Le Moniteur #6241 : Sobre, low-tech et résilient : le bioclimatisme dans l'air du temps
revue
Année : 2023
Auteur : Fabien Renou
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Comme un retour aux sources. La réflexion foisonnante sur la conception bioclimatique, même si elle se nourrit de connaissances techniques pointues, plonge ses racines dans les savoir-faire traditionnels, les architectures vernaculaires et les ressources d'à-côté. Elle interroge la confiance placée au cours de la seconde moitié du XXe siècle dans les dispositifs techniques et réinterprète la notion de confort à l'aube de la crise climatique. Pour aboutir à ces réalisations, architectes et bureaux d'études travaillent main dans la main - et très en amont du projet - afin d'imaginer des plans et des coupes favorisant la circulation d'air, le rafraîchissement en été et le maintien de la chaleur en hiver. Une tâche à la fois complexe et rustique, savante et rudimentaire, qui se heurte aux poids des habitudes comme au mur de la réglementation. Rompre avec le modèle de la boîte hermétique Tupperware, pour une salle de classe par exemple, c'est bien sûr faire entrer de l'air mais aussi du bruit, et donc se heurter à la réglementation acoustique. Le bioclimatisme n'a pas, aujourd'hui, vocation à embrasser l'ensemble de la production bâtie Le bioclimatisme n'a pas, aujourd'hui, vocation à embrasser l'ensemble de la production bâtie. Les contraintes changent du tout au tout entre une maison individuelle et une tour de logements, entre une école primaire et un immeuble tertiaire. Sans parler de l'usine, forme la plus aboutie de la machine faite bâtiment. Et pourtant, la transition écologique passe aussi par la manufacture, comme le défendent les promoteurs du futur projet de loi sur l'Industrie verte. Là aussi, il s'agit de déconstruire des décennies de certitudes. Les limites de la globalisation font désormais consensus jusque chez Bruno Le Maire. La relocalisation apparaît comme un enjeu de souveraineté et de sobriété. Là aussi, on attend une mise en cohérence des politiques publiques : accélérer les procédures sans nuire à l'environnement, faciliter l'achat public local sans en restreindre l'accès, ériger de vastes bâtiments sans artificialiser… Les chemins de la décarbonation sont multiples. Ils passent autant par les tours à vent que par le smart building, par la terre crue que par l'hydro gène. Seul point commun : dans les pouvoirs publics comme chez les professionnels, ces voies vertes seront toutes pavées de matière grise.

Le Moniteur #6344 : Conception bioclimatique de première classe
revue
Année : 2025
Auteur : Emmanuelle N'Haux
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Stop and go. C'est sur ce tempo que les décisions de justice concernant l'A69 s'enchaînent et ne se ressemblent pas. Largement attaqué depuis son lancement, le chantier de construction de cette autoroute entre Toulouse et Castres - dont l'idée a germé il y a trente ans ! - est aujourd'hui à l'arrêt. Le tribunal administratif de Toulouse a en effet annulé, jeudi 27 février, les autorisations environnementales délivrées les 1er et 2 mars 2023. Une issue préconisée par la rapporteure publique le 25 novembre 2024, se fondant sur l'absence de « raison impérative d'intérêt public majeur » justifiant les atteintes environnementales du projet. Pour autant, jusqu'ici, les travaux démarrés il y a deux ans n'avaient jamais été stoppés malgré les multiples demandes de suspension portées par les associations de défense de l'environnement. Quel que soit le devenir de l'opération, c'est du perdant-perdant. Cette fois, les pelleteuses sont remisées. Pour combien de temps ? L'Etat, par la voix du ministre des Transports, a déjà annoncé qu'il ferait appel de cette décision, réaffirmant son « attachement » à la réalisation d'un projet dont « les deux tiers du coût de la construction ont été engagés ». Quand les travaux avancent plus vite que la justice, c'est la fausse note assurée. Vu du ciel, le paysage porte déjà massivement l'empreinte de l'infrastructure autoroutière concédée à Atosca. Sur la terre, la destruction des écosystèmes est quant à elle bien enclenchée. Quel que soit le devenir de l'opération, c'est du perdant-perdant. Les 157 espèces animales protégées qui vivaient dans la zone sont déjà loin, l'arrêt du chantier sera coûteux et les attentes douchées. Pour Alain Grizaud, président de la FNTP, « cette décision vient aujourd'hui mettre en péril l'avenir de l'ensemble des projets d'infrastructures en France ». Si elle devait être confirmée en appel, elle ne manquerait pas de faire trembler tous les porteurs de projet au moment du go-no go.

