Chaque année, au moins 48 000 décès prématurés sont imputables à la mauvaise qualité de l’air. Les moteurs diesel sont les principaux responsables de ces pollutions, mais les cheminées vieillissantes ou mal entretenues ne sont pas innocentes. En 2014, la Direction régionale et interdépartementale de l'Environnement et de l'énergie d'Île-de-France montrait ainsi que le chauffage au bois représentait alors 23 % des émissions de PM10 autour de Paris, soit autant que les pots d'échappements des voitures sur les routes de la région. Alors, au rebus les chaudières à bûches ? Pas si vite ! Les appareils récents, et bien installés, rejettent 30 fois moins de particules que leurs vieilles sœurs nées avant 2002, et émettent 11 fois moins de CO2 que leurs cousins alimentés au fuel* ! Et leurs ressources, bien utilisées, sont aussi un outil durable de gestion des forêts, nos indispensables poumons verts ! Feu vert alors aux chaudières et encouragements aux associations qui se mobilisent sur les autres urgences, dont celles du climat. L’étincelle couve toujours. *Les avis de l'Ademe, Bois énergie et qualité de l'air, décembre 2015.

La maison écologique #131 : Ils vivent low-tech
revue
Année : 2022
Auteur : Virginie Jourdan
Editeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIK
Description : À chaque nouvelle saison, la nature offre, via la palette de ses couleurs et ambiances météo, son bilan singulier de la saison précédente. Cette année, les feuilles de l’automne, tout juste arrivé sur le calendrier, ont pris de l’avance sur les terrasses, les prairies et les trottoirs. Déjà tombées, elles sont rouge feu, jaune soleil ou marron terre, comme pour rappeler les traces d’un été marqué par les incendies, la chaleur et la sécheresse. Pour détacher son regard du triste sol, et se donner envie de le pointer vers le ciel et ses nouveaux horizons, autant faire une pause sur le contenu du magazine qui pèse plume dans vos mains. Car dans ses pages, et sans entendre minimiser les excès et dérèglements qui ponctuent le quotidien terrien, la rédaction a choisi d’y dessiner un horizon résolument ouvert et naturel. D’une maison autoconstruite avec la terre, l’herbe et les arbres locaux issus de son parc naturel natal des Vosges (p. 14), d’un appartement rénové avec des matériaux peu transformés en plein cœur urbain de Marseille (p. 26) aux low-tech utilisées pour se chauffer, soigner son eau de boisson ou conserver sa nourriture en utilisant un minimum de ressources sensibles (p. 35 à 15), la sobriété fait son chemin et investit de nouveaux champs. Tantôt locale pour le choix de ses menuiseries (p. 50) ou pour le recours aux techniques éprouvées dans le passif (p. 22) et adaptées au terroir telles que l’usage du chanvre et du Sap endémique dans le pays d’Auge (p. 63), elle fait aussi avec l’existant avec un tapis de sol privilégiant le réemploi avec de petits pavés de bois, issus de portes des grands ensembles de région parisienne, et des jardinières (p. 69) qui verront pousser dès la sortie de l’hiver les fleurs du printemps et les herbes aromatiques qui donnent goût, et parfois même piment, aux jours qui se suivent et se ressemblent (ou pas !). En bref, en cette sortie d’été de tous les excès, profitons de pauses lecture. Nourrissons nos imaginaires et nos boîtes à outils pour sélectionner les matériaux et conceptions qui façonneront notre maison demain