La maison écologique #130 : 50 astuces récup'
revue
Année : 2022
Auteur : Virginie Jourdan
Editeur : SCOP LA MAISON ECOLOGIQUE SKOP EKOLOJIK
Description : Face à la mer, les pieds dans les lacs de montagne, dans les étangs des campagnes, voyez-vous l'eau qui reflète les rayons solaires, qui vaguelette au gré des vents, qui se dépose, fraîche rosée du matin, sur les herbes vertes ? Elle est là. Encore. Mais elle manque. À tel point que des chercheurs du Stockholm Résilience Center, une unité de recherche internationale multidisciplinaire sur les systèmes socio-écologiques – où l’homme et la nature sont étudiés comme un tout cohérent –, proposent de créer une nouvelle alerte « limite planétaire » à côté du changement climatique, de l'érosion de la biodiversité, de l'acidification des océans ou de la pollution chimique. Celle de l'eau verte. Cette eau qui imprègne les sols et la biomasse et qui retourne directement dans l'atmosphère sans passer par les rivières, les lacs ou les nappes phréatiques. Celle qui transite via les plantes. D'après eux, 18 % des sols planétaires auraient connu une modification radicale de leur taux d'humidité du fait des actions de l'homme. Or, la limite critique de cette évaporation de l'eau verte aurait été dépassée dès lors que 10 % des sols planétaires ont connu ce phénomène d'aridité. Alors plantons ! À l'ombre de votre arbre, livre dans les mains ou regard scrutant le lointain, regardez aussi comme lui a soif. Les étés plus chauds, les précipitations plus chaotiques ; face au manque d'eau, les arbres referment les stomates de leurs feuilles, ces pores qui permettent les échanges gazeux. En diminuant leur transpiration, ils ralentissent leur photosynthèse, et leur croissance. Parmi eux, les chênes sessile et pédonculé. Dans le sud comme dans le centre de la France, leur soif est de moins en moins étanchée. Leur reproduction, de moins en moins assurée. Au point que l'Office national des forêts a lancé un programme de migration assistée de ces robustes compagnons de l'écoconstruction depuis ces régions vers des climats plus cléments le long de la Manche. Alors, là aussi, plantons ! Plantons pour que les bois grandissent encore et servent les futurs habitats avec des modes de construction secs. Et peu gourmands en eau.

Le Moniteur #6369 : La terre des grands crus fait aussi de beaux chais
revue
Année : 2025
Auteur : Jérémy Bellanger
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : Au lendemain du deuxième épisode estival de canicule, la France commence à mesurer toutes les conséquences de douze jours cumulés de surchauffe. Déjà considérable, l'impact sur nos écosystèmes ne suffit pas à résumer l'ampleur du désastre. Si la nature a beaucoup souffert, nos corps aussi et avec eux l'économie. Dans une note publiée début juillet, le spécialiste de l'assurance-crédit, Allianz Trade, évaluait à 0,3 point de PIB le manque à gagner induit par une vague de chaleur dans le pays. Or, lorsque le thermomètre s'emballe, le BTP fait partie des secteurs les plus exposés à une érosion de la productivité. Sur un chantier, pas de climatisation, les principales solutions à disposition consistent à assurer l'hydratation des compagnons, à adapter leurs horaires et, en dernier recours, à interrompre les travaux. Dans l'Hexagone, rien ni personne n'aura complètement échappé aux effets directs ou indirects de la canicule. Dans ces conditions, bien difficile pour une entreprise de construction de conserver un niveau d'activité normal. De même, la performance des gestionnaires d'infrastructures n'est pas davantage épargnée par les effets du phénomène climatique. En témoignent les difficultés rencontrées sur le réseau ferré où la température des rails a pu franchir la barre des 55 °C, poussant à ralentir les circulations. Mais aussi sur le réseau énergétique, où il a fallu réduire ou stopper la production de centrales nucléaires et moduler la puissance électrique des câbles à haute tension pour les préserver. Dans l'Hexagone, rien ni personne n'aura complètement échappé aux effets directs ou indirects de la canicule. Partout, elle a causé une dégradation de notre organisation humaine et technique, génératrice de pertes économiques immenses pour notre société. Un constat, un de plus, qui met simultanément en lumière le coût de l'inaction et le retour sur investissement potentiel qu'offrirait une politique d'adaptation des territoires vraiment ambitieuse.

AMC #335 : HARDEL LE BIHAN - THINK TANK - URBANITREE - PERRAUDIN - ATELIER PNG
revue
Année : 2025
Auteur : Olivier Namias
Editeur : ED LE MONITEUR MONITER
Description : ALTERNATIVES AFRICAINES Le futur appartiendrait à l'Afrique parce qu'il serait déjà advenu partout ailleurs, affirmait le poète américano-nigérien Okwui Enwezor*. Celui dont elle hérite est menaçant, placé sous le signe du changement climatique, qui frappe plus fort là-bas qu'ici, alors que l'Afrique ne contribue qu'à 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le carbone n'est pas tout : la croissance démographique, l'exode rural, les conflits, la mutation des agricultures traditionnelles, aussi bien la pêche que l'élevage, bouleversent les sociétés et territoires. Le nombre fait loi : peuplée de 100 millions d'habitants en 1900, l'Afrique en comptera 2,5 milliards en 2050, selon les projections de l'ONU. La structuration d'un environnement urbain décent est la « première des priorités ». Comment peut-elle se réaliser dans une aire géographique qui pourvoit les autres continents en matières premières, mais manque de ressources - au sens large - pour développer sereinement un modèle ? lmagine-t-on des villes africaines striées d'autoroutes, de gratte-ciel de verre recréant des bulles climatisés, telles de nouvelles Dubaï, symboles d'une modernité fatiguée ? On peut douter que l'Afrique doive emprunter des voies que l'on condamne déjà ici. Il n'y a pas d'alternative, pourrait-on dire en détournant le slogan thatchérien : l'Afrique doit se développer à partir de ses ressources propres, pour des raisons économiques, sociales et politiques. Ce besoin émerge alors qu'est revendiqué un nouvel imaginaire africain, élaboré par des historiens, des écrivains, des musiciens. Pourquoi pas, aussi, des architectes ? Les matériaux bio- et géosourcés - en premier lieu la terre, perçue comme archaïque - ne véhiculent-ils pas un imaginaire de la technique à repenser ? N'offrent-ils pas l'occasion de réexaminer les rapports du bâti avec des extensions technologiques toujours plus envahissantes ? Les architectures présentées dans ces pages rappellent par certains côtés des bâtiments des années 1950 - une architecture datée par son style ou par son niveau d'équipement mécanique ? « L’Afrique n'a personne à rattraper », affirme l'écrivain Felwin Sarr. De quoi repenser la conception architecturale non pas selon une représentation rectiligne du progrès, mais selon une spirale qui parcourt et retient le meilleur de différentes époques. (*) L'Architecture d'Aujourd'hui, « Afriques », numéro spécial, 455, juin juillet 2023.

A Vivre #144 : Maisons bioclimatiques
revue
Année : 2025
Auteur : Nathalie Degardin
Editeur : A VIVRE EDITIONS VIVR EDISION
Description : Entre accélération et retour aux sources Ne serait-ce que dans l'envolée des températures estivales ou dans les variations intempestives des précipitations, nous appréhendons concrètement les effets du changement climatique, avec ce constat : nous vivons une période inédite. Les pratiques évoluent à grande vitesse et les valeurs mêmes qui guident l'architecture sont en pleine mutation. Comme le confient certains professionnels au fil d'interviews, des débats d'il y à peine quinze ans semblent aujourd'hui appartenir à une autre époque